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10/01/2018

Pourquoi le cours de religion est important dans l’enseignement secondaire

mag_105-page-001.jpgRéponse dans notre magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle", n° 105, hiver 2017-2018:

Le blog d’information « Belgicatho » a reproduit le 20 novembre dernier une carte blanche d’Arthur Ghins parue sur le site de l’Echo, sous l’intitulé « Les cours de citoyenneté, un cache-misère ». On a en effet beaucoup glosé sur la substitution, au moins partielle, d’un tel cours aux cours de religion et de morale. Mais, au fond, quel type de citoyens entend-il former, et comment? Selon Arthur Ghins, doctorant et assistant en théorie politique à l’université de Cambridge et membre d’une plate-forme pour jeunes d’horizons divers soutenue par la Fondation Roi Baudouin, le programme de ce cours enchaîne les formules creuses: un cache misère. Comment en est-on arrivé là ?

Le contexte des enjeux et des contraintes

Au commencement était la Constitution de la Belgique stipulant que l’enseignement est libre. Historiquement, les établissements publics d’enseignement ont d’abord eu un rôle de suppléance. Et aujourd’hui encore, plus de la moitié des jeunes du pays sont scolarisés dans le réseau des écoles privées catholiques reconnues et subsidiées par les pouvoirs publics.

Mais ces derniers, sous la poussée des gauches philosophiques, ont aussi développé progressivement leurs propres réseaux scolaires non confessionnels, pour offrir une éducation se réclamant du concept de  « neutralité ».

Le Constituant les oblige toutefois à proposer aux élèves des cours de morale laïque ou de la  religion de leur choix parmi celles qui sont reconnues par l’Etat. Récemment toutefois, il a été jugé par la Cour constitutionnelle que les élèves pouvaient être dispensés de faire le choix auquel ils étaient invités. Que faire alors des abstentionnistes durant ces heures de cours ?

En Wallonie et à Bruxelles, la Communauté française de Belgique a échafaudé un « compromis à la belge » (déjà remis en cause par une proposition de décret déposée par des parlementaires libéraux) en instaurant, pour tous les réseaux publics ou privés reconnus, une éducation à la philosophie et à la citoyenneté modalisée comme suit :

Dans l’enseignement organisé par les pouvoirs publics, cette éducation philosophico-citoyenne fait actuellement l’objet, pour tous les élèves, d’un cours obligatoire d’une heure par semaine prélevée sur les deux heures  attribuées à l’enseignement de la religion ou de la morale et d’une deuxième heure obligatoire pour les élèves ne souhaitant pas suivre le cours de religion ou de morale. Cerise sur le gâteau du compromis : les professeurs de religion ou de morale des réseaux publics d’enseignement dépossédés d’une heure de cours seront prioritairement recyclés pour prendre en charge les cours philosophico-citoyens. Deuxième bémol : dans l’enseignement confessionnel reconnu, qui regroupe tout de même la majorité de la population scolaire, la nouvelle matière ne doit pas faire l’objet d’un cours spécifique : elle sera « dispersée » à travers les différents cours, y compris les cours de religion existants.

Pourquoi le cours de religion est-il important dans les écoles secondaires ?

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Répondant à la question d’un jeune posée dans le cadre d’une conférence- débat organisée à l’Ulg l’an dernier par l’Union des étudiants catholiques de Liège sur « le christianisme médiéval, creuset de l’Europe », Monseigneur Jean-Pierre Delville , évêque de Liège, déclarait ceci :

 « Oui, c'est sûr qu’une dimension comme la citoyenneté, le fait d’être membre d’une société, d’être un citoyen, d’avoir une éthique citoyenne, c'est quelque chose qui est fondamental au christianisme. Aujourd'hui, on vit cela de manière laïcisée. On a été un peu les victimes, en Belgique, d'une poussée laïcisante, demandant de supprimer une heure du cours de religion pour mettre une heure de citoyenneté à la place, il faut bien faire avec, alors que la citoyenneté est déjà éminemment présente dans les cours de religion eux-mêmes.

Mais ce qui est important, pour nous comme chrétiens et en tout cas pour moi comme évêque, et pour mes collègues, c'est qu’il y ait au moins une heure de religion sauvegardée parce que la Constitution le demande. Qu'une des deux heures soit devenue un cours de citoyenneté, c’était constitutionnel, on n'a pas le droit de s'y opposer. Par contre si on supprimait l'heure de religion, cela deviendrait anticonstitutionnel. Cela demanderait une mobilisation générale contre une telle mesure.

