21.10.2009

Devant plus de 500 personnes

 

LA PENSEE SOCIALE DE BENOÎT XVI 

FAIT SALLE COMBLE A L'UNIVERSITE DE LIEGE

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le Premier Ministre Herman Van Rompuy à la tribune 

 

La salle académique de l'Ulg (350 places) n'a pas suffi à accueillir le public réuni par l'Union des Etudiants Catholiques de Liège (Cercle interfacultaire Gustave Thibon) et le Groupe "Ethique sociale". Il a fallu aussi ouvrir une seconde salle, avec liaison vidéo, pour accueillir la foule qui se pressait lundi soir 19 octobre autour du Premier Ministre belge Herman Van Rompuy, du Vice-Président de la Chambre des Députés italiens Rocco Buttiglione et de Monseigneur Michel Schooyans, professeur ém. à L'Université Catholique de Louvain (U.C.L.)

"Succès de foule pour la conférence-débat portant sur “Caritas in veritate” titre la "Libre Belgique-Gazette de Liège" du 21 octobre 2009, avant de poursuivre: 

 

"On se pressait, lundi soir, dans la salle académique de l’Université de Liège (place du 20-Août). Raison de l’effervescence : une conférence-débat sur l’encyclique de Benoît XVI "Caritas in veritate" (L’amour dans la vérité) qui actualise la pensée sociale de l’Église catholique. Dans le public, on trouvait notamment l’Évêque de Liège, Mgr Aloys Jousten, le nouveau nonce apostolique en Belgique, Giacinto Berloco, ou encore plusieurs personnalités politiques CDH (les Wathelet père et fils, Michel Firket, échevin liégeois de l’Urbanisme, Dominique Drion, le président d’arrondissement, etc.).

 

Lors de la réception:

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 le premier ministre Van Rompuy (à gauche) et le nonce apostolique S.E. Mgr Berloco (à droite)
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mgr Jousten, évêque de Liège (à gauche)
et quelques personnalités politiques liégeoises entourant le premier ministre (à droite)

Sans doute, les titres et mérites des orateurs conviés à s’exprimer sur l’encyclique par le Cercle royal des étudiants catholiques de l’ULg ont contribué à ce succès de foule. En effet, le Premier Ministre belge, Herman Van Rompuy (CD&V), et Rocco Buttiglione, vice-président de la Chambre des députés d’Italie (Union des démocrates chrétiens et du centre) ont confié leur vision de la récente encyclique sociale, après que Mgr Michel Schooyans, professeur émérite à l’UCL, en eut présenté les grandes lignes. Paul Vaute, chef d’édition de la Gazette de Liége, modérait le débat.

Le texte papal apporte quelques éclairages nouveaux sur la doctrine de l’Eglise à l’égard de thèmes tels que la globalisation de l’économie, la liberté religieuse ou encore la bioéthique. Selon Mgr Schooyans, "Caritas in veritate " a également le mérite de s’attaquer aux "nouveaux problèmes". Par exemple, le Pape insiste fortement sur les bienfaits que le microcrédit apporte aux entreprises des pays en développement. Benoît XVI insiste par ailleurs sur la "sociabilité naturelle" de l’homme, qui incline à être bienveillant vis-à-vis de ses semblables.

Rocco Buttiglione, fort de son expérience politique, a insisté notamment sur les limites de la technique, "qui peut tout faire, mais ne sait pas ce qu’elle doit faire". Pour lui, l’encyclique de Benoît XVI rappelle que cette technique doit être mise au service de l’homme. L’Église a donc vocation à guider ces progrès matériels en "parlant au cœur de l’homme".

Enfin, Herman Van Rompuy, très applaudi par l’assemblée, a livré sa vision profonde et intime de chrétien engagé en politique. "Je m’exprime ici comme chrétien et non comme Premier Ministre. Je n’ai pas eu le temps de soumettre mon texte au reste du gouvernement ", a-t-il d’emblée précisé, provoquant les rires de l’assemblée.

À ses yeux, l’encyclique sociale a le mérite de mettre à l’honneur le principe de subsidiarité (reconnaître à chaque niveau de pouvoir toutes les compétences qu’il peut exercer) dans le contexte de la mondialisation. Toutefois, pour le Premier, "le ton théologique très engagé de l’encyclique fera que le texte risque d’avoir un impact politique moindre." Enfin, à l’égard de l’avortement et de l’euthanasie, Herman Van Rompuy a affirmé que les règles légales doivent être respectées mais, qu’un jour ou l’autre, "les mœurs peuvent aussi changer les lois "

F.C. in "La Libre Belgique-Gazette de Liége" du 21 octobre 2009

 

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LA COMMUNICATION DE MONSEIGNEUR MICHEL SCHOOYANS

Voici le texte intégral de l'allocution de Mgr Michel Schooyans, ouvrant la conférence aux côtés du Premier Ministre belge et du Vice Président de la Chambre des Députés d'Italie, pour présenter les enjeux de la première encyclique sociale de Benoît XVI au public liégeois:

"L’encyclique Caritas in veritate [L’amour dans la vérité] (2009) est le troisième volet du tryptique que Benoît XVI nous a offert en publiant successivement, en 2005, Deus caritas est [Dieu est amour] puis, en 2007, Spe salvi [Sauvés dans l’espérance]. Dans ces trois textes majeurs, Benoît XVI reprend, sans jamais se répéter, un thème central qui apparaît déjà dans les travaux précédant son pontificat. Ce noyau peut se résumer en quelques mots : L’homme ne se réalise pleinement que s’il s’ouvre à Dieu. Cela vaut pour l’activité personnelle ainsi que pour toutes les formes d’activité sociale. Sans Dieu, l’homme tombe dans le relativisme ; il perd les balises indispensables à son action. L’amour, qui a son origine en Dieu, est le principe des micro-relations aussi bien que des macro-relations. Pour resplendir, l’amour doit être enraciné dans la vérité : celle dont la flamme fragile brille toujours au cœur de l’homme, celle que Dieu offre aux hommes en se révélant à eux, en leur parlant, en venant partager leur existence. Dans une culture sans vérité, l’amour affronte un péril mortifère : il risque de devenir une coquille vide exposée à être remplie par n’importe quoi. L’amour sans la vérité conduit au sentimentalisme ; la vérité sans amour conduit à une technique sans âme. Voilà pour l’essentiel.

Qu’est-ce qu’une encyclique ?

Une encyclique est une lettre circulaire que le Pape envoie à tous les fidèles et qui est en outre souvent destinée à tous les hommes de bonne volonté. Dans leurs lettres, les papes contemporains ont abordé des questions d’actualité telles que l’éducation, le mariage, la liturgie, les idéologies contemporaines, etc. Depuis le Pape Léon XIII (1810-1903), une bonne vingtaine d’encycliques ont abordé des problèmes sociaux. Mention spéciale doit être faite de la Constitution Pastorale Gaudium et spes, intitulée L’Église dans le monde de ce temps, promulguée par le Concile Vatican II en 1965.
Dans la préparation d’une encyclique, les papes font toujours appel à des conseillers de leur choix. Sous l’impulsion du Concile Vatican II (1963-1965), deux dicastères (correspondant à des commissions permanentes) sont les conseillers privilégiés du Saint-Père dans la préparation des encycliques sociales. Il faut mentionner d’abord le Conseil Pontifical Justice et Paix, dont la structure actuelle a été redéfinie en 1988, ensuite l’Académie Pontificale des Sciences Sociales, fondée en 1994 et présidée par Mary Ann Glendon, professeur à la Faculté de Droit de Harvard. Le Pape fait en outre appel à des experts. La préparation d’une encyclique s’étend toujours sur plusieurs années.

Continuité

Comme toutes les encycliques sociales, Caritas in veritate est un document historiquement situé. Benoît XVI prend soin de montrer ce que l’Église doit à la célèbre encyclique de Paul VI Populorum progressio [Le développement des peuples], datant de 1967. Benoît XVI entend par là souligner  la continuité de l’enseignement social de l’Église. Il faut constamment reprendre cet enseignement, car, en quelques années, les sociétés humaines ont évolué, le panorama international s’est modifié, les instruments d’analyse deviennent plus performants, la réflexion théologique progresse.
Cette continuité n’est donc en aucun cas répétitive. Benoît XVI réactive l’intention profonde de ses successeurs. Il ne répète pas, par exemple, ce que ses prédécesseurs ont pu écrire sur la rémunération du travail, mais il s’interroge sur la façon dont le problème se pose aujourd’hui.

Un éclairage nouveau

Les problèmes déjà touchés par des papes précédents appellent un éclairage nouveau. Quelques exemples suffiront à mettre en relief l’approche originale que développe Caritas in veritate à propos de questions déjà traitées dans des encycliques antérieures.

1. Depuis 1968, les hommes ont tant bien que mal progressé dans la conscience qu’ils ont de constituer une grande communauté. L’interdépendance des hommes et des sociétés s’est resserrée ; elle est mieux comprise ; surtout, elle est plus étroite qu’elle ne l’a jamais été. Des guerres, des calamités naturelles, la récente crise financière – pour ne citer que ces exemples— ont amené une mise à jour de l’analyse de la globalisation.

2. Il s’ensuit, explique le Pape, que les relations entre États sont en pleine mutation. Le rôle des États nationaux est en train de se transformer ad extra, c’est-à-dire sur la scène internationale, et ad intra, c’est-à-dire dans les rapports entre l’État et la société civile.

3. L’encyclique fait aussi observer l’évolution du rôle joué par les centres de décision économique dans la vie internationale et dans la vie des nations. Ce nouveau rôle n’est pas sans influence sur la vie politique.

4. Depuis la célèbre encyclique de Paul VI, la liberté religieuse a souvent été écornée, voire bafouée. Benoît XVI réaffirme que, par l’acte de foi, l’homme s’épanouit du fait que la relation interpersonnelle la plus intime que nous puissions nouer librement est celle qui nous unit à Dieu. Là où cette liberté est bafouée, l’homme risque d’être atrophié dans son humanité.

5. Le Pape réserve encore une nouvelle approche au droit à la vie, thème si souvent traité par Jean-Paul II. Avec les questions regroupées sous le label de la bioéthique, le droit à la vie est traité comme problème de morale sociale. Là où le droit à la vie est mis en question, l’institution familiale risque d’être ébranlée. Et la mise en question de la famille risque à son tour de priver la société de son fondement naturel. D’où la nécessité d’approfondir la réflexion sur les limites du droit d’intervention de l’État, des organisations internationales, des ONG dans ces matières. D’où aussi la nécessité d’œuvrer à de nouvelles mesures assurant une meilleure protection de la vie, de sa conception à la mort naturelle.

Des problèmes inédits

L’encyclique Caritas in veritate identifie aussi de nouveaux problèmes et leur consacre une attention soutenue.

1. Benoît XVI prend d’abord acte du déclin des idéologies qui ont dominé au cours du XXème siècle. Ce déclin donne cependant souvent lieu à l’essor d’une nouvelle forme d’idéologie dont les racines remontent au scientisme positiviste. De même que pour celui-ci la Science allait répondre à toutes les questions concernant l’homme et sa destinée, de même aujourd’hui beaucoup estiment que les progrès de la technique en général et des techniques particulières vont permettre à l’homme de résoudre tous les problèmes qui se posent à lui. On pense ici, d’abord, à la maîtrise de la vie, à l’eugénisme, à la gestion de la mort, etc.

