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Eglise du Saint-Sacrement à Liège - Page 69

  • A vos agendas!

    Les voix du plain-chant se font entendre à Liège

     

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    Le samedi 21 mai dernier, l’Académie de chant grégorien à Liège fêtait sa huitième année d’existence par un concert donné à l’église des bénédictines et une messe chantée à l’église du Saint-Sacrement, où se donnent aussi les cycles de cours animés par Gérald Messiaen et Stéphan Junker (professeur au conservatoire de Verviers). La liturgie était célébrée par l’abbé Jean-Pierre Herman (chapelain aux sanctuaires de Beauraing)

     

    Pour la circonstchantsgrégoriens20.jpgance, le Gregoriaans Koor Leuven dirigé par Frans Mariman (un des meilleurs spécialistes belges de la sémiologie grégorienne), s’est joint aux trente élèves liégeois de l’Académie pour offrir au public un panorama musical alternant les monodies de l’âge d’or du chant grégorien et la variété des plain-chants régionaux, sans oublier le déchant et la diaphonie qui apparurent dès la fin du IXe siècle. Ce fut aussi l’occasion d’entendre Patrick Wilwerth (professeur au conservatoire de Verviers), aux orgues Le Picard (XVIIe siècle) des bénédictines et Thomas du Saint-Sacrement.

     

    Le dimanche 5 juin prochain à 17 h.,  sous le vocable « Una voce », les élèves de l’académieles voix du plain chant se font entendre à liège seront aussi de la partie, avec l’ensemble polyphonique « Praeludium » et son chef, l’organiste Patrick Wilwerth, pour la journée « églises ouvertes » organisée à l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132 à Liège) par la fondation « Eglises Ouvertes » et l’association « Tempus Musicale ». Au programme : chants grégoriens, œuvres pour orgue, musiques polyphoniques anciennes et d’aujourd’hui. La fondation « Eglises Ouvertes » vise à créer un réseau d’églises ouvertes menant des actions communes pour rendre leur atmosphère chaleureuse et accueillante. La Journée des Eglises Ouvertes du dimanche 5 juin 2011 est un jour de fête pour tous les édifices religieux en Belgique. Plus de trois cents églises vous ouvrent leurs portes ce jour-là. pour contribuer à la mise en valeur du patrimoine religieux.

    Info sur le concert : 0495.200.871,  P.A.F :  6€  (à partir de 12 ans) http://www.praeludium.be et http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com 

     

    A noter aussi dans votre agenda,  le samedi 25 juin à 16 h., à l’église du Saint-Sacrement, la Solennité de la Fête-Dieu chantée par la chorale Sainte-Cécile (dir. Henri Adam de Villiers ) un excellent ensemble vocal parisien dédié au plain chant et à la polyphonie baroque qui interprétera, outre le propre grégorien de la fête, la messe à quatre voix « ad majorem Dei gloriam » d’André Campra (1660-1744) suivie de la procession (17h30) dans les rues du quartier d’Avroy. La chorale Sainte-Cécile est basée à l'église Saint-Engène (Paris 9e)

     

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    Et dans le cadre des journées du patrimoine en Wallonie, placées cette année sous le signe « des pierres et des lettres », la même église du Saint-Sacrement devrait accueillir, les samedi 11 et dimanche 12 septembre prochains (ouverture de 14h30 à 18h) une exposition « Mille ans d’écriture neumatique ». Cette exposition , réalisée sous l’égide du Conseil général de la Sarthe à l’occasion du Millénaire de Solesmes,  retrace sur panneaux l’histoire du chant grégorien et de son écriture musicale. Elle sera complétée par quelques beaux livres liturgiques du patrimoine liégeois. Dans ce cadre, un concert sera également donné  par le quatuor vocal féminin Caliomène, issu du prestigieux Chœur grégorien de Paris. Ce concert aura lieu, au Saint-Sacrement, le jeudi 15 septembre à 20 heures. Il est destiné aux membres de la Société Littéraire de Liège mais une cinquantaine de places seront aussi disponibles pour le public au prix de 10€  (réservation obligatoire par e-mail gregorien.liege@gmail.com  ou en téléphonant au 0472.60.69.59)

     

    Pour être complet, il faut encore rappeler que, chaque premier dimanche du mois, la schola grégorienne du Saint-Sacrement, au complet, chante la grand’messe latine de 10h dans cette église (chantres, les autres dimanches) : une belle occasion pour les Liégeois de vivre aussi la liturgie dans la continuité des âges.

  • C'est samedi après midi!

     

    PLAIN-CHANT SUR LIEGE LE SAMEDI 21 MAI 2011

                       un florilège de mélodies liturgiques médiévales

     

     par le choeur grégorien de Louvain et les élèves de l'académie de chant grégorien à Liège

     

     

    plain chant sur liège le 21 mai 2011

    16 heures, église des Bénédictines (Bd. d’Avroy, 54)

     

    plain chant sur liège le 21 mai 2011

     

     

    18 heures, église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132)

     

     

    plain chant sur liège le 21 mai 2011

     

     

    Pour écouter un petit échantillon mélodique :  le sanctus tropé hongrois « omnes unanimiter »

     

    cliquez ici

     

    http://www.youtube.com/watch?v=LhMtCADhUfw

     

     

     

    entrée libre

     

  • Plain-Chant sur Liège

     

    SAMEDI 21 MAI 2011

    LE CHOEUR GREGORIEN DE LOUVAIN

    Gregoriaans Koor Leuven

    gregoriaans koor van Leuven (sigle).jpg

    Direction Frans Mariman

    professeur au Gregoriaans Centrum de Drongen 

    LES ELEVES DE L'ACADEMIE DE CHANT GREGORIEN A LIEGE  

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    Direction Stephan Junker

    professeur au conservatoire de Verviers

     

    donneront un concert

    A 16 HEURES, A L'EGLISE DES BENEDICTINES

    Boulevard d'Avroy, 54 à Liège

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    "LES COULEURS DU PLAIN-CHANT MEDIEVAL"

    grégorien, vieux romain, gallican, bénéventain, ambrosien, liégeois

     

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    A l'orgue Le Picard (XVIIe s.) des Bénédictines

    orgue bénédictines.JPG  

    PATRICK WILWERTH

    professeur au conservatoire de Verviers

     EXTRAITS DE L'OEUVRE D'HENRY DU MONT
     ET DU LIVRE DES FRERES CROISIERS DE LIEGE

     

    Ils interpréteront ensuite 

     

    A  18 HEURES,  A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT  

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    les chants de la

    MESSE  DU QUATRIEME DIMANCHE APRES PÂQUES

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    propre grégorien, kyriale ambrosien et bénéventain

    organum, diaphonie et motets classiques

     

    A l'orgue Thomas du Saint-Sacrement

    stsacrement1 orgue.gif

    PATRICK WILWERTH

    professeur au conservatoire de Verviers

    La messe sera célébrée (missel de 1962) par M. l'abbé Jean-Pierre HERMAN
    chapelain aux sanctuaires de Beauraing 

     

    Entrée libre. Réception offerte à l'issue de la messe.

     Renseignements: tél. (+32) (0)4.344.10.89

    courriel: sursumcorda@skynet.be

     

     

    Programme détaillé:

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    Concert (église des Bénédictines, 16h)

     

     1. Ėlèves de l’Académie :

    Antienne « Dominus dixit ad me » des matines de Noël (grégorien et chant vieux-romain)

    Lectio (extraits) des matines de Noël en organum

    Repons bref « Verbum caro factum est » des matines de Noël, en grégorien

    Bénédiction conclusive des matines de Noël, en grégorien  

    Repons « Collegerunt » (extraits) de la procession des Rameaux, d’inspiration gallicane

    Antienne « Media vita » (extraits) pour le temps de la Septuagésime et du Carême,  d’origine gallicane

    Introït de la Messe de Minuit de Noël « Dominus dixit ad me » : trois versions mélodiques (ambrosien, vieux romain, grégorien)

    Kyrie grégorien « cunctipotens genitor Deus » tropé en déchant  

    Alleluia  « Magnus Dominus » d’origine gallicane

    Sanctus tropé en déchant d’origine hongroise  

    Agnus Dei bénéventain

    Antienne ad magnificat « Magna Vox » des vêpres de l’office liégeois de saint Lambert

    Hymne « conditor alme siderum » des vêpres grégoriennes du 1er dimanche de l’Avent

     

    2. Patrick Wilwerth à l’orgue « Le Picard » :

    Extraits de l’œuvre d’Henry Du Mont (Looz, 1610-Paris, 1684) et du Livre d’orgue des Frères Croisiers de Liège (1617).