Je penser que, tout de même, l'enseignement de la religion à l'école est très important. Alors, je sais bien qu'il y a de multiples problèmes, des contenus qui sont parfois évacués. Mais, en même temps, il y a quand même une présence. Il y a des personnes qui sont formées et c'est utile qu'il y ait des personnes formées comme professeurs de religion. Et il est important aussi que ce petit morceau de spiritualité avec une base concrète - c.-à-d. avec l'Évangile, avec des textes, avec des références précises, des engagements précis – puisse nourrir notre Foi et la Foi de la population parce que je crois qu'une Foi, une spiritualité a besoin d'une culture.

Il n'y a pas de Foi sans culture. La Foi chrétienne, c'est une énorme culture. Je vous en ai déployé tout un aspect ce soir. Des générations de saints, des générations de gens peut être inconnus ont tous laissé des témoignages qui ont façonné une culture, des bâtiments, des œuvres d'art, des textes, des attitudes de vie, qui se transmettent et tout ça.  C'est fondamental. Il n'y a pas de civilisation sans culture. L'anéantissement de la culture, c'est l'anéantissement de la Foi aussi. Et l'anéantissement de la Foi, c'est l'anéantissement de la culture. Ce qui se passe, par exemple, quand on bombarde la ville comme Alep et qu'on détruit tout - y compris dans la partie Est, y compris une partie de la célèbre mosquée des Omeyades et tout cela, c'est une dénégation de la culture. Cette frange radicaliste du monde musulman est pour l'anéantissement de la culture: ils ont détruit des œuvres d'art encore ailleurs.

C’est triste pour l'humanité, c'est vraiment une grande perte et cela montre qu’il y a des mouvements qui sont pour l'anéantissement de la culture mais, de facto, c'est aussi l'anéantissement de la Foi par une fausse foi. Une vraie Foi, elle a une culture, elle s'incarne dans une culture. Et donc, je crois qu’il est très important que notre Foi chrétienne puisse se dire dans un cours parce qu'un cours c'est une culture, c'est-à-dire une pédagogie, un enseignement, un programme, des manuels, des activités, comme tu l'as dit. Un cours c'est un ensemble culturel et donc la Foi chrétienne n'est pas que des prières dans une église, n'est pas qu’un dévouement à la maison, c'est aussi une culture. Donc elle doit pouvoir se dire dans un cadre culturel. Dans le Christianisme, nous y sommes habitués, spécialement depuis les écoles du Moyen Âge, les universités en particulier. Donc, le Christianisme s'est, petit à petit, forgé de plus en plus dans les institutions culturelles et les écoles.

Un danger est qu’un certain l'Islam, par exemple, se développe hors des écoles, hors des cultures et soit alors non-contrôlé et dise du n'importe quoi. C'est pourquoi il est tout aussi important que des religions comme l'Islam, par exemple, soient enseignées dans nos écoles, dans nos écoles officielles ici en Belgique, parce que là aussi alors, l'Islam doit se soumettre à un programme, à des règles, à des contrôles, à tout ce qu'on veut. Donc, c'est un véritable, stimulant, si vous voulez, pour une présentation culturelle de la Foi : c’est pourquoi je pense que le cours de religion est très important ».

JPS

Un essaimage des Clarisses de Bujumbura à Liège

mag_105-page-001.jpgA lire dans notre magazine trimestriel Vérité et Espérance-Pâque nouvelle, n° 105, hiver 2017-2018:

Le Mont Cornillon est l’un des hauts lieux de la piété eucharistique à Liège. En 1222, la future sainte Julienne, à laquelle on doit l’institution de la Fête-Dieu, y fut élue prieure du couvent des sœurs de Saint-Augustin en charge des lépreux soignés alors sur ce Mont.

Depuis 1860, une communauté de Carmélites y était établie : elle disparaît aujourd’hui faute de vocations mais le monastère subsistera  grâce à un essaimage des Clarisses de Bujumbura dont l’installation officielle a eu lieu le dimanche 8 octobre dernier.

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Cette fondation monastique est le fruit d’un arbre multiséculaire qui fut planté en 1471:  à Chambéry qui fonda ensuite Grenoble, Romans et Bordeaux, puis, d’essaimage en essaimage, Mons en 1901 et enfin, en 1930, Hannut avec l’objectif  de fonder en Afrique.

Fondation en Afrique

L’administrateur-délégué de l’asbl du Sanctuaire de Cornillon nous rappelle la genèse de cette fondation africaine :

En 1957, est entrée à Hannut une murundikazi qui se sent appelée à la vie des Clarisses. A sa prise d’habit, le 27 août 1958, elle avait invité son cousin, le Père Gabriel Barakana, s.j. qui vint avec l’abbé Michel Ntuyahaga, alors étudiant au centre international Lumen Vitae à Bruxelles. En la fête de la Nativité de Marie le 8 septembre 1959, Sœur Claire-Marie fit sa profession religieuse et le 11 octobre en la fête de la Maternité de Marie (à l’époque, on la fêtait à cette date) l’Abbé Michel Ntuyahaga fut sacré premier Évêque murundi.