2. On pense également aux nouvelles relations de l’homme à la nature, c’est-à-dire au milieu ambiant. On sait que dans ses premières manifestations, le courant écologique en appelait à la responsabilité de tous pour éviter le gaspillage des matières premières, l’émission de gaz toxiques, l’extinction des espèces menacées, etc. Dans certaines de ses expressions actuelles, le courant écologiste se diffracte en deux tendances préoccupantes. D’une part, on observe un courant tendant à reconnaître aux chercheurs biomédicaux le droit d’intervenir sur l’être humain sans trop se soucier des conséquences que ces interventions pourraient comporter à court et à long terme. D’autre part, un autre courant considère que l’homme devrait se soumettre à la Terre-Mère, Gaïa, au motif qu’il ne serait qu’un produit parmi d’autres d’une évolution purement matérielle.

3. Parmi les nouveaux problèmes apparaît également celui du respect de l’identité culturelle des sociétés humaines. Dans beaucoup de pays, cette identité est fréquemment menacée par certains effets pervers de la globalisation, dans les dimensions politique et économique de celle-ci. Ce nivellement culturel est encore favorisé par un usage parfois abusif des techniques nouvelles de communication.

4. L’encyclique aborde encore un problème sur lequel peu de moralistes et de bioéthiciens se sont penchés jusqu’à présent. Il s’agit de la question du vieillissement de la population. Un problème qui affecte tous les pays d’Europe, mais qui commence à affecter aussi les autres pays du monde. Dans un tiers de ces pays, la fécondité a tellement baissé que la population ne s’y renouvelle plus.

5. Un autre point fort de l’encyclique souligne que, dans une entreprise, la recherche du bien-être social est conciliable avec la recherche du profit. Les échanges et le profit, pour légitimes qu’ils soient, ne suffisent pas à honorer les justes exigences de la morale sociale. D’où la place à faire, dans les rapports sociaux, à la logique du don, sur laquelle le Pape insiste longuement.

6. Très remarquée également est l’insistance du Pape sur les petites entreprises bénéficiant de micro-crédits. Le Saint-Père encourage par là de nombreux projets réalisés dans les pays en développement, confirmés par l’expérience, et encouragées par des économistes de réputation mondiale.

7. Outre les problèmes que nous avons mentionnés, de nombreux autres sont touchés dans l’encyclique. La misère, l’ignorance, la corruption, les injustices, le mépris ou la perversion du droit, la violence : rien de tout cela n’est fatal, à condition que les hommes prennent au sérieux leurs responsabilités morales.

Le choix de l’étoile

Pour que les hommes puissent faire face aux multiples problèmes sociaux qui se posent aujourd’hui, Benoît XVI leur propose un message plein d’espérance. Ce message peut se détailler en quelques points fondamentaux, dont plusieurs ont déjà été abordés dans d’autres textes du Pape. Ce qui est nouveau, c’est que, dans Caritas in veritate, Benoît XVI recourt à ces points pour donner une impulsion tout à fait originale à l’enseignement social de l’Église. Le Pape réactive la sociabilité naturelle de l’homme. L’homme incline naturellement à être bienveillant vis-à-vis de ses semblables. La société humaine n’a point d’avenir si le principe de fraternité est ignoré ou mal compris.

Mais Benoît XVI donne à l’enseignement social de l’Église un statut et une dimension qui n’avaient jusqu’à présent pas été dévoilés. Avant de terminer, je voudrais expliquer brièvement ce point essentiel, qui fera entrevoir quelques-uns des développements que l’encyclique ne manquera pas d’inspirer.

Reprenons la réflexion déjà initiée au début de cette communication. L’homme, disions-nous à la suite de Benoît XVI, ne se réalise pleinement que s’il s’ouvre à Dieu. Mais comment cette ouverture est-elle vécue ?

Comme l’a brillamment montré Avital Wohlman, Professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, pour les juifs, les hommes se sauvent par leurs efforts à respecter la Loi. Pour Jésus, comme l’enseigne Saint Paul dans l’épître aux Romains et dans celle aux Galates, c’est Dieu qui fait de nous des hommes justes, c’est-à-dire saints. Dieu nous justifie, nous sanctifie, en s’approchant de nous par grâce, et Dieu attend de nous que nous correspondions librement, par la foi, à sa visitation dans notre histoire. C’est aussi ce qu’écrit Saint Jean dans le Prologue de son Évangile.

Quels qu’ils soient, juifs ou païens, les hommes ne sont justifiés que par Dieu. Même les juifs ont besoin de Dieu pour être vraiment justes, pour s’ouvrir à la justice parfaite, à la sainteté. Quant aux païens, -- et nous sommes presque tous d’une certaine façon des païens-- leur situation est différente de celle des juifs sur un point fondamental : Dieu ne s’est révélé à eux qu’après s’être manifesté aux juifs. Il est cependant présent dans leur conscience et certains d’entre eux ont reconnu sa trace dans la nature ou en autrui. Mais, quelque louable qu’elle soit, cette quête de l’homme livré à ses seules forces, débouche, pour beaucoup, sur un échec. Alors que la Loi a été donnée par Dieu aux juifs, et que cette loi a contenu, chez eux, l’idolâtrie et l’immoralité, les païens, auxquels la Loi et la Parole divine n’ont été offertes que bien plus tard, ont été livrés à l’idolâtrie des éléments du monde et à leurs passions charnelles, que leur raison n’a pu endiguer. Les païens ont pu arriver à une certaine connaissance de Dieu, mais cela n’a pas suffi à les empêcher de pécher.

A plus forte raison, quand les hommes rejettent la lumière qui, brillant dans leur cœur, donnerait à Dieu, pour ainsi dire, une chance de pouvoir se révéler, alors, ayant décidé de se priver de Dieu, ils sont livrés, comme l’explique Saint Paul (Rm 1), à toutes sortes d’erreurs sur eux-mêmes, sur autrui, sur la société, sur la nature.

Dans les encycliques antérieures, les Papes ont mentionné cette doctrine, centrale chez Saint Paul, en montrant les méfaits de la méconnaissance de Dieu dans la vie des hommes. Caritas in veritate va plus loin encore en montrant les méfaits de la méconnaissance de Dieu dans la vie des sociétés. De tout temps il y a toujours eu des hommes qui n’attendaient rien de Dieu. Aujourd’hui il y a des sociétés entières qui n’attendent rien de Dieu et qui alors se livrent à toutes sortes de comportements honteux en raison même de leur rejet méthodique de Dieu. Ces païens d’hier et d’aujourd’hui sont exposés, comme dit Saint Paul, à la colère de Dieu car par leur impiété et leurs impudicités, ils retiennent la Vérité captive de l’injustice et subjuguent la capacité d’aimer.

Dans Caritas in veritate, comme dans la célèbre conférence de Ratisbonne et comme dans d’autres documents, Benoît XVI veut sauver la raison humaine et la réconcilier avec la Parole révélée. Le Pape reconnaît, avec le Concile Vatican I (1869-1870), que Dieu est connaissable par la raison humaine et décelable dans la création. Il invite tous les hommes d’aujourd’hui -juifs, païens, chrétiens- à ne pas sombrer dans les idolâtries déraisonnables contemporaines : celle, par exemple, où le monde ambiant n’est plus reconnu comme don offert par Dieu à la connaissance et à l’action responsable des hommes; celle -autre exemple- où l’être humain est sacrifié parce qu’il n’est plus reconnu comme frère ni comme image de Dieu. Pour Benoît, une société qui avorte ses enfants est une société qui avorte son avenir.

Benoît XVI invite les juifs à se souvenir que la Loi n’a été donnée à Moïse que pour qu’ils se convertissent et qu’ils accueillent, dans un cœur purifié, le Verbe fait chair annoncé par les Prophètes et désigné par Saint Jean Baptiste. Le Pape invite les païens à constater qu’en étant jaloux de Dieu, ou en l’ignorant théoriquement ou pratiquement, ils sont happés par les idoles de la modernité et du plaisir, et se laissent éblouir par la mort. Le Pape invite l’Église à proclamer, dans un monde en pleine convulsion, que les hommes ont reçu une intelligence capable de comprendre l’empreinte de Dieu, et capable d’aimer en vérité.

L’encyclique de Benoît XVI apporte ainsi à tout homme -juif, païen, chrétien- un immense message d’espérance. Tous les problèmes sociaux auxquels nous sommes confrontés sont solubles à condition que les hommes cessent de mutiler leur raison. Pour beaucoup, ce salut de la raison commence par le réveil de la flamme vacillant au fond du cœur. Pour tous, à un certain moment, ce salut de la raison dépend d’un choix décisif : le choix d’Hérode ou le choix des Mages d’Orient. Chers amis, puissions-nous, comme ces savants antiques, faire le bon choix et suivre l’étoile qui conduit à Bethléem !"

 

MgrSchooyans.jpgMichel Schooyans est prêtre de l’archi-diocèse de Malines-Bruxelles. Après avoir obtenu son doctorat en philosophie et en théologie, il a enseigné à l’Université catholique de São Paulo au Brésil, où il fut aussi aumônier de la J.O.C.(Jeunesse Ouvrière Chrétienne). A partir de 1964, il devint professeur et chercheur à l’U.C.L. (Université catholique de Louvain), très engagé dans les questions d’éthique des relations internationales. Il y enseigna la philosophie politique, les idéologies contemporaines, la morale sociale et les problèmes démographiques. Il effectue aussi des missions diverses dans le Tiers-Monde. Mgr Schooyans est  prélat d'honneur de S.S. le pape, membre fondateur de l’Académie pontificale des sciences sociales, membre de l'Académie pontificale pour la Vie, consulteur du Conseil pontifical pour la Famille, membre de l’Institut royal des relations internationales (Bruxelles), de l’Institut de démographie politique (Paris) et du Population Research Institute (Washington). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont les deux  plus récents ont été publiés chez François-Xavier de Guibert : Le terrorisme à visage humain (2006) et La prophétie de Paul VI : l’encyclique Humanae Vitae (2008).

 

  

 LA COMMUNICATION DE MONSIEUR ROCCO BUTTIGLIONE 

 

Nous présentons ci-dessous le texte intégral de la communication faite par le Professeur Rocco Buttiglione, Vice-Président de la Chambre des Députés d'Italie:

  

 

Je souhaite tout d’abord vous remercier pour l’honneur que vous m’avez accordé en m’invitant à présenter l’encyclique de Benoît XVI Caritas in Veritate dans votre pays. La Belgique a été l’un des pays où le mouvement catholique s’est le plus fortement engagé pour remédier aux souffrances humaines causées par l’industrialisation et pour bâtir de nouvelles formes de vie plus dignes de l’homme. L’encyclique Rerum Novarum également, par laquelle habituellement l’on commence l’histoire de la doctrine sociale chrétienne, naît en large mesure des sollicitations provenant, à l’époque, des expériences de vive solidarité menées dans votre pays et de la réflexion sur ces expériences.

