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05/10/2020

Eglise du Saint-Sacrement à Liège : feuillet mensuel d’octobre 2020

I Eglise du Saint-Sacrement

Boulevard d’Avroy, 132 - 4000 Liège 

Dimanche : messes à (*) 10h et 11h15

Lundi, Mercredi, Vendredi : (*) messe à 18h

Mardi, Jeudi, Samedi  (*) messe à 8h30

(*) indique une messe grégorienne chantée (missel de 1962)

 

  • II Clergé desservant cette église

- Abbé Claude Germeau (auxiliaire)

- Abbé Jean Schoonbroodt (chapelain)

- Abbé Marc-Antoine Dor (recteur)

     Adresse et coordonnées du Recteur : 

Boulevard d’Avroy 54/11

4000 Liège

04 70 94 70 05

abbedor@gmail.com

  

III Appel pressant à tous nos amis

Les travaux dans notre église avancent et nous avons maintenant une nef sans échafaudages.

Plus que jamais, nous comptons sur votre aide pour nous aider à mener à bien notre chantier.

20200330_155230 - Copie.jpgVous pouvez faire un don fiscalement déductible pour la restauration de l’église du Saint-Sacrement en versant votre montant au compte de projet : IBAN BE10 0000 0000 0404 – BIC BPOTBEB1 de la Fondation Roi Baudouin avec, en communication, la mention structurée (indispensable) : 128/2980/00091.

Tout don de minimum 40 € est fiscalement déductible des revenus imposables à concurrence de 45% du montant effectivement versé (art. 145/33 du code de l’impôt sur les revenus). Exceptionnellement pour les dons de l’année 2020, le gouvernement vient de décider de porter cette déductibilité fiscale à 60% du montant versé.

Le montant des dons reçus à ce jour sur le compte ouvert pour notre projet par la Fondation Roi Baudouin s’élève actuellement à 87.200 euros.  Nous espérons toujours atteindre la somme de 100.000 euros ! … grâce à votre participation !

 Menée par l’architecte Louis Schockert de l’Atelier *Nord, la restauration entend remettre en valeur l’édifice tout en réalisant les travaux structurels nécessaires à sa conservation.

Les travaux s’articulent autour de six grandes interventions :

la stabilisation des fissures verticales dans les maçonneries du chœur et de la nef par l’ajout de tirants dans l’épaisseur du mur ;

la consolidation de la charpente qui présente des faiblesses structurelles importantes, à l’aide d’un maillage alliant triangulations, chaînage périphérique et tirants en acier inoxydable ;

l’entretien des couvertures, des corniches, des tuyaux de descente et des lucarnes ainsi que l’entretien par un maître verrier des vitraux accessibles depuis les échafaudages ;

le nettoyage et la restauration de la façade monumentale en pierre et des retours latéraux en brique, en ce compris la restauration du bas-relief de saint Augustin et le blason du fronton ;

la restauration du bas-relief en stuc de saint Jean à Patmos et de la porte en bois sculptée ;

la dépose et la repose du parvis (escalier et dallage) avec la mise en œuvre d’une nouvelle grille d’entrée permettant de clôturer sobrement l’entrée de l’édifice.

st sacrement restauré.jpg

La vidéo de notre projet est accessible en cliquant ici:

https://www.youtube.com/watch?v=viKf2ESmNCQ

Diffusez-la, avec un mot de recommandation, dans le cercle de vos amis et connaissances.

Pour tous renseignements, contacter notre Secrétariat

(04 344 10 89).

 

IV Messes, offices et autres célébrations

Calendrier mensuel d’octobre 2020

* indique une messe grégorienne chantée (missel de 1962) 

 

     Jeudi 1er octobre:          

"Portes Ouvertes"

8h/12h Ouverture:

          * 8h30 Messe (votive de Ste Thérèse de Lisieux)

          9h30-11h30 Confessions

14h/17h Ouverture:

             14h Exposition du Saint-Sacrement

          14h15-16h30 Adoration silencieuse puis accompagnée

          16h45 Bénédiction du Saint-Sacrement ; Fermeture

Vendredi 2 octobre STS ANGES GARDIENS (1er vendr. du mois):