Le 8 décembre 1962, fidèles à leur souhait de fonder en Afrique, les sœurs liégeoises Marie-Françoise, Marie-Agnès et la sœur d’origine burundaise Claire-Marie arrivent à l’aéroport de Bujumbura. Elles furent accueillies avec grande joie par les sœurs blanches (Missionnaires de Notre Dame d’Afrique) et la famille de sœur Claire-Marie. Cette fondation au Burundi fut faite sur invitation de Mgr Michel Ntuyahaga devenu évêque de Bujumbura et correspondait au souhait de la communauté des Clarisses de Hannut.

Crainte des persécutions

Par crainte des persécutions, en 1988, les Clarisses du Burundi fondent à Uvira, au Congo (Sud Kivu) à 30 km de Bujumbura. La fondation fut d’abord un refuge. Monseigneur Jérôme Gapangwa accueillit un petit groupe de sœurs dans une maison du Diocèse puis à l’ermitage Sainte-Claire. Les craintes étant passées, la jeune fondation continua pour répondre aux souhaits de la population locale mais, en 1995, les troubles au Congo, obligèrent les Clarisses à quitter leur Maison pillée et en ruines.

En 1993 une implantation se fait à Maramvya, dans les collines, à 150 km de Bujumbura. Le but était de procurer à la communauté de Bujumbura, un gîte de fraîcheur, avec une bonne terre à blé, bananes et légumes. Ce fut la Foresta, construction typique de bois et d’herbe, rappelant l’Ombrie franciscaine. Les premiers troubles d’octobre 1993 mirent fin au projet, tandis qu’un premier groupe de novices échappait miraculeusement au massacre.

Entre 1993 et 2000 ce fut l’exil et la fondation du Monastère de l’Annonciation à Ggaba, sur une colline de Kampala. A la suite des troubles ethniques de 1993, les Clarisses durent en effet s’expatrier en Uganda, d’abord à Kisubi, chez les sœurs de Saint-Pierre-Claver, pendant un an, puis à Namagunga, grâce à Monseigneur Wamala, archevêque de Kampala qui bientôt, en 1998, les voulut aussi dans son diocèse. Ainsi débuta le 25 mars 2000, le monastère de l’Annonciation, tandis que la formation des aspirantes se poursuivait à Bujumbura et à Hannut, selon l’idéal de sainte Claire.

Retour en Belgique et à Cornillon

C’est en 2002 que plusieurs Clarisses burundaises sont revenues au monastère fondateur de Hannut, au numéro 23, rue de Villers-le-Peuplier, pour plusieurs motifs : y assurer la continuité de la vie contemplative, former des jeunes sœurs, accueillir des gens selon leurs besoins. Les premières occupantes furent les sœurs Marie-Françoise, Marie-Agnès et Claire-Marie auxquelles s’ajoutent les jeunes sœurs Claire-Agapè, Claire-Ancilla, Claire-Antonia, Claire-Assunta, Claire Isabelle, Claire-Pascal.

Actuellement, il y a 11 Clarisses à Hannut et 41 au Burundi, pour une moyenne d’âge d’environ 35-40 ans. Enfin, 6 Clarisses sont venues à Liège occuper le monastère de Cornillon dès le 11 août 2017 : leur installation officielle a eu lieu le dimanche 8 octobre 2017 en présence de Mgr Jean-Pierre Delville.

Spiritus ubi vult spirat. L’Esprit souffle où il veut parmi les tribulations de l’histoire : même à Liège, où les Religieuses venues du Burundi sont accueillies avec reconnaissance. JPSC

Fêter le cinquième centenaire de la Réforme protestante ?

mag_105-page-001.jpgA lire dans notre magazine trimestriel Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle, n° 105, Hiver 2017-2018: faut-il fêter la naissance du protestantisme ?

Toussaint 1517: Luther affiche à Wittemberg les 95 thèses de sa « Disputatio ». Cinq siècles plus tard, de Rome à Bruxelles et ailleurs, des catholiques -et non des moindres-  célèbrent eux aussi le cinquième centenaire du coup d’envoi de la Réforme protestante. Luther avait-il donc raison ? Dans la « Nuova Bussola Quotidiana » (www.lanuovabq.it ), le cardinal Gerhard Müller met les points sur les sur les « i » :

« Il y a aujourd'hui une grande confusion dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l'Église, ce ne fut absolument pas une réforme, mais une révolution, c'est-à-dire un changement total dans les fondements de la foi catholique. Il n'est pas réaliste de prétendre que son intention était seulement de lutter contre certains abus d'indulgences ou contre les péchés de l'Église de la Renaissance (…).