 

L’amour vrai

 

L’encyclique dont nous nous occupons a pour titre : Caritas in Veritate, l’Amour dans la Vérité. Arrêtons-nous un instant pour réfléchir sur ce titre qui anticipe, en quelque sorte, le contenu tout entier de l’encyclique. Il s’agit là de l’essence de l’amour. Qu’est-ce que l’amour ? Combien de choses différentes sont passées et passent chaque jour sous le titre d’« amour ». Sigmund Freud nous a enseigné que tous les sentiments humains sont ambigus, même les plus purs ; et Oscar Wilde, dans la Ballade de la Geôle de Reading, a écrit que « chacun tue ce qu’il aime ». L’amour de l’assassin est-ce de l’amour ? Est-ce l’amour de l’autre qui est assassiné ou est-ce l’amour de soi-même et de l’image que l’on s’était bâtie de l’autre, à tel point de ne pas supporter l’échec de l’illusion que l’on s’était faite de lui ? Il y a l’amour vrai et le faux amour, et il n’y a pas d’amour vrai sans vérité. L’amour vrai connaît la vérité de l’autre, la véritable vocation de l’autre et engage sa propre vie afin que cette vocation se réalise. Ce n’est pas de l’amour que d’être complice des illusions que l’autre se fait sur soi, ce n’est pas de l’amour que de feindre de croire à une image de l’autre qui ne correspond pas à la vérité. La mentalité dominante de notre époque requiert souvent un amour sans vérité, un acquiescement utile à éviter les conflits. Mais un père à qui un fils demande : «donne-moi de l’argent pour acheter de la drogue» peut-il répondre simplement : « voici l’argent, va te droguer » ? L’amour vrai ne serait-il pas plutôt celui du père qui refuse de collaborer à l’autodestruction de son fils et qui essaie, en revanche, de le pousser à se soigner et à vivre ? Il n’y a pas d’amour vrai sans une capacité de dire non. L’amour vrai dit oui quand c’est oui et non quand c’est non. Dans l’introduction, Benoît XVI nous avertit que sa leçon sera une leçon sur l’amour vrai dans le cadre des relations sociales et économiques, sur l’amour vrai dans l’histoire contemporaine qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux, sur l’amour pour le bien commun des nations et de l’humanité tout entière. J’ai dit que l’histoire contemporaine se déroule sous nos yeux. Il conviendra d’ajouter que cette histoire qui se déroule sous nos yeux est en même temps l’ouvrage de nos mains. Nous ne sommes pas simplement des spectateurs mais des acteurs de cette histoire et responsables du bien et du mal qui s’y accomplit. Trop souvent nous pensons que les maux du monde sont toujours et seulement la responsabilité d’autrui. Par contre, nous sommes nous aussi responsables par nos actions et par nos omissions, par ce que nous faisons et par ce que nous nous refusons de faire. Nous sommes l’histoire. Et alors il n’y a pas de salut isolé pour chacun d’entre nous qui ne soit pas aussi un salut pour les autres, qui ne contienne en soi également l’effort de bâtir le salut et le bien des autres.

 

Science et conscience

 

Le premier chapitre de l’encyclique est consacré au message de la Populorum Progressio de Paul VI. Essayons d’évoquer à nouveau le climat d’espoir et d’attente dans le cadre duquel Paul VI écrit la Populorum Progressio. Ce sont les années au cours desquelles l’homme devient conscient pour la première fois du développement extraordinaire de la science et de la technologie modernes. En même temps se développe également la conscience de la situation d’abrutissement et de désespoir dans laquelle vit la plupart de l’humanité, condamnée au sous-développement, à la faim, aux maladies, à une mort précoce. Il est certes vrai que de vastes continents avaient toujours vécu dans ces conditions et l’Europe aussi ne s’en était affranchie que depuis peu. Auparavant, cependant, ces conditions étaient perçues comme une nécessité inéluctable à laquelle il fallait se résigner. Maintenant, en revanche, nous disposons des moyens techniques pour nourrir tous les affamés de la terre. Nous pourrions le faire et cependant nous ne le faisons pas. C’est là que surgit une responsabilité morale. La question sociale est devenue mondiale. Ceux qui croient au pouvoir de la technique s’attendaient (et s’attendent) à ce que la technique résolve tous les problèmes et avaient tendance à traiterégalement le problème du développement comme un problème éminemment technique.Quelqu’un a appelé le XXe siècle le siècle de la technique : d’aucuns en ont fait une divinité, d’autres une sorte de monstre qui détruit et consume toutes les valeurs. Le jugement de l’Église a toujours été différent. La technique est un outil au service de l’homme. Si la technique devient dominante et consume le monde des valeurs, c’est parce que la philosophie et la théologie se sont suicidées et dans le vide qui s’est créé la technique a hérité leurs fonctions qu’elle n’est pas, par ailleurs, en mesure d’exercer. Dans cet esprit Paul VI nous dit que le problème de la faim n’est pas avant tout un problème technique mais un problème moral. La technique peut tout faire, mais elle ne sait pas ce qu’elle doit faire. C’est le coeur de l’homme qui doit le lui dire. C’est pour cela que Paul VI dit que l’Église n’a pas de solutions techniques à proposer mais qu’elle est « experte en humanité », elle parle du coeur de l’homme et au coeur de l’homme. Un coeur renouvelé utilisera différemment toutes les choses et renouvellera toutes les choses.

  

Tout au marché ?

 

En 1989, il y a vingt ans, le communisme s’est écroulé, le gigantesque système idéologique qui prétendait avoir résolu par sa science de la société le problème de l’homme. Dans cette chute a été décisif le grand témoignage de foi et de culture de la nation polonaise idéalement guidée par Jean-Paul II et par l’Église Catholique. Cependant, nombreux furent ceux qui estimèrent que le communisme ne cédait pas face à la contestation désarmée des témoins de la vérité mais face à la force irrépressible du système capitaliste. Dans les années qui ont suivi nous avons vu un développement davantage culturel que social, où la réponse à toute question semblait être : le marché, davantage de marché. La grande crise nous a tous éveillés de cet enivrement et aujourd’hui nous sommes face à l’échec également de ce modèle. Quelles sont les raisons profondes qui ont précipité la crise ? Je crois que la réponse la plus véritable est : un manque de vérité. L’économie a besoin de vérité tout comme la morale en a besoin. Nous avons par contre créé une économie virtuelle qui s’est de plus en plus éloignée de l’économie réelle. Dans l’économie virtuelle les sous – l’argent – sont comme les lapins : ils se reproduisent vertigineusement entre eux. Des produits financiers de plus en plus sophistiqués, dont le contenu réel est de moins en moins transparent, sont échangés à des prix croissants jusqu’à ce que quelqu’un ne pose la question : « mais combien vaut réellement tel ou tel autre titre ? ». Les sous ne sont pas des lapins. Pour produire d’autres sous, c’est-à-dire des profits, ils doivent être prêtés à un entrepreneur qui les emploie pour embaucher des travailleurs, acheter des équipements et des matières premières, produire des biens et des services et réussir ensuite à vendre ces biens et ces services à un prix plus élevé que les coûts de production. La finance doit être au service de l’entreprise et de l’économie réelle. Lorsqu’elle oublie cette vérité l’économie devient comme une stella nova, elle brille vertigineusement un certain temps et puis elle s’éteint.

 

Un autre modèle est-il possible ?

 

 

 À présent nous essayons tous de remettre en mouvement l’économie et il semble même que, en quelque sorte, nous sommes en train d’y réussir. Il me semble toutefois que nous essayons de remettre en oeuvre l’ancien modèle qui a échoué. L’encyclique nous invite à nous poser la question suivante : un autre modèle est-il possible ? Avant de répondre à cette question précisons un malentendu possible. L’encyclique n’est pas contre le marché. Elle en fait l’éloge, en revanche, comme une forme précieuse de la liberté humaine. Au centre de l’économie de marché, en effet, il y a la rencontre de deux volontés libres qui disposent d’un bien et de leurs rapports. Le marché cependant ressemble aux instincts animaux (Milton Friedman a parlé des animal spirits du capitalisme) ; ils sont positifs en soi mais négatifs par accidens. En effet, ils peuvent se soustraire au contrôle de la raison et être la proie des vices, de la violence ou de la paresse. De même les énergies libérées par le marché peuvent se retourner contre l’homme et il revient à la politique de contenir ces énergies. Le marché doit être contenu (dans le double sens de limité et soutenu) par de fortes institutions éthiques, culturelles, politiques et religieuses.Toute société, en outre, vit d’échange des équivalents (marché) mais aussi d’échange gratuit. C’est une erreur que d’opposer la gratuité au marché et non seulement parce que toute société humaine a besoin des deux. L’entreprise n’est pas seulement une société de capitaux mais également une communauté de personnes qui ne peuvent pas être uniquement liées par la crainte et par l’appât du gain. Plus on crée dans l’entreprise des rapports humains authentiques et solidaires plus l’entreprise sera aussi économiquement performante et souple pour se conformer aux nécessités changeantes de la concurrence. Là s’ouvre à nouveau le discours sur la participation des travailleurs à la direction et à la responsabilité envers l’entreprise. Le nouveau modèle dont nous avons besoin n’est pas un modèle sans marché, encore moins un modèle contre le marché. Il s’agit d’un modèle qui sache intégrer le marché dans une perspective plus vaste de construction d’une communauté humaine. Revenons à la question que nous avons provisoirement mise de côté. Un modèle différent de celui qui a si dramatiquement débouché sur une crise est-il possible ? Dans l’ancien modèle l’élément moteur du développement était la surconsommation des pays riches (surtout les U.S.A.) financée par les pays pauvres qui prêtaient aux riches l’argent pour continuer à consommer au-delà de leurs moyens. Les pays pauvres aussi, à la fin, tiraient quelques avantages du système, en produisant les marchandises que les riches auraient achetées par leur surconsommation. Le développement, cependant, était déformé et inégal et il engendrait de nouvelles inégalités. Nous sommes habitués, par exemple, à parler avec admiration du développement de la Chine, mais probablement il existe deux Chines, un pays de quelques centaines de millions d’habitants qui s’est beaucoup rapproché des niveaux occidentaux de production et de consommation et une autre Chine, avec peut-être un milliard d’habitants, qui est restée totalement exclue de ce développement. Est-il possible que le nouveau développement ait comme élément moteur l’investissement dans les pays pauvres pour améliorer leurs conditions de vie et libérer leurs potentialités ? Les pauvres devraient être encouragés à investir leurs réserves dans leur propre développement et les grands flux de capital international devraient être canalisés dans le même but. Les pays développés en bénéficieraient-ils également ? Bien sûr, les pauvres achèteraient aux riches les biens et les services pour mieux vivre. Un tel projet nécessite un autre système de la finance globale qui comprenne, comme nous l’avons déjà vu, deux points : ramener la finance au service de l’économie réelle, orienter les grands flux financiers prioritairement vers le développement des pays pauvres. Une coordination de l’économie mondiale est nécessaire. L’encyclique ne fait pas confiance à un super-État mondial mais elle semble convaincue du fait que nous avons besoin de nouveaux et plus compréhensifs organes de gouvernance globale ainsi que d’une amélioration du fonctionnement des organes existants. La mondialisation a libéré des énergies extraordinaires pour le développement économique mais elle a affaibli la capacité de les contrôler et de les orienter. Les capitaux se déplacent librement en abandonnant parfois les pays dans lesquels ils sont soumis à des règles plus contraignantes pour la protection des travailleurs, de l’environnement ou en général du public. Nous avons besoin de rendre mondiaux également les systèmes de gouvernement de la finance, de défense du travail, de protection du droit à la santé, de protection de l’environnement, etc. Sortir de la crise de manière différente cela est possible, mais pour ce faire nous avons besoin d’hommes nouveaux, renouvelés dans l’esprit et renouvelés par l’Esprit.