- 12h   Chapelet

* 18h      Messe

Samedi 3 octobre  Ste Thérèse de Lisieux, Docteur:

* 8h30 Messe (votive du Cœur immaculé de Marie)

- 14h  Rosaire et confessions (Fatima)

- 15h30  Messe (votive du Cœur immaculé de Marie) 

Dimanche 4 octobre, 18e après la Pentecôte / 27e du T. ordinaire:

* 10h MESSE EN MUSIQUE

Programme musical de l’Ensemble Darius (orgue et violons)

Trio Sonate in F op. 1 n. 1 d’Antonio Caldara

Sonate in F KV 244 de Mozart extrait des Sonates de l’église. 

- 11h15 Messe

Lundi 5 octobre     Ste Faustine Kowalska:

* 18h Messe

Mardi 6 octobre  St Bruno:

* 8h30 Messe

- 17h/19h      Adoration et confessions

Mercredi 7 octobre NOTRE-DAME DU ROSAIRE:

* 18h Messe

Jeudi 8 octobre     Ste Brigitte de Suède:

« Portes Ouvertes »

8h/12h Ouverture:

          * 8h30 Messe

          9h30-11h30 Confessions

14h/17h Ouverture:

          14h Exposition du Saint-Sacrement

          14h15-16h30 Adoration silencieuse puis accompagnée

          16h45 Bénédiction du Saint-Sacrement ; Fermeture

Vendredi 9 octobre Sts Denys de Paris et ses compagnons, MM. ; St Jean Léonardi:

- 12h  Chapelet

* 18h  Messe

Samedi 10 octobre St François Borgia:

* 8h30   Messe

Dimanche 11 oct.  19e après la Pentecôte / 28e du T. ordinaire:

* 10h  Messe

- 11h15 Messe  

Lundi 12 octobre :  

* 18h  Messe

Mardi 13 octobre St Edouard:

* 8h30   Messe

- 17h/19h   Adoration et confessions

Mercredi 14 octobre St Calixte, Pape, M:

* 18h  Messe

Jeudi 15 octobre   Ste Thérèse d’Avila (T. de Jésus), Docteur:

« Portes Ouvertes »

8h/12h Ouverture:

* 8h30 Messe

          9h30-11h30 Confessions

14h/17h Ouverture:

          14h Exposition du Saint-Sacrement

          14h15-16h30 Adoration silencieuse puis accompagnée

          16h45 Bénédiction du Saint-Sacrement ; Fermeture

Vendredi 16 octobre Ste Hedwige:

- 12h  Chapelet

* 18h  Messe

Samedi 17 octobre Ste Marguerite-Marie Alacoque:

* 8h30 Messe

Dimanche 18 oct.20e après la Pentecôte / 29e du T. ordinaire:

* 10h  Messe

- 11h15 Messe  

Lundi 19 octobre St Pierre d’Alcantara:

* 18h Messe

Mardi 20 octobre St Jean de Kenty:

* 8h30 Messe

- 17h/19h Adoration et confessions

  Mercredi 21 octobre:      

* 18h  Messe

  Jeudi 22 octobre St Jean-Paul II, Pape:

« Portes Ouvertes »

8h/12h Ouverture:

* 8h30 Messe

          9h30-11h30 Confessions

14h/17h Ouverture:

          14h Exposition du Saint-Sacrement

          14h15-16h30 Adoration silencieuse puis accompagnée

          16h45 Bénédiction du Saint-Sacrement ; Fermeture

Vendredi 23 octobre St Antoine-Marie Claret, Evêque:

- 12h Chapelet

* 18h Messe

Samedi 24 octobre St Raphaël Archange:

* 8h30 Messe 

Dimanche 25 oct. Christ-Roi / 30e du T. ordinaire:

* 10h  Messe

- 11h15 Messe  

Lundi 26 octobre:   

* 18h  Messe

Mardi 27 octobre:   

* 8h30 Messe

- 17h/19h Adoration et confessions

Mercredi 28 octobre STS SIMON ET JUDE, APOTRES:

* 18h Messe

Jeudi 29 octobre:      

                                                         « Portes Ouvertes »

8h/12h Ouverture:

                                                          * 8h30 Messe

9h30-11h30 Confessions

14h/17h Ouverture:

          14h Exposition du Saint-Sacrement

          14h15-16h30 Adoration silencieuse puis accompagnée

          16h45 Bénédiction du Saint-Sacrement ; Fermeture 

    Vendredi 30 octobre:     

- 12h  Chapelet

* 18h  Messe  

Samedi 31 octobre:

* 8h30 Messe

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Dimanche 1er nov.      

