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04/09/2019

Pèlerinage de Chrétienté Paris-Chartres 2019: homélie de Mgr Léonard

Pèlerinage de Chrétienté Paris-Chartres 2019:

homélie de Mgr Léonard

 in "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle", n° 111 (été 2019)

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Le Pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres 2019 (du 8 au 10 juin) animé par l’association Notre-Dame de Chrétienté a réuni cette année près de 14.000 participants. La messe de clôture, le lundi 10 juin, fut célébrée dans la cathédrale de Chartres, archicomble, par Mgr André-Joseph Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles. Dans son homélie, Mgr Léonard a lancé un appel au combat à mener dans le monde et au sein même de l’Eglise où règne aujourd’hui une confusion qu’il dénonce. L'ancien Primat de Belgique a prêché sans notes, de l'abondance du cœur, visiblement ému par ce qu'il voyait et vivait en cette messe si recueillie malgré la fatigue des pèlerins. Voici son homélie, retranscrite in extenso et publiée par Jeanne Smits  sur son blog (les intertitres sont de notre rédaction) :

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Une, sainte, catholique et apostolique : la plus belle multinationale du monde ?

« Nous connaissons tous, mes frères et mes sœurs, les multinationales qui font du commerce à travers le monde entier. Eh bien, ceci est un scoop, la plus belle multinationale du monde, c'est l'Église catholique répandue parmi toutes les nations. Et nous la devons à l'Esprit-Saint et à saint Pierre. Dans la lecture des Actes des Apôtres d'aujourd'hui, Pierre est allé chez Corneille, un païen, un militaire romain, avec tout son entourage ; il est entré dans sa maison – ce qui est interdit pour un juif ! – et voilà qu’à la demande de Corneille il l'évangélise, il lui parle de Jésus, vrai Dieu, vrai homme, crucifié et ressuscité. À peine a-t-il terminé son sermon que l'Esprit-Saint tombe sur Corneille et tous ses familiers… et Pierre se trouve devant un problème. Ils ont déjà reçu le sacrement de la confirmation, comment pourrait-on leur refuser l'eau du baptême ? Et il va baptiser ces païens après un catéchuménat extrêmement court.

C'est grâce, donc à l'Esprit Saint, et grâce à Pierre et puis après à Paul que l'Église est devenue une véritable multinationale non plus liée à un seul peuple, mais la multinationale de la foi, de l'espérance et de la charité à travers le monde. Et c'est ce qui nous a permis à nous ici, Gaulois,  Celtes, Aduatiques, Nerviens, Eburons et autres peuplades de l'époque,d'entrer finalement dans l'Église catholique. Et cette Eglise catholique, nous osons dire, dans le Credo, qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique.

Sainte bien que composée de pécheurs…

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J'entends parfois des gens, par les temps qui courent, après la révélation de tant de scandales qui nous ont fait du mal, qui disent : «Est-ce qu'on peut encore dire que l'Église est une, sainte !, catholique et apostolique ? » Eh bien oui, elle est sainte bien qu'elle soit composée de pécheurs – la preuve, c'est que nous sommes là. Elle est composée de pécheurs.

Mais elle est sainte parce que le Saint de Dieu, Jésus, est sa tête, parce que l'Esprit-Saint est son âme, parce que la Très Sainte Vierge Marie est son cœur ; parce que pour la guider sur le chemin de l'histoire elle est soutenue par la sainte Tradition qui vient des apôtres, et illuminée par les Saintes Ecritures, et parce qu'au cœur de la vie de l'Eglise il y a ce que nous faisons maintenant, il y a le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie. Et par surcroît, à travers les siècles, l'Eglise à partir des pécheurs qui la composent est capable de produire des saints et des saintes – et nous allons tous devoir le devenir tôt ou tard.

Et pour remplir sa mission, l'Eglise dispose comme source d'espérance et comme source de paix de ce que nous avons entendu dans l'Évangile : ce sont les deux versets les plus précieux de tout le Nouveau Testament : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que quiconque croit en lui ne périsse pas mais au contraire ait la vie éternelle, car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé. » C’est une pure merveille.