     

    3. Gregoriaans Koor Leuven

    Antienne « vidi aquam » ad aspersionem aquae benedictae (in tempore paschali) 

    Introït « De ventre », Graduel « Priusquam te formarem » et Communion « Tu puer » de la messe de la fête de saint Jean-Baptiste (extraits du Graduale triplex de Solesmes, 1974)

    Introït «Cibavit », Offertoire « Jubilate Deo », Communion « Qui manducat » de la messe de la Fête-Dieu (extraits du Graduale triplex de Solesmes, 1974)

     

     Messe du Temps Pascal (église du Saint-Sacrement, 18h)

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    Introït grégorien « Cantate Domino »  (Koor, Leuven) 

    Kyrie « Cunctipotens genitor Deus », tropé en déchant  (Académie, Liège)

    Gloria ambrosien (Académie Liège)

    Alleluia grégorien « Dextera Dei » (Koor, Leuven) 

    Alleluia grégorien « Christus resurgens » (Koor Leuven)

     Credo III (tous)

     Offertoire grégorien « Jubilate Deo universa terra » (Koor, Leuven)

     Sanctus tropé d’origine hongroise (Académie, Liège)

     Agnus Dei bénéventain (Académie, Liège)

     Communion grégorienne « ego sum vitis et vita » (Koor, Leuven)

     Antienne ambrosienne «O salutaris hostia » (solistes)

     

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     À l’orgue Thomas du Saint-Sacrement : Patrick Wilwerth

     Gloria (extraits) de la messe en si de J.S. Bach (soliste et orgue)

     

     

    LES INTERPRÈTES

    Le Choeur Grégorien de Louvain (Gregoriaans Koor Leuven) 

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    fondé en 1980, travaille et se produit, depuis ses débuts, sous la direction de Frans Mariman. La presque totalité des membres de la Chorale, ont suivi les cours de grégorien à Drongen (Tronchiennes) où Frans Mariman enseigne notamment la sémiologie grégorienne. Lui-même, formé en musicologie à Leuven, s’est spécialisé comme grégorianiste à l’école des maîtres qui font autorité en la matière, tels que Cardine, Billecocq, Joppich, Goeschl, et Le Guennant à l’Institiut Catholique de Paris : il cherche à transmettre à sa chorale, avec  le plus grand souci de perfection, le savoir et l’enthousiasme qu’il a hérité d’eux..

    On découvrira dans le chant de la chorale de Louvain toute l’expressivité authentique du grégorien, inspirée par les textes sacrés, restée longtemps cachée pour n’être redécouverte qu’au 19e siècle. Le répertoire de la chorale s’oriente tout autant sur les exigences de la liturgie contemporaine, que sur des perles musicales  que l’on n’y trouve plus: hymnes, liturgie des Quatre-Temps… Elle répond également à la demande d’organisateurs d’événements et concerts comme le Festival international de Watou, l’Eté mosane, la Nuit des chœurs  à l’abbaye de Villers-la-Ville, l’Académie de Chant grégorien à Liège…

     

    L'Académie de Chant grégorien

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    A été fondée à Bruxelles en mars 2000. Son objectif est de réunir des personnes qui aiment ou pratiquent le chant grégorien, désirent le promouvoit et assurer sa perennité sous tous ses aspects, en particulier dans sa fonction liturgique.

    .A ce titre elle organise, tous les ans, à Bruxelles et à Liège (depuis 2003) un cycle de cours ouverts tant aux débutants qu’aux persévérants, un stage résidentiel chaque été ainsi que des week-ends consacrés à des formations thématiques de perfectionnement dont la direction est  confiée aux meilleurs spécialistes belges et étrangers.

    En Belgique francophone en tout cas, il n’existe plus aucune institution, religieuse ou scolaire, où ce chant, que le concile Vatican II encore qualifie de propre à la liturgie l’Eglise catholique , soit encore enseigné et pratiqué. C’est pour faire face à ce vide que l’Académie de chant grégorien a été fondée. Elle comble donc une lacune car cet immense  répertoire  monodique, à la base de toute la musique occidentale, mérite d’être reconnu, estimé, chanté et entendu C’est à cette immense tâche que l’Académie se consacre. 

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    À  Liège, depuis 8 ans, le cycle annuel des cours de l’Académie s’échelonne de novembre à mai, à raison de deux samedis après-midi par mois. Il est donné par Stéphan Junker, professeur au conservatoire de Verviers, et Gérald Messiaen, professeur de l’académie à Louvain la Neuve, dans les locaux de l’église du Saint-Sacrement (la seule qui ait conservé l’usage du plain-chant liturgique dans cette ville de Liège).Stéphan Junker est diplômé du conservatoire de Bruxelles où il fit partie de la classe de Jules Bastin. Il est aussi licencié en philologie classique de l’Université de Liège.

    Patrick Wilwerth, 

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    organiste, compositeur, professeur d’orgue au conservatoire de Verviers et dans plusieurs académies de la région liégeoise, est diplômé des Conservatoires royaux de Liège et de Bruxelles où il fut l’élève et le disciple d’Hubert Schoonbroodt.

    Outre ses activités dans le domaine de l’orgue et de la composition, Patrick Wilwerth a fondé en 1994 le chœur de chambre " Praeludium " et a été nommé en 1993, directeur artistique et chef de chœur de la Chorale Universitairede Liège où il succède à Hubert Schoonbroodt. Son travail comme chef de chœur l’a amené à interpréter des œuvres parmi les plus belles du répertoire choral avec le Choeur Universitaire et l’Ensemble Instrumental « Tempus Musicale ». Organiste de concert autant que d’église, il maintient aussi la tradition du chant grégorien aux offices de l’église du Saint-Sacrement à Liège.

     

    Quelques notes sur les répertoires du plain-chant

     

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    Certes, aujourd’hui, le chant grégorien est le chant propre de la liturgie latine, dans laquelle il doit (ou devrait) occuper la première place. Première mais non exclusive: pour paraphraser le langage un peu ambigu du concile Vatican II, « toutes choses égales » avec les autres genres de musique sacrée (cfr art. 116 de la constitution « sacrosanctum concilium »)

    Depuis les siècles passés jusqu'à maintenant, ce chant liturgique est marqué par le nom de saint Grégoire (540-604) d'une façon décisive – le qualificatif de « grégorien » étant un acte de reconnaissance pour le rôle que ce pape a joué dans la mise en forme de la prière chantée officielle de l'Église latine. Mais, en fait, le chant « grégorien » est apparu dans la seconde moitié du VIIIe siècle dans le nord-est de la Gaule franque, vallée du Rhin comprise, En schématisant un peu, on dira qu'eut lieu alors un patient métissage, une sorte d'hybridation entre les textes liturgiques d'origine romaine et les mélodies qui se plièrent volontiers à un remodelage, épousant et intégrant l'ornementation gallican

    Si, comme on l’a écrit, le chant vieux romain et le chant gallican sont à la source du chant grégorien, d’autres variantes du plain-chant monodique subsistèrent aussi parallèlement à lui, telles que le chant ambrosien, le chant bénéventain, le chant mozarabe sans parler de répertoires  locaux, tels que le plain-chant liégeois, ni des premiers balbutiements de la polyphonie liturgique avec le déchant et l’organum.

    Tant la messe que le concert organisés le 21 mai 2001 à Liège illustrent la diversité de ces répertoires .

    Dans le syllabus destiné aux élèves de l'académie de chant grégorien à Liège, Gérald Messiaen y a consacré quelques considérations, dont nous reproduisons ici les principaux traits (on lira le texte complet en se procurant le Syllabus) :

    1.   Le vieux romain  

    On entend par chant romain le corps des chants qui s'est graduellement composé pour la liturgie pratiquée à Rome entre le IVe et VIIIe siècle. La source du "vieux Romain" est constituée des cinq manuscrits qui ont été écrits à Rome pendant les XIe, XIIe et XIIIe siècles. 

    Ces cinq sources du "vieux Romain" comprennent trois graduels (Chants de la Messe) et deux antiphonaires (Chants de l’Office) :

    -le Graduel de Santa Caecilia in Trastevere, datant de 1071(disponible en fac-similé : Max Lütolf. Das Graduale von Santa Cecilia in Trastevere. Fondation Martin Bodmer, codex 74, 1987) ;

    - le Graduel de la basilique du Latran (Roma,Vat. lat. 5319), qui date tout au plus du XIIe siècle(transcrit par STÄBLEIN, Bruno. Die Gesänge des altrömischen Graduale Vat.lat.5319Monumenta Monodica Medii Aevi Band II. Bärenreiter, 1970) ;

    -le Graduel de Saint-Pierre (S. Pietro F.22) datant du treizième siècle un antiphonaire de la basilique de Latran ou de SaintPierre (Londres, B.L. Add.29988) datantdu milieu du XIIe siècle ;

    - l'Antiphonaire de Saint-Pierre (Roma, Bliblioteca Apostolica Vaticana, Archivo S.Pietro, B.79)datant de la fin du XIIe siècle.(disponible en facsimilé : Bonifacio Giacomo BAROFFFIO. Bliblioteca Apostolica Vaticana,Archivo S.Pietro B 79 Antifonario della Basilica di S.Pietro. Ed. Torre d'Orfeo, 1995). 

