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Eglise du Saint-Sacrement à Liège - Page 76

  • Les Journées du Patrimoine 2008 au Saint-Sacrement

     

    Les 20e journées du patrimoine à Liège

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    UNE EXPOSITION ET DEUX CONCERTS A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

    Dans le cadre des 20e Journées du Patrimoine en Wallonie, l'église du Saint-Sacrement à Liège (Boulevard d'Avroy, 132) organise un week-end "portes ouvertes", les samedi 13 et dimanche 14 septembre prochains, de 14h30 à 18 h. Voici le programme de ces Journées:

    Samedi 13 et Dimanche 14 septembre, de 14h30 à 18h

    Exposition "Les Archives du Saint-Sacrement"

     peintures, aquarelles et photographies, cartes et documents, vêtements liturgiques et objets anciens illustrant l'histoire de l'église, des origines à nos jours.

       

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     En 1455, des chanoines Augustins installent à cet emplacement un prieuré dont l'église, dédiée à sainte Anne, est consacrée moins d'un siècle plus tard, en 1527, sous le règne du prince-évêque Erard de la Marck. Au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, un nouveau sanctuaire est érigé, sur les plans de Jacques-Barthélemy Renoz. L'édifice, de forme circulaire, est prolongé à l'ouest par un choeur. L'architecte a adopté un style néo-classique manifesté, notamment,  à l'intérieur par des pilastres à chapiteaux composites supportant des frises de guirlandes. La façade offre au regard des passants un tympan orné de bas-reliefs représentant saint Jean à Patmos ainsi que saint Augustin, dus au sculpteur Antoine-Pierre Franck. Il sera consacré en 1766, sous le règne du prince-évêque Charles d'Oultremont dont les armoiries ornent le fronton triangulaire sommant l'édifice. Suite à la révolution, les Augustins sont expulsés et l'église est vendue. En 1866, sous l'épiscopat de Monseigneur Théodore de Montpellier,les bâtiments sont rachetés par les Dames de l'adoration perpétuelle qui en font leur sanctuaire dédié au Saint-Sacrement. Les religieuses quitteront Liège en 1993 en cédant gracieusement l'église à l'association diocésaine du "Balloir", acquéreur du couvent. En 2003, "Le Balloir" mit l'un et l'autre bâtiments en vente. Une association de fidèles, l'asbl "Sursum Corda", présidée par l'abbé Jean Schoonbroodt, racheta l'église pour protéger l'édifice, y maintenir le culte et des activités au service de l'éducation et de la culture chrétiennes. Le bâtiment renferme des peintures, des sculptures et un très beau mobilier en marbre et en bois doré.

    Samedi 13 septembre à 16 h

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    Récital d'orgue par Geneviève Chapelier

    "Les musiques de danse en Europe, aux XVIIe et XVIIIe siècles": oeuvres de Sweelinck (Pays-Bas), Dandrieu (France), Haendel et Purcell (Angleterre), Pachelbel et Bach (Allemagne), Haydn et Mozart (Autriche), Zipoli et Valente (Italie), Grétry (Pays de Liège) ainsi qu'une illustration de la Follia d'Espagne.

     Dimanche 14 septembre à 16 h 

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    Concert de Musique de chambre

    avec Lambert Demez (orgue), Jean-Michel Parmentier (violoncelle), Ilya Djekic (violon solo) et le trio "Orphée", sous la direction d'Octavian Morea

    Au programme: oeuvres de J.S. et C.Ph. E. Bach. J. Pachelbel, D. Chostakovitch, J. Massenet, J. Ivanovitch, J. Strauss, O. Morea

    Entrée libre. Renseignements:  tél. 04.344.10.89. courriel: sursumcorda@skynet.be ou message sur ce blog.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Les petits chanteurs de Taiwan ont chanté pour le Saint-Sacrement

    A l'église du Saint-Sacrement, le mardi 15 juillet 2008:

     

    LES PETITS CHANTEURS DE TAIWAN ONT CONQUIS LE COEUR DES LIEGEOIS

     

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    Par un beau soir d'été, le mardi 15 juillet 2008, près de deux cents Liégeois ont pris le chemin de l'église du Saint-Sacrement où les 50 petits chanteurs taiwanais de Saint-Vincent, dirigés par le professeurs Peter She (Kaohsiung) leur avaient donné rendez-vous.

    Après une excursion fluviale d'une heure sur la Meuse, les choristes ont traversé le Parc d'Avroy jusqu'à l'église où un " goûter" les attendait dans les salles annexes du sanctuaire.

    A 18h30, ils ont joint leurs chants polyphoniques à l'adoration du Saint-Sacrement exposé au dessus de maître-autel,  s'agenouillant tous avec respect pour le "Tantum Ergo" et la Bénédiction finale. Ce geste suscita l'admiration des fidèles, sachant que pour l'instant seule une minorité de ces jeunes est baptisée dans la foi catholique: la nouvelle évangélisation trace ses chemins et ils passent ici par la Communauté Saint-Jean qui pilote leur voyage.

    A 20 heures, l'église s'est remplie pour une heure de concert: un beau programme valorisant la musique populaire ou classique d'inspiration traditionnelle de tous les continents, des voix superbes exercées par un chef de choeur exigeant dont la vocation mérite d'être rappelée.

    Depuis 22 ans, l'âme de cet ensemble vocal est, en effet, le professeur Peter She: il l'a créé dans des circonstances familiales dramatiques, répondant à un voeu qu'il fit  lors de la guérison d'un de ses enfants très gravement malade. Il renonça alors à un projet personnel d'études musicales en Italie pour demeurer auprès de ses proches et fonder une chorale d'enfants. Et depuis ce moment, il a parcouru avec eux le monde entier, en chantant sa joie.

    C'est le Père François du Sacré-Coeur, missionnaire de la Communauté Saint-Jean à Taiwan, qui assura les commentaires avec beaucoup de gentillesse et de naturel. Plusieurs familles taiwanaises de Liège ont aussi contribué, avec lui, à la qualité de l'accueil et de l'interface linguistique.

    Le public fut à l'unisson de ce moment de grâce: un Vietnamien installé en Outremeuse donne son adresse aux organisateurs. Deux paniers circulent pour l'oeuvre de restauration de l'église du Saint-Sacrement. Mille euros y sont déposés pour l'asbl "Sursum Corda". A l'entrée, un père de famille, membre du choeur universitaire de Liège, soulève son petit garçon à hauteur du grand bénitier, l'enfant y plonge la main et se signe spontanément. Un facteur d'orgue bien connu de la région offre son aide gratuite pour une révision complète de l'orgue. Une choriste liégeoise exprime aux petits chanteurs son admiration pour leurs qualités vocales. Un preneur de son professionnel a capté bénévolement le concert pour faire don de l'enregistrement aux choristes. Un jeune Liégeois teste avec les jeunes Taiwanais ses souvenirs linguistiques d'un séjour en Chine. Plusieurs personnes achètent spontanément le livre de l'abbé Germeau, l'un des deux prêtres désservant l'église du Saint-Sacrement, sur sa vie associant contemplation et action au service des jeunes en difficulté: à Fragnée puis à Herstal et au centre ville maintenant avec le Frère Jérémie-Marie de l'Eucharistie...

    La soirée s'est conclue par l'Ave Maria de Gounod, avec le joli solo de She I-ny, la fille du chef de choeur, et une réception dans les locaux jouxtant l'église, avec un buffet sympathique  offert par l'une des fidèles du Saint-Sacrement.

    Tous les organisateurs et leurs aidants sont recrus d'une heureuse fatigue. Et demain la vie continue: un peu moins de trente choristes se sont inscrits au stage organisé par l'Académie belge de Chant grégorien, du 19 au 27 juillet à l'abbaye Saint-Michel de Cuxa (dans les Pyrénées orientales). Cette session est dirigée par un Flamand, elle est organisée sous la présidence d'un Bruxellois et un tiers des inscrits sont Liégeois: l'union fait la force...