Saint Paul l'a résumée dans sa seconde lettre aux Corinthiens au chapitre 5, verset 21, quand il dit : «  Celui qui n'avait pas connu le péché, le Saint de Dieu » – c'est ainsi que le démon s'adressait à Jésus, « nous savons qui tu es, Jésus de Nazareth, tu es le Saint de Dieu » – eh bien, dit Paul, « celui qui était sans péché, le Saint de Dieu,  Dieu l'a pour nous identifié au péché, il l'a mis au rang des pécheurs pour que nous pécheurs, nous ayons part à la sainteté de Dieu. »

Si nous réalisons cela, pourquoi Jésus est descendu si bas dans un abîme de solitude, de déréliction, d'effroi, d'angoisse, se sentant abandonné par ses disciples, et même, apparemment, abandonné par son Père jusqu'à crier : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » ; s'il est descendu si bas c'est pour rejoindre tout homme, tout femme, aussi profonde que puisse être sa déchéance.

Eh bien, celui qui croit en cela, qui met sa foi en Jésus descendu au fond de l'abîme, est habité par une espérance inépuisable et reçoit le don de la paix – mais à quel prix, payé par celui qui nous a sauvés. Le soir de Pâques dans l'Évangile de Jean, Jésus s'adresse par deux fois aux disciples en leur disant : « La paix soit avec vous. » Et il leur montre les plaies de ses mains et la plaie de son côté — le prix qu'il a payé pour, remontant de l'abîme, nous faire le don de la paix.

C'était le thème de votre pèlerinage : être missionnaire de la paix. Mais cela comporte un prix, et un prix auquel il nous faut réfléchir. Car il est dit dans l'Evangile de Jean, dans la suite des versets que je viens de citer : « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière et nous devons, nous, choisir la lumière et nous conformer à la volonté, agir suivant la volonté du Seigneur sur nous. »

Être missionnaire de la paix cela suppose aussi un combat

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Et cela va poser un combat. Jésus est venu nous donner la paix. Il le dit explicitement le soir de la Dernière Cène : « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix. Je ne la donne pas comme le monde la donne. » Et dans les évangiles synoptiques, Matthieu, Marc, Luc, on entend cette parole un peu surprenante : « Pensez-vous, dit Jésus, que je suis venu apporter la paix ? Non,  mais plutôt la division et le combat. ». Eh bien, mes frères et mes sœurs, missionnaires de l'espérance et missionnaires de la paix, il y aura un combat à mener de toute manière. Nous vivons actuellement une grande confusion en Europe sur le plan politique. Il y aura des combats à mener.

Il y a aussi beaucoup de confusion actuellement dans l'Église catholique parce que sur des points importants qui touchent l'indissolubilité du mariage, le rapport de l'alliance conjugale avec l'alliance du sacrement de l'Eucharistie, sur la question de l'indissolubilité du mariage, sur la question des pratiques homosexuelles, sur la question du célibat des prêtres dans l'Eglise latine et sur tant d'autres sujets : une grande confusion. Et ça va dans tous les sens. Et nous devons être reconnaissants lorsque sur certains de ces points notre pape actuel, le pape François parle d'une manière claire. Et nous pouvons aussi continuer à nous inspirer de l'enseignement très clair et aussi très miséricordieux que nous a donné Benoît XVI, le pape émérite, que nous a donné saint Jean-Paul II. Nous allons devoir mener des combats avec fermeté, avec bienveillance, avec écoute, avec miséricorde, mais il y aura des combats à mener. Et Jésus nous a prévenus : dans le monde vous aurez à souffrir mais confiance, moi, j'ai vaincu le monde.

N’ayez pas peur !