TOUSSAINT:

* 10h            Messe

- 11h15         Messe

 

Lundi 2 novembre COMMEMORAISON DES FIDELES TREPASSES:

* 18h            Messe

 

SI LES CONDITIONS SANITAIRES LE PERMETTENT, L’ABBE DOR ENVISAGE DE S’ABSENTER

DU LUNDI 26 AU MERCREDI 28 OCTOBRE.

Les messes auront lieu comme de coutume.

 

V CATÉCHISME

Préparation à la première communion:

Samedi à 9h30 (niveau I)

Samedi à 14h30 sauf le 1er samedi de chaque mois (niveau II) 

Préparation à la profession de foi:

Samedi à 10h30

Préparation à la confirmation:

Samedi à 11h30 (tous les 15 jours)

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’abbé Dor

(04 70 94 70 05 ; abbedor@gmail.com)

 

 VI FORMATION POUR LES ADULTES

Initiation pratique à la liturgie de la messe :

Lundi 5 octobre à 19h30

dans l’église du Saint-Sacrement

Explication de textes : les Quatre-Temps

 

Lundi 12 octobre à 19h30

dans l’église du Saint-Sacrement

Utilisation pratique du Missel

 

Renseignements auprès de l’abbé Dor

(04 70 94 70 05 ; abbedor@gmail.com)

 

VII  FOIRE AUX LIVRES D’OCCASION ET BROCANTE

Bibliothèque du Séminaire de Liège

(40, rue des Prémontrés ; 04 220 53 62 ; www.bibliosemliege.be

Du 9 au 18 octobre 2020 de 9h à 18h (dimanche inclus).

 

Port du masque demandé, distance à respecter,

nombre limité de personnes (40 max au même moment).

Achat uniquement avec de l'argent liquide.

 

VIII LIRE TOUT LE FEUILLET

Ce feuillet mensuel d’octobre  2020 comporte, outre les informations qui précèdent,  plusieurs articles consacrés à la dévotion du Rosaire (l’histoire de sa constitution et trois témoignages sur sa pratique, notamment dans la Principauté de Liège et aux Pays-Bas à la fin du  XVe siècle), une exhortation du Cardinal Robert Sarah invitant les fidèles à revenir à la messe, en respectant les mesures sanitaires préventives prévues contre la pandémie du covid19, et une interview de Mgr Delville, évêque de Liège, sur les bienfaits de la messe célébrée en latin.  Pour en prendre connaissance, cliquez ici :

Feuillet 2020 10 R.pdf 

01/10/2020

Premier dimanche du mois d’octobre en musique. Messe le 4 octobre à 10h00 : plain-chant, orgue et violons

CELEBRATION EN  MUSIQUE AU SAINT-SACREMENT

LE PREMIER DIMANCHE DU MOIS 4 OCTOBRE 2020 À 10 HEURES

anne-sylvie-300x200.jpg 

MESSE GRÉGORIENNE « DA PACEM » DU XVIIIe DIMANCHE

APRÈS LA PENTECÔTE:

PLAIN-CHANT, ORGUE ET VIOLONS

affiche_premier dimanche du mois.jpg

Le dimanche 4 octobre à 10h00, l’organiste Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers ainsi que les violoncellistes Anne-Sylvie Primo et Frédéric Vandendunghen  interpréteront en trio des extraits d’une sonate à trois d’Antonio Caldara (1670-1736), célèbre précurseur du classicisme viennois, et de l’une des belles sonates d’église écrites par Mozart pour la célébration de la messe. Anne-Sylvie Primo est le  violon conducteur de l’Ensemble Darius, créé en 2004 : un petit groupe « à géométrie variable » dédié à la musique de chambre, trop souvent oubliée. Il offre un répertoire varié allant des grands classiques à la création d’œuvres nouvelles.