  

rocco1.jpgRocco BUTTIGLIONE a étudié le droit aux universités de Turin et de Rome, en se concentrant sur l’histoire des doctrines politiques, sous le tutorat de l’éminent professeur Augusto Del Noce. Remarquable polyglotte, il a poursuivi une brillante carrière universitaire internationale comme professeur de philosophie politique. Il fut ainsi conduit à enseigner non seulement en Italie mais aussi aux Etats-Unis, au Liechtenstein et en Pologne. Il est actuellement titulaire d’une chaire de sciences politiques à l’Université Saint-Pie V à Rome. Élu à la Chambre des Députés d’Italie pour la première fois en 1994, il est actuellement le président du parti Unione dei Democratici Cristiani e di Centro (UDC) et vice-président de la Chambre des Députés. Entre-temps, il fut député européen et ministre  de la politique communautaire. Éditorialiste et chroniqueur dans la presse italienne et internationale, le professeur Buttiglione a par ailleurs publié de nombreux ouvrages de philosophie économique et sociale. Il est aussi l’auteur d’un essai sur « La pensée de Karol Wojtyla », traduit en français aux éditions Fayard.

 Prochainement sur ce blog: la communication du Premier Ministre belge ainsi que l'enregistrement vidéo intégral de la conférence

08.10.2009

En présence du nonce apostolique, le Premier Ministre belge commente l'Encyclique "Caritas in Veritate" à l'Université de Liège

 

 

Le lundi 19 octobre 2009

à 20 heures à la salle académique de l’Université de Liège (Place du XX août, 7)

 

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le Premier Ministre belge

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 Herman VAN ROMPUY

 

et le Vice-Pésident de la Chambre des Députés italiens

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Rocco BUTTIGLIONE

 

 

animeront une conférence

LA PENSEE SOCIALE DE BENOÎT XVI

dans la récente encyclique « Caritas in Veritate » (la Charité dans la Vérité)

 

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Les valeurs chrétiennes ont-elles leur place dans la vie publique ? Peut-on soustraire les questions économiques et financières de la sphère morale ? Un humanisme sans Dieu est-il possible ? Peut-on dissocier l’éthique sociale de celle de la vie ou l’écologie humaine du respect de la créativaute3.jpgon ? Les Chrétiens et l’Eglise doivent-ils favoriser la mondialisation ?

Les lignes de force de l’encyclique seront présentées par MonseigneuMgrSchooyans.jpgr Michel SCHOOYANS, professeur ém. à l’Université Catholique de Louvain (U.C.L.) et membre de l’Académie pontificale des sciences sociales. Le Premier Ministre belge et le Vice-Président de la Chambre des Députés italiens exposeront ensuite leurs points de vue et ouvriront le débat qui sera modéré par Paul VAUTE, Chef d’édition de la Libre Belgique-Gazette de Liège.

                                                                                                                                                                                

 Cette manifestation est ouverte à tous. Elle est organisée par l’Union des étudiants catholiques de Liège (Cercle interfacultaire Gustave Thibon) et le Groupe de réflexion sur l’éthique sociale avec le concours du centre diocésain de formation de Liège.

 

ethique sociale.jpgLe Groupe de réflexion sur l'éthique sociale est né en 1998 sur l'initiative d'un groupe de personnes intéressées aux questions sociales dans un contexte européen. Avec le temps ce groupe s’est élargi et les invitations aux réunions ont été étendues à tous ceux qui le désirent et qui nous le demandent par e-mail. L'objectif du Groupe est d’approfondir l'aspect éthique de certains problèmes politiques, économiques et sociaux qui soustendent le développement actuel de l'Europe. Il s’agit de recueillir les inspirations qui viennent de l’enseignement social de l’Église pour trouver des chemins sur lesquels orienter les débats sociopolitiques vers des solutions qui mettent la personne en valeur et développent la solidarité des groupes sociaux.

Site web: http://www.ethiquesociale.oUnion_ royale_logo 2.gifrg

L’Union Royale des Étudiants Catholiques de Liège fondée en 1873, est aujourd’hui une association sans but lucratif dont les statuts révisés ont été publiés au Moniteur belge le 7 avril 2006 et dont le siège social est établi Rue Vinâve d’île, 20 bte 64 à 4000 Liège. L’Asbl reconnaît et soutient actuellement deux cercles interfacultaires de l’Ulg, dont l’un, le Cercle Gustave Thibon, organise au sein de l’Alma Mater liégeoise des formations sous forme de conférences, projections de films et débats confrontant la pensée chrétienne et la modernité à la lumière de la pensée de ce philosophe.

Site web: http://cerclegustavethibon.hautetfort.com

 

L' entrée à la manifestation est libre. Pas de réservation de places. 

 

Renseignements :

 

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02.10.2009

Conférence et messe de rentrée à l'église du Saint-Sacrement à Liège

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"LITURGIE ET MODERNITE"

Une initiative du Cercle interfacultaire Gustave Thibon

La messe de rentrée

 

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Le Père Gabriel Dìaz Patri, directeur de recherches liturgiques à l'université nationale de Cuyo à Mendoza (Argentine) et Curé de l'église catholique russe de la Sainte Trinité à Paris (XVIe arrondissement) nous a fait l'honneur d'être présent parmi nous le samedi 12 septembre, afin non seulement de célébrer la messe de rentrée du Cercle Gustave Thibon (17 heures), mais également d'éclairer nos esprits et nos coeurs sur les rapports entre la liturgie et la modernité: Le texte ci-dessous de la conférence qu'il a donnée (16 heures) au Saint-Sacrement,   vous montrera à quel point il est des invités qui brillent par leur honnêteté intellectuelle, dans un monde où malheureusement, ce jusque dans l'Eglise, il est difficile de faire entendre sa voix.

De la voix, la vidéo ci-dessous vous montrera que le Père Dìaz n'en manque pas! Célébrant habituellement dans le rite byzantin (il est prêtre d'une paroisse catholique russe), il a accepté de célébrer en latin, selon la forme extra-ordinaire du rite romain, orienté c'est à dire tourné vers l'Orient, là où se lève le soleil, symbole de la résurrection du Christ. Une illustration parfaite et pratique du contenu de sa conférence en somme, le tout soutenu par le magnifique Ensemble vocal des Jeunes du Brabant Wallon, dirigé par madame Charlotte Messiaen.

Merci au Père Dìaz, aux jeunes chanteurs, ainsi qu'aux nombreux liégeois présents ce jour-là (environ 150 personnes), lesquels découvrent ou redécouvrent avec émerveillement combien une belle liturgie peut être le reflet de la liturgie céleste!   

   

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La conférence 

 

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Le sujet proposé pour cette conférence présente un intérêt de la plus grande importance au regard des dérives historico-sociales de la liturgie. Notre approche, cependant, ne saurait être la même aujourd’hui que si nous avions traité du même sujet voici cinquante ans, ou même seulement trois. Des faits notoires ont modifié les données mêmes du  problème: le concept même de modernité est dévalorisé, comme d’ailleurs la conception de la liturgia, et surtout les relations entre l'une et l'autre.

 

La pensée moderne: “sapere aude!”

Commençons par préciser quelque peu certains aspects du phénomène multiforme et parfois changeant que nous nommons modernité. Arrêtons-nous d’abord sur la définition qu'Emmanuel Kant donne de l'Illustration dans son opuscule Beantwortung der Frage : Was ist Aufklärung? (Réponse à la question : “qu'est ce que les Lumières ?”) :Les Lumières se définissent comme la sortie de l'homme hors de son état de minorité auto-provoquée”. Et il développe: “La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement, mais d'un manque de résolution et de courage pour s'en servir sans être dirigé par un autre. “Sapere aude ! ” Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières” [[1]]. Kant écrit ce texte en expliquant combien il est bénéfique à l'Homme de penser par lui-même, sans préjugé. Pour ce faire, il reprend ainsi la maxime empruntée par l'Aufklärung au poète latin Horace: « Sapere aude! » (Aie le courage de savoir ! Ose savoir !). Cette conception de l’homme comme étant arrivé à l’âge de raison, à l’âge “adulte”, représente probablement la synthèse d’un processus commencé à la Renaissance et a marqué - avec des variantes très diverses, même opposées - la culture des derniers siècles, la mentalité dans un état enfantin étant alors sans doute représentée d’une façon archétypique par la liturgie telle que conçue au moyen âge.



[1]           Aufklärung ist der Ausgang des Menschen aus seiner selbst verschuldeten Unmündigkeit. Unmündigkeit ist das Unvermögen, sich seines Verstandes ohne Leitung eines anderen zu bedienen. Selbstverschuldet ist diese Unmündigkeit, wenn die Ursache derselben nicht am Mangel des Verstandes, sondern der Entschließung und des Muthes liegt, sich seiner ohne Leitung eines andern zu bedienen. “Sapere aude! Habe Muth dich deines eigenen Verstandes zu bedienen! “ ist also der Wahlspruch der Aufklärung.”

 

L’esprit médiéval et le sens de la liturgie

Essayons de nous rapprocher un peu de cette conception: un regard approfondi sur l’homme et la culture du moyen âge ne peut laisser de côté l’élément qui a été la clef de voûte de cette culture, à savoir sa tension théocentrique. C'est cela qui constitue un premier contraste avec la pensée moderne, caractérisée par une tendance marquée à l’anthropocentrisme et qui se cristallise sur l’immanentisme et le naturalisme. Pour l’homme médiéval, la religion est une « vertu annexe » de la justice (en tant que partie potentielle de celle-ci), au moyen de laquelle il rend à Dieu l’honneur qui lui est dû[1]. L’homme religieux est celui qui fréquente assidûment les choses du culte divin[2]. Même s’il consiste surtout en des actes intérieurs, ce culte demande, la nature humaine étant ce qu’elle est, des actes extérieurs capables de conduire les hommes aux réalités supérieures, suivant le mot de saint Paul « Invisibilia Dei per ea quae facta sunt, intellecta conspiciuntur »[3]: les perfections invisibles de Dieu sont accessibles à l’intelligence par les oeuvres de la création.

Ces actes extérieurs du culte, auxquels nous pouvons donner dans leur ensemble le nom de « liturgie », devaient réunir, pour pouvoir refléter dûment ces réalités supérieures, les éléments les plus élevés que l’homme pouvait produire, lesquels ils étaient ainsi consacrés à Dieu. De cette manière, la liturgie était, pour l’homme médiéval, « l’œuvre d’art » par excellence ; elle rassemblait en elle-même le plus parfait de la culture humaine mis au service du culte. Véritable « Gesamtkunstwerk », où se combinaient la philosophie, la théologie, la littérature, la musique, les arts plastiques et l’architecture. Mais l'homme médiéval avait une conception holistique du culte et de la culture, selon laquelle ces divers éléments prenaient vie en s’intégrant à la réalité vivante de la liturgie. C'est pourquoi il est nécessaire de faire attention à ne pas atomiser ni isoler ces divers éléments. Dans le cas contraire, ils resteraient sans aucun doute admirables mais irrémédiablement exempts de vie, dispersés dans des musées (les cathédrales elles-mêmes sont réduites dans une certaine mesure à être de magnifiques musées), salles de concert, disques ou bibliothèques.