Je termine par un petit mot. J'ai été très impressionné de voir toutes les familles qui sont ici rassemblées avec des gens qui ont déjà leur état de vie, qui sont mariés, ou bien qui sont célibataires par choix, ou bien qui sont célibataires en raison des circonstances de la vie. Il y a des ministres ordonnés, il y a des personnes consacrées… Mais aussi plein de jeunesse !

Alors, mes chers jeunes ici présents, fréquentez Jésus de très près, c'est source de paix mais ça peut être aussi très dérangeant. Il va demander à une majorité d'entre vous de fonder un jour un foyer solide, c'est-à-dire un homme et une femme et le Seigneur au milieu : un beau ménage à trois, un homme, une femme et le Seigneur qui est l'unité profonde au sein d'un couple. Il va demander à certains de vivre un célibat forcé qu'on n’a pas choisi parce qu'on n’a jamais trouvé une âme sœur dans la vie. Et il va demander à ces personnes de vivre leur célibat dans la vérité. Mais il va certainement vouloir trouver parmi vous les jeunes, des filles qui trouvent que c'est Jésus le plus beau et qui pour ses beaux yeux vont embrasser une forme ou l'autre de vie consacrée. Soyez sur vos gardes, et soyez accueillantes, mesdemoiselles ! Et parmi les jeunes garçons, il va vouloir en trouver certains qui accepteront de devenir prêtre pour le service de l'Eglise. Dans tous les diocèses de France et d'Europe en commençant quand même par le diocèse de Chartres on a partout besoin de jeunes qui sont tellement passionnés par Jésus qu'ils décident de lui consacrer toute leur vie, à lui ainsi qu'au peuple qu'il aime. N'ayez pas peur. Dans le monde,  vous aurez à souffrir et à faire des choix exigeants mais confiance, nous dit Jésus, moi j'ai vaincu le monde.  Amen, alléluia ! »

Pèlerinage de 

Abus sexuels dans l’Eglise : le cléricalisme, voilà l’ennemi ?

Abus sexuels dans l’Eglise : le cléricalisme, voilà l’ennemi ?

in "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle", n° 111 (été 2019)

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La « Libre Belgique » du 9 juillet 2019 consacre une double page à un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Bayard : « L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs » (Bayard 2019, 720 pages, env. 24,9 euros). L’auteure de ce livre, Marie-Jo Thiel, médecin et théologienne, est professeur d’éthique à l’Université de Strasbourg. En 2017, le pape François l’a aussi nommée membre de l’Académie pontificale  pour la Vie dont il a modifié la composition et confié la présidence à Mgr Vincenzo Paglia.

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Dans l’interview qu’elle accorde à « La Libre », la professeure Thiel souscrit à la thèse du pontife régnant pour qui les abus sexuels des clercs seraient principalement dus à une cause « structurelle » : le cléricalisme, instituant dans l’Eglise une mauvaise relation entre prêtres dominateurs et fidèles asservis. Selon la nouvelle académicienne pontificale, cette relation perverse serait due à la contre-réforme tridentine : « la formation psychosexuelle [des séminaristes] était très insuffisante ; était promue aussi une image singulière du prêtre dans la mouvance du concile de Trente, au XVIe siècle. Considéré comme un ‘autre Christ’, le clerc était mis à part,  ‘sacralisé’ dans une perfection supérieure à celle du laïc, ce qui pouvait engendrer un entre-soi problématique ». 

On ne s’étonnera donc pas de la « surprise » exprimée par Mme Thiel à la lecture du texte publié en avril dernier par Benoît XVI, expliquant que la source fondamentale des abus avait une origine moins lointaine : il s’agit du relativisme moral actuel de nos sociétés depuis les années 1960, comme on le lira dans la recension des notes du pape émérite, à paraître dans le prochain n° de notre magazine.