Le propre grégorien de la messe « Da Pacem » » du XVIIIe dimanche après la Pentecôte est chanté par les solistes de la Schola du Saint-Sacrement : il est dédié au thème de la parousie. La paix dont il est question ici évoque celle de la Jérusalem céleste exprimée par le chant de joie emblématique du psaume 121 : « De quelle joie mon cœur a tressailli à cette annonce : nous allons dans la maison de Dieu » que préfigure l’Eglise. Se chante également au cours de la liturgie du jour le Kyriale XI « Orbis factor » (XIVe s.) et le  célèbre « Salve Regina » » dédié à la Vierge Marie depuis le XIIe siècle.

 

Rappel:

Les mesures sanitaires prescrites par le Conseil National de Sécurité (C.N.S.) pour juguler l’épidémie de Covid19 sont d’application comme d’habitude durant les concerts et offices religieux. Pour tout renseignement ou précision, laissez-nous votre message par  téléphone 04 344 10 89  ou email  sursumcorda@skynet.be ou SMS : 04 70 94 70 05

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20200330_155230 - Copie.jpgAppel pressant à tous nos amis : vous pouvez aussi faire un don fiscalement déductible pour la restauration de l’église du Saint-Sacrement (joyau de l’art classique du XVIIIe siècle) en versant un montant de votre choix au compte de projet : IBAN BE10 0000 0000 0404 – BIC BPOTBEB1 de la Fondation Roi Baudouin avec, en communication, la mention structurée (indispensable) : 128/2980/00091.

Tout don de minimum 40 € est fiscalement déductible des revenus imposables à concurrence de 45% du montant effectivement versé (art. 145/33 du code de l’impôt sur les revenus).

Dernière nouvelle :

Exceptionnellement pour les dons de l’année 2020, le gouvernement vient de décider de porter cette déductibilité fiscale à 60% du montant versé.

st sacrement restauré.jpg 

la vidéo de notre projet est accessible en cliquant ici :

https://www.youtube.com/watch?v=viKf2ESmNCQ

diffusez-la, avec un mot de recommandation, dans le cercle de vos amis et connaissances

Pour tous renseignements, vous pouvez contacter notre Secrétariat (04 344 10 89) qui se tient à votre disposition. 

 

26/09/2020

Mgr Delville, évêque de Liège: "Quelques bienfaits de la messe en latin"

Interview donnée par 

delville.jpg 

MGR JEAN-PIERRE DELVILLE

 évêque de Liège 

Emission sur RCF Liège « Trente minutes avec notre évêque » du lundi 29 juin 2020 à 16h03, rediffusée lundi 24 août 2020 à 16h03

Ref. http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2020/08/31/l-eveque-de-liege-explique-l-interet-de-la-messe-en-latin-6260342.html (13’30 à 25’45) 

Ralph Schmeder

Monseigneur, le 13 juin dernier, à l’occasion de la Fête-Dieu à Liège, vous avez célébré une messe en latin à l’église du Saint-Sacrement, célébration d’ailleurs retransmise par RCF-Liège, qu’on peut encore réécouter sur la page Facebook de la radio.

En même temps, récemment les éditions ADF/Bayard musique ont publié un CD avec des musiques pour la messe en latin.

Est-ce que ce sont des signes d’une renaissance de la messe dans les anciens rites ? Et d’ailleurs est-ce qu’il y a un public particulier pour ce genre de célébration ?

Mgr Delville

Effectivement cette année-ci, la messe a été retransmise par RCF et par Facebook. Quand j’ai accepté de célébrer cette messe que je célèbre chaque année dans l’église du Saint-Sacrement à Liège, en latin dans la forme ancienne de la liturgie, il n’était pas prévu de retransmission.

Ici il y a eu la retransmission à cause du Covid et, en fait, j’ai insisté pour que la retransmission se fasse d’une manière (on va dire) dynamique et pédagogique, c’est-à-dire qu’on ne se contente pas de regarder de loin le prêtre qu’on voit de dos, mais qu’on ait des caméras qui montrent ce que le prêtre fait à l’autel, ce qui se passe autour de lui, etc. C’est une manière d’entrer plus activement dans les différents rites de la célébration de cette messe, c’est donc une modernisation au sens d’une manifestation plus explicite de ce qui se fait.