    Ce répertoire intriguait déjà Dom André Mocquereau en 1891 :

    « … nous laissons en dehors … les pièces de la liturgie ambrosienne … Pour la même raison nous laisserons dans leur singulier isolement et leur indépendance bizarre de la tradition grégorienne trois manuscrits extrêmement curieux du XII° et du XIII° siècle (Vatican, n° 5319 et Archives de Saint-Pierre, n° F.22 et n° B.79), les seuls de ce genre que nous ayons rencontrés parmi les documents manuscrits de la liturgie romaine que nous avons réunis et consultés. La plupart des chants en usage dans ces codex ne se rapportent à la tradition ni par l’économie de la distribution de leurs neumes, ni par la suite des intervalles musicaux. Ce ne sont plus ici des variantes ou des 2altérations qui s’offrent à nous : c’est un chant réellement distinct, aussi loin de l’ambrosien que du grégorien … »

    Nous pouvons examiner le chant romain sous trois angles : 

    Le chant romain qui était pratiqué vers 750 nous est inaccessible dans sa forme originale. Il a été transmis au royaume Franc après 754, où il a été modifié de façon significative par les Francs (conduisant à ce que nous appelons le chant grégorien) avant de retourner à Rome.

     Au XIIIe siècle, le chant évolue encore (certains chants de cette époque se retrouvent dans les cinq sources du "vieux Romain"). Le chant romain, modifié par transmission orale durant plusieurs siècles, a été finalement noté dans les cinq vieux manuscrits du "vieux Romain".En comparant les manuscrits grégoriens et "vieux Romain", nous pouvons tirer un enseignement sur le chant romain du VIIIe siècle. L'identité des textes est évidente, ainsi que les différences dans les mélodies. Le grand nombre de textes identiques assignés aux fêtes spécifiques, à la fois dans les manuscrits du "vieux Romain" et grégoriens, est une indication claire que ces chants figuraient dans le répertoire romain du VIIIe siècle.  

    Les cinq manuscrits du"vieux Romain" ont été épinglés comme différents par rapport aux manuscrits grégoriens dès 1891, mais ce n’est qu’en 1950 que le sujet est devenu source de polémique. Pour certains musicologues, le "vieux Romain" et le grégorien représentent un développement ou une modification d’un même répertoire original, le chant Romain des environs de 750.Tandis que les chantres francs modifiaient les chants venant de Rome, le chant romain serait resté intact à Rome, toujours transmis par tradition orale. Il semble clair qu’au XIe siècle, quand les premiers Graduels romains ont commencé à être notés, le chant romain avait subi des changements.Lorsque les cinq Graduels mentionnés ci-dessus furent terminés, le chant grégorien avait remplacé le chant en usage à Rome. Nicolas III (pape de 1277 à 1280) imposera finalement le chant grégorien à Rome, sous l’influence des Franciscains. 

    2. L’ambrosien 

     Le chant milanais est considéré comme le plus vieux chant occidental. Les plus anciens manuscrits milanais complets de chant ne sont pas antérieurs au XIIe siècle(certaines sources partielles datent du siècle précédent).Les chants de la Messe et de l’Office sont reproduits à la suite, en séquences chronologiques,avec des livres distincts pour l’hiver et l’été. Le chant milanais est généralement dénommé « chant ambrosien ».

    Saint Ambroise était évêque de Milan de 374 à 397, à l’époque où l'empereur romain y avait établi sa capitale. On lui attribue la composition d’hymnes, textes et mélodies. Saint Augustin fait mention de quatre hymnes qui nous sont parvenues : Aeterne rerum conditro ; Deus creator omnium ; Jam surgit hora tertia ; Veni redemptor gentium. Ces hymnes utilisent le même mètre. Des hymnes plus récentes du même mètre sont appelées ambrosiennes et sont parfois attribuées à saint Ambroise lui-même. Un grand nombre de ces hymnesont été longtemps utilisées dans les livres liturgiques grégoriens et milanais.

     Charlemagne conquit la Lombardie et en devint le roi en 774. Les rois Carolingiens ont régné sur l'Italie jusqu'à 962, mais ils n’ont eu aucune influence sur la liturgie lombarde.Au Concile de Trente (XVIe siècle), les nombreuses variantes locales du rite romain furen tnormalisées, mais Milan (et la région de l'Italie du nord qui formait son archidiocèse) a été autorisée par ce concile à conserver son rite en raison de l’ancienneté de celui-ci.

     3.    Le gallican

     Amplement recouvert par le grégorien, le chant gallican a laissé des traces assez nombreuses pour nous révéler sa richesse mélodique.

     Le rite gallican et son chant tirent leur origine du culte pratiqué par le peuple galloromain.

     Clovis a été baptisé à Reims en 496. Les francs adoptèrent le rite gallican, laissant aux peuplades gallo-romaines une grande autonomie en matière civile et religieuse. L'église gallo-romaine possédait déjà des figures de proue : saint Hilaire de Poitiers, saint Martin de Tours, et plusieurs poètes tels Venance Fortunat.

    Le rite gallican disparaît progressivement sous Pépin le Bref puis Charlemagne. Le nouveau rite est inspiré des sacramentaires romains et le chant est remplacé par ce que l’on dénommera le grégorien.

    Plusieurs arguments permettent d’identifier un chant comme étant gallican :

     1. Certains rites, tels que les Litanies mineures (trois jours avant la fête de l'Ascension) et la fête de saint Martin de Tours, n'étaient pas célébrés à Rome. On en conclut que les chants retrouvés en notation médiévale ont survécu au rite gallican.

     2. Le second argument concerne le style littéraire : les prières romaines et les textes des chants romains étaient notablement concis. Les autres rites occidentaux affichent une déclamation dans un style plus oratoire, riche en image, et des chants agrémentés demélismes plus ornés. Ainsi en est-il de l’antienne O Crux benedicta (Antiphonale Monasticum, 1934, p. 1046) dont le mélisme sur la syllabe e de alleluia comporte 53 notes.

    3. Un troisième argument est basé sur la ressemblance entre certains chants gallicans et des chants mozarabes et milanais. Kenneth Levy a récemment montré que certains Offertoires, dont les textes sont non psalmiques, ne figurent pas dans les sources du Vieux Romain, mais ont des similitudes avec des autres sources non-romaines. L'origine gallicane d'un certain nombre de ces chants est évidente du fait que les manuscrits francs les plus anciens, copiés directement des sources romaines, les omettent, tandis que desmanuscrits francs plus récents les incluent. Ces chants, absent des sources apportées de Rome, ont en fait été ajoutés plus tard, à partir de sources locales, dans le but de les conserver. Ces ajouts furent plus facilement réalisés dans les endroits éloignés de l'autorité centrale. Les manuscrits d'origine aquitaine du XIe siècle contiennent un grand nombre de chants gallicans. Les francs composèrent de nouveaux chants, et ceux-ci ont des traits à la fois romain et gallican.

     En tout état de cause, la liturgie gallicane n'était pas unifiée, mais revêtait vraisemblablement des formes diversifiées dans l'ensemble de la région. Nous n'avons aucun ensemble de sources du chant gallican (comme pour le Bénéventain et d'autres chants).

     Au XVIIe siècle, un mouvement de retour aux origines françaises a entraîné la composition d'une liturgie néo-gallicane avec son chant. Mais cela n'a aucune relation avec le sujet présenté ici.

     4. Le Bénéventain

    Le terme bénéventain désigne les manuscrits de chant grégorien provenant de la région de Benevento, au Nord de Naples, ainsi que l’écriture neumatique caractéristique de ces manuscrits.

    Le chant et la liturgie bénéventaines ont connu leur apogée après 758, quand Charlemagne aconquis le royaume du nord à Pavie, et jusqu’à la fin du VIIIe siècle, quand les premières formes du chant grégorien ont été introduits à Bénévent.Depuis lors, les chants bénéventains de la Messe semblent avoir été utilisés comme alternativeaux chants grégoriens les jours de grande fête. Au XIe siècle, le répertoire bénéventain est tombé en désuétude.

    L'autre centre liturgique important du duché était Monte Cassino, où saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin. Ce monastère n'a pas été occupé sans interruption : il fut détruit par les Lombards, et réoccupé vers 717 après plus d’un siècle. Il fut encore détruit par les Sarazins en 883, avant d’être restauré un siècle plus tard.