 



[1]           Thomas d’Aquin, S. Th. II- IIae Q LXXXI

[2]          Isidore de Séville, Étym. X

[3]              S. Th. II, IIae Q LXXXI, art. VII

 

 

Sur la terre comme au Ciel

Par ailleurs, d’après la conception de l’épître aux Hébreux (Chap. 9, 24), le temple terrestre de Jérusalem et son autel ne sont que l’image du sanctuaire qui se trouve dans les cieux et dans lequel, le Christ, Prêtre souverain et éternel, est entré. Les liturgies céleste et terrestre ne font donc qu’une.

Ayant sous les yeux la vision du huitième chapitre de l’Apocalypse (Ap. VIII, 3), si chère à l’homme médiéval, où l’on trouve un ange debout devant l’autel d’or du ciel qui tient entre ses mains un encensoir (également en or), pour offrir les prières des fidèles devant la face de Dieu et les “cent quarante quatre mille” qui chantent le cantique nouveau, nous pourrions dire que la liturgie terrestre est la « concélébration » mystique avec ce culte céleste devant l’autel de « l’Agneau ».

 La liturgie est ainsi, d’une part, l’icône de la liturgie céleste eschatologique, et d’autre part elle renouvelle dans son symbolisme l’histoire du salut. C’est pourquoi, dans la pensée médiévale, l’interprétation la plus profonde de la liturgie et de ses éléments était  « spirituelle » ou « allégorique », en étroite analogie avec les quatre sens de l’Écriture propre à l’exégèse de cette époque-là (Cf. S. Th. I, Q I, art. X). « Toutes ces choses pleines de symboles et de mystères divins que sont les offices, les objets liturgiques et les ornements de l’Église, débordent d’une douceur céleste pour ceux qui, les scrutant avec amour, savent extraire le miel de la pierre et l’huile du plus dur rocher », écrivait Guillaume Durand dans son Rationale,  synthèse somme de la pensée médiévale sur le sujet.

 

Théologie et liturgie: l’Eglise prie comme elle croit

Mais la liturgie, même en ayant un coté “poétique”, n’est pas seulement de la poésie.  Selon le principe classique "legem credendi statuat lex supplicandi"  ("la loi de la prière établit la loi de la foi") la liturgie est l'un des "loci theologici", c'est-à-dire l'une des sources à partir de laquelle on peut argumenter en théologie pour la démonstration d'une thèse dogmatique. A proprement parler, les lieux théologiques se réduisent à l'Ecriture et à la Tradition. Néanmoins, la liturgie est une expression privilégiée de la Tradition; elle est donc un témoin fidèle de ce que l'Eglise croit parce que l'Eglise prie de la même manière qu'elle croit. Ainsi, de sa façon de prier on peut inférer la norme de sa foi. Et ceci est raisonnable, car la liturgie n'aurait pu formuler les prières qui sont les siennes et célébrer ses mystères en accord avec ces contenus précis ("lex supplicandi"), si la foi en ces vérités et ces mystères ("lex credendi") ne l'avait pas précédé dans l'Eglise universelle. C'est bien le dogme qui prévaut sur la liturgie, et non le contraire. "La liturgie de l'Eglise n'engendre pas la foi catholique, mais en est plutôt une conséquence, et les rites sacrés du culte émanent de la foi, comme un fruit vient de l'arbre", affirme Pie XII - en utilisant précisément des arguments liturgiques

témoigner de la foi de l'Eglise, lors de la proclamation solennelle du dogme de l'Assomption de la Très Sainte Vierge[1].

Pour toutes ces raisons, lorsqu'une vérité dogmatique est définie, la liturgie doit seulement s'efforcer de l'exprimer clairement: "La liturgie, par conséquent, ne détermine, ni même ne constitue dans un sens absolu et par sa vertu propre la foi catholique. Etant au contraire une profession des vérités divines, profession sujette au Magistère suprême de l'Eglise, elle est à même de fournir des arguments et des témoignages d'une rare valeur, pour jeter une lumière sur un point particulier de la doctrine chrétienne. Il en résulte que, si nous voulons distinguer et déterminer de façon générale et absolue les relations qui existent entre la foi et la liturgie, nous pouvons à juste titre affirmer que la loi de la foi doit établir la loi de la prière"[2].

 

 Vatican II rappelle quelques concepts fondamentaux

Pour saisir toute la portée de cette doctrine, j’aimerais relire quelques concepts fondamentaux sur la liturgie que nous emprunterons à la Constitution liturgique du Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium (SC): “C’est à juste titre que la liturgie est considérée comme […] culte public intégral exercé par le Corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres (SC7, cf. 26). C’est “l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ” (SC7). En effet, dans la liturgie  “s'exerce l'oeuvre de notre rédemption” (SC2) car “dans le Christ est apparue la parfaite rançon de notre réconciliation, et la plénitude du culte divin est entrée chez nous" (SC5) mais “pour l'accomplissement de cette grande oeuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s'associe toujours l'Eglise, son Epouse bien-aimée, qui l'invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel” (SC7). En effet, “lui-même envoya ses apôtres” non seulement pour prêcher “mais aussi afin qu'ils exercent cette oeuvre de salut qu'ils annonçaient, par le sacrifice et les sacrements autour desquels gravite toute la vie liturgique” (SC6).

Donc, la fin de la liturgie et de toutes les autres œuvres de l'Eglise ne peut être autre que la fin de la Rédemption, c'est à dire: “la rédemption des hommes et la parfaite glorification de Dieu” (SC 5; cf. 7 et 10), accomplies par “le Christ Seigneur […], principalement par le mystère pascal de sa bienheureuse passion, de sa résurrection du séjour des morts et de sa glorieuse ascension” (SC 5) , lesquelles sont renouvelées dans l'action sacramentelle de l'Eglise, son Corps Mystique. “Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu'oeuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Eglise, est l'action sacrée par excellence dont nulle autre action de l'Eglise ne peut atteindre l'efficacité au même titre et au même degré” (SC7) et c’est pour cette raison qu’elle est“le sommet auquel tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu” (SC10).



[1]             Bulle Munificentissimus Deus, Acta Apostolicae Sedis 1950, p. 760

[2]           Idem

 

 

En tant qu’action humaine, la liturgie est spécifique par rapport à sa fin. Sa fin principale, comme nous venons de voir, est la gloire de Dieu à laquelle s'ajoute une fin secondaire qui lui est subordonnée, selon les paroles encore du Concile: “Bien que la liturgie soit principalement le culte de la divine majesté, elle comporte aussi une grande valeur pédagogique pour le peuple fidèle” (SC33; cf. 133) et aussi, “Les sacrements ont pour fin de sanctifier les hommes, d'édifier le Corps du Christ, enfin de rendre le culte à Dieu; mais, à titre de signes, ils ont aussi un rôle d'enseignement. Non seulement ils supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l'expriment” (SC59).

La liturgie est donc pédagogie du dogme; et si telle n'est pas sa fin première, elle est cependant une fin véritable. A travers des actions, des paroles, des chants et des gestes, les fidèles voient quotidiennement signifiées les vérités de la foi.

La fréquence de l'assistance aux fonctions liturgiques aide donc les fidèles à incorporer graduellement et fermement la doctrine de la foi qui, même si elle a dû être apprise au catéchisme, n'est pas revue fréquemment.

Enfin, la liturgie est l'ensemble des actes (récitation de formules, actions, gestes) par lesquels la créature rationnelle rend gloire au Créateur et chacun de ces actes signifie à sa façon la "lex credendi".

Les textes liturgiques expriment conceptuellement la doctrine dogmatique de l'Eglise et sont des instruments de la grâce. Les gestes liturgiques sont des symboles de la "lex credendi", car "de même que la raison et la volonté de l'homme se manifestent par la parole dans ce qui doit être fait, ainsi, elles se manifestent également par l'action"[1]. Par ailleurs, ces symboles peuvent être naturels (universels ou communs selon la culture) ou bien coutumiers, d'après une signification établie par l'Eglise.

Si tout ce qui a été dit sur la "lex orandi" est valide pour celui qui se voue à la théologie et à l'étude du dogme, cela est d'autant plus valide pour le peuple fidèle, car la liturgie est “la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit un esprit vraiment chrétien” (SC14).

Pour cette raison, la défiguration de la "lex supplicandi" peut aller jusqu'à semer des doutes, des confusions et même des erreurs parmi les fidèles. C'est pour cela que Paul VI s'adressait en ces termes aux membres du Consilium en charge de la réforme: “Mais ce qui est pour Nous une cause encore plus grave d'affliction, c'est la diffusion de la tendance à « désacraliser », comme on ose le dire, la liturgie (si encore elle mérite de conserver ce nom) et avec elle, fatalement, le christianisme



[1]           St Thomas, I, IIae, q. 97 a. 3

 

Cette nouvelle mentalité, dont il ne serait pas difficile de retracer les origines troubles, et sur laquelle cette démolition du culte catholique authentique essaye de se fonder, implique de tels bouleversements doctrinaux, disciplinaires et pastoraux, que Nous n'hésitons pas à la considérer comme aberrante. Nous avons le regret de devoir dire cela, non seulement à cause de l'esprit anticanonique et radical qu'elle professe gratuitement, mais bien davantage à cause de la désintégration qu'elle comporte fatalement”[1].

 

 Tradition et développement organique

La tradition a une tendance naturelle à se maintenir intacte, mais elle suppose en même temps un certain développement. Voilà qui nous paraît à première vue contradictoire, mais qui ne l'est pas en réalité, si on ne perd pas de vue qu'il faut distinguer d'une part le dépôt divin de la Tradition révélée et de l'autre la tradition ecclésiastique humaine.

La première, puisque révélée par Dieu, est immuable et commune à l'Eglise de tous les temps, de tous les lieux, et n'admet de progrès que pour ce qui est de la "compréhension, la connaissance et la sagesse de la foi, sur le plan individuel et communautaire, en chacun des chrétiens et dans l'Eglise toute entière: cette croissance de la foi doit se réaliser en respectant toujours sa propre nature, c'est à dire dans le cadre du dogme, ayant le même sens et la même formulation: in eo dumtaxat genere, in eodem scilicet dogmate, eodem sensu eademque sententia"[2].

La tradition ecclésiastique humaine suit les lois de la tradition culturelle et exige un certain progrès: celui qui reçoit une tradition peut et doit l'enrichir dans la mesure de ses possibilités, souvent en laissant de côté quelques-uns des éléments reçus, pour les remplacer par d'autres, plus parfaits. Cela découle de la façon naturelle de procéder de la raison humaine, qui passe de l'imparfait au parfait[3].

Il est évident que la sélection d'éléments d'une tradition ne peut être arbitraire, mais doit suivre un développement homogène dans les parties qui la composent; c'est ainsi qu'elle se garde inviolée. Toute modification de la tradition doit obéir à ces lois de la croissance organique. Dans le cas contraire, elle courrait le risque de devenir une création artificielle; or une tradition ne se "fabrique" point.