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    Les petits choristes de Saint-Vincent (Taiwan) chantent pour le Saint-Sacrement
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     Les petits chanteurs de Saint-Vincent (Taiwan) en concert à l'église du Saint-Sacrement

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  • le mardi 15 juillet 2008: cinquante petits chinois de Taiwan chantent au Saint-Sacrement

    LE MARDI 15 JUILLET 2007 A 20 H

    L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

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    Boulevard d'Avroy, 132 à Liège

    reçoit

    LA CHORALE DES PETITS CHANTEURS DE SAINT-VINCENT

    de

    TAIWAN

    (Kaohsiung)

    Soprano solo, She I-ny. Piano, Shin I-sun. Direction, Peter Sheu

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    la chorale a chanté pour Jean-Paul II en 1994 et 1999

    CONCERT AU SAINT SACREMENT:

    "LE TOUR DU MONDE EN CHANTANT"

    CHANTS FOLKLORIQUES

    Taiwan-Mongolie-Mexique

     

    MELODIES CHINOISES

     

    CHANSONS DU FILM "LES CHORISTES"

    Musique de Bruno Coulais

     

    LE CHANT TRADITIONNEL REVISITE

    par Zoltan Kodaly (Hongrie), Nicolaï Rimski-Korsakov (Russie), Charles Gounod (France)

    La participation aux frais du concert est libre

    (au profit des travaux de restauration de l'église du Saint-Sacrement)

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    A 18h30, les jeunes choristes de Taiwan s'associeront aussi à l'adoration (elle a lieu tous les mardis de 17 à 19 heures) et à la bénédiction du Saint-Sacrement en chantant des motets de Joseph Haydn, Lloyd Webber et César Franck.

     

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    La chorale Saint-Vincent se compose d'une cinquantaine de jeunes taïwanais d'origine modeste, âgés de 12 à 17 ans. Elle a été fondée en 1986 par le professeur Peter Sheu à Kaohsiung, une grande ville portuaire du sud-ouest de l'île de Taïwan. En 22 ans d'existence, cet ensemble vocal a acquis une qualité remarquable. Il a sillonné le monde: du Japon (Osaka) aux Etats-Unis (New-York), de l'Europe de l'Est à l'Espagne, en passant par Rome (la chorale a chanté pour le pape Jean-Paul II en 1994 et 1999), l'Australie (Sydney), la Corée du Sud (Séoul), la Chine continentale (Shangaï, Nankin) et la France (Lyon, La Chaise-Dieu, Le Puy-en-Velay). En juillet 2006, les petits chanteurs y furent accueillis, un mois avant sa mort, par le Père Marie-Dominique Philippe, fondateur des "petits gris", la Communauté Saint-Jean, qui suscite leur tournée chez nous durant cet été 2008. L'intention est de sensibiliser ces jeunes taïwanais à une juste approche de notre culture et de favoriser les contacts pour une rencontre chaleureuse: appel aux citoyens de la cité ardente.

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    Située sur la côte ouest de l'île de Taïwan (22 millions d'habitants, 98% de chinois), Kaohsiung est l'un des plus grands ports industriels du monde et la plus grande ville (un million et demi d'habitants) de l'île, après Taipei.

    Plus d'informations ? interrogez ce blog ou adressez votre courriel à sursumcorda@skynet.be

     

     

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  • musique baroque le 15 juin 2008

    LE DIMANCHE 15 JUIN 2008 A 15 HEURES

    L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

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    légende de saint Augustin (façade de l'église) 

    Boulevard d'Avroy, 132 à Liège

    accueille

    L'ENSEMBLE VOCAL MARIGNAN et L'ENSEMBLE INSTRUMENTAL AFFETTI

     dans un

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    décor de la nef du saint-sacrement

    CONCERT BAROQUE: DE PACHELBEL A BACH

    oeuvres de Pachelbel, Buxtehude, J.-C. Bach et 

    J.-S. Bach(cantate bwv 182) 

    Entrées adultes: 10 euros (8 euros en prévente), étudiants: 8 euros (6 euros en prévente), enfants de moins de 12 ans: gratuit

    Informations et réservations: 0498.78.86.37/ 087.35.02.91/ 087.23.03.31/ensemblemarignan@hotmail.com

    la réservation est effective dès réception du paiement (avant le 11 juin 2008) au compte 525-0802363-54 avec mention "concert du 15.05.2008"

     

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  • Liège: Solennité de la Fête du Saint-Sacrement 2008

    Le samedi 24 mai 2008 à 17 heures:

    Deux cents Liégeois ont fêté Dieu et sainte Julienne à l'église du Saint-Sacrement

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      sainte Julienne à l'église du Saint-Sacrement

     
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     Célébration à l'autel majeur: conversi ad Dominum

    Le samedi 24 mai à 17h au Boulevard d'Avroy à Liège, l'église du Saint-Sacrement a réuni deux cents fidèles pour fêter la présence réelle de Dieu dans l'Eucharistie et le 750e anniversaire du "dies natalis", la naissance au Ciel, de sainte Julienne de Cornillon (+ en 1258), l'inspiratrice de cette fête du Corps et du Sang du Christ: la "Fête-Dieu".

    La messe, conclue par une adoration et une bénédiction du Saint-Sacrement, a été célébrée, selon le missel de 1962, par Monseigneur Roger Gryson, doyen ém. de la faculté de théologie de l'université catholique de Louvain. Celui-ci était assisté par les abbés Claude Germeau (Foyer d'Accueil de Herstal) et Arnaud de Boisse (Chapelle Saint-Oremus de Herstal) qui officiaient respectivement comme diacre et sous-diacre.

    La cérémonie s'est déroulée à l'autel majeur de l'église, face au tabernacle et à la reproduction du Christ en Croix de Reni (XVIIe s.) qui surplombe ce superbe autel. Cinq servants de messe, acolytes et thuriféraires conduits par le Fr. Jérémie-Marie de l'Eucharistie, entouraient les célébrants.

    Les chants grégoriens de la fête ont été assurés par le Choeur "Una Cum" de Bruxelles dirigé par Paul-Augustin Deproost, professeur à l'U.C.L. et la Schola du Saint-Sacrement. Le plain-chant alternait avec des polyphonies de Zoltan Kodaly et Franz Liszt interprétées par l'Ensemble vocal "Praeludium" dirigé par Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers, titulaire de l'orgue du Saint-Sacrement, et compositeur lui -même d'une "Missa Brevis" dont un extrait a aussi été chanté.

    Ce grand moment liturgique et musical fut aussi théologique et pastoral comme le montre le texte de l'homélie remarquable de Monseigneur Gryson, reproduit dans les lignes qui suivent.

     

     L'homélie de Monseigneur Roger Gryson

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       Monseigneur Gryson rappelle aux fidèles le sens de l'Eucharistie
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    Célébrant aujourd'hui la solennité de la Fête-Dieu, nous accomplissons le voeu exprimé par Jésus à la Dernière Cène: Faites ceci en mémoire de moi. Mais qu'est-ce que "faire mémoire" ?

    L'eucharistie n'est pas simplement une cérémonie qui sert à nous rappeler ce qu'un homme a accompli pour nous autrefois, comme celles qui se célèbrent devant les monuments aux morts, en souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour que nous puissions vivre libres. Ce n'est pas simplement un signe qui nous invite à penser au sacrifice du Christ, comme le crucifix dans nos campagnes ou sur les murs de nos maisons, ou comme le signe de la croix que nous traçons sur nous-mêmes. Ce n'est pas seulement un rite qui nous communique la grâce du Christ, comme le baptême, dans lequel nous sommes associés spirituellement à sa mort et à sa résurrection. On ne s'agenouille pas devant l'eau du baptême, pas plus qu'on ne s'agenouille devant le saint chrême, dont l'onction signifie que nous participons au sacerdoce du Christ, en ce sens que nous sommes appelés à faire à Dieu l'offrande de notre vie, comme il a lui-même offert la sienne.