     Le chant bénéventain a fait l'objet du volume XIV de la Paléographie musicale (1934), mais la principale étude de ce chant est due à Thomas Forrest Kelly : The Beneventan Chant (Cambridge, 1989). Forrest a poursuivi son travail en publiant les fac-similés de chaque chant survivant (Paléographie musicale XXI, 1992) : cinq graduels, ou les livres des chants de la Messe, sont parvenus jusqu’à nous depuis les XI et XIIe siècles. Parmi ceux-ci, Bénévent 38 et 40 sont les plus importants et Bénévent 33 (missel avec la notation des chants datant des environs de l’an 1000)est le plus ancien. Tous ces graduels contiennent des chants grégoriens, les chants bénéventains étant ajoutés immédiatement après chaque fête ; comme si on avait voulu conserver et garder l’usage des chants traditionnels…

    Les chants de la semaine sainte revêtent une importance particulière, car ils ne correspondent pas tous aux chants des livres grégoriens. Le plus intéressant de ces chants est celui de l'Exultet, la célébration du cierge pascal au début de la vigile pascale. Les belles enluminures sont à l'envers, de sorte que les fidèles peuvent les admirer tandis que le préchantre déroule son parchemin en chantant. Beaucoup de manuscrits ont survécu en raison de la valeur artistique des enluminures.

    5. Le Mozarabe

     

    Le terme "Mozarabe" fait référence aux chrétiens espagnols vivant sous la domination arabeaprès 711. Si l’apogée du rite espagnol se situe déjà au VIIe siècle, on en a peu de traces avant 711.On parle aussi de chant et d’écriture wisigothique, par référence à l’art développé du Vème siècle jusqu’au début du VIIIème siècle durant l'existence du royaume wisigoth, d’abord à Toulouse, puis à Narbonne, Barcelone, Séville, Mérida et finalement à Tolède. Parler d’écriture musicale wisigothique est un anachronisme car il n’y a pas d’écriture musicale datant des wisigoths.

     

    La Verona Orationale est une collection de prières de l’Office qui a été emportée en Italie pour être préservée pendant l'invasion arabe. Elle doit dater des environs de 700. Elle témoigne non seulement du style littéraire du rite, mais elle contient également des indications quant auxtextes des chants.

     

    Un exemple de manuscrit primitif de chants mozarabes est l’Antiphonaire de Léon, copie du Xe siècle d'un manuscrit du VIIe siècle. D’autres manuscrits ont été produits entre le IXe et le XIe siècle.

     

    Les neumes, comme les neumes francs de la même période, ne peuvent être déchiffrés, puisqu'il n'y a aucun manuscrit contenant les mêmes chants en notation en lignes.Lors de la reconquête de l'Espagne musulmane, de nombreux moines et évêques français sontarrivés en Espagne. Et quand Tolède, l’ancienne capitale, a été reprise en 1085, le vieux riteespagnol fut supprimé en faveur du rite romain et de son chant grégorien. Seule la cathédrale de Tolède a pu conserver l’ancienne liturgie grâce à une dispense de l’autorité romaine.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Votre semaine sainte 2011

     

    Des statistiques qui ne font pas de bruit

    Il est plutôt rare que les médias diocésains annoncent, relaient ou relatent les activités religieuses, culturelles ou patrimoniales organisées à l'église du Saint-Sacrement et pourtant, comme dirait Galilée...elle tourne! Du dimanche des Rameaux à celui de Pâques, les offices de la semaine sainte ont réuni, comptées au fil des jours, pas moins de cinq cents personnes, dont cent cinquante le vendredi saint: beaucoup de piété et de ferveur, en particulier lors du chemin de Croix conduit par l'abbé Germeau et l'abbé Arimont et à l'office des présanctifiés. Loin du bruit et des controverses ecclésiastico-mondaines. Dans la paix du Seigneur, tout simplement. Puissions-nous y demeurer.

    Liège, le lundi de Pâques 25 avril 2011

     

    LA SEMAINE SAINTE 2011

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    1. LIEGE:

    A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

    Boulevard d'Avroy, 132, à Liège

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    église du Saint-Sacrement à Liège (Jacques-Barthélemy Renoz, 1776)

      

    Célébrations par l'abbé Jean Schoonbroodt, chapelain au sanctuaire de Banneux

    et l'abbé Claude Germeau, animateur du Foyer d'Accueil de Herstal.

     

    DIMANCHE DES RAMEAUX

     17 AVRIL 2011  

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    À 9 HEURES 45  

    Distribution du buis bénit suivie de la grand'messe (missel de 1962)  chantée en grégorien.

    Propre de la messe "Domine ne longe". Psalmodie de la Passion selon saint Matthieu.

     Kyriale XVII.

    À 11 HEURES 15

    Messe chantée selon le missel de 1970

      

     

    MARDI SAINT, 19 AVRIL 2011 

    DE 17 HEURES A 19 HEURES

     

    ADORATION DU SAINT-SACREMENT EXPOSE 

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    17h00, vêpres grégoriennes suivies d'un temps de méditation

    18h00, chapelet suivi des litanies du Sacré-Coeur

    18h45, bénédiction du Saint-Sacrement

    CONFESSIONS PASCALES: 

    Un prêtre à votre disposition, mardi 19 avril de 17h00 à 18h45 

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    JEUDI SAINT, 21 AVRIL 2011

     À 20 HEURES

    Messe de la Dernière Cène (missel de 1970)

     

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    VENDREDI SAINT, 22 AVRIL 2011

     À 15 HEURES

    Chemin de la Croix 

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    Le chemin de la croix du vendredi-saint sera médité avec les abbés Claude Germeau, André Arimont et le Frère Jérémie-Marie de l'Eucharistie.

     Extraits du "Stabat Mater" d'Antonio Vivaldi chantés par Patricia Moulan (conservatoire de Verviers), avec le concours de Mutien-Omer Houziaux (orgue)

    À 20 HEURES

    Office des Présanctifiés (missel de 1970)  

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    SAMEDI SAINT, 23 AVRIL 2011

    À 20 HEURES

    Veillée et Messe de la Résurrection (missel de 1970)

     

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    DIMANCHE DE PÂQUES, 24 AVRIL 2011

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    À 10 HEURES

    Grand’messe du Jour de Pâques, chantée en grégorien (missel de 1962).Propre "Resurrexi". Hymne "Salve festa dies".Séquence "Victimae Paschali Laudes". Kyriale I. 

    À 11 HEURES 15

    Messe du Jour de Pâques (missel de 1970) 

     

    2. VERVIERS:

    A L'EGLISE SAINT-LAMBERT

    Rue du Collège, 80 à Verviers 

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    Célébrations par le Père Jos Vanderbruggen, o.praem., recteur du prieuré de Tancrémont (Banneux), chapelain à Banneux et à Saint-Lambert-Verviers,  et l'abbé Jean Schoonbroodt, chapelain au sanctuaire de Banneux et à l'église du Saint-Sacrement à Liège

     

    DIMANCHE DES RAMEAUX

    28 MARS 2011 À 10 HEURES 30 

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    Procession suivie de la grand'messe (missel de 1962) chantées en grégorien. Distribution du buis bénit. Psalmodie de la Passion selon saint Matthieu. Motet classique et orgue: extrait du "Stabat Mater" d’Antonio Vivaldi (1678-1741)

     

    JEUDI SAINT

     21 AVRIL 2011 À 19 HEURES 30 

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    Messe de la Dernière Cène (missel de 1962), chantée en grégorien (missel de 1962).  Hymnes ambrosiennes (Milan, à partir du Ve s.).Translation des Saintes-Espèces au Reposoir. Adoration et bénédiction du Saint-Sacrement. "Tantum ergo" liégeois.

     

    VENDREDI SAINT

     22 AVRIL À 19 HEURES 30 

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    Office des présanctifiés (missel de 1962), chanté en grégorien. Psalmodie de la Passion selon saint Jean. Chant gréco-latin du Trisagion (Ve s.) et des Impropères. Adoration de la Croix. Communion. Repons ambrosien (Milan, à partir du Ve s.).

     

     

    SAMEDI SAINT

     23 AVRIL 2011 À 21 HEURES

    VIGILE PASCALE ET MESSE SOLENNELLE DE LA RESURRECTION 

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    Vigile pascale. Bénédiction du feu nouveau. Renouvellement des promesses de baptême. Messe de la Résurrection (missel de 1962) chantée en grégorien. Extrait du Gloriade la messe en si de Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Psalmodie des Laudes en déchant et hymne "O filii et filiae" (plain-chant du XVe siècle).

     

     DIMANCHE DE PÂQUES

     24 AVRIL 2011 À 11 HEURES 

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    Grand'messe du Jour de Pâques (missel de 1962), chantée en grégorien. Extraits des Harmonia Sacra d’Henry Purcell (1659-1695) et du motet « Exaltabo Te » d’André Campra (1660-1744).Hymne "O filii et filiae" (plain-chant du XVe siècle).