Y a-t-il une renaissance de ce type de messe ? Ce que je trouve intéressant, c’est que c’est un patrimoine particulièrement riche dans notre histoire chrétienne. On fait beaucoup pour sauver le patrimoine architectural, on fait beaucoup pour restaurer les églises et les cathédrales - regardez ce qu’on fait pour Notre-Dame de Paris -, il faut reconnaître que la liturgie, c’est aussi un patrimoine, mais un patrimoine immatériel : c’est fait de chants, de gestes, de textes et d’attitudes de prière qui sont en quelque sorte un trésor spirituel. Je trouve qu’il serait dommage de le laisser uniquement couché dans les livres et dans les témoignages du passé, mais que cela vaut la peine de l’actualiser dans une célébration concrète.

Ralph Schmeder

Quand on parle de la messe en latin, il faut aussi distinguer entre plusieurs rites possibles.

Ici, c’était, je crois, le rite de 1962

Mgr Delville

De Jean XXIII en 1962. Soyons clairs.

Il n’y a qu’un seul rite latin romain. Mais il y a un autre rite latin qui est le rite ambrosien que l’on pratique à Milan. Et il y a le rite mozarabe que l’on pratique à Tolède en Espagne. Donc il y a au moins trois rites latins[1].

Dans le rite romain, il y a la forme extraordinaire et la forme ordinaire.

- La forme ordinaire, c’est celle que nous célébrons dans toutes les églises de nos régions de manière habituelle, qui peut être d’ailleurs elle-même célébrée en latin, comme on le fait dans les congrès internationaux bien souvent et comme on voit le pape le faire pour des messes internationales à la basilique Saint-Pierre.

- Mais il y a aussi la forme extraordinaire qui, elle, a conservé la totalité des gestes qui étaient pratiqués jusqu’en 1962, lors de la dernière édition du missel de rite romain à l’époque de Jean XXIII.

On prend ce missel de 1962 parce que c’est un missel où Jean XXIII a déjà introduit deux modifications importantes:

- La première, c’est de mentionner saint Joseph après le nom de la Vierge Marie dans la prière eucharistique[2].

- La seconde, c’est d’exclure le mot « Juifs perfides » dans la prière du Vendredi Saint. Il y avait là quelque chose qui était scandaleux : évidemment c’est parce qu’on ne connaît plus le latin. « Perfidus » en latin ne veut pas dire « perfide », mais veut dire « qui a perdu la foi ». C’était en quelque sorte un malentendu, mais un malentendu qui porte à conséquence. Donc le missel de 1962 a été expurgé de ce point de vue-là, et c’est ce missel-là qui est utilisé[3].

L’avantage de connaître la forme extraordinaire, c’est qu’on peut entrer dans le libellé des textes tel qu’il est parfois pratiqué depuis le IVe siècle, vu que le Canon romain, la prière eucharistique, remonte à saint Ambroise qui vivait au IVe siècle ; et donc on entre aussi dans la Tradition de l’Eglise qui a inspiré plus de 1000 ans de littérature et on peut alors être initié à toute la littérature chrétienne qui a succédé quand on connaît aussi la liturgie qui l’a inspirée.

Ralph Schmeder

La messe en latin est-elle parfois utilisée aussi comme un symbole aussi bien pour les défenseurs que pour les détracteurs, donc pour un certain style d’Eglise, peut-être nostalgique du passé ?

Mgr Delville

 Oui, cela peut arriver, mais je vois que tout évolue, tout bouge. Même les plus traditionnalistes ont aussi parfois un côté très moderne, par exemple l’utilisation de nouveaux médias, l’utilisation de sites internet, une certaine pédagogie…

Mais qui plus est, ce que je vois aussi, c’est qu’il y a un public tout-à-fait diversifié à ce genre de célébration. Et donc il ne faut pas laisser ce type de célébration comme otage des mouvements intégristes. C’est d’ailleurs ce que le pape Benoît XVI avait voulu en permettant que la célébration de la forme extraordinaire du rite romain se fasse de manière totalement libre dans l’Eglise, sans demander de permission spéciale. C’est pour que ce ne soit pas simplement le domaine des Lefebvristes et des personnes qui se sont mises hors de l’Eglise.