    Le signe de l'eucharistie est d'un autre ordre que tous ceux-là, car c'est le seul qui contienne en lui-même la réalité qu'il signifie et qui passe en cette réalité même, comme nous l'avons chanté à l'instant: in carnem transit panis, et vinum in sanguinem. Par l'invocation de l'Esprit Saint sur les offrandes, par les paroles du Christ à la consécration, le pain et le vin sont transformés en corps et sang du Christ.

    Chaque jour, disait saint François d'Assise à ses frères, le Fils de Dieu s'abaisse exactement comme à l'heure où, quittant sa demeure céleste, il s'est incarné dans le sein de la Vierge; chaque jour, il vient à nous, sous les dehors les plus humbles; chaque jour, il descend du sein du Père sur l'autel entre les mains du prêtre. Et de même qu'autrefois, ses apôtres pouvaient le voir, de même se montre-t-il à nos yeux maintenant dans le pain consacré.

    Peut-être pensons-nous que ce signe de sa présence est bien peu transparent. Mais plus Dieu se rapproche de l'homme, plus il est contraint de se dissimuler, par égard pour la fragilité de sa créature. Comme il l'a dit à Moïse sur la montagne, un homme ne peut voir Dieu dans l'éclat de sa gloire divine sans mourir. C'est pourquoi il est demeuré caché sous le voile de la nature, qui nous le couvre jusqu'à l'incarnation. Et quand il est venu habiter parmi nous, il s'est encore plus caché en se couvrant d'une humanité semblable à la nôtre. Car il était plus facile de reconnaître Dieu dans la splendeur des cieux et dans les beautés multiples de la terre, que dans cet enfant couché dans la mangeoire d'une étable, puis dans cet homme qui avait faim, qui avait soif, qui était fatigué au bout d'un long chemin, qui a pleuré après avoir perdu un ami, qui a vécu dans l'angoisse la perspective de la mort, à Gethsémani, et qui, finalement, ne s'est remis entre les mains du Père qu'après avoir poussé un déchirant cri de désespoir. In propria venit, et sui eum non receperunt, dit le prologue de saint Jean. Il est venu dans ce monde qui était le sien, puisque tout a été fait par lui, et même ses compatriotes, dont il était venu accomplir l'espérance, ne l'ont, pour la plupart, pas reconnu.

    Dans l'eucharistie, Dieu s'approche encore davantage de nous, puisqu'à l'instant de la communion, nous sommes plus proches encore de lui que ceux qui l'ont côtoyé pendant qu'il vivait sur la terre, que ceux qu'il a touchés pour les guérir, que la pécheresse qui s'est prosternée à ses pieds, que saint Jean qui a reposé sur son côté à la Cène. A l'instant de la communion, il s'unit à nous et nous unit à lui, physiquement, dans une intimité qui ne sera surpassée que dans l'autre monde, lorsque, selon le mot de saint Paul, Dieu sera tout en tous, et l'Esprit Saint aura pris totalement possession de nous pour nous rendre totalement semblables au Christ ressuscité. C'est pourquoi la dernière oraison de la messe d'aujourd'hui dit que la communion au corps et au sang du Christ préfigure le bonheur sans fin de l'éternité. Elle est un gage de la gloire future, dit l'antienne des vêpres, futurae gloriae pignus datur, et comme un avant-goût de ce que sera notre vie dans l'au-delà, praegustatio vitae aeternae.

    Faire mémoire, ce n'est donc pas seulement se tourner vers le passé. Celui dont nous faisons mémoire est vivant. La messe est traversée par une tension spécifique entre le souvenir et l'espérance. La messe est un regard posé sur le passé, pour mieux vivre le jour présent et s'engager résolument dans l'avenir. Paradoxalement, on pourrait dire qu'à la messe, nous nous souvenons de ce qui sera. Le rassemblement eucharistique est une halte de nomades, c'est une étape d'exode; en la célébrant, on chante des chants de Pâques et l'on reçoit en viatique cette manne cachée dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, et qui n'est autre que Dieu lui-même.

    Il ne s'agit pas de regarder et d'attendre passivement. Car la participation à l'eucharistie implique un engagement à nous incorporer davantage au Christ. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Manger et boire le corps et le sang du Christ, c'est accepter de le suivre jusqu'au bout, jusqu'en sa passion et en sa mort, pour avoir part à sa résurrection, pour vivre de sa vie; c'est s'incorporer à lui jusqu'à l'extrême de son engagement, pour nous les hommes et pour notre salut. C'est faire nôtre son projet et son idéal de vie. C'est aussi s'incorporer à son corps qui est l'Eglise. Il n'y a pas d'eucharistie vraie en dehors de la communion de l'Eglise.

    Deviens ce que tu reçois, disait saint Augustin, en expliquant à ses fidèles le sens de l'Eucharistie. Deviens corps du Christ, c'est à dire manifeste sa présence. Pour s'exprimer, aujourd'hui, le Christ a besoin de tes mains et de ta bouche. Imite ses gestes et redis ses paroles, mais surtout, veille à ce que tes actes soient en accord avec tes paroles, à ce que ta parole ne soit pas seulement un écho fidèle de la sienne, mais s'incarne de la même façon que lui-même a été la parole incarnée de Dieu, avant d'être parole exprimée de Dieu. Devenir ce que nous recevons, devenir, à notre façon et pour notre petite part, corps du Christ, c'est à dire un prolongement de sa présence à travers les siècles.

    Aujourd'hui, nous rendons grâce à Dieu notre Père, qui a voulu que le sacrifice de son Fils, que sa mort et sa résurrection, soient mis en quelque sorte à notre portée, que son corps lui-même soit notre nourriture et nous transforme peu à peu en lui. L'Eglise n'a pas tort lorsqu'elle nous fait chanter, dans ce beau poème que nous avons entendu tout à l'heure: "Loue-le tant que tu peux, car il est plus grand que ta louange, et tu ne pourras jamais le louer assez".

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    Laudate Dominum in tympano et choro
    Laudate Eum in chordis et organo (psaume 150)
  • Fête-Dieu 2008 à Liège

    750e anniversaire de la mort de sainte Julienne de Cornillon

    (Retinne 1192- Fosses 1258) 

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    statue de sainte Julienne dans l'église du saint-sacrement à Liège

    SOLENNITE DE LA FÊTE-DIEU

    LE SAMEDI 24 MAI 2008 A 17 HEURES

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    A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

    Boulevard d'Avroy, 132, à Liège

    (face à la statue de Charlemagne)

    célébrée en latin selon le missel de 1962 par

    MONSEIGNEUR ROGER GRYSON

    Doyen ém. de la Faculté de Théologie de l'Université Catholique de Louvain (U.C.L.)

    avec le concours de l''Ensemble vocal

    "PRAELUDIUM"

    Direction: Patrick Wilwerth

     

    du Choeur grégorien "Una Cum"

    et de la Schola du Saint-Sacrement

     

    EN GREGORIEN, PLAIN-CHANT LIEGEOIS ET

    POLYPHONIE CLASSIQUE

    Oeuvres de Franz Liszt, Zoltan Kodaly, Patrick Wilwerth

     

    Réception ouverte à tous après la messe

     

    LA CELEBRATION

     

    La messe772247312.JPG sera célébrée, selon le missel de 1962, au superbe autel majeur (ill. ci-contre à gauche) qui n'a plus été utilisé à cette fin depuis près de quarante ans. Monseigneur Gryson présidera la messe avec l'assistance des abbés Claude Germeau, comme diacre, et Jean Schoonbroodt, comme sous-diacre. Le répertoire choral comportera le propre grégorien de la fête composé par saint Thomas d'Aquin (1228-1274), avec la séquence "Lauda Sion".  la préface "pro aliquibus locis" en usage à Liège pour la Fête-Dieu et la bénédiction finale donnée avec le Saint-Sacrement dans l'ostensoir pendant que les fidèles chanteront le "Tantum ergo liégeois". Le kyriale sera celui des messes solennelles: "Cunctipotens Genitor Deus".1826298171.jpg

    La célébration sera en outre rehaussée par des polyphonies illustrant l'oeuvre religieuse de deux grands musiciens d'origine hongroise: Zoltant Kodaly (1882-1967) et Franz Liszt (1811-1886) avec, notamment, un extrait de la "Via Crucis" que ce dernier (ill. ci-contre à droite)composa au soir (1878) d'une vie tumultueuse. On pourra aussi entendre le "Sanctus" de la Missa Brevis de Patrick Wilwerth, qui est, par ailleurs, le titulaire des orgues de l'église du Saint-Sacrement.