     

     

    « SURREXIT DOMINUS VERE » 

     

     

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    La résurrection selon la chair, juste un symbole ? Monseigneur Léonard répond : « Il me paraît très important de souligner le réalisme de la résurrection. Ce n’est pas un réalisme naïf. Quand on parle de résurrection physique, je n’entends pas tomber non plus dans un anthropomorphisme presque grossier qui suscite des questions incongrues. Quel est le statut du corps de Jésus ressuscité ? Combien pèse-t-il ? Combien mesure-t-il ? C’est le genre de questions aussi idiotes que celle que l’on a posée sur l’eucharistie : comment Jésus, homme adulte, peut-il tenir dans l’hostie ? Ces questions indiquent bien que l’on comprend la réalité de la résurrection, comme celle de la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie,  uniquement sur le mode de nos réalités terrestres. A mon sens, le corps de Jésus ressuscité est un corps réel, mais non plus au sens habituel d’un corps humain réel, en vieillissement, et s’acheminant vers la mort. Il doit présenter un certain rapport avec le corps du Christ que ses contemporains ont connu avant sa crucifixion mais, puisque Jésus ressuscité ne meurt plus, sa condition humaine réelle, incarnée, n’est plus tout à fait la même que la nôtre. Je considère le corps de Jésus comme réel, mais je ne le situe pas dans le cosmos. S’il est présent dans notre cosmos, c’est par la présence eucharistique. Le mystère a sa part dans la condition présente, mais tous nous recevons les lumières nécessaires à faire un acte de foi, à dire oui à Dieu. Ce oui à Dieu, c’est peut-être avant tout un acte de foi en la résurrection du Christ. Le christianisme sans la résurrection du Christ, sans le Christ vraiment ressuscité, ce n’est plus le christianisme, ce n’est plus qu’une idéologie parmi d’autres. Perdre cela, c’est perdre tout le contenu du message. Insinuer cette réduction dans le cœur des croyants, c’est un grand malheur et un grand méfait. C’est sortir de la foi chrétienne et pénétrer sur le terrain de l’hérésie. L’hérétique, c’est une personne qui retient de la foi chrétienne ce qui lui convient et laisse tomber le reste. Cette attitude réduit le croyant à la dimension d’un partisan. L’hérésie provient toujours d’une étroitesse d’esprit. Incapable d’accueillir toute la réalité de la Révélation, on nie le reste. On laisse tomber ce que l’on n’est pas capable d’intégrer dans sa raison trop courte, et on le transpose sur un mode acceptable ».

     

    Monseigneur Léonard, un évêque de plein air, éd. Omer Marchal, 1994, p.266

     

     

  • Témoignage

     

    LE CARÊME DE NICOLAS

    23 ans, étudiant en droit aux Facultés de Namur

     

    108_a96246e959a1ec60530444e3aa69ed08.jpgPour moi, le Carême est l'occasion de me défaire des choses inutiles qui encombrent ma vie de tous les jours. Le Carême, c'est choisir quelques comportements qui m'éloignent quotidiennement de Dieu, mais que je fais sans vraiment m'en rendre comtpe, et tenter de les erradiquer. Pour ce faire, l'Eglise propose trois voies pour choisir nos petits 'sacrifices'.  

     Premièrement, il y a le partage. Cette voie consiste simplement à mettre une place pour les autres dans ma vie. Personnellement, j'ai choisi de m'ouvrir un peu plus aux autres, de les écouter vraiment et de retenir ma langue lorsqu'il est question de les critiquer ou d'être médisant. Concrètement, j'ai choisi de voir en priorité ce qu'il y a de bon dans toutes les personnes que je croise et que je côtoie et non plus de me méfier des autres en les jaugeant du premier regard.

    Deuxièmement, il y a le jeûne. Personnellement, je n'approche pas le jeûne cetteimagesCAHX87FX.jpg année via sa facette alimentaire. En tous cas, pas dans un premier temps. Pour des raisons de santé, je ne peux pratiquer un jeûne à l'état pur. Mais j'ai fait le voeu de m'abstenir de viande les mercredis et les vendredis afin de me rappeler le sacrifice du Christ ainsi que de jeûner de manière progressive afin de faire une petite place bien physique en moi pour Dieu. C'est-à-dire que, progressivement, je vais éviter de boire du café, ensuite de manger du chocolat, toutes ces choses qui ne sont pas nécessaires et qui nous procurent du plaisir. Certains diront que c'est du masochisme, j'aurais envie de leur répondre que ce n'est que de l'ascèse. En effet, lorsque l'on s'abstient de manger du chocolat pendant trois semaines, par exemple, on se rend compte du réel plaisir qu'il nous procure lorsqu'on en mange enfin. Je veux pointer là un gros problème dans notre société: la surconsommation. On a plus le goût de rien. On a toujours trop. En gros, ce ''jeûne alimentaire'' comme je l'appelle, me permet de me ''désintoxiquer'' de cette surabondance. Mais le plus important, c'est qu'il m'aide à partager la condition de ces personnes qui n'ont pas la chance d'avoir accès à cette surabondance.

    imagesCAT7PJ3S.jpgTroisièmement, et pour finir, il y a la prière. J'ai choisi de tout simplement consacrer un peu plus de temps à la prière quotidienne et de donner quelques minutes supplémentaires à l'adoration au moins une fois par semaine lorsque mon planning me le permet.

    Finalement, le Carême, pour moi, c'est ''simplement'' exacerber les qualités que Dieu nous demande de revêtir toujours et en tout lieu et pour lesquelles Jésus est l'exemple par exellence qu'Il nous demande de suivre. Mais au-delà de cet aspect, il y a également cette ouverture vers l'altérité, vers cette universalité qu'est l'Eglise.

    En effet, Dieu nous donne une Eglise faite de tant d'affinités, et j'ai tendance à n'approfondir qu'une seule d'entre elles. Alors, ma grande résolution finale, cette cerise sur le gâteau qu'est le Carême, c'est tout simplement d'être présent PARTOUT où le Seigneur me demande d'être, même et surtout (puisque le Carême c'est cette exacerbation dont je parlais) dans ces endroits de l'Eglise que je ne connais pas assez bien et vers lesquelles je ne vais pas spécialement spontanément.

     

     Lu sur le blog de notre confrère BELGICATHO

     

     RECONCILIATION, PRIERE ET SILENCE

     A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

    (Boulevard d'Avroy, 132 à Liège)

     

     

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    Tous les mardis de 17h00 à 19h00

    Confessions

    un prêtre à votre disposition de 17h00 à 18h45

    Adoration

    17h00 vêpres  grégoriennes, suivie de la méditation de l'évangile du jour

    18h00 chapelet suivi des litanies du Sacré-Coeur

    18h45, bénédiction du Saint-Sacrement suivie de l'angélus.

     

     

  • "sacerdos, alter Christus"

     

     

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    POUR EN FINIR AVEC L’ORDINATION

     DES HOMMES MARIÉS ET DES FEMMES

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    La question du célibat sacerdotal, c’est comme le boléro de Ravel : on croit que c’est fini et cela recommence encore obstinément. Sans remonter au conciles d’Elvire (IVe siècle) ou du Latran (le premier, au XIIe siècle), voici peu  le thème a refait surface, une fois de plus, à la faveur de la révélation de l’épidémie pédophile des années postconciliaires. Dans les pays catholiques les plus éprouvés par le « sécularisme » doctrinal et moral -comme l’Autriche ou la Belgique- des évêques ont épanché publiquement leurs doutes et leur trouble. Lorsqu’à la mi-mai 2010, un  évêque autrichien, Paul Iby, d’Eisenstadt, déclare que « les prêtres devraient être libres de décider s’ils veulent se marier ou non » et que « le Saint-Siège est trop timide à ce sujet », le cardinal-archevêque de Vienne, Christophe Schönborn, commente : « les préoccupations qui ont été exprimées par l’évêque Iby, nous les ressentons tous ».Un peu plus tard, dans un contexte similaire, trois évêques flamands, dont deux récemment nommés par Benoît XVI lui-même, NN.SS. De Kesel (Bruges), Bonny (Anvers) et Hoogmartens (Hasselt) ont, à leur tour, saisi au bond la balle des scandales pédophiles, pour pousser l’amalgame encore un peu plus loin. Dans une interview à la radio flamande VRT, Mgr De Kesel a déclaré (18 septembre 2010): « Je pense que l'Eglise doit se poser la question de savoir s'il convient de conserver le caractère obligatoire du célibat » et, poursuivant sur sa lancée: « on pourrait dire qu'il y a des prêtres célibataires mais que des personnes pour lesquelles le célibat est humainement impossible à respecter devraient aussi avoir la chance de devenir prêtre » pour conclure: « la discussion sur le célibat [des prêtres] pourrait avoir une suite bien plus rapide que celle sur l'accès des femmes à la prêtrise" ».  

