21/04/2014

Vient de paraître : Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle, 1er trimestre 2014

 

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SOMMAIRE

Editorial : La Croix, douloureuse et glorieuse 

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Scalfari en remet une couche

Les Antilles et Haïti auront leur cardinal

Quand l’ONU entend rééduquer l’Eglise

France : la mobilisation contre la « familiphobie » ne faiblit pas

A Rome : consistoire sur la famille

Ukraine : les images censurées par la presse occidentale

Euthanasie des mineurs : l’enfant face au choix ?

Culture de mort en Belgique : une première mondiale

Fraternité des Saints-Apôtres : les trois premières ordinations

Fête-Dieu 2014 : Liège renouera avec la grande procession 

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Transfiguration et Crucifixion

Allons d’un pas allègre vers la bienheureuse espérance

« Le » roman catholique réédité 

 

Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

Les dons de soutien sont reçus au compte IBAN:  BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

 

Fête-Dieu 2014 : Liège renouera avec la grande procession

 

kathspace-fronleichnam-26_240.jpgIl y a deux ans, nous posions la question de savoir ce qui serait fait à Liège à l'occasion du 750e anniversaire de l'extension de la Fête-Dieu à l'Eglise universelle. La réponse nous parvient aujourd'hui et elle nous réjouit puisqu'elle renoue avec une tradition chère aux Liégeois, tradition qui voyait monter de la cathédrale au sommet du Publémont la foule fervente des fidèles escortant le Saint Sacrement jusqu'à la basilique Saint-Martin. C'est un formidable défi pour le diocèse de Liège qui devra se mobiliser pour faire de cette procession un évènement vraiment significatif.

Communiqué de presse du 27 février :

Le jeudi 19 juin 2014, jour de la Fête-Dieu, sera l'occasion de fêter le 750ème anniversaire de la bulle "Transiturus", par laquelle le pape Urbain IV institua cette fête d'origine liégeoise dans l'Eglise universelle. Inspirée par deux Liégeoises, sainte Julienne de Cornillon et la bienheureuse Eve de Saint-Martin, cette fête honore tout particulièrement la présence du Christ dans le sacrement de l'Eucharistie. Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, souhaite marquer l'événement par une démarche de toute la ville, dans la ligne de ce que propose le pape François, quand il demande aux chrétiens de savoir sortir de leurs murs et de communiquer l'évangile. Voilà pourquoi, il a suggéré aux deux doyens de Liège, réunis au sein de la Pastorale urbaine (qui prépare, entre autres, chaque année le chemin de croix dans les rues de la ville), d'organiser une procession du Saint-Sacrement partant ce 19 juin à 18h de la Cathédrale Saint-Paul pour monter vers Saint-Martin. L'évêque invite les paroisses du bassin liégeois, et par-delà, de tout son diocèse, à vivre cette démarche ancrée dans la tradition et la piété populaire, dans un esprit de témoignage renouvelé. La procession se clôturera à 20h par la traditionnelle Messe de la Fête-Dieu célébrée en la basilique Saint-Martin.

Contact: Secrétariat de Mgr Jean-Pierre Delville 04/2303157 ou secretariat.mgrdelville@evechedeliege.be

 

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A noter aussi que le samedi 21 juin à 18 heures le même évêque de Liège célébrera la Solennité de la Fête-Dieu à l’église du Saint-Sacrement (photo de l’ostensoir), située  au centre-ville (Boulevard d’Avroy, 132).

La messe sera chantée en latin, selon le missel de 1962, avec le concours des voix féminines du Chœur Grégorien de Paris qui interpréteront  le propre grégorien de la fête, des extraits de l’office primitif écrit par Jean de Cornillon (1246) et le « tantum ergo » liégeois dans sa version polyphonique.

Les parties polyphoniques de la célébra­tion seront assurées par l’Ensemble vocal « Praeludium » issu du chœur universitaire de Liège (dir. Patrick Wilwerth) avec le Kyrie et le Gloria de la « messa a quattro voci « (extraite de la « selva spirituale »,1640) de Claudio Mon­terverdi (Cremone 1567-Venise 1643), le motet "O Rex gloriae" de Luca Marenzio(Coccaglio,1553- Rome, 1599 ), le choral " Jesus bleibet meine freude" extrait de la cantate BWV 147 de Jean-Sebastien Bach (1702-1766) et une composition de Patrick Wilwerth sur le Psaume 22 "Le Seigneur est mon berger" (2003).

À l’issue de l’office religieux, une exposition historique consacrée à la Fête-Dieu sera inaugurée au cours d’une réception ouverte à tous. 

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la bulle Transiturus (musée curtius, Liège)

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Euthanasie des mineurs : l’enfant face au choix ?

LLC.jpg6 février 2014 : La réflexion  reproduite ci-dessous était destinée à « La Libre Belgique » (qui n’y a pas donné suite) au plus fort des débats citoyens suscités « in extremis » contre l’odieuse proposition de loi belge d’extension de l’euthanasie aux mineurs d’âge. L’auteur de ce billet, Louis-Léon Christians (photo), est docteur en droit et docteur en droit canonique. Professeur à la faculté de théologie de l’université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve), il dirige la chaire de droit des religions. L’auteur s’exprime ici à titre personnel

"A l’avant plan, un commun sentiment de révolte contre la douleur, et une solidarité avec les enfants en grande souffrance et leurs familles. Mais à l’arrière‐plan, on découvrira aisément un combat idéologique, dont les enfants eux-mêmes ne seront plus, pour certains, qu’un prétexte. Comment croire que le corps médical ait été jusqu’à présent impassible à la douleur d’enfants malades incurables en fin de vie? Qui pense réellement qu’une loi soit nécessaire pour changer l’engagement  des médecins dont l’éthique et la déontologie sont des balises bien plus dignes et bien plus constructives qu’une bureaucratie légale?