                                                                                                                                                                                                                LES INTERPRETES

    1258824635.jpgCréé en 1994, l'Ensemble vocal mixte "Praeludium" (photo ci-contre, à gauche) compte 14 chanteurs, en majorité issus des classes de chant d'académies de la région liégeoise. Son répertoire interprété a capella ou avec orgue et orchestre comprend à la fois de la musique ancienne mais aussi beaucoup de compositeurs du siècle romantique et des oeuvres contemporaines. La direction est assurée par Patrick Wilwerth, qui est aussi organiste, compositeur et professeur au conservatoire de Verviers. Patrick Wilwerth est un disciple d'Hubert Schoonbroodt auquel il succéda à la tête du choeur universitaire de Liège, après le décès accidentel de son maître en 1992.642874978.gif

     Le plain-chant de la messe sera psalmodié par le choeur grégorien "Una Cum" (Bruxelles) dirigé par Paul-Augustin Deproost, professeur à l'U.C.L. ( photo ci-contre à droite), et la schola de l'église du Saint-Sacrement. Les parties d'orgue seront assurées par Patrick Wilwerth.

     

    UNE FÊTE NEE A LIEGE

     

    La Fête-Die503335905.gifu célèbre la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement de l'Eucharistie. Cette fête est née au pays de Liège en 1246, à l'initiative de sainte Julienne de Cornillon et d'Eve, la recluse de Saint-Martin (ill. ci-contre: Julienne et Eve à genoux devant le Saint-Sacrement). Presqu'aussitôt (1264), elle sera étendue à l'Eglise universelle par Jacques  de Troyes, ancien archidiacre de Campine devenu pape (1261) sous le nom d'Urbain IV. Julienne était née à Retinne en 1192. Orpheline, elle fut confiée aux soeurs de la léproserie du mont Cornillon dont elle devint plus tard la prieure. A la mort de son protecteur, l'évêque Robert de Thourotte, elle partit pour Salzinnes et mourut dans la recluserie de la collégiale Saint-Feuillen à Fosses (aujourd'hui Fosses-la-Ville) en 1258. On fête cette année le 750e anniversaire de son "dies natalis": sa naissance au Ciel.

     

     

    DANS LA LIGNE DE LA TRADITION APOSTOLIQUE

     

    "L'Eglise primitive savait bien que le pain consacré demeure tel, puisqu'elle le conservait pour les malades et en faisait l'objet d'une grande vénération comme c'est encore le cas aujourd'hui dans l'Eglise d'Orient. Au moyen âge, cette conscience de la présence réelle du Seigneur s'approfondit: le Seigneur a changé dans son corps la substance de ce morceau de matière, et ce changement est irréversible. Dans ce pain transsubstantié, le Seigneur lui-même, indivisible, le Ressuscité, est pleinement présent: chair et sang, corps et âme, dans sa divinité et son humanité -le Christ tout entier est là[...].

    La Tradition, depuis toujours, le souligne assez: manger l'Eucharistie est un acte spirituel et en même temps parfaitement humain. "Manger" le Christ, c'est en même temps l'adorer, le laisser entrer en moi pour que mon moi se transforme, s'ouvre au grand "Nous", e1727951909.jpgt que nous devenions "un seul" (cf. Ga, 3, 7).

     L'adoration du Saint-Sacrement ne s'oppose pas à la communion, elle ne se superpose pas non plus à elle. La communion n'atteint sa véritable profondeur que lorsqu'elle est portée et entourée par l'adoration [...]" (Extrait de Joseph Ratzinger, l'Esprit de la Liturgie, ed. Ad Solem, 2001, pp.75-77).

  • Conversi ad Dominum. Sursum corda

     

    SURSUM CORDA

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    (orant antique)

    par BENOÎT XVI

     

    L'association qui anime la communauté de l'église du Saint-Sacrement à Liège a été baptisée "Sursum Corda". Quel est le sens de cette antique exclamation chrétienne qui ouvre la préface du canon de la messe ?

    Le pape Benoît XVI l'a rappelé, en ces termes, dans son homélie de la veillée pascale 2008 à Saint-Pierre de Rome : "(...) Le Seigneur nous a donné la lumière de la vérité. Cette lumière est en même temps feu, force qui vient de Dieu, force qui ne détruit pas, mais qui veut transformer nos coeurs, afin que nous devenions vraiment des hommes de Dieu et que sa paix devienne efficace en ce monde.

    Dans l'Eglise ancienne, il était habituel que l'évêque ou le prêtre, après l'homélie, exhorte les croyants en s'exclamant "conversi ad Dominum"-tournez-vous maintenant vers le Seigneur. Cela signifiait avant tout qu'ils se tournaient vers l'Est-dans la direction du lever du soleil comme signe du Christ qui revient, à la rencontre duquel nous allons dans la célébration de l'Eucharistie. Là où, pour une raison quelconque, cela n'était pas possible, en tout cas, ils se tournaient vers l'image du Christ, dans l'abside, ou vers la Croix, pour s'orienter intérieurement vers le Seigneur. Car, en définitive, il s'agissait d'un fait intérieur: de la "conversio", de tourner notre âme vers Jésus-Christ et ainsi vers le Dieu vivant, vers la vraie lumière.

    Etait aussi liée à cela l'autre exclamation qui, aujourd'hui encore, avant le Canon, est adressée à la communauté croyante: "sursum corda"- élevons nos coeurs hors de tous les enchevêtrements de nos préoccupations, de nos désirs, de nos angoisses, de notre distraction- élevez vos coeurs, le plus profond de vous-même! Dans les deux exclamations nous sommes en quelque sorte exhortés à un renouvellement de notre baptême. Nous devons toujours de nouveau nous détourner des mauvaises directions dans lesquelles nous nous mouvons si souvent en pensée et en action. Nous devons toujours de nouveau nous tourner vers Lui, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Nous devons toujours de nouveau devenir des "convertis", tournés, avec toute notre vie, vers le Seigneur. Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre coeur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous l'élevions vers le haut: dans la vérité et l'amour. En cette heure, remercions le Seigneur, parce qu'en vertu de la force de sa parole et de ses sacrements, il nous oriente dans la juste direction et attire notre coeur vers le haut. Et nous le prions ainsi: oui, Seigneur, fais que nous devenions des personnes pascales, des hommes et des femmes de la lumière, remplis du feu de ton amour".

    En quelques mots, le Saint-Père a tracé l'esprit qui doit orienter vraiment notre programme d'action.

     

  • Université et Vérité

    Après la leçon manquée du pape à la Sapienza de Rome:

    LE RÔLE DE L'UNIVERSITE

    recherche de la vérité ou lois du marché ?