    Et à nouveau tout récemment,  après que cent cinquante théologiens germanophones eussent lancé (7 février 2011) un bruyant manifeste « pour mettre fin à la crise sans précédent  que traverse l'Eglise catholique depuis les scandales des prêtres pédophiles »,  le site de l’agence de presse « Cathobel » publia un éditorial  « Célibat des hommes et ordination des femmes » du P. Charles Delhez s.j., paru dans le Dimanche Express n°8 du 27 février 2011. Dans cet article, le directeur du journal des paroisses francophones de Belgique reprend, « more jesuitico », l’antienne qu’il avait déjà publiée dans la « Libre Belgique ». Voici un extrait de sa prose :

    « (…) Dans l’Église latine, on n’ordonne prêtres que ceux qui font la promesse de rester célibataires. Ne pourrait-on cependant pas imaginer, dans l’Église latine, la même diversité qu’à l’intérieur de l’Église catholique dans son ensemble ? C’est que les Églises locales évoluent bien différemment aujourd’hui. Des réponses adaptées à la situation de chaque pays ou de chaque région du monde serait sans doute  heureuses.                                                                                  

    « Tout autre est la question posée par l’ordination des femmes. Elle est théologique. L’Église est-elle tenue par le fait que Jésus n’a choisi comme apôtres – les Douze – que des hommes, alors qu’il était entouré également de femmes ? Elles ont d’ailleurs joué un rôle très important, comme premiers témoins de sa résurrection, par exemple. S’agirait-il d’une donnée culturelle ou d’une volonté divine ? (…) ».

    Dans un commentaire « posté » sous le texte de son confrère, le Père Thierry Dejond s.j. apporte au lecteur un excellent antidote à la culture du doute pratiquée par le Père Delhez. Une mise au point concise, claire et précise : « (…) Il est évident que l’ordination des Douze Apôtres, et non de Marie, Mère de Dieu, ni de Marie-Madeleine, Suzanne et autres Femmes ayant suivi Jésus, n’est pas une « donnée culturelle », mais bien une « volonté divine », au sujet de laquelle toutes les Eglises ont maintenu un accord unanime, jusqu’à la fin du XXème siècle.  C’est donc une idée de la « post-modernité », lancée par le Mouvement féministe, dont la philosophie est la « gender philosophy », dont la thèse, validée par l’ONU, est qu’on choisit librement d’être homme ou femme, car il ne s’agirait pas d’un donné « naturel », mais purement « culturel ».

    Si les Eglises orientales ‘revenues au catholicisme’ ont accepté d’ordonner des hommes mariés (vu leur passé orthodoxe datant de 690) [ndlr : concile « in trullo »], c’est par miséricorde de l’Eglise catholique, qui ne voulait pas briser une tradition de cinq siècles.

    Le « célibat des prêtres » dans l’Eglise latine n’est autre qu’une manière d’être fidèle à la « Tradition remontant aux Apôtres », et acceptée tant chez les Grecs que chez les Latins jusqu’en 690, et exigeant des Evêques, Prêtres et Diacres mariés, de renoncer, le jour de leur Ordination, à l’usage du mariage. Cette tradition apostolique s’est maintenue en Occident, tandis que l’Orient grec cédait aux décisions de l’Empereur de Byzance.

    Pourtant, même en Orient, subsistent des traces évidentes de l’ancienne discipline commune: les Evêques n’ont pas le droit de vivre en mariage, jamais; les prêtres et les diacres, après le décès de leur épouse, n’ont pas le droit de se  remarier,  puisque ils ont été ordonnés. Ce qui prouve bien qu’il s’agissait d’une  tolérance, Idem, pour les  diacres mariés  en Occident, depuis le Concile Vatican II: ils ne peuvent pas se  remarier.

    Cette discipline remonte aux Apôtres, dont un seul, Simon-Pierre, était certainement marié avant l’appel du Christ, mais qui répond à Jésus: « Nous qui avons tout quitté pour te suivre… », Jésus répond: « Amen, je vous le dis: personne n’aura quitté maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, qu’il ne reçoive beaucoup plus en ce temps-ci et, dans le monde à venir, la vie éternelle. » (Luc 18, 28-30). Bien d’autres textes de L’Ecriture Sainte, et de la Tradition des Pères de l’Eglise, confirment cette exigence de Jésus. Exigence rappelée au 1er Concile Oecuménique de Nicée en 325, canon 3; et déjà avant, dans des Conciles régionaux: Elvire (Espagne) en 304 et Ancyre (=Ankara, Turquie) en 314. Il est clair que ces canons disciplinaires de l’Eglise ne faisaient que « rappeler » la Tradition remontant aux  Apôtres etattestée par de nombreux  Pères de l’Eglise  auparavant ».

    Le Père Dejond est professeur de théologie dogmatique et directeur spirituel du Séminaire de Namur depuis 1994.

     

     

  • Premier dimanche du mois d'avril 2011

     

    EGLISE DU SAINT-SACREMENT
    Boulevard d’Avroy, 132 à Liège

    (face à la statue de Charlemagne)

     

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    DIMANCHE 3 AVRIL 2011 À 10 HEURES

    MESSE DU PREMIER DIMANCHE DU MOIS

      

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    Quatrième Dimanche du Carême : Laetare

    Évangile de la multiplication des pains ((St. Jean, 6, 1-15)

      

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    Tabgha, sur les hauteurs du lac de Tibériade,

    site traditionnellement désigné comme celui de la multiplication des pains

     

      

    Propre grégorien de la messe «Laetare »

    Célébration selon le missel de 1962, Grégorien et Polyphonie 

     

    Kyriale XVII (XIVe siècle), Credo I (XIe siècle)

    Hymne du Carême « Audi, benigne conditor »

    Conduit diaphonique « Eterno serviet »

    (École de Notre-Dame de Paris, XIIe s.)

     

     

    PAR LA SCHOLA DU SAINT-SACREMENT

     

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    AUX ORGUES, MUTIEN-OMER HOUZIAUX

    Ancien organiste titulaire de la cathédrale Saint-Paul

     

    Livrets à votre disposition sur la table au fond de l’église pour suivre la messe

     

     

     

  • Carême 2011

     

    MERCI !

     Heureuse surprise pour la récollection de carême organisée à l'église du Saint-Sacrement le samedi 26 mars de 9h à 17h. Vingt cinq retraitants s'étaient annoncés. Ils furent en réalité une quarantaine, de tous âges (y compris des enfants et sans compter les visiteurs s'associant aux moments de prière). Merci à l'abbé Germeau qui, dans ses enseignements, a mis en lumière le coeur de la foi chrétienne, dépouillé des oripeaux idéologiques et des artifices mondains qui le voilent si souvent. Merci à l'abbé Arimont qui a confessé les pénitents et conduit les moments d'adoration avec l'abbé Germeau et le Frère Jérémie-Marie de l'Eucharistie. Merci, enfin, aux jeunes et moins jeunes qui ont assuré l'accueil et l'intendance de cette rencontre paisible, illuminée aussi par le grand soleil du printemps: tout un symbole !

     

    À L’ÉGLISE DU SAINT SACREMENT

    Boulevard d’Avroy, 132 à Liège 

                                                

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    LE SAMEDI 26 MARS 2011 DE 9h30 À 17h

      

    L’ABBÉ CLAUDE GERMEAU

    Fondateur et directeur du Foyer d’Accueil de Herstal

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    vous invite à 

    UNE JOURNÉE DE PRIÈRE ET DE RÉFLEXION 

     Quels sont l'avenir et la force du Christianisme ?

     

    Dans un monde qui perd ses repères, seuls des témoins nous montrent les vraies valeurs par le témoignage de leur vie. Ils nous fournissent le bon ciment pour construire le monde de demain.  

      PROGRAMME DE LA JOURNEE 

        3110936616_44397c25c2.jpg  

      09 h 30                                          accueil

      10 h 00                               enseignement

      11 h 30                                      adoration

       12 h  30                     repas « tiré du sac »

                                             boissons sur place 

        14 h  00                                        chapelet 

       14 h  30                               enseignement 

       16 h  00                                      adoration 

       17 h 00       Bénédiction du St-Sacrement 

    Possibilité de se confesser durant la récollection 

     

    "La période du carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la grâce rénovatrice du sacrement de pénitence et marcher résolument vers le Christ" (Benoît XVI, message pour le carême 2011)

     

     Renseignements et inscriptions : tél. 04.344.10.89

    e-mail  foyer.herstal@live.fr

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    QUARANTE ANS D’APOSTOLAT PARMI LES JEUNES 

    image_035.jpgDans notre monde actuel, peut-on encore trouver des réponses aux questions que tout le monde se pose et qui sont fondamentales pour notre vie : Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? Qu’est-ce quel’homme ? D’où venons-nous, où allons-nous ? Pourquoi le mal ? Sur quelles bases, sur quelles valeurs construire sa vie ? Face aux nombreuses remises en question et aux incertitudes actuelles, s’impose la nécessité de témoignages concrets, forts, au coeur de la vie.Pour recevoir ce livre du Foyer d’Accueil de H159494_fr_137.jpgerstal (prix recommandé en librairie,20€), merci de nous écrire, en nous laissant vos coordonnées. Le foyer ne vivant que de dons, nous vous laissons le choix du montant de votre participation aux frais d’édition (cpte 240-0666386-97 de l’asbl Foyer d’Accueil de Herstal).