Par conséquent, un usage reçu ne peut être changé par caprice, ni même être dédaigné sous prétexte qu'il provient d'un développement humain. Même la tradition humaine simplement culturelle ne peut être abandonnée sans conséquences graves. Rappelons ici les paroles de Paul VI: "Nous mettons en garde au sujet du danger et des dégâts qui résultent du rejet aveugle de l'héritage que le passé a légué aux nouvelles générations à travers une tradition sage et sélective. Si nous n'avions pas à l'égard de ce processus de transmission toute la considération méritée, nous pourrions alors perdre le trésor accumulé par la civilisation"[4]. La tradition prise dans ce sens est proprement l'expérience sociale et historique de l'humanité.

C'est à la lumière de tout cela que l'on comprend, en profondeur, les normes du Concile Vatican II, en matière de réforme liturgique: “Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, […] on ne fera des innovations que si l'utilité de l'Eglise les exige vraiment et certainement, et après s'être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique” (SC23).

Un autre aspect, qu’il est aussi très important de noter, est la conception « analogique » du culte : la multiplicité rituelle était une caractéristique importante de l’Occident médiéval, de sorte que, soutenue par une profonde unité de foi mais aussi fortement enracinée dans des traditions vénérables, on trouvait une énorme variété de rites, usages et coutumes liturgiques. Cette variété était, justement, le fondement de l’analogie de l’interprétation allégorique, au point de permettre plusieurs explications différentes d’un même geste liturgique.

 Encore une fois, Guillaume Durand nous éclaire sur ce point: « Nous devons prendre soigneusement en considération la variété des rites employés dans le service divin. Chaque Église, pour ainsi dire, a ses propres observances, auxquelles elle donne un sens particulier. Personne ne devrait reprocher cette diversité dans la manière de louer Dieu, de chanter les psaumes et cantiques, de pratiquer différentes cérémonies, puisque l’Église triomphante elle-même, d’après les mots du prophète, ‘ manifeste une mystérieuse diversité’ et que l’Église admet  jusque dans l’administration même des sacrements, une grande variété de formules ».

Une étude comparative des différents rites de la liturgie catholique réalisée en profondeur devrait inclure tous les aspects qu’ils comportent ou qui, d’une quelconque manière, sont en rapport avec eux, c’est-à-dire, non seulement les cérémonies de la Messe, mais aussi l’office, la célébration des sacrements et jusqu'à la spiritualité elle-même. De fait, dans le sens plein du terme, un rite n’est pas uniquement un rituel liturgique, mais “une tradition catholique complète, le mode singulier par lequel une communauté particulière de fidèles perçoit, exprime et vit sa vie catholique au sein de l’unique corps mystique du Christ…” [[5]] Dans ce même sens, Pie XII, dans son encyclique Orientalis ecclesia, inclut dans le rite “tout ce qui concerne la liturgie sacrée et les ordres hiérarchiques, ainsi que les autres états de la vie chrétienne...”.



[1]           Allocution au Consilium chargé de la réforme liturgique, le 19 avril 1967 (original latin dans l'Osservatore Romano du 20 avril 1967).

[2]           Saint Vincent de Lerins, Commonitorium

[3]           Aristote, Logique

[4]           Paul VI, 29 octobre 1972

[5]           R. Taft, S.J., Catolicismo de rito oriental, Sal Terrae, Santander, 1967, p. 6

 

 

Ceci englobe tous les aspects de la culture catholique: écoles théologiques avec leurs Pères et Docteursdiscipline canonique, écoles de spiritualité, dévotions, traditions monastiques, art, architecture, hymnes, musique, etc.[1]

D’un autre côté, on a souvent recours aux textes les plus anciens, en prétendant y trouver ce qui est le plus “traditionnel”, ce à quoi on ne parvient qu’après un patient travail archéologique, dont les résultats par sont d'ailleurs généralement incertains. Ici, nous tâcherons de faire le contraire, c’est-à-dire d’étudier et d’analyser le “traditum”, ce qui a été transmis: à savoir, ce qui est arrivé jusqu'à nous et tel qu’il est parvenu jusqu'à nous, car la tradition est par définition quelque chose que l’on reçoit et non quelque chose que l’on déterre. Il n’y a pas de similitude entre le "grain de sénevé" et l'arbre pleinement développé. Pour ceux qui assistent au développement de sa frondaison, c'est bien de l'arbre qu'il est question, puisque l'histoire d'un être vivant fait partie de sa vie, et l'histoire d'une chose divine est sacrée. Les savants peuvent savoir que l’arbre est né d’un simple grain, mais il est vain de vouloir creuser pour le déterrer, car il n'existe déjà plus : la vertu et les puissances qu'il contenait se trouvent maintenant dans l'arbre. Pour ce qui est de la culture, les autorités qui ont charge de l'arbre doivent s'en occuper conformément à la sagesse dont elles disposent : le tailler, le guérir de ses chancres, lui retirer ses parasites etc. (et ce non sans scrupules, sachant bien que leur connaissance du développement est, somme toute, bien peu étendue). Il est certain, en tout cas, que s’obstiner dans le désir de revenir à la semence ou même à la prime jeunesse de l’arbre – beau et sans défaut comme on se l’imagine – serait lui occasionner un dommage ».

 

L’objet fondamental de l’acte liturgique

Toute célébration des saints mystères est avant tout action de louange à la souveraine majesté de Dieu, Un et Trine, et l’expression voulue par Dieu lui-même... “Toute célébration liturgique est un acte de la vertu de religion qui, en cohérence avec sa nature, doit se caractériser par un sens profond du sacré. En elle, l'homme et la communauté doivent être conscients de se trouver devant Celui qui est trois fois saint et transcendant. En conséquence, l’attitude requise ne peut qu’être pénétrée de respect  et du sens de la stupéfaction qui provient du fait de se savoir en présence de la majesté de Dieu. Ne voulait-elle pas exprimer ce Dieu en commandant à Moïse de retirer ses sandales devant le buisson ardent, ne naissait pas de cette conscience, l’attitude de Moïse et d’Elie qui n’osèrent pas regarder Dieu face à face ? [...] Le Peuple de Dieu a besoin de voir dans les prêtres et les diacres un comportement plein de révérence et de dignité, capable de l’aider à pénétrer les choses invisibles, même sans beaucoup de paroles et d’explications. Dans le Missel Romain dit de Saint Pie V, comme dans diverses liturgies orientales, on trouve de très belles prières par lesquelles le prêtre exprime le plus profond sens d’humilité et de respect face aux saints mystères : celles-ci révèlent la substance même de la Liturgie, quelle qu’elle soit. La célébration liturgique présidée par le prêtre est une assemblée priante, rassemblée dans la foi et l’attente de la Parole de Dieu.  Celle-ci a comme but premier celui de présenter à la divine Majesté le Sacrifice vivant, pur et saint, offert sur le Calvaire autrefois et pour toujours par le Seigneur Jésus, qui se rend présent chaque fois que l’Eglise célèbre la Sainte Messe pour exprimer le culte dû à Dieu en esprit et vérité. ”[2]



[1]           Cette définition n’a pas lieu d’une manière univoque; elle ne se vérifie totalement que dans les rites orientaux, en Occident les différences entre les rites étant limitées à la Messe, l’office et, seulement dans certains cas, aux autres sacrements.

[2]           Jean-Paul II, lettre à la plenaria de la Sacrée Congrégation du Culte divin, 21 septembre 2001 (traduction légèrement retouchée par nos soins).

 

21.07.2009

Les manifestations de la rentrée 2009: à vos agendas!

 

 

 A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

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Boulevard d'Avroy, 132 à Liège

(face à la statue de Charlemagne)

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AU SAINT-SACREMENT, LE SAMEDI 12 SEPTEMBRE 2009

A l'initiative de l'Union des Etudiants Catholiques de Liège-

Cercle interfacultaire Gustave Thibon

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 Gustave Thibon 1902-2001

16 HEURES: CONFERENCE-DEBAT

sur le thème

" LITURGIE ET MODERNITE"

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animée par le Père Gabriel DIAZ

Un sujet actuel, qui soulève quelquefois les passions, sur un thème capital si, comme l'affirme le concile Vatican II, la liturgie est "la source et le sommet de la vie de l'Eglise ".

Pour l'éclairer, un orateur et praticien compétent: le Père Gabriel Diaz Patri, qui dirige un centre de recherches liturgiques à la faculté de philosophie et lettres de l'Université nationale de Cuyo à Mendoza (Argentine). Il pratique la forme tridentine du rite romain, de même que le rite byzantin à la paroisse catholique russe de la Sainte-Trinité à Paris (XVIe) dont il est actuellement le curé. Le P. Diaz a aussi été chancelier et vicaire épiscopal dans le diocèse argentin de San Luis. 

 

17 HEURES: MESSE DU SAINT-ESPRIT

(missel romain de 1962)

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célébrée par le P. Gabriel Diaz

à l'occasion de la rentrée académique, scolaire et professionnelle

La messe sera chantée en grégorien et en polyphonie classique, avec le concours de l'Ensemble vocal des Jeunes du Brabant wallon (dir. Charlotte MESSIAEN). Au programme: le propre de la "missa votiva de Spiritu Sancto ", le kyriale de la "missa brevis " pour voix d'enfants et orgue de L. Delibes (1836-1891) ainsi que trois motets: "Jesu, Meine Freude " de J.S. Bach (1685-1750), "Panis Angelicus" de César Franck (1822-1890), "Ave Maria "d'Otto Fischer (1911-1985), "Jubilate Deo" de Léo Halmos (1945). Les orgues du Saint-Sacrement seront tenues par leur titulaire, Patrick WILWERTH, professeur au conservatoire de Verviers.

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       L'ensemble vocal des jeunes du Brabant wallon en tournée, à New-Delhi

 

L'Union Royale des Etudiants Catholiques de Liège, fondée en 1873, est aujourd'hui une association sans but lucratif dont les statuts ont été révisés en 2006. L'Asbl reconnaît et soutient actuellement deux cercles interfacultaires: l'Ordre du Torè qui perpétue les traditions du folklore estudiantin liégeois et le Cercle Gustave Thibon qui organise des formations sous forme de conférences, projections de films et débats confrontant la pensée chrétienne et la modernité à la lumière de la pensée de ce philosophe-paysan autodidacte, né en 1902 et dont  l'académie française couronna l'oeuvre en 2000, un an avant sa mort.

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photo de la messe du 135e anniversaire de l'Union des étudiants catholiques 

(église du saint-sacrement, samedi 08.03.08)

 

AU SAINT-SACREMENT, LE DIMANCHE 13 SEPTEMBRE 2009

A 16 HEURES

RECITAL D'ORGUE

Geneviève Chapelier, professeur à l'académie de musique de Visé, donnera un récital d'orgue illustrant l'oeuvre de quelques compositeurs anciens et modernes qui figurent au répertoire du patrimoine liégeois.

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l'orgue du Saint-Sacrement

au programme: Thomas Babou (1646-1740), André-Modeste Grétry (1741-1813), César Franck (1822-1890) ainsi que des compositeurs contemporains qui ont écrit des pièces sur des thèmes anciens et connus: Patrick Wilwerth (1959), Pierre Froidebise (1914-1962), Edouard Senny (1923-1980)...