    Une conférence-débat organisée  à Liège par le Cercle interfacultaire Gustave Thibon

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    (Union des Etudiants Catholiques de Liège)

    avec le Frère Marie-Jacques, docteur en philosophie

    membre de la communauté des Frères de Saint Jean à Banneux

    LE MERCREDI 16 AVRIL 2008 A 19h30

    UNIVERSITE DE LIEGE-PLACE DU XX AOÛT-AUDITOIRE GRAND PHYSIQUE

    (Entrée gratuite. Parcours fléché à partir de l'entrée principale)

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    Plus d'information: http://cerclegustavethibon/

    Renseignements-contacts: cerclegustavethibon@skynet.be

     

     

    REFLEXIONS POUR UN DEBAT(1)

    QUAND L'UNIVERSITE DE ROME CENSURE LE PAPE

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    Dans un discours qu'il devait prononcer à la Sapienza de Rome, mais que celle-ci n'a pas été en mesure d'entendre, le pape Benoît XVI a posé la question du rapport entre l'université, la raison, la vérité et la foi.

    Sa leçon manquée ne s'adressait pas à une université catholique mais à une université d'état, ce qui met en relief la portée universelle de son propos. Le souverain pontife part d'un principe: l'université comme communauté scientifique, l'Eglise comme communauté de croyants, cherchent toutes deux la vérité, dans une démarche autonome. La question est alors de savoir si, du fait de cette autonomie, elles n'ont rien à se dire, à apprendre l'une de l'autre. On pense par exemple, ici, aux enjeux de l'affaire Galilée (2) ou à ceux de la bioéthique.

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    sapienza ...

    En premier lieu, précise le pape, l'Eglise a pour mission de maintenir la communauté des croyants sur le chemin vers Dieu indiqué par Jésus. Mais la foi n'appartient pas pour autant à la seule sphère privée ou subjective. Elle entretient des rapports avec la raison éthique universelle qui, affirme-t-il, s'impose à l'humanité. Et ceci concerne directement le monde universitaire qui puise son origine dans la soif de connaissance propre à l'homme.

    Comme Socrate, dans son dialogue avec Euthyphron (3), les premiers chrétiens ont compris leur foi comme une dissipation du brouillard de la religion mythologique: ils accueillent comme une partie de leur identité la recherche difficile de la raison pour parvenir à la vérité toute entière.

    C'est ainsi que l'université a pu et du naître dans le cadre de la foi chrétienne.

    Mais, comme l'a observé saint Augustin, le simple savoir rend triste car la vérité est plus que le savoir, c'est connaître le bien. C'est le sens de la question de Socrate à Euthyphron: quel est le bien qui nous rend vrais ? La vérité rend bon et la bonté est vraie. Le Logos se révèle aussi comme le Bien et Benoît XVI conclut: la raison publique universelle qui fonde la démarche universitaire ne peut évacuer cette dimension de la recherche du vrai.

    L'université est confrontée à la juste relation entre connaître et agir: la médecine scientifique inscrit l'art de guérir dans la rationalité, le droit pose la question de la justice et de la liberté.

    A ce point du raisonnement, le pape pose, avec Habermas (4), la question du conflit entre ce qu'il appelle (benoîtement) la "sensibilité aux intérêts particuliers" et la "sensibilité à la vérité" comme concept nécessaire dans le processus d'argumentation. Poser cette question, c'est introduire dans le débat, pour en justifier le rôle, les facultés de philosophie et de théologie auxquelles, précise le Saint-Père, l'université, dès le moyen âge, a confié la recherche sur l'existence humaine dans sa totalité, avec une vive sensibilité pour la vérité.

    Qu'est-ce qu'une raison vraie ? Il n'y a pas de réponse toute faite, observe Benoît XVI, mais la philosophie ne recommence pas chaque fois du point zéro d'un sujet pensant de manière isolée. Elle s'inscrit dans le dialogue du savoir historique et, à ce titre, elle ne doit pas se fermer à ce que les religions et, en particulier, la foi chrétienne ont reçu et donné à l'humanité comme indication du chemin. Parmi les choses dites au cours de l'histoire par les théologiens, plusieurs étaient fausses et nous troublent mais, en même temps, l'humanisme de la foi chrétienne constitue une instance pour la raison publique, un encouragement vers la vérité, une force purificatrice contre la pression du pouvoir et des intérêts.

    Le danger qui menace aujourd'hui les sciences exactes et, à travers elles, les sciences humaines c'est de baisser les bras face à la question de la vérité: la raison se plie face à la pression des intérêts, elle est contrainte de reconnaître l'utilité comme critère ultime; la philosophie se dégrade en positivisme; la théologie se confine dans la sphère privée d'un groupe; la raison, sourde au grand message de la sagesse et de la foi chrétiennes, se dessèche dans le cercle étroit de ses propres argumentations: elle se décompose et se brise.

    Oui, l'Eglise a un rôle vis-à-vis du monde universitaire: l'aider à maintenir vive la sensibilité à la vérité, inviter la raison à se mettre à la recherche du vrai et du bien pour découvrir finalement, en toute liberté, Celui qui est le chemin, la vérité et la vie.

    Un tel discours (5) s'impose avec plus de force encore, faut-il le dire, aux universités qui entretiennent des liens structurels avec l'Eglise, impliquant des devoirs spécifiques à l'égard de la communauté des croyants. C'est ce que Mgr Michel Schooyans a encore rappelé avec vigueur, le 30 janvier dernier à Neufchâteau, en célébrant la messe grégorienne des obsèques de Monseigneur Edouard Massaux, ancien recteur de l'Université Catholique de Louvain (U.C.L.).

    Désapprouvant les dérives sécularistes de cette université, le défunt avait exclu, dans ses dernières volontés, toute présence officielle (cardinal grand chancelier, pouvoir épiscopal organisateur, conseil d'administration, conseil académique) à ses funérailles

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    Monseigneur Massaux

    Dans sa prédication remarquable (6), Monseigneur Schooyans a notamment rappelé que le recteur Massaux "connaissait les pièges entrelacés du scientisme, des idéologies, du relativisme et du scepticisme corrosif". Pour lui, "sciences de la nature et sciences humaines étaient deux grands portiques ouverts à l'espérance et à la lumière: à ses yeux, comme aux yeux de Benoît XVI, la raison elle-même devait être sauvée. Comme saint Augustin, il considérait que pour l'homme il n'y a de pleine lumière que là où la grâce en a déjà ouvert le chemin" et "dans ce monde universitaire où les hommes ont souvent une estime fort flatteuse d'eux-mêmes, Massaux jugeait qu'il devait y avoir place pour le don que Jésus offrait à la  Samaritaine de l'Evangile: ce don, c'est ce que nous appelons la foi".

    Après ces témoignages forts, la conférence organisée le 16 avril prochain à l'université de Liège par le cercle Gustave Thibon vient à son heure: celle d'une actualité "interpellante" comme on dit dans le jargon à la mode. 

    __________________________

    (1) Ce texte, publié dans les "Ephémérides de Saint-Lambert" n°1-2008 (Pâques), n'engage que la rédaction de ce bulletin de liaison des fidèles de la messe latine traditionnelle à Verviers et le blog de l'église du saint-sacrement à Liège.

    (2) L'enjeu du procès de Galilée (1633) "fut finalement plus une certaine idée de la place de l'homme dans l'univers (débat toujours en cours aujourd'hui) qu'une thèse de mécanique céleste. Thèse que Rome eut le tort de ne pas accueillir comme telle, certes, mais dont la portée a perdu beaucoup de son poids depuis la théorie de la relativité restreinte puis généralisée" (Mgr A.-M. Léonard, Catholiques...que du bonheur! Sarment, Editions du Jubilé, 2007, p.8)

    (3) Platon, L'Euthyphron, vers 395 avant J.-C.

    (4) Jürgen Habermas, philosophe et sociologue allemand, né en 1929, professeur aux universités de Heidelberg et de Francfort.