Il est vrai que, dans sa «Lettre au peuple de Dieu » du 20 août 2018, le pape François attribue les abus sexuels ecclésiastiques au « cléricalisme », qualifiant ainsi, sans autre précision, un abus de pouvoir qu’il a raison de souligner. Mais, d’un point de vue sémantique, on peut regretter, avec l’abbé Christian Gouyaud (1), de voir assumée dans le discours pontifical une expression ambiguë, historiquement connotée dans un autre contexte et assénée à tout propos par les adversaires de l’Église: « Le cléricalisme, voilà l’ennemi! » : elle est parfaitement relayée, encore aujourd’hui, par les laïcards de tous poils dénonçant, à tort et à travers, l’ingérence de l’Église dans les questions sociétales.

Enfin, émanant d’une théologienne membre d’une académie pontificale, la mise en cause de la sacralisation du prêtre surprend d’autant plus que l’argument est facile à retourner : « N’est-ce pas par défaut de sens du sacré de l’homme – et de l’enfant, en l’occurrence – qu’on le réduit à un objet de concupiscence et à un moyen d’assouvir sa pulsion ? Même si ces crimes ont été encore récemment commis, il faut dire que la plupart d’entre eux – connus – relèvent aussi d’une époque où le prêtre a justement été désacralisé.  On évoque aussi, comme remède, la promotion du laïcat, mais une telle promotion, justement fondée sur le sacerdoce baptismal, ne s’est-elle pas, hélas, bien souvent opérée pratiquement en termes de prise de pouvoir et de cléricalisation des laïcs ? Quant au comportement clérical, ne pourrait-on pas complètement s’en affranchir en acceptant de répondre simplement aux doutes soulevés courageusement à propos d’une inflexion possible de la doctrine ? » (2)

JPS

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(1)(2)  Extrait de La faute au « cléricalisme » ? par l’Abbé Christian Gouyaud, membre de l’association sacerdotale « Totus tuus », article publié dans « La Nef », n° 309, décembre 2018.

Sermon sur l'Espérance

Sermon sur l'Espérance (*)

in Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle, n° 111 (été 2019)

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En ces temps difficiles que traverse la foi chrétienne,  notre regard se tourne résolument, avec cette méditation de l’abbé Charles Grégoire, vers la dimension eschatologique de l’une des trois grandes vertus théologales : l’Espérance. « Spe salvi facti sumus » disait saint Paul aux Romains (Rm. 8, 24) :

A vrai dire, qu’est-ce que l’espérance ? On l’a définie parfois comme une longue attente avec un grand désir. J’ajouterai : avec le grand désir d’un bonheur. Ainsi, durant une guerre, on espère la libération, la victoire, la paix. Et cet exemple nous montre que l’espérance n’est pas seulement l’attente passive d’un événement auquel nous ne pouvons rien, mais qu’elle peut être aussi le moteur d’une action, voire du don de nous-mêmes.

Mais l’espérance de saint Paul, en quoi consiste-t-elle ?

Essentiellement dans l’attente et même l’impatience du retour du Christ.

Paul avait vu Jésus ressuscité, il connaissait ses paroles sur son retour, celles-là mêmes que les évangiles ont largement transmises, et il attendait, il espérait ce retour pour très bientôt. Il pensait voir de ses yeux de chair, alors qu’il serait encore en vie, Jésus venant sur les nuées, avec les anges sonnant de la trompette (I Cor.), selon le vieux symbolisme juif des manifestations de Dieu.

En avançant dans la vie, saint Paul s’est peu à peu rendu compte que Jésus ne viendrait pas aussi vite qu’il l’avait cru d’abord, et son espérance s’est portée de plus en plus, comme en témoignent ses dernières épîtres, sur la rencontre qu’il ferait avec le Christ à travers la mort : « Pour moi, dit-il, vivre c’est le Christ et la mort m’est un gain. »

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Pouvons-nous mettre notre espérance dans notre mort ?

Notre mort peut-elle être pour nous l’objet de cette longue attente dans un grand désir de bonheur ?

Lorsque nous étions enfants et que nous allions au catéchisme, on nous a appris que c’était péché que de désirer sa propre mort. Mais autre chose est le désir de la mort par désespoir, autre chose – et son opposé – l’espérance du face à face avec Dieu dans l’amour, cette espérance qui devrait tellement apaiser notre crainte devant le mystère de la mort.