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    Grétry                        Franck     
  Froidebise.jpgNouvelle image.JPGSenny.jpg 
Froidebise,  Wilwerth , Senny

Cette initiative s'inscrit dans le fil du thème des 21e Journées du Patrimoine en Wallonie: "Patrimoine et Modernité" 

Entrée libre

 

09.02.2009

Académie de Chant grégorien à Liège

A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d'Avroy, 132, à Liège

(face à la statue équestre de Charlemagne)

 

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LE SAMEDI 28 MARS 2009

de 09h45 à 17h00

JOURNEE DE SEMINAIRE 

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LE CHANT GREGORIEN

DANS SON CONTEXTE HISTORIQUE ET LITURGIQUE

sous la présidence de Dom Michel JORROT

Père-Abbé de l'Abbaye Saint-Maurice de Clervaux

(Luxembourg)

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crosse de l'Abbé de Clervaux 

 

PROGRAMME DE LA JOURNEE

 

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09h45 Accueil

10h00  Introduction: "Historique et spécificité du chant grégorien"

           par Dom Michel Jorrot, Père-Abbé de Clervaux

10h30  "Le chant grégorien dans la liturgie de la messe: exposé sur la structure de la liturgie et du graduel romains"

           par Dom Michel Jorrot, Père-Abbé de Clervaux

11h30  Pause-café

11h45  Ateliers de chant

          dirigés par Stéphan Junker, professeur au conservatoire de Verviers et Gérald Messiaen, professeur de l'académie de chant grégorien à Louvain-la-Neuve

12h30 Déjeuner pris en commun au restaurant "Les Terrasses"(en face de l'église, Av.Rogier, 1)

14h00 "Le chant grégorien dans la liturgie des heures: exposé sur la structure de l'office et de l'antiphonaire romains"

          par François Fierens, juriste d'entreprise, membre de l'académie de chant grégorien

15h00 Pause-café

15h15 Ateliers de chant

          dirigés par Stéphan Junker, professeur au conservatoire de Verviers et Gérald Messiaen, professeur de l'académie de chant grégorien à Louvain-la-Neuve

16h00 Messe de clôture célébrée par Dom Michel Jorrot

         chantée par les participants: Kyriale XVII, Propre du dimanche de la passion (Ve du carême). A l'orgue: Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers.

 

CONDITIONS DE PARTICIPATION

 

 ouvert à tous, quel que soit le niveau de connaissance

  

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS

 

-s'adresser à M. Jean-Paul Schyns (secrétariat de l'académie à Liège), Quai Churchill, 42/7, 4020 Liège. E-mail jpschyns@skynet.be ou tél. 04.344.10.89 (en cas d'absence, tél. GSM 0498.33.46.94 de M. Ghislain Lahaye)

-ou s'inscrire en ligne sur le site de l'académie: http://www.gregorien.be

L'initiative de ce séminaire, prise dans le cadre du cycle 2008-2009 des cours de l'Académie de Chant grégorien à Liège, a pour but de combler une lacune: trop souvent, les sessions de chant grégorien sont axées sur les seuls aspects musicologiques ou de techniques vocales et passent sous silence la finalité naturelle de ce chant: la prière liturgique. La journée du 28 mars a pour objet de faire le lien entre les deux. Elle est ouverte à tous les élèves de l'Académie, ceux de Liège comme de Louvain-la-Neuve et de Bruxelles ainsi qu'aux anciens élèves et, en définitive, à tous ceux qui, dans les paroisses ou ailleurs, sont soucieux de promouvoir la pratique d'un chant lié à l'esprit même de la liturgie depuis près de quinze siècles.

LE CHANT GREGORIEN DANS LA LITURGIE

Bible 12e siècle (Bibl. Mazarine-Paris).gif

L'Eglise catholique connaît, en son sein, de nombreux rites liturgiques. Celui qui prévaut pour l'Eglise latine est le rite romain, qui comporte deux formes organisées par le droit ecclésiastique: l'une, appelée "extraordinaire", emploie les livres liturgiques en usage à l'ouverture du concile Vatican II; l'autre, dite "ordinaire", suit les livres liturgiques réformés après ce concile. La forme extraordinaire se célèbre en latin, la forme ordinaire dans les langues vernaculaires, sans exclure le latin.

Quelle que soit la forme du rite, "l'Eglise reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine: c'est lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d'ailleurs, doit occuper la première place "(constitution "sacrosanctum concilium" du concile Vatican II, n°116).

Les livres liturgiques procurent l'expression écrite des actes du culte: sacrements, messe et office.

matines de pâques.jpgLa célébration des sacrements qui ponctuent la vie chrétienne (baptême, pénitence, eucharistie, confirmation, ordre, mariage, onction des malades ou extrême-onction) trouvent place dans le pontifical ou le rituel, selon qu'ils sont conférés par l'évêque ou par le prêtre. Quant à la notation musicale, ces deux livres ne contiennent que les récitatifs propres au célébrant et quelques antiennes, repons et psaumes. Les plus utilisées de ces pièces exécutables par la schola figurent aussi dans un autre livre: le liber usualis, évoqué à la fin de cette présentation.

Par ailleurs, au centre de la journée liturgique se trouve le sacrifice de la messe, qui rend le Christ substantiellement présent dans l'Eglise, et la prière de l'office des heures: matines ou vigiles, pendant la nuit; laudes, au lever du soleil; prime, en début de journée; tierce, avant la messe solennelle du matin; sexte, à midi; none, dans l'après-midi; vêpres, au coucher du soleil; complies, en fin de journée. On distingue les "petites heures", prime, tierce, sexte et none, des "grandes heures", liées au soleil: laudes et vêpres. Matines et complies n'entrent pas dans cette distinction. Par ailleurs, dans la réforme postconciliaire, l'heure de prime n'existe plus et les autres "petites heures" sont souvent remplacées par un "office du milieu du jour".

Deux livres liturgiques contiennent l'intégralité des messes et des offices: le missel et le bréviaire mais les parties musicales des chantres et du choeur se trouvent ailleurs: dans le graduel pour la messe, dans l'antiphonaire et le nocturnal pour l'office.

Le bréviaire, appelé liturgie des heures dans sa version postconciliaire, contient l'office complet sous forme lue et non chantée; dans sa version traditionnelle, il est complété par le martyrologe évoquant, pour être lu à prime, le saint de chaque jour. Pour l'office chanté, on a recours à l'antiphonaire, qui couvre les heures de laudes à complies. Les matines sont reprises dans un volume séparé: le nocturnal. Les pièces grégoriennes que l'on trouve dans ces deux livres sont: les antiennes, la psalmodie, les récitatifs (capitule, versets, lectures, oraisons), les hymnes et les répons.

Mais le centre de la liturgie du jour est évidemment la messe: les deux livres liturgiques de la messe sont le missel et le graduel. Le missel m-missel_1.jpgcontient le texte complet de toutes les messes (les formulaires) ainsi que les partitions grégoriennes revenant au célébrant (préfaces, oraisons etc.). Les autres pièces grégoriennes de la messe chantées, selon le cas par la schola ou le choeur des fidèles, se trouvent dans le graduel. On y distingue les prières du propre (introït, graduel, alléluia, trait, séquence, offertoire, communion) et celles de l'ordinaire (asperges me, vidi aquam, kyrie, gloria, credo, sanctus, agnus, ite missa est, benedicamus).

Pour terminer, citons aussi les livres "paraliturgiques", parallèles aux livres officiels: l'hymnaire, extrait de l'antiphonaire et du nocturnal; le processionnal, florilège d'antiennes et de répons; le psautier, permettant d'antiphoner l'introït, l'offertoire et la communion de la messe; et, à l'usage du paroissien romain, le liber usualis, vénérable synthèse de tous les livres cités.

 

POST-SCRIPTUM: BACH AUX MINIMES A BRUXELLES 

Le blog de l'église des minimes à Bruxelles http://paroissiensdesminimes.blogspot.com a eu la gentillesse de relayer l'information ci-dessus. A titre de réciprocité, signalons le concert exceptionnel donné dans cette église bruxelloise, par l'Ensemble "La Chapelle des Minimes",  le jeudi 26 mars prochain à 20 heures.

Au programme, Jean-Sebastien et Jean-Christophe BACH:

Kyrie, Gloria, Missa Brevis BWV 236

Sehet, wir gehn hinauf gen Jerusalem, cantate BWV 159

Jesu meine Freude, Motet BWV 227

Mein Freund ist mein und ich bin sein, Motet (Jean-Christoph Bach)

Les bénéfices du concert sont destinés à la rénovation de cette superbe église, qui sert principalement de lieu de culte mais aussi de rencontre et de culture.

Prix des places: 12€ par versement anticipé au compte 979-2485438-12 et 15€ le soir du concert

Renseignements:  portable 0475.57.70.25

courriel: marjanamandi@hotmail.com ou chantal.matthys@gmail.com

Il vous est également loisible de faire partie du Comité de Patronage, que préside la princesse Charles-Louis de Mérode, en versant 250€ au compte indiqué ci-dessus

 

05.01.2009

A l'initiative de l'Union des Etudiants Catholiques de Liège (Cercle Gustave Thibon)

 UNE GRANDE CONFERENCE A L'UNIVERSITE DE LIEGE

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place du XX août

LE LUNDI 19 JANVIER 2009 A 19 H 30

POLITIQUE ET RELIGION: UN RAPPORT EN MUTATION

par Bernard Dumont, directeur de la Revue "Catholica" (Paris) 

Charlemagne_small.jpgComment rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ? La distinction entre le rôle de l'Eglise et celui de l'Etat est propre au christianisme. Ceci implique-t-il l'absence de relation entre eux ? Est-ce aussi à dire que César aurait pour seuls devoirs ceux qu'exprime la loi positive qu'il se prescrit à lui-même selon ses propres règles de gouvernement ? Quelle est la réponse apportée aujourd'hui à ces deux questions dans les Etats membres de l'Union européenne et singulièrement en Belgique ? En quel sens un Etat peut-il ou doit-il être laïc ? A l'heure du pluralisme et du sécularisme, l'Eglise n'a-t-elle plus rien à dire à l'Etat ni à la société civile? Sont-ils à ce point séparés?

Une actualité récente (dépénalisation de l'euthanasie au Luxembourg, évolution "positive" de la laïcité en France) a remis ces questions brûlantes à l'ordre du jour.

Pour en débattre, l'Union des Etudiants Catholiques de Liège (Cercle Gustave Thibon) organise le lundi 19 janvier 2009 à 19h30 à l'Université de Liège, place du XX août (salle Gothot) une grande conférence animée par Bernard DUMONT, directeur de la Revue française "Catholica" (Paris).

Bernard DUMONT est la cheville ouvrière des traductions françaises de l'oeuvre du philosophe italien Augusto Del Noce et l'organisateur de plusieurs congrès internationaux de philosophie politique à Paris et à Lausanne.

 

Université de Liège, place du XX août, auditoire Gothot

Entrée gratuite et ouverte à tous. Parcours fléché à partir de l'entrée principale.

  Web: http://cerclegustavethibon.hautetfort.com

 

EGLISE, ETAT ET SOCIETE

UNE REPONSE DE JOSEPH RATZINGER-BENOÎT XVI

AU JOURNALISTE PETER SEEWALD

 

Peter Seewald: Par la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le XIXe siècle a déclaré que la foi était quelque chose de subjectif, et donc une affaire privée. Beaucoup considèrent que le processus continu de sécularisation menace la foi et l'Eglise dans leur survie. Si le temps où l'Etat réglementait la religion est terminé, n'est-ce pas aussi une nouvelle chance pour l'Eglise et la foi? "Il est conforme à l'essence de l'Eglise, dites-vous, d'être séparée de l'Etat et que la foi ne soit pas imposée par l'Etat, mais repose sur une conviction librement acquise"...