    (5) Vous trouverez le texte intégral du "discours manqué" du pape à la Sapienza sur le web du cercle Gustave Thibon de l'Université de Liège: http://cerclegustavethibon.hautetfort.com

    (6) Le texte de l'homélie de Monseigneur Schooyans est disponible sur simple demande adressée à sursumcorda@skynet.be

     

     

     

     

  • Une journée faste pour le plain-chant

    LE CHANT GREGORIEN A RASSEMBLE QUATRE CENTS PERSONNES A LIEGE

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    Stéphan Junker
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    Hans Heykers

    Le samedi 8 mars 2008, les trente-cinq  élèves liégeois de l'Academie de chant grégorien dirigés par Stéphan Junker (conservatoire de Verviers) et Gérald Messiaen (choeur grégorien de Louvain) ont animé une journée célébrant le cinquième anniversaire des cycles de cours organisés à Liège.

    La Schola grégorienne de Maastricht et l'organiste Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers et directeur du choeur universitaire de Liège, participaient aussi à la manifestation.

    Celle-ci comportait un concert: le plain-chant de la semaine sainte donné à 16h dans l'église des Bénédictines puis la messe du dimanche de la Passion, célébrée à 18h en l'église du Saint-Sacrement

                                                                                                       

    l'orgue Le Picard des Bénédictines (XVIIIe s.)

    le concert "chez les bénédictines"

    147601580.jpgUne centaine d'auditeurs étaient au rendez-vous pour entendre les élèves liégeois de l'Académie magnifier, entre autres, les grandes hymnes du temps de la passion: le "Vexilla Regis" des vêpres du 5e dimanche de carême (1), le "Gloria Laus" de la procession des Rameaux (2) ou encore le "Trisagion" des Impropères du Vendredi Saint (3) et, pour conclure la prestation des Liégeois, l'assistance a pu (ré)entendre le bel orgue baroque (Le Picard, XVIIIe s.) des Bénédictines que Patrick Wilwerth fit sonner avec des oeuvres de Jehan Titelouze (XVIIe s.).

    En seconde partie, dans l'interprétation des laudes et du propre de la messe du jour de Pâques, le public eut l'heureuse surprise de découvrir la Schola Maastricht: un bel ensemble professionnel dont les membres sont issus du conservatoire de cette ville voisine de Liège, la ville dont saint Lambert fut l'évêque et à laquelle tant de souvenirs historiques nous lient.

    Ces choristes, qui ont suivi une formation avec les meilleurs spécialistes, sont dirigés par Hans Heykers, également titulaire des orgues de la basilique Notre-Dame de Maastricht. Le groupe est très homogène: d'excellentes voix et une interprétation comme on l'aime, fruit d'une sémiologie intelligemment mise au service du texte et de la mélodie. La schola et son chef sont à bonne école: ils font partie de la Deutschprachige Sektion der AISCGRE (association internationale pour l'étude du chant grégorien, fondée par les élèves de Dom Eugène Cardine). Leurs corrections mélodiques du Graduale Romanum de 1974 (Solesmes) sont tirées de la revue de cette association: Beiträge zur Gregorianik.

    la messe "au Saint-Sacrement"

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    la délégation de l'union des étudiants catholiques à l'église du Saint-Sacrement

    A 18 heures, à l'église du Saint-Sacrement, les mêmes formations ont chanté tant le propre (Schola Maastricht) que l'ordinaire (Elèves de l'Académie) de la messe grégorienne du dimanche de la Passion, une hymne et un motet baroque (avec le baryton Stéphan Junker) alternés à l'orgue tenu par son titulaire, Patrick Wilwerth.

    Près de trois cents fidèles ont pris part à cet office ponctuant à la fois la fin des cours 2007-2008 de l'Académie de chant grégorien à Liège et le 135e anniversaire de l'Union des Etudiants Catholiques dont une délégation sympathique était venue en nombre, drapeaux en tête, pour assister à la cérémonie.

    La messe fut célébrée en latin (missel de 1962) par Dom Hervé Courau, père abbé de l'abbaye bénédictine de Triors (Valence) qui appartient à la congrégation de Solesmes. Sous son impulsion, les quarante moines de cette abbaye (fondée en 1984) publient actuellement une remarquable discographie des dimanches du temporal.

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    Dans les lignes qui suivent, nous reproduisons l'intéressante homélie que Dom Courau a consacrée à l'interprétation liturgique du chant grégorien, ce 8 mars à Liège

    ___________________

    (1) Cette hymne célèbre, composée au VIe siècle par le poète latin Venance Fortunat, n'a pas seulement inspiré le courage populaire des chouans mais aussi les plus grands maîtres de la musique tels que Franz Liszt (dans sa Via Crucis et une oeuvre pour piano solo) ou Charles Gounod (pour sa marche au calvaire dans "Rédemption") et de la littérature (Dante dans sa "Divine Comédie" ou James Joyce dans "Dedalus", son portrait de l'artiste en jeune homme).

    (2) Datée des temps carolingiens (IXe siècle) et attribuée au poète Théodulphe, évêque d'Orléans.

    (3) Invocations gréco-latines (Ve siècle) à la Sainte Trinité (tris-trois/agion-saint) accompagnant les versets des impropères adressés au peuple élu, le Vendredi-Saint

    L'EXPRESSION LITURGIQUE DU CHANT GREGORIEN

    Prédication du T. Rd Père Dom Hervé Courau

    à la messe du dimanche de la Passion

    chantée le 8 mars 2008 à l'église du Saint-Sacrement à Liège

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    Mes chers Frères,

    Ce m'est une grande joie d'être parmi vous ce soir et ici, en cette église du Saint-Sacrement qui associe depuis le milieu du XIXe siècle la ferveur de votre sainte Julienne du Mont Cornillon avec la piété eucharistique de saint Pierre André Eymard originaire de La Mure, pas très loin de Triors. La messe de ce soir nous rassemble autour du Seigneur que célèbre avec sa pureté exigeante le chant grégorien. Mais nous fêtons aussi un jubilé, celui des 135 ans de l'union des étudiants catholiques de votre Université, union fondée en 1873. Lourdes avait alors la fraîcheur de ses 15 ans, après la visite de l'Immaculée auprès de Bernadette, l'humble Bernadette si joliment espiègle. Puissent-elles toutes deux, Notre-Dame et sa confidente, maintenir toujours jeune et ardente la recherche du savoir catholique dans votre cité ardente. Au carrefour historique où s'est forgée l'Europe depuis les Romains, puis sous les Pépinides et les Carolingiens, la ville de S. Lambert a lourdement payé le tribut des chauds-froids de l'histoire européenne. Ayez et cultivez la mémoire longue qui forme un capital inaltérable de chrétienté.

    Les lectures de la messe se ressentent de l'angoisse de cette fin du carême. L'évangile notamment se termine par une tentative de lapidation, mais le Seigneur affermit notre foi par la belle expression: Avant qu'Abraham ait été, je suis (Jn. 8,58). Dans son livre sur Jésus, le Saint Père souligne le poids de cette expression simple et apparemment anodine: au monde versatile des choses qui viennent, déclinent et disparaissent, s'oppose le "Je suis" de Jésus. Nous avons entendu l'enchaînement des textes tirés de l'unique Parole de Dieu. L'Eglise les propose à notre méditation, à n2132543931.jpgotre rumination intérieure.

    Or, le chant sacré est justement l'heureux fruit d'une telle rumination au long des siècles. Génération après génération, il prolonge dans les coeurs les sentiments variés du psalmiste et de l'évangile. Le chant grégorien souligne aujourd'hui la profondeur de la Parole de Dieu, en ce moment proche de la Passion de Jésus: l'angoisse et la retenue s'y succèdent, la foi et l'espoir, protégé par le Seigneur mort et ressuscité pour nous. Le chant de communion mettra à l'honneur le cri de Jésus au moment de la résurrection de Lazare, après un récitatif syllabique simple à l'extrême. Pourtant l'expression dramatique ici n'est pas théâtrale, l'expression grégorienne est habituellement d'un autre ordre.