Oui, nous devrions souvent prier pour qu’à l’heure de notre mort, en chacun de nous l’espérance soit plus forte que l’angoisse : Jésus lui-même nous en a donné l’exemple au jardin des Oliviers.

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En réalité, que ce soit dans les perspectives du retour final du Christ, ou dans sa méditation sur sa propre mort, saint Paul a toujours espéré la rencontre plénière avec la personne même de son bien-aimé Seigneur Jésus-Christ. Et il savait très bien que cette rencontre s’accomplit chaque jour dans la foi et dans l’amour.

C’est là que, le plus concrètement peut-être, nous pouvons rejoindre l’espérance du grand apôtre.

Depuis notre baptême, nous avons rencontré le Christ. Par son Esprit-Saint il vit en nous. Nous avons accueilli sa parole dans l’Evangile, nous nous sommes nourris de son corps, nous avons reçu son pardon, nous avons voulu l’aimer et le servir, en aimant et en servant nos proches, nos parents, nos amis, nos frères...

Et cependant, lequel d’entre nous oserait-il dire qu’il n’a jamais été lassé ou routinier, ou indifférent, ou déçu ?

Toujours nous sommes en dessous de ce que le Christ attend de nous : nous le reconnaissons en confessant que nous sommes des pécheurs. Nous pouvons en être désolés. Nous pouvons aussi n’y plus penser, ou nous en accommoder. Dans les deux cas, cela revient à vivre sans espérance.

Et ce qu’aujourd’hui saint Paul, et l’Eglise, et le Christ nous disent, c’est que nous pouvons nous reprendre, nous sommes capables d’aller plus loin, il est possible de ne pas nous lasser, de ne pas nous habituer ni nous blaser.

L’espérance est un don que Dieu nous offre pour nous mener à la plénitude du Christ.

Et un don offert, cela s’accueille avec un cœur simple. D’ailleurs, lorsqu’il parle d’espérance aux chrétiens de Rome, l’Apôtre, leur parle en même temps de choses apparemment très ordinaires : la persévérance, la bonne entente, l’accueil des uns et des autres.

Les oraisons liturgiques du temps de l’Avent sont là qui nous encouragent : Seigneur, disent-elles, réveillez nos cœurs, illuminez nos intelligences, venez à notre secours !

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Mes amis, notre espérance est tournée vers le retour du Seigneur, elle est tendue vers la rencontre définitive et totale avec le Christ.

Mais nous espérons, en même temps, que Dieu nous rende capables de vivre aujourd’hui selon sa volonté, dans sa grâce, dans la foi, dans la charité, à l’écoute de l’Esprit-Saint.

Une longue attente, dans un grand désir, pour un grand bonheur.

L’attente de chaque heure de notre vie, dans un grand désir qui fait que nous ne nous découragerons jamais, car à chacun de nous, comme à l’apôtre Paul, Jésus dit : « Ma grâce te suffit, c’est dans ta faiblesse que je peux déployer ma force. »

Pour un grand bonheur. Le bonheur même de Dieu et de tous ses enfants réunis avec lui dans l’amour. Amen.

†  Charles Grégoire 

(*) Extrait du Recueil des Sermons de l’abbé Charles Grégoire prononcés lors des messes qu’il célébrait dans l’une ou l’autre des deux formes du rite romain, à Liège (église du Saint-Sacrement), à Verviers (Chapelle Saint-Lambert) ainsi qu’à Plainevaux (reproduction d’après les manuscrits autographes). L’abbé Charles Grégoire,  né à Huy le 21 janvier 1923, ordonné prêtre à Liège  le 29 juin 1947, étudiant à l’U.C.L. (1947), professeur au collège patronné à Eupen (1948), chapelain à la cathédrale de Liège (1949), professeur au collège Saint-Barthélemy à Liège (1951), détaché à la commission d’homologation, professeur émérite (1988), est décédé à Liège le 7 août 1991.