Qu’il faille poursuivre des abus éventuels, nul n’en doute. Faut-il pour cela tellement déconsidérer les capacités de l’humanisme médical? En réalité, là n’est pas l’enjeu. Evoquer la souffrance de l’enfant et sa mort, tend à devenir chaque jour davantage une simple rhétorique. Un pathos qui conduit à peu de frais à enfermer la position adverse dans le rôle de l’infâme.

Au-delà de ce constat, nous souhaiterions évoquer un drame plus profond qui semble s’ouvrir. Il tient à un aveuglement facile et trompeur sur le concept de liberté et à un tri de plus en plus arbitraire entre les verdicts publics de vulnérabilité ou d’autonomie.

On évoque la liberté dont l’enfant souffrant pourrait bénéficier et le choix qu’il pourrait faire de recevoir une dose létale. On souligne combien les enfants souffrants seraient plus matures que ceux qui, en bonne santé, n’ont d’autres soucis que de vivre paisiblement. Liberté et maturité, tel serait ce qu’apporte la loi à un enfant souffrant. Lui, qui, en pleine santé, ni n’est mature, ni libre, même dans le cadre de la Convention des Nations-Unies sur les droits de l’enfant.

Mais la question est plus dure encore. On évoque le petit nombre d’enfants qui ont demandé la mort dans le cadre de la loi hollandaise. C’est oublier que la loi assure également une totale mutation symbo­lique, qui concerne nécessairement la gé­néralité des enfants en fin de vie, et plus encore l’universalité des enfants qui pour­raient se projeter dans un avenir de souf­france.

Face à un choix « offert », une obligation est posée: celle de prendre une décision. Chaque enfant ne fera pas choix de la mort, mais chaque enfant sera confronté à ce choix. Jamais plus la vie ne sera acquise, malgré la souffrance ou son atténuement. Chaque jour deviendra hypothétique, suspendu à un acte de choix, à prendre ou ne pas prendre. Comment échanger encore un regard sans que la loi ne vienne rappeler qu’un «autre choix» est possible ? On a évoqué les enjeux économiques de telles décisions. L’avenir sera juge. Mais plus encore c’est la façon dont l’enfant va s’imaginer dans les yeux d’autrui qui va devenir une charge nouvelle de sa vie si difficile déjà. Il est mûr a-t-on proclamé. Il suffit d’un accord des parents. A-t-on oublié que le Parlement a adopté il y a peu une loi sur l’abus de vulnérabilité qui permet de « protéger » les victimes de déstabilisation psychologique, mêmes majeures ? A-t-on oublié la formule historique de Lacordaire: « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Ni la réalité de la souffrance, ni la dignité médicale ne sauraient être transformées par une loi. En revanche, la vie morale de l’ensemble des enfants hospitalisés serait confrontée à une nouvelle obligation: celle de choisir, à chaque seconde.

Le courage éthique du médecin n’est-il pas un choix plus honorable que de mettre à charge de chaque vie d’enfant le poids psychologique d’une «option» de vie ou de mort ?

 Louis-Léon Christians »

Le jeudi 13 février 2014, les députés fédéraux belges ont fait plus fort que leurs homologues néerlandais : la Belgique étend sa loi sur l’euthanasie aux mineurs, sans limite d’âge.  La Chambre a approuvé le projet de loi par 86 voix pour, 44 contre et 12 abstentions. Le texte a reçu le soutien des socialistes, des libéraux, des écologistes et de la N-VA. Quelques députés ont toutefois voté différemment du reste de leur groupe. La seule surprise, c'est que le nombre des opposants et des abstentionnistes est un peu plus élevé que ce à quoi on pouvait s'attendre.

Pour l’heure, seule l’ouverture aux mineurs a trouvé un consensus, mais l’euthanasie comme « option en fin de vie » pour tous fait inexo­rablement son chemin dans l’opinion pu­blique belge .

En février 2013, à l’aube des débats sur l’extension de l’euthanasie aux mineurs, les sénateurs socialistes avaient en réalité dé­posé 13 propositions de loi pour affiner le dispositif. Objectif ? Proposer l’obligation pour un médecin qui refuserait de prati­quer une euthanasie de l’indiquer « dans les sept jours » et d’adresser alors son pa­tient à un confrère, faciliter la procédure de « demande anticipée » et la rendre valable sans limitation de durée, améliorer "la formation" et "l’information" des méde­cins et du personnel soignant, notamment par la création d’un centre d’expertise par province. Enfin, étudier la possibilité de « prendre en compte » le cas des per­sonnes atteintes d’Alzheimer ou d’autres maladies mentales dégénératives.

Le « meilleur des mondes » de la nouvelle religion séculière roule sur un boule­vard dans le plat pays. Irréversible ?

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