     

  • Marche pour la Vie le 27 mars 2011 à Bruxelles

                                      

     Notre commentaire après la manifestation:

    LA MARCHE BELGE POUR LA VIE A DOUBLÉ SES EFFECTIFS

      

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     Pour sa deuxième édition, la « Marche pour la Vie » organisée à Bruxelles le dimanche 27 mars 2011 a doublé ses effectifs.La police a compté 2800 participants (4000 selon les organisateurs), soit le double de l'an passé, parmi lesquels Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, seul évêque belge présent. 

     

    Monseigneur Léonard a déclaré : "Je suis ici pour soutenir les organisateurs de cette manifestation parce que leur message est positif. Je ne suis pas ici pour condamner quiconque. Je voudrais qu'on laisse une chance à chaque enfant de naître. Chacun ici a un jour été un embryon ou un foetus. Pourquoi certains devraient-ils être privés de la chance de venir au monde ?". A la question de savoir si l’actuelle loi belge sur l’avortement devait être abolie, l’archevêque a répondu : "Aucune loi n'est éternelle. Toutes les lois peuvent être améliorées. Mon but est de garder les consciences en éveil. Et c'est le travail des hommes politiques d'éventuellement améliorer la loi sur l'avortement".

     

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    « Belgicatho », proche confrère de notre blog, publie à cet égard le commentaire suivant :

     

    « Tout vaut mieux que le silence et l’indifférence » me disait une amie au cours de cette manifestation.  On ne peut lui donner tort.

    Encore faut-il constater que réunir  trois ou quatre mille manifestants n’est pas suffisant. Il ne s’agit pas de nier ce beau succès, surtout dans un pays où l’on a bien du mal à mobiliser des gens pour une cause de ce type. Plus qu’aucune autre, en effet, la société belge est gangrénée par le matérialisme, l’individualisme et le rejet des valeurs qui ont fondé la civilisation chrétienne.

    Après avoir donné ce signal éloquent, il faudra s’engager dans un travail de fond si l’on veut changer réellement les choses.

    Il s’agit, bien sûr, de faire prendre conscience aux gens de ce que représente vraiment un avortement qui est tout autre chose qu’un acte bénin. Mais, pour éradiquer le fléau de l’avortement, il faudra surtout s’attaquer aux causes et en particulier aux situations que vivent des femmes qui considèrent que l’avortement est la seule issue possible.

    L’éducation des jeunes est une autre priorité. Faute d’être formés à une conception authentique de l’amour humain et à ne voir dans l’acte sexuel que le plaisir qu’il procure, de nombreux jeunes recourent de plus en plus à l’avortement pour effacer les traces d’une contraception oubliée ou mal pratiquée. Il y a une mentalité consumériste du sexe qui rend bien des gens insensibles aux dimensions véritables de l’avortement considéré comme une intervention banale, comme pourrait l’être l’arrachage d’une dent ou l’ablation des amygdales.

    Alors, il va falloir se mettre au travail et le but ultime n’est pas d’être deux fois plus nombreux l’an prochain mais bien de communiquer l’amour et le respect de la vie à travers les institutions éducatives et dans la culture ambiante. Et cela, c’est un tout autre challenge ». Lire aussi, sur le même blog : Marche pour la Vie : la mauvaise foi des médias et la solitude d'un archevêque »

     

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  • Avons nous tous le même Dieu ?

     

    QUAND DIEU SE MANIFESTE

    epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège 

     

    epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

    epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

     Le 8 janvier dernier, plus de deux cents fidèles se sont réunis à l’église du Saint-Sacrement à Liège pour la Solennité de l’Épiphanie célébrée selon le missel de 1962 par M. l’abbé Jean-Pierre Herman, chapelain aux sanctuaires de Beauraing. Celui ci était assisté par M. l’abbé Claude Germeau (officiant comme diacre) et le Frère Jérémie-Marie de l’Eucharistie (comme sous-diacre).

    Tant la procession à la crèche que la messe ont bénéficié du concours remarquable de la Capella Verviensis (dir. et orgue : Jean-Michel Allepaerts) qui a interprété la messe à quatre voix mixtes « O Magnum Mysterium » de Tomas-Luis da Vittoria (1518-1611) et six chorals ou motets anciens pour le temps de Noël. Le propre grégorien de la messe était assuré par la Schola du Saint-Sacrement.

     Dans sa prédication, l’abbé Herman a rappelé les origines de cette fête et plaidé vigoureusement pour une nouvelle prise de conscience de sa signification. Voici la transcription de cette homélie :

      Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs,

    Le dessein de Dieu n’a pas été seulement de descendre sur terre mais d’y être connu. Non seulement de naître mais de se faire connaître. De fait, c’est en vue de cette connaissance que nous avons cette célébration de l’Épiphanie, ce grand jour de la « manifestation ». Ainsi s’exprime saint Bernard dans l’incipit de son premier sermon sur l’Épiphanie. « Manifestation » : telle est la signification de l’Épiphanie, ce mot à la racine grecque : πιφάνεια (Epiphaneia). Le Seigneur se manifeste à tous les peuples.

    epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

     Les origines de la fête

     Si nous considérons ce mot de « manifestation », nous devons reconnaître qu’il est bien plus général voire même bien plus vague que la seule visite des mages à la crèche. Recourant à l’histoire de la liturgie, nous verrons que ce terme d’ « Épiphanie », lequel cède parfois aussi le pas à celui de « Théophanie », c'est-à-dire manifestation de Dieu, a recouvert diverses réalités.

     Les trois premiers siècles de l’Église, plus particulièrement le deuxième et le troisième -car le premier n’a vu que la célébration pascale- avaient une seule et même fête pour célébrer la « manifestation du Seigneur » et, à l’intérieur de cette manifestation se célébraient à la fois l’Incarnation (la naissance du Seigneur), sa visite par les mages, le baptême par Jean dans le Jourdain et le premier miracle à Cana en Galilée.

     Avec les hérésies qui niaient la maternité divine de la Vierge Marie et le concile d’Éphèse (325) qui a voulu définir celle-ci, ou du moins condamner ceux qui la niaient, on a accordé une plus grande importance à l’Incarnation du Christ Fils de Dieu et, petit à petit, ce jour du 25 décembre, qui jusque là était simplement celui de la commémoration du martyre de sainte Anastasie, a commencé à devenir un jour important dans l’année liturgique : le jour de la célébration de la Nativité. Et c’est douze jours plus tard qu’on célèbre alors la fête des « saintes théophanies » qui contenaient toujours en elles la visite des mages, le baptême par Jean dans l’eau du Jourdain et la première manifestation du Seigneur comme Messie, à Cana en Galilée.

     L’Occident est généralement pédagogue dans son enseignement et dans sa liturgie. L’Orient est davantage mystique. C’est pourquoi, même si la fête de la Nativité s’est aussi imposée en Orient, on y a gardé, douze jours plus tard, cette fête des saintes théophanies, de ces « manifestations du Seigneur », en un seul jour. L’Occident, par contre, a voulu  morceler, une fois encore par souci pédagogique, en trois célébrations distinctes la visite par les mages, le baptême dans le Jourdain et les Noces de Cana. Mais deux traces de l’unité primitive de la célébration sont restées jusqu’en 1962 : la première est tout simplement que les offices du baptême du Seigneur et de l’Épiphanie sont, à quelques différences près, exactement les mêmes et la seconde trace c’est que les antiennes de laudes et de vêpres de ces offices font mention des trois théophanies. « Aujourd’hui, nous dit l’antienne du Benedictus à Laudes, l’Église est rejointe par son Époux céleste. Dans le Jourdain le Christ a lavé les péchés, les Mages se hâtent vers le royal Époux avec leurs présents et les convives se réjouissent grâce à l’eau qui est changée en vin. Ce jour saint est illuminé par trois mystères. Aujourd’hui, l’Étoile a conduit les mages à la crèche, à la mangeoire. Aujourd’hui l’eau des noces a été changée en vin. Aujourd’hui, le Christ est baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver. Alleluia. ».

      Sa signification

     Bien sûr, dans notre Occident, nous avons cette fête de la visite des mages, ces hommes qui, tout joyeux de voir l’Étoile qui se pose -comme nous dit l’Évangile- au dessus de la maison où se trouve l’Enfant, le regardent, l’admirent, l’adorent et lui remettent les présents d’or, de myrrhe et d’encens. Mais, au-delà d’une évocation historique, au-delà d’une explication fut-elle théologique de cette fête de la Manifestation, que peut signifier pour le monde en général, le monde dans toute son histoire et en particulier pour le monde d’aujourd’hui, cette manifestation du Seigneur ? Autrement dit, par rapport à la commémoration de la Nativité du Seigneur, de sa venue dans la chair, que peut bien signifier son Épiphanie, sa Manifestation à tous les peuples ? Il est important de le comprendre. Très souvent nous préparons Noël avec beaucoup de frénésie et, une fois la fête passée, alors nous n’avons plus envie de célébrer encore ces fêtes qui suivent la Nativité et elles passent un petit peu inaperçues comme des suppléments au calendrier, que l’Église célèbre mais sans grand concours de fidèles. Et pourtant, Incarnation et Manifestation nous montrent ensemble la véritable nature du Dieu qu’adorent les chrétiens.