L’important, à mon avis, c’est de valoriser un trésor de patrimoine liturgique sous toutes ses formes, chants, musiques, gestes, textes, etc. sans le lier à une idéologie, parce que je pense que pendant plus de 1000 ans (du IVe siècle jusqu’à aujourd’hui, cela fait presque 16 siècles), ce rite a été utilisé par des gens de toutes idéologies, de toutes tendances confondues.

Il n’y a donc pas de raison qu’en l’utilisant aujourd’hui, on le monopolise dans une seule idéologie. Je pense que de même en musique on peut jouer des œuvres de Jean-Sébastien Bach qui datent du XVIIe siècle sans être un « traditionnaliste », de même on peut pratiquer la liturgie ancienne sans être « traditionnaliste » – au sens de « intégriste ». Je pense qu’il ne faut pas lier la célébration à une idéologie.

Qui plus est, il faut savoir que la célébration dans le rite ancien permet de découvrir des choses très modernes qui ont été occultées par le fait qu’on a supprimé pendant un certain temps ce rite ou, en tout cas, qu’on ne l’a pratiquement plus pratiqué.

Un exemple. On cite dans le Canon romain les fidèles au masculin et au féminin : c’est toujours « frères et sœurs », ou avec d’autres substantifs, « serviteurs et servantes »[4]. Le fait que l’on ait supprimé le mot « sœur » ou qu’on ait supprimé le mot féminin dans le missel de Paul VI après le concile Vatican II est en fait un « machisme » qui n’était pas dans l’ancien missel.

Ou encore, quand vous lisez l’ancien missel, vous voyez que nous sommes définis comme des « orthodoxes », nous sommes l’Eglise orthodoxe, alors qu’on croirait que les Orthodoxes, ce sont les autres ; mais là on dit que c’est aussi nous !

Et ainsi de suite.

Il y a là un très beau vocabulaire à un moment donné qu’il est utile de pratiquer pour en comprendre la symbolique.

Ralph Schmeder

Qu’en pensent les jeunes, parce que parfois on les entend dire qu’ils s’ennuient déjà à la messe en français ? Est-ce que ce genre de célébration pourrait intéresser la jeune génération ?

Mgr Delville 

En partie, oui. Si je regarde le public qui vient, le public est très diversifié. Evidemment il y a huit jours quand j’ai fait cette célébration, c’était le premier dimanche après le confinement, et donc les personnes âgées ont hésité à bouger ; c’était donc davantage des jeunes ou des adultes qui sont venus. Moi, j’entends même des acolytes qui me demandent pour être initiés. L’avantage, si vous voulez, pour un jeune, d’être initié à ce niveau-là, c’est qu’il a un peu l’impression d’entrer dans une « arcane », c’est-à-dire dans un monde mystérieux où il fait beaucoup de découvertes, où il y a moins d’évidences et où il y a aussi plus de choses à découvrir. Il y a des demandes d’être un peu initié au sens de la liturgie, et je crois que ça, ça peut avoir son sens ; en tout cas, c’est une porte d’entrée dans la foi, dans la mesure où, à travers des gestes et des pratiques différentes, on peut aussi redécouvrir le mystère de la foi.

Qui plus est, dans la forme ancienne, il y a beaucoup plus de gestes que dans la forme actuelle. On se rend compte que la forme actuelle est en fait une forme intellectualisée, qui a supprimé tout le langage corporel. Le langage corporel dans l’ancienne messe est énorme : le nombre de gestes que le prêtre doit faire, c’est au moins 50 pendant la messe, même plus, je n’ai pas calculé le nombre : que ce soit d’inclinaisons, que ce soit de signes de croix, que ce soit de génuflexions, que ce soit peu importe... Le langage corporel est extrêmement intégré dans le langage verbal, et c’est donc aussi un aspect intéressant.