    A dire vrai, le mot expression sonne à nos oreilles de façon équivoque. Cela tient à une certaine baisse du niveau auquel on situe l'art. Dom Mocquereau, dans une fameuse conférence faite en 1896 à l'Institut catholique de Paris, affirmait avec Platon que l'art est pour l'âme et non pour les sens (i). Or, nous avons du mal à nous mettre à ce point de vue. Depuis la Renaissance, l'art, la musique en particulier, cherche plutôt à imiter les sentiments de la nature, l'expression étant alors réduite à un aspect psychologique. Beaucoup d'expression,d'une oeuvre d'art cela veut dire qu'elle traduit bien le sentiment de la joie ou de la tristesse, l'effroi ou la tendresse. A ce niveau, l'art antique et l'art médiéval sont peu expressifs et déconcertent. Mais précisément la modestie de cet art, je dirai même le vide qu'il impose à l'âme, purifie celle-ci et lui donne accès au mystère qui la dépasse. Pour s'élever vers Dieu par la prière, l'âme est invitée à s'affranchir des mouvements éphémères de la sensibilité, et a fortiori du virtuel omniprésent. André Charlier compare l'âme humaine à une eau profonde dont la surface est plus ou moins agitée par les vents ou les orages, mais si peu qu'on descende au dessous de cette agitation, on trouve le calme et le silence. Qui sait descendre dans cette belle profondeur goûte enfin la connaissance des choses de l'âme (ii).

    Le grégorien vient matériellement jusqu'à nous dans l'emballage fascinant des manuscrits médiévaux. L'expression musicale des anciens est là tout palpitante encore, semble-t-il. Un vocabulaire technique s'est emparé de cet univers qui n'est cependant que "l'emballage" de la prière de l'Eglise, avec l'inconvénient d'entraîner quelques équivoques (iii). Tous ces neumes sont au service de la phrase: loin de briser la ligne mélodique et rythmique, ils doivent au contraire la servir et concourir ainsi à son expression. Olivier Messiaen évoque la réalité si extraordinaire de ces neumes qu'il ne craint pas de comparer à l'expression de la musique hindoue et au chant des oiseaux (iv). Pourtant, quand il en vient aux conseils pratiques, il invite à les interpréter par un léger vibrato où passe quelque chose de l'âme. La voix est tributaire aussi du rubato hérité des musiciens de la Renaissance qui ont formé notre oreille à un climat sonore dont on ne saurait imprudemment faire abstraction: ce qu'on nomme habituellement le legato distingue très heureusement le chant d'Eglise de la musique mesurée (v).

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    La louange incluse alors dans ce chant va très loin. Comme on l'a souligné, elle est la réponse authentique et accessible à la recherche de l'acte gratuit de l'existentialisme athée. Ce dernier en pose l'exigence avec arrogance et de façon glaciale, alors que le chant de l'Epouse face à l'Epoux divin est la solution simple et humble, sûre et juste: la louange divine ne relève en rien de l'ordre de l'utilitarisme, elle est gratuite en tant qu'elle célèbre l'Acte pur et y participe. L'âme chante comme Marie verse son parfum sur les pieds du Seigneur, sans autre but que de dire son amour (vi). Dans sa conférence déjà citée, Dom Mocquereau soulignait cette simplicité du chant grégorien qui le rend vraiment artistique: le vrai, le beau et le bien ne peuvent être que simples; il n'est donc pas ampoulé et répugne instinctivement à tout ce qui fait théâtral. Ce n'est pas dire que le chant soit simpliste ou infantile, il est simple par principe et par convenance  et cela devient fort exigeant pour nos âmes: n'éludons pas ce gros oeuvre de la conversion profonde du coeur au Seigneur, ne diminuons en rien l'ambition de la louange (vii). Le philosophe Victor Cousin aimait dire que moins la musique fait de bruit, plus elle touche.

    Le contraste est flagrant avec la musique moderne et ses effets de surpise, la dissonance, l'irrégularité. L'art antique dont le grégorien hérite, cultive l'ordre, l'équilibre parfait, l'harmonie constante de toutes les parties et de cette perfection se dégage un charme irrésistible. Discrète et mesurée, elle laisse à l'intelligence une large liberté d'interprétation. Toujours juste, elle porte hautement le caractère de la beauté qui réside dans la convenance. Oui, elle convient vraiment aux saints mystères et à ceux qui s'en approchent pour les élever jusqu'aux régions spirituelles. Rien n'y pénètre qui soit troublé ou souillé: elle a la fraîcheur d'une pureté virginale. Le chant grégorien, prière de l'Eglise, exige cette expression contenue. Elle a là sa caractéristique propre, c'est la marque de son génie.

    On devine l'objection: une telle réalisation n'est-elle pas un peu trop quintessenciée, désincarnée, n'est-elle pas de ce fait ina1013912817.jpgccessible aux fidèles de paroisse, son côté austère n'en fait-il pas une spécialité pour moines ? Je crois que la pensée et les actes de Benoît XVI indiquent au contraire cette réalisation comme l'application authentique du concile en la matière. Il est, on le sait, très ambitieux en ce qui concerne la participation des fidèles aux saints mystères. Le chant grégorien revêt de façon extraordinaire la sainte liturgie, assez humblement aussi pour ne pas décourager pour autant les efforts ordinaires en la matière. Ce chant me fait penser au cri de Jésus qui fait sortir de son tombeau le cadavre de Lazare: il obtient ce qu'il dit avec fermeté, simplicité et netteté. Puisse le grégorien quitter ses catacombes pour raviver, pour ressusciter la piété chrétienne dans ses versions les plus diverses.

    Te decet laus, il faut louer Dieu, dit l'Ecriture, et le psautier s'achève sur ces mots: Que toute vie loue le Seigneur (viii). Devant l'urgence des immenses besoins de la cité des hommes, l'acte gratuit de la prière chantée peut paraître dérisoire. Nos pauvres efforts pour prier sur de la beauté rejoignent pourtant Notre Dame qui nous invite fortement et doucement à entrer dans son Magnificat, amen.

    crédit photographique: Lionel Ferette

    __________

    (i) Voici le contexte:  C'est l'art, qui réglant la voix passe jusqu'à l'âme et lui inspire le goût de la vertu. Dans la pensée grecque la plus belle mélodie est celle qui exprime avec le plus de perfection les bonnes qualités de l'âme. Les muses, disait-on, nous ont donné l'harmonie dont les mouvements sont semblables à ceux de nos âmes, non pour servir à de frivoles plaisirs, mais pour aider à régler sur elles les mouvements désordonnés de notre âme...Tel était l'idéal supérieur que les Grecs avaient de la musique.

    (ii) Voici le contexte d'André Charlier dans son ouvrage sur le chant grégorien rédigé conjointement avec son frère Henri: L'âme humaine est semblable à une eau profonde dont la surface est plus ou moins agitée par les vents ou les orages: les rides ou les profonds sillons qu'ils y creusent n'affectent point sa profondeur. Si peu qu'on descende au dessous de cette agitation, on trouve le calme et le silence...Mais c'est à la surface de nous-mêmes que nous avons l'habitude de vivre sans jamais descendre à ces profondeurs où pourtant se passent les seuls évènements importants, loin des ténèbres, dans une lumière venue de l'intérieur. Là seulement les passions sont apaisées...Si on sait descendre dans cette belle profondeur, on goûte enfin la connaissance des choses de l'âme. L'émotion y est calme, toujours illuminée de cette connaissance directe et sûre qui n'est pas effleurée du moindre doute parce qu'elle demeure au contact même de l'être.