     Pour une nouvelle prise de conscience

    epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

    C’est peut-être une nouvelle prise de conscience que nous avons à faire aujourd’hui : celle de la spécificité du Dieu des chrétiens par rapport à toutes les idoles que nous présente la société. Car n’y a-t-il pas, très souvent aujourd’hui, une tendance à dire que toutes les religions se valent, que chacune adore son dieu mais que de toute manière c’est toujours le même Dieu qui est adoré ?  Je ne dis pas qu’il ne faut pas respecter les autres ou ne pas leur permettre de croire à leur manière, mais nous devons toujours tenir à la spécificité de notre propre Foi et souhaiter que les autres, un jour, viennent à la vraie Foi, qui est dans le Christ.

     Le professeur Rémi Brague, voici deux ans, a publié un essai intéressant, dont voici le titre : « Du Dieu des chrétiens et d’un ou deux autres ». Dans le premier chapitre de ce livre, il développe trois idées reçues couramment dans la société d’aujourd’hui, pour les décortiquer et les infirmer.

     On nous parle en effet aujourd’hui de l’islam, du judaïsme et de la foi chrétienne comme des trois religions d’Abraham, des trois religions du Livre et des trois monothéismes.

     Rémi Brague, dans une excellente réflexion, nous montre que l’association de ce qu’on appelle les trois monothéismes n’est finalement qu’une vue superficielle, que le Dieu des chrétiens, le Dieu des juifs et le Dieu des musulmans sont extrêmement différents l’un de l’autre, que la perception de Dieu est extrêmement différente, que le concept même placé derrière le mot « Dieu » dans les trois religions diffère grandement.

     Il en va de même lorsqu’on parle des trois religions d’Abraham. Si Abraham est le fondateur de la race pour le judaïsme, il est aussi celui qui est à l’origine de la race pour les musulmans, mais dans une moindre fonction puisqu’à leur sens la révélation y vient bien plus tard, tandis que dans la foi chrétienne avec l’incarnation du Fils de Dieu nous inaugurons la plénitude de la révélation, une ère nouvelle : Israël  ne peut plus être limité dans le temps et dans l’espace mais il sera l’humanité toute entière sauvée par le Christ.

     Et puis, il y a cette qualification de religions du Livre. En réalité, le rapport au Livre dans les trois religions est lui aussi extrêmement différent. Le judaïsme, religion du peuple avant la destruction du Temple et sa dispersion, est devenu la religion d’un écrit  permettant à tous les juifs du monde de se retrouver sur un point commun alors que pour les chrétiens, le Livre -la bible et l’évangile, l’ancienne et la nouvelle alliance- est simplement un moyen de connaître la Révélation, un moyen d’y accéder mais une fois que nous l’avons découvert, nous devons aller plus loin, tandis que pour l’islam le Livre est tout, le Livre est presque en adéquation avec Dieu qui lui parle à travers le Livre et c’est pourquoi, dit Rémi Brague, il n’y a qu’une seule religion du Livre : c’est l’islam. Car, le judaïsme est une religion du peuple et la foi chrétienne qu’est-ce qu’elle est ? Eh bien, alors nous venons à l’essentiel de ce que nous célébrons aujourd’hui : elle est la religion de la Personne.

     Le Dieu des Chrétiens

     Le Dieu que nous adorons n’est pas un Dieu lointain, un Dieu qui se déconnecte de notre nature humaine. Il n’est pas quelqu’un dont la révélation est toute entière contenue à l’intérieur d’un livre, un livre dont nous ne pourrions plus sortir. Il n’est pas non plus uniquement celui qui a appelé Abraham car sa révélation s’est poursuivie. Notre Dieu est personnel, notre Dieu se préoccupe de chacun d’entre nous et, mieux, notre Dieu est venu parmi nous pour que nous puissions le connaître, pour que nous puissions aller à Lui et pour que le chemin de la Vie Éternelle, bloqué, fermé par le péché de nos premiers parents puisse enfin être rouvert et qu’un jour nous venions vivre avec Lui. Saint Athanase nous dit ceci : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu ». Et cela, aucune des grandes ou des petites religions de l’humanité n’a été capable de le dire. Le Dieu que nous adorons est un Dieu personnel, le Dieu que nous adorons a envoyé son Fils pour nous sauver.

     À partir de là, nous découvrons les deux caractéristiques principales de la Révélation en Jésus-Christ :

     La Révélation, c’est tout d’abord l’Incarnation. Il était de coutume à l’Épiphanie, autrefois, de chanter après l’évangile (c’était le diacre qui le faisait) ce que l’on appelait le « Noveritis ». C’était une espèce de litanie qui commençait par ces mots : « Désormais, vous saurez que… » et l’on annonçait alors les fêtes mobiles de l’année, le mercredi des cendres, le vendredi saint, pâques, l’ascension, la pentecôte, pour bien montrer que ces fêtes de l’Incarnation n’allaient pas simplement être des commémorations mais qu’elles allaient inaugurer une nouvelle histoire de Dieu avec son peuple. Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ et, par là, il a vécu notre condition humaine, dans ses moindres recoins, dans ses joies et dans ses peines et aussi dans la plus grande des douleurs et des ignominies, la mort de la croix, pour en triompher dans la résurrection.

     Et puis, il y a cette Révélation aux mages. L’évangile nous parle de mages venus d’Orient. On ne nous dit pas combien ils étaient. Des représentations médiévales ont voulu, justement, qu’on montre trois mages à la crèche : un de chacune des races qui étaient connues à l’époque, et, par là, signifier que le salut apporté par le Christ n’est pas seulement pour un peuple réduit dans le temps ou dans l’espace, qu’il n’est pas pour quelques personnes choisies, mais qu’il est un salut qui s’adresse à l’humanité toute entière.  « La gloire du Seigneur notre Dieu s’est révélée aujourd’hui pour le salut de tous les hommes » nous a dit l’une des lectures des messes de Noël. Et dès lors -le Saint-Père ne cesse de nous le répéter- le christianisme a une vocation universelle, il s’adresse à tout l’homme, à l’homme tout entier.

     Nous ne sommes pas comme les Romains ou les Grecs païens, qui adoraient des statues, sans que cela comporte un impact particulier sur leur vie personnelle. Nous ne sommes pas non plus des gens de sectes qui pensons que seul un tout petit nombre peut être sauvé parce qu’il est choisi par Dieu et que le reste sera damné. Nous voulons que le salut apporté par le Christ s’étende à l’humanité toute entière, mais, pour cela, nous ne devons pas être naïfs et penser que ceux qui ne se préoccupent pas du Fils de Dieu incarné, que ceux qui négligent l’évangile ou le rejettent, doivent avoir part automatiquement au salut. Nous le souhaitons, nous prions pour eux, nous prions surtout pour qu’un jour ils viennent, eux aussi, au Christ et que, à travers son Église, ils puissent Le reconnaître pour vivre un jour avec Lui.

     Lorsque nous avons compris tout cela, mes frères, nous pouvons seulement faire une chose : comme les mages, nous incliner devant la crèche, nous réjouir de voir l’Étoile qui se pose au dessus de la maison où se trouve l’Enfant, dont la Révélation qui nous est faite à travers l’évangile et le commentaire qu’en fait l’Église. Nous regardons cet Enfant et sa Mère et, à ce moment-là, nous nous prosternons pour l’adorer. Nous ne lui offrirons pas l’or, l’encens et la myrrhe mais nous lui offrirons nos personnes, nos personnes dans cette Église qui est son Corps sur la terre et qui veut, avec des hauts et des bas, l’incarner aujourd’hui. Et les présents que nous allons lui offrir dans peu de temps, ce seront, tout simplement le pain et le vin de l’offertoire pour qu’Il nous les rende dans le mystère de son Sacrifice et que nous puissions en vivre.

     Pour conclure

     Écoutons, si vous le voulez bien pour terminer, cette conclusion du sermon pour l’Épiphanie du pape saint Léon le Grand (Ve siècle), où celui-ci, finalement, résume tout ce que nous venons de dire : « reconnaissons donc, frères bien aimés, dans les mages adorateurs du Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi. Célébrons, l’âme débordante de joie, les débuts de notre bienheureuse Espérance. Car, dès ce moment, nous commençons à entrer dans l’héritage éternel. Dès ce moment, les secrets des Écritures qui nous parlent du Christ se sont ouverts pour nous. La Vérité, que les Juifs dans leur aveuglement, n’ont pas acceptée, a étendu sa Lumière à toutes les nations. Honorons donc ce jour très saint où est apparu l’Auteur de notre salut. Celui que les mages ont vénéré enfant dans son berceau, nous, adorons-le tout-puissant dans le Ciel. Et tout comme ils ont offert au Seigneur, de leurs trésors, des dons à valeur symbolique, tirons, nous aussi, de nos cœurs, des présents dignes de Dieu » Ainsi soit-il.