Et qui plus est, la forme ancienne de la messe met en œuvre beaucoup plus de personnes autour du prêtre que la messe actuelle, parce que la forme officielle de la messe, d’après l’introduction du missel, c’est la forme solennelle[5]. Et la forme solennelle de la messe demande au moins qu’il y ait presque une quinzaine de participants : diacre, sous-diacre, acolytes et autres. Et la forme pontificale avec l’évêque qui préside, elle, demande au moins trente actifs participants. Donc cela veut dire qu’elle met en œuvre la diversité des ministères et une certaine diversité des services. Je crois que là, il y a quelque chose aussi à exploiter pour une image d’Eglise diversifiée.

Ralph Schmeder

Une question de conclusion : le latin a presque disparu dans notre société moderne ; on l’enseigne peut-être encore dans certaines écoles. Est-il utile et important selon vous de connaître cette langue et de la pratiquer ?

Mgr Delville

Oui, oui, c’est énorme : c’est énorme, la littérature latine. Ne plus connaître le latin, c’est s’interdire l’accès à une production littéraire gigantesque qui va du haut Moyen-âge et même de l’Antiquité de facto (au point de vue chrétien depuis l’époque patristique) jusqu’au XIXe siècle. Et donc, c’est s’interdire l’accès à des textes très importants qui ne sont pas traduits. Et donc je pense qu’il est très important d’avoir des lieux où le latin soit pratiqué pour éviter son oubli. Parce qu’oublier une langue aussi importante dans laquelle autant de livres sont écrits, c’est aussi s’interdire l’accès à des tas de documents, y compris des manuscrits, y compris des textes uniques qui vont devenir totalement inaccessibles.

Et donc maintenir des lieux où la langue est pratiquée contribue aussi forcément à apprendre la langue et donc à s’ouvrir l’accès à un pan important de notre littérature.

annexe l'oratio fidelium                            053.jpg

______

[1] Il faudrait ajouter le rite de Braga au Portugal, qui est toujours célébré, et, jusqu’à la fin des années 1960, le rite lyonnais.

[2] Décret de la Congrégation des Rites du 13 novembre 1962 (Acta Apostolicæ Sedis 54, 1962, p. 873).

[3] Préparée par la déclaration de la Congrégation des Rites du 10 juin 1948 (Acta Apostolicæ Sedis, 40, 1948, p. 342), cette modification a été prescrite dans la lettre de la Congrégation des Rites du 19 mai 1959 (Ephemerides Liturgicæ, 74, 1960, p. 133).

Les réformes liturgiques de 1965 et 1970 ont encore modifié le texte de cette prière.

Depuis la note de la Secrétairerie d’Etat du 4 février 2008, dans l’usage de la forme extraordinaire du rite romain, une nouvelle formulation de cette prière a été rendue obligatoire.

Un tableau en appendice à l’interview récapitule l’évolution de cette prière.

[4] Dans le Canon romain (et la Prière eucharistique I de la forme ordinaire en latin), on prie au Mémento de vivants : « Meménto, Dómine, famulórum famularúmque tuárum N. et N., et ómnium circumstántium, quorum tibi fides cógnita est et nota devótio, etc. » et au Mémento des défunts : « Meménto étiam, Dómine, famulórum famularúmque tuárum N. et N., qui nos præcessérunt cum signo fídei, et dórmiunt in somno pacis  ».

Depuis les années 1970, la traduction française de la forme ordinaire (Missel de Paul VI) fait respectivement prier : « Souviens-toi, Seigneur, de tes serviteurs (de N. et N.) et de tous ceux qui sont ici réunis, dont tu connais la foi et l’attachement, etc. » et « Souviens-toi aussi de tes serviteurs (de N. et N.) qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la paix, etc. ».

A partir de l’Avent 2020, cette traduction imparfaite sera ainsi modifiée : « Souviens-toi, Seigneur, de tes serviteurs et de tes servantes (de N. et N.) et de tous ceux qui sont ici réunis, dont tu connais la foi et l’attachement, etc. » et « Souviens-toi aussi de tes serviteurs et de tes servantes (de N. et N.) qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la paix, etc. ».

[5] L’art de célébrer la messe (Présentation Générale du Missel Romain, 3e édition typique 2002), nn. 22 et 112 (cf. Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n. 41).

JPSC