Joseph Ratzinger: L'idée de la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'est entrée dans le monde que grâce au christianisme. Jusque là, il y avait seulement identité entre la constitution politique et la religion. Pour toutes les cultures, il était évident que l'Etat portait en soi un caractère sacré et était le véritable et suprême gardien de l'univers sacral. Cela valait aussi pour les racines préchrétiennes du nouveau testament. En Israël, les deux  ont d'abord fusionné. C'est seulement lorsque la foi d'Israël sort de ce peuple et devient la foi de tous les peuples qu'elle se détache de son identification politique et représente un élément supérieur aux divisions et différences politiques. C'est aussi le point de confrontation proprement dit entre le christianisme et l'Empire romain: L'Etat tolérait parfaitement les religions privées, à la condition toutefois qu'elles reconnaissent le culte de l'Etat lui-même, la cohésion du ciel des dieux sous l'égide de Rome, et la religion officielle comme accolade placée au-dessus de toutes les religions privées.

Le christianisme n'a pas accepté cela, il a ôté à l'Etat l'exclusivité de l'univers sacral et a mis ainsi en question la conception fondamentale de l'Empire romain, voire du monde antique en général. Cette séparation est donc, en fin de compte, unfr-sarkozy-benoit-xvi_1213718363.jpg legs de l'origine du christianisme et aussi un facteur décisif de liberté. Ainsi l'Etat n'est pas lui-même la puissance sacrale, mais il est seulement un ordre qui trouve ses limites dans une foi qui adore non pas l'Etat, mais un Dieu qui lui fait face et le juge. C'est cela la nouveauté. Cela peut naturellement prendre des formes différentes selon les constitutions des sociétés. En ce sens, le développement qui s'est produit depuis les Lumières, qui ont inauguré le modèle de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, a un côté positif. Ce qui est négatif, là, c'est que la modernité entraîne avec soi la réduction de la religion au subjectif -et rend ainsi de nouveau un caractère absolu à l'Etat, ce qui devient très évident chez Hegel.

D'une hlv grand duc Henri.jpgpart, le christianisme n'a jamais voulu se considérer comme religion d'Etat, du moins dans ses commencements, mais se distinguer de l'Etat. Il était prêt à prier pour les empereurs, mais non à leur offrir des sacrifices. D'autre part, il a toujours officiellement tenu à ne pas être un sentiment subjectif -"le sentiment est tout" dit Faust- mais il voulait être une Vérité propagée au coeur de l'opinion publique, qui lui donne des critères de valeur et qui, dans une certaine mesure, engage aussi l'Etat et les puissants de ce monde (*). Je crois qu'en ce sens le développement de la modernité apporte un côté négatif: le retour de la subjectivité...

Extrait de "Le sel de la terre". Entretiens du Cardinal Ratzinger avec Peter Seewald. Flammarion/Cerf, 1997.

 (*) nous surlignons ces passages, décisifs à notre sens, de la pensée du Saint-Père.

28.03.2008

Université et Vérité

Après la leçon manquée du pape à la Sapienza de Rome:

LE RÔLE DE L'UNIVERSITE

recherche de la vérité ou lois du marché ?

Une conférence-débat organisée  à Liège par le Cercle interfacultaire Gustave Thibon

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(Union des Etudiants Catholiques de Liège)

avec le Frère Marie-Jacques, docteur en philosophie

membre de la communauté des Frères de Saint Jean à Banneux

LE MERCREDI 16 AVRIL 2008 A 19h30

UNIVERSITE DE LIEGE-PLACE DU XX AOÛT-AUDITOIRE GRAND PHYSIQUE

(Entrée gratuite. Parcours fléché à partir de l'entrée principale)

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Plus d'information: http://cerclegustavethibon/

Renseignements-contacts: cerclegustavethibon@skynet.be

 

 

REFLEXIONS POUR UN DEBAT(1)

QUAND L'UNIVERSITE DE ROME CENSURE LE PAPE

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Dans un discours qu'il devait prononcer à la Sapienza de Rome, mais que celle-ci n'a pas été en mesure d'entendre, le pape Benoît XVI a posé la question du rapport entre l'université, la raison, la vérité et la foi.

Sa leçon manquée ne s'adressait pas à une université catholique mais à une université d'état, ce qui met en relief la portée universelle de son propos. Le souverain pontife part d'un principe: l'université comme communauté scientifique, l'Eglise comme communauté de croyants, cherchent toutes deux la vérité, dans une démarche autonome. La question est alors de savoir si, du fait de cette autonomie, elles n'ont rien à se dire, à apprendre l'une de l'autre. On pense par exemple, ici, aux enjeux de l'affaire Galilée (2) ou à ceux de la bioéthique.

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sapienza ...

En premier lieu, précise le pape, l'Eglise a pour mission de maintenir la communauté des croyants sur le chemin vers Dieu indiqué par Jésus. Mais la foi n'appartient pas pour autant à la seule sphère privée ou subjective. Elle entretient des rapports avec la raison éthique universelle qui, affirme-t-il, s'impose à l'humanité. Et ceci concerne directement le monde universitaire qui puise son origine dans la soif de connaissance propre à l'homme.

Comme Socrate, dans son dialogue avec Euthyphron (3), les premiers chrétiens ont compris leur foi comme une dissipation du brouillard de la religion mythologique: ils accueillent comme une partie de leur identité la recherche difficile de la raison pour parvenir à la vérité toute entière.

C'est ainsi que l'université a pu et du naître dans le cadre de la foi chrétienne.

Mais, comme l'a observé saint Augustin, le simple savoir rend triste car la vérité est plus que le savoir, c'est connaître le bien. C'est le sens de la question de Socrate à Euthyphron: quel est le bien qui nous rend vrais ? La vérité rend bon et la bonté est vraie. Le Logos se révèle aussi comme le Bien et Benoît XVI conclut: la raison publique universelle qui fonde la démarche universitaire ne peut évacuer cette dimension de la recherche du vrai.

L'université est confrontée à la juste relation entre connaître et agir: la médecine scientifique inscrit l'art de guérir dans la rationalité, le droit pose la question de la justice et de la liberté.

A ce point du raisonnement, le pape pose, avec Habermas (4), la question du conflit entre ce qu'il appelle (benoîtement) la "sensibilité aux intérêts particuliers" et la "sensibilité à la vérité" comme concept nécessaire dans le processus d'argumentation. Poser cette question, c'est introduire dans le débat, pour en justifier le rôle, les facultés de philosophie et de théologie auxquelles, précise le Saint-Père, l'université, dès le moyen âge, a confié la recherche sur l'existence humaine dans sa totalité, avec une vive sensibilité pour la vérité.

Qu'est-ce qu'une raison vraie ? Il n'y a pas de réponse toute faite, observe Benoît XVI, mais la philosophie ne recommence pas chaque fois du point zéro d'un sujet pensant de manière isolée. Elle s'inscrit dans le dialogue du savoir historique et, à ce titre, elle ne doit pas se fermer à ce que les religions et, en particulier, la foi chrétienne ont reçu et donné à l'humanité comme indication du chemin. Parmi les choses dites au cours de l'histoire par les théologiens, plusieurs étaient fausses et nous troublent mais, en même temps, l'humanisme de la foi chrétienne constitue une instance pour la raison publique, un encouragement vers la vérité, une force purificatrice contre la pression du pouvoir et des intérêts.

Le danger qui menace aujourd'hui les sciences exactes et, à travers elles, les sciences humaines c'est de baisser les bras face à la question de la vérité: la raison se plie face à la pression des intérêts, elle est contrainte de reconnaître l'utilité comme critère ultime; la philosophie se dégrade en positivisme; la théologie se confine dans la sphère privée d'un groupe; la raison, sourde au grand message de la sagesse et de la foi chrétiennes, se dessèche dans le cercle étroit de ses propres argumentations: elle se décompose et se brise.

Oui, l'Eglise a un rôle vis-à-vis du monde universitaire: l'aider à maintenir vive la sensibilité à la vérité, inviter la raison à se mettre à la recherche du vrai et du bien pour découvrir finalement, en toute liberté, Celui qui est le chemin, la vérité et la vie.

Un tel discours (5) s'impose avec plus de force encore, faut-il le dire, aux universités qui entretiennent des liens structurels avec l'Eglise, impliquant des devoirs spécifiques à l'égard de la communauté des croyants. C'est ce que Mgr Michel Schooyans a encore rappelé avec vigueur, le 30 janvier dernier à Neufchâteau, en célébrant la messe grégorienne des obsèques de Monseigneur Edouard Massaux, ancien recteur de l'Université Catholique de Louvain (U.C.L.).

Désapprouvant les dérives sécularistes de cette université, le défunt avait exclu, dans ses dernières volontés, toute présence officielle (cardinal grand chancelier, pouvoir épiscopal organisateur, conseil d'administration, conseil académique) à ses funérailles

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Monseigneur Massaux

Dans sa prédication remarquable (6), Monseigneur Schooyans a notamment rappelé que le recteur Massaux "connaissait les pièges entrelacés du scientisme, des idéologies, du relativisme et du scepticisme corrosif". Pour lui, "sciences de la nature et sciences humaines étaient deux grands portiques ouverts à l'espérance et à la lumière: à ses yeux, comme aux yeux de Benoît XVI, la raison elle-même devait être sauvée. Comme saint Augustin, il considérait que pour l'homme il n'y a de pleine lumière que là où la grâce en a déjà ouvert le chemin" et "dans ce monde universitaire où les hommes ont souvent une estime fort flatteuse d'eux-mêmes, Massaux jugeait qu'il devait y avoir place pour le don que Jésus offrait à la  Samaritaine de l'Evangile: ce don, c'est ce que nous appelons la foi".

Après ces témoignages forts, la conférence organisée le 16 avril prochain à l'université de Liège par le cercle Gustave Thibon vient à son heure: celle d'une actualité "interpellante" comme on dit dans le jargon à la mode. 

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(1) Ce texte, publié dans les "Ephémérides de Saint-Lambert" n°1-2008 (Pâques), n'engage que la rédaction de ce bulletin de liaison des fidèles de la messe latine traditionnelle à Verviers et le blog de l'église du saint-sacrement à Liège.

(2) L'enjeu du procès de Galilée (1633) "fut finalement plus une certaine idée de la place de l'homme dans l'univers (débat toujours en cours aujourd'hui) qu'une thèse de mécanique céleste. Thèse que Rome eut le tort de ne pas accueillir comme telle, certes, mais dont la portée a perdu beaucoup de son poids depuis la théorie de la relativité restreinte puis généralisée" (Mgr A.-M. Léonard, Catholiques...que du bonheur! Sarment, Editions du Jubilé, 2007, p.8)

(3) Platon, L'Euthyphron, vers 395 avant J.-C.

(4) Jürgen Habermas, philosophe et sociologue allemand, né en 1929, professeur aux universités de Heidelberg et de Francfort.

(5) Vous trouverez le texte intégral du "discours manqué" du pape à la Sapienza sur le web du cercle Gustave Thibon de l'Université de Liège: http://cerclegustavethibon.hautetfort.com

(6) Le texte de l'homélie de Monseigneur Schooyans est disponible sur simple demande adressée à sursumcorda@skynet.be