    (iii) La coupure neumatique par exemple n'est expressive que du fait qu'elle met en relief telle note dans la synthèse rythmique: sa fonction rythmique détermine la place du posé qui hiérarchise la succession des notes. Mais cela ne veut pas dire que cette note traduise obligatoirement ou exige une autre expression particulière. On peut en dire autant des neumes dits spéciaux, salicus, strophicus, quilisma, trigon...: quelle que soit l'expression que les anciens pouvaient leur accorder dans leur propre cadre culturel et sensible, ils n'en restent pas moins soumis, quant au style, à l'influence du contexte de celui qui chante hic et nunc, aujourd'hui. Certes, ils détiennent une part de la "vérité" du chant mais ne sauraient pour autant nous obliger totalement à des hypothèses rétrospectives sans cesse remises en cause. Pour sa dignité et par le rôle ministériel qu'il joue dans la liturgie, le CHANT PROPRE DE L'EGLISE LATINE oblige à d'autres efforts plus accessibles, car le Magisère y insiste (S. Pie X, Vatican II, Sacr. Conc. n° 116, lettre chirographe de Jean Paul II, novembre 2003). Je pense à la formation de l'oreille, à la pose de voix dont les progrès récents sont étonnants et aident tant à la fusion des choeurs. Puis je rêve qu'une étude scientifique soit menée sur les liens de ces nouveaux apports avec les qualités de l'authentique Musica Sacra préconisées par S. Pie X. On sait comment le Magistère insiste depuis des années sur l'approfondissement de la notion de participatio actuosa dans la liturgie. Cf.l'herméneutique de continuité préconisée par Benoît XVI (Discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005). Malgré les apparences, la pensée conciliaire n'est pas encore pleinement venue à maturité en ce qui concerne la liturgie.

    (iv) Les neumes, réalité si extraordinaire, ne sont plus guère chantés de nos jours, par ignorance, par paresse ou par crainte du ridicule à cause de leur réelle difficulté. Ils sont pourtant les moyens moyens d'accentuation, d'expression et d'ornementation les plus sensationnels du chant grégorien. Dom Mocquereau affirmait avec autant d'assurance l'existence de notes répétées à l'unisson dans les mélopées grégoriennes comme un fait incontestable (cf. Aurélien de Réomé au IXe s.).Pour Messiaen, ces coups de voix devraient se répéter rapides, légers, à l'instar d'une main qui frappe. Les Hindous pratiquent depuis des siècles ces roulements de gorge (assimilés à faux au flatterzunge des flûtistes et trompettistes). Les oiseaux grâce à un organe spécial, le syrinx adjoint au larynx, peuvent émettre des sons répétés à une très grande vitesse et faire ainsi, non pas des trilles, comme on le croit communément, mais des roulements si rapides qu'ils dépassent en célérité les possibilités du gosier humain, les articulations des instruments à vent en bois et en cuivre, le trémolo du violoniste et le roulement du timbalier(Olivier Messiaen, Notes éditées de façon posthume en dTraité de rythme, de couleur et d'ornithologie, t. IV, p.11).

    (v) Cf. Jacques VIRET, Le chant grégorien et la tradition grégorienne, édition L'ÂGE D'HOMME 2001, §§ 216, 219, 224. Je ne partage pas l'esprit systématique de l'auteur, et pense plus simple et obvie d'associer le parlando-rubato ou legato des musiciens classiques.

    (vi) Cf. Paissac, Attendre Dieu, Cerf 2001, article sur la Louange de Dieu, p. 165-167. Cf l'onction de Béthanie, Mt. 26, 13.

    (vii) Voici le contexte: L'artiste véritable est celui qui traduit le mieux dans le monde extérieur, c'est à dire de la manière la plus simple, l'idéal qu'il porte dans la simplicité de son intelligence. Plus une intelligence est pure et haute plus elle conçoit la vérité d'une façon simple et une...Le chant n'est donc pas simple en ce sens que ces procédés servaient ceux d'un art dans l'enfance, mais il est simple par principe et par convenance.

    (viii) Ps. 64,2 & 150,6

  • JOURNEE GREGORIENNE A LIEGE, LE SAMEDI 8 MARS 2008

    Le samedi 8 mars 2008, une journée grégorienne est organisée à Liège par les 37 élèves de l'Académie de chant grégorien dirigés par Stéphan Junker, professeur au conservatoire de Verviers et Gérald Messiaen, membre du choeur grégorien de Louvain.

    La schola grégorienne de Maastricht, une formation professionnelle dirigée par Hans Heykers, ainsi que l'organiste Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers et directeur du choeur universitaire de Liège, participent également à cette manifestation dont voici le programme:

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    • A 16 heures, à l'église des Bénédictines (boulevard d'avroy, 54)

              CONCERT "LE PLAIN CHANT DE LA SEMAINE SAINTE: de la Passion à la Résurrection"

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    église des bénédictines

    Académie de Chant Grégorien

    La  Passion et la Mort du Christ

    1.Hymne de la procession des Rameaux "Gloria laus" 2.Graduel de la messe des Rameaux "Christus factus est " 3.Antienne d'offertoire de la messe du Jeudi-Saint "Ubi caritas" 4.Communion de la messe du Jeudi-Saint "Hoc Corpus" 5.Invitatoire de l'office du Vendredi-Saint "Ecce lignum" 6.Impropères et Trisagion de l'office du Vendredi-Saint 7.Cantique de la Vigile pascale "Iubilate Domino" 8.Hymne des Vêpres de la Passion "Vexilla Regis".

     

    Schola grégorienne de Maastricht

    La Résurrection

    Laudes

    1.Antienne "Angelus autem Domini" avec le psaume 42 "Dominus regnavit" 2.Capitule 1 Co, 5-7 3.Repons bref "Surrexit Dominus de sepulcro" 4.Hymne "Aurora lucis rutilat"

     Messe

    1.Introït "Resurrexi" 2.Graduel "Haec dies" 3.Lecture 1 Co 5, 6b-8 4.Alleluia "Pascha nostrum" 5.Offertoire "Terra tremuit" 6.Séquence "Victimae paschali laudes"

     

    Patrick Wilwerth à l'orgue historique "Le Picard"

     (XVIIIe s)

    Oeuvres de Jehan Titelouze (Saint-Omer 1563-Rouen 1633) et François Couperin (Paris 1668-1733)

     

    • A 18 heures, à l'église du Saint-Sacrement (boulevard d'avroy, 132)

                MESSE GREGORIENNE DU DIMANCHE DE LA PASSION

     

    célébrée par Dom Hervé COURAU

    Père Abbé de l'Abbaye bénédictine de Triors (Valence)

     

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    église du saint-sacrement

    Répertoire grégorien de la Messe

     

    Propre de la Messe de la Passion

    1.Introït "Iudica me" (4e mode) 2.Graduel "Eripe me" (3e mode) 3.Trait "Saepe" (8e mode) 4.Offertoire "Confitebor tibi" (1er mode) 5.Communion "Videns Dominus" (1er mode)

     

    Ordinaire de la Messe XVII

    in dominicis Quadragesimae

    Kyrie, Sanctus, Agnus Dei

     

    Credo III

    Pendant la distribution de la communion:

     Hymne de la Passion "Vexilla Regis"

     

    Envoi

    Antienne à la Vierge "Ave Regina Caelorum"

     

    interprétés par

    LA SCHOLA GREGORIENNE DE MAASTRICHT

    direction Hans Heykers

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    schola maastricht

    L'ACADEMIE DE CHANT GREGORIEN A LIEGE

    37 élèves dirigés par Stéphan Junker, professeur au conservatoire de Verviers, avec le concours de Gérald Messiaen

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    stéphan Junker

    Motets baroques

    interprétés par Stéphan Junker, baryton

    Aux orgues:

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    PATRICK WILWERTH

    professeur au conservatoire de Verviers

     

    Après la messe, une réception sera offerte par l'Académie à l'occasion de la clôture des cours du cycle 2007-2008

     

     

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