Dans le livre écrit par Luther en 1520, "De captivitate Babylonica Ecclesiae", il est absolument clair queVE PN 105 article 5e centenaire Luther prêche la réforme protestante .jpg Luther a laissé derrière lui tous les principes de la foi catholique, des Saintes Écritures, de la Tradition apostolique, du Magistère du Pape et des Conciles, de l'épiscopat. En ce sens, il a bouleversé le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu'expliqué au Moyen Âge, au point de nier le sacrement comme signe efficace de la grâce qu'il contient; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective. Ici Luther a aboli cinq sacrements, il a aussi renié l'Eucharistie: le caractère sacrificiel du sacrement de l'Eucharistie, et la conversion réelle de la substance du pain et du vin en substance du corps et du sang de Jésus-Christ. Et encore: il a qualifié le sacrement de l'ordination épiscopale, le sacrement de l'ordination, d'invention du Pape - défini comme l'Antichrist - ne faisant pas partie de l'Église de Jésus-Christ. Nous disons au contraire que la hiérarchie sacramentelle, en communion avec le successeur de Pierre, est un élément essentiel de l'Église catholique, et pas seulement un principe d'une organisation humaine.
Pour cette raison, nous ne pouvons accepter que la réforme de Luther soit définie comme une réforme de l'Église au sens catholique. La réforme catholique est une réforme qui est un renouveau de foi vécue dans la grâce, dans le renouveau des moeurs, de l'éthique, un renouveau spirituel et moral des chrétiens; pas une nouvelle fondation, une nouvelle Église. Il est donc inacceptable de dire que la réforme de Luther "fut un événement de l'Esprit Saint". C'est le contraire : elle fut contre l'Esprit Saint lui-même […].

On entend beaucoup de voix qui parlent avec trop enthousiasme de Luther, ne connaissant pas exactement sa théologie, sa controverse et les effets désastreux de ce mouvement qui a représenté la destruction de l'unité de millions de chrétiens avec l'Église catholique. Nous pouvons évaluer positivement sa bonne volonté, l'explication lucide des mystères de la foi commune, mais pas ses déclarations contre la foi catholique, surtout en ce qui concerne les sacrements et la structure hiérarchique de l'Église. Il n'est pas non plus correct de dire que Luther avait initialement de bonnes intentions, entendant par là que c'est l'attitude rigide de l'Église qui l'a poussé sur la mauvaise voie. Ce n'est pas vrai: Luther avait l'intention de lutter contre le commerce des indulgences, mais l'objectif n'était pas l'indulgence en tant que telle, mais en tant que partie du sacrement de pénitence. Il n'est pas vrai non plus que l'Eglise a refusé le dialogue: Luther eut une première dispute avec Jean Eck, puis le Pape envoya le cardinal Gaetano comme légat pour dialoguer avec lui. On peut discuter sur les modalités, mais quand il s'agit de la substance de la doctrine, il faut affirmer que l'autorité de l'Église n'a pas commis d'erreurs. Sinon, il faut soutenir que l'Église a enseigné pendant mille ans des erreurs dans la foi, alors que nous savons - et c'est un élément essentiel de la doctrine - que l'Église ne peut pas commettre d'erreur dans la transmission du salut dans les sacrements (…).

Certes, 500 ans ont passé depuis lors, ce n'est plus le temps de la polémique, mais celui de la recherche de la réconciliation: mais pas au prix de la vérité. Il ne doit pas y avoir de confusion. Si d'un côté nous devons savoir accepter l'efficacité de l'Esprit Saint chez ces autres chrétiens non-catholiques qui ont de la bonne volonté, qui n'ont pas commis personnellement ce péché de séparation d'avec l'Église, de l'autre, nous ne pouvons pas changer l'histoire, ce qui s'est passé il y a 500 ans. Une chose est le désir d'avoir de bonnes relations avec les chrétiens non catholiques d'aujourd'hui, afin de nous rapprocher d'une pleine communion avec la hiérarchie catholique et aussi avec l'acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique; une autre chose est l'incompréhension ou la falsification de ce qui s'est passé il y a 500 ans et l'effet désastreux que cela a eu. Un effet contraire à la volonté de Dieu: "... Que tous soient une seule chose; de même que Toi, Père, es en moi et moi en toi, qu'ils soient aussi en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" (Jean 17:21) »