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08/01/2014

LIEGE : EPIPHANIE POUR UN ANNIVERSAIRE

images (13).jpgLes fêtes du mystère de la Nativité se sont clôturées ce samedi 4 janvier 2014 à l’église du Saint-Sacrement : trois cents fidèles y ont pris part à la messe solennelle de l’Epiphanie. Mozart lui-même était parmi eux, grâce à l’excellente interprétation de sa « Missa Brevis » par le chœur de Sainte-Julienne dirigé par Margaret Todd et accompagné à l’orgue par Patrick Wilwerth : une prestation alliant aussi un florilège de chants de noël et le propre grégorien du jour au service de l’esprit de la liturgie. Celle-ci était célébrée par les abbés Jean Schoonbroodt, Louis-Dominique Kegelin (diacre) et Claude Germeau (sous-diacre). Un merci amical s’adresse à eux comme aux servants de messe : Jacques, Ghislain, Raphaël et à tous les prestataires de l’église pour leur active contribution : les deux Luc, Emmanuel, Jacqueline , Anne-Marie, Alain  et les autres…

On fêtait aussi, ce 4 janvier 2014, le dixième anniversaire du sauvetage (par l’association « Sursum Corda ») de l’église du Saint-Sacrement à Liège, alors (2003) menacée de sécularisation.

A défaut de hauts personnages dans l’Eglise ou dans l’Etat, c’est un humble prêtre auxiliaire, certes bien connu des Liégeois, qui exprima le sentiment de la foule assemblée. Voici le texte de son homélie : 

Copie (2) de P1010241.JPG

«  ‘Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus l’adorer !’. Aujourd’hui, quelle est l’étoile qui nous conduit à Jésus ? Il faut bien reconnaître que nous sommes largement imprégnés par le matérialisme («  je ne crois que ce que je vois »), l’utilitarisme (« j’ai besoin de toi, je te trouve ; je n’ai plus besoin de toi, je t’oublie »), l’individualisme (« chacun pour soi »), le relativisme (« il n’y a plus de vérité »). L’étoile s’est obscurcie : on oublie la personne du Christ, on le connaît plus le Christ ni Son évangile, on ne sait plus ce qu’est la sainte Messe.

Aujourd’hui, par la présente Eucharistie, nous célébrons le 10e anniversaire de la libération de cette église de la sécularisation : on l’a rachetée grâce aux efforts de quelques chrétiens, à la générosité de beaucoup, dont le Père-Abbé de l’abbaye de Rochefort, le Père-Abbé de l’abbaye de Clervaux ! Ces efforts furent encouragés par notre ancien évêque Mgr van Zuylen ainsi que par notre archevêque, Mgr Léonard, qui a célébré la messe ici quelques fois.

Qu’il me soit permis d’exprimer, en votre nom à tous, notre vive gratitude et notre profonde reconnaissance aux responsables de l’asbl « Sursum Corda » pour leur courage, leur détermination, leur fidélité, leur constance à assumer les multiples démarches pour le fonctionnement de cette église, sans le concours d’aucun subside officiel.

Ils ont voulu demeurer fidèles à la tradition religieuse de ce lieu : sa vocation au culte eucharistique. Pendant de très nombreuses années, les religieuses du couvent du Saint-Sacrement sont venues ici, quotidiennement deux par deux, adorer le Seigneur dans l’Eucharistie durant toute la journée. Ce culte eucharistique a vu le jour à Liège, grâce à sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). On a donc voulu rester fidèle à une grande et profonde tradition religieuse, créée dans cette ville eucharistique.

Aujourd’hui, on a trop souvent tendance à ne voir l’avenir qu’avec des projets d’innovations, sans tenir compte de nos aînés dans la foi. Or, quand on conduit sa voiture, il faut certes regarder devant soi, mais aussi parfois dans le rétroviseur.

On oublie de regarder nos aînés, qui ont fait l’Eglise en Belgique : 

-     le Cardinal Cardijn, qui formait avec enthousiasme des jeunes à la Foi ;

-     le Père Vincent Lebbe, qui voulait susciter des évêques chinois : mis à la porte de la Chine par ses confrères, revenu en Belgique, il rencontre le Cardinal Mercier qui parle de lui à Rome où le pape lui-même va alors consacrer six évêques chinois ;

-     le Père Damien, qui déclare : « c’est grâce à la prière fréquente devant le Saint-Sacrement que j’ai  trouvé la force de rester et d’aimer mes frères lépreux ! » ;

-     Dom Columba Marmion, ancien Père-Abbé de l’abbaye de Maredsous, qui donnait de magnifiques retraites sur le Christ, à partir du témoignage de saint Paul ;

-     L’abbé Edouard Poppe, humble vicaire à Gand : catéchiste des enfants, il meurt à trente trois ans et son exemple connaît un grand rayonnement international ;

-     Le Frère Mutien-Marie, non moins humble Frère des Ecoles chrétiennes à Malonne constamment voué à la prière.

Dans notre monde si souvent enténébré par les mauvaises nouvelles d’attentats, de guerres et de réfugiés mais aussi, chez nous, de tant de ménages cassés, de jeunes isolés et sans travail, de personnes âgées oubliées, ces grands aînés sont de vrais témoins qui nous donnent l’espérance, la lumière, l’amour, la vérité.

Par leur vie, ils nous montrent deux choses :

 1. la Vérité de l’homme, c'est-à-dire les vraies valeurs : le sens du devoir, l’honnêteté, la fidélité, le service, la gratuité, la compréhension, le pardon ; toutes valeurs, perdues parce que non rentables, et cependant indispensables pour trouver le bonheur ;

 2. la prière : non pas adressée à un Dieu lointain, mais proche des événements de ma vie. A travers ces aînés exemplaires, le Christ revit Sa propre Vie. Ils sont des icônes du Christ. Ainsi, ils sont une réponse prodigieuse à tant de personnes qui, aujourd’hui, faute de repères, en ont marre de vivre et s’adonnent à l’alcool, la drogue, les médicaments ou le suicide.

Que le dixième anniversaire de la restitution de cette église au culte du Saint-Sacrement nous apporte plus de conviction et d’enthousiasme dans notre foi au Christ.

A cet égard, trois appels existent ici-même :

1. chaque mardi, de 17h à 19h : silence, adoration, lecture d’évangile, confession ;

2. le dimanche, saintes messes à 10h et 11h15 : que le sacrifice du Christ opère notre conversion pour quitter l’esprit de consommation afin de retrouver Son esprit d’immolation ;

3. manifestons notre soutien, notre sympathie, notre générosité pour la cause de cette église du Saint-Sacrement.

Un jour, le Cardinal Cardijn disait à des jeunes : « Si à 40 ans, je n’ai pas plus de foi et d’idéal qu’à 20 ans ; si à 60 ans, je n’ai pas plus de conviction et d’enthousiasme  qu’à 40 ans ; si à 80 ans, je n’ai pas plus de certitude pour allumer le feu dans les âmes et soulever le monde, j’ai raté ma vie ! »

Oui, le Christ, je L’ai rencontré. Il a bouleversé ma vie.

 Abbé Claude Germeau ».

16/12/2013

Une Parole dans la nuit

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 NOËL 2013 À LIÈGE

en grégorien et en polyphonie ancienne

 

 

 

Église du Saint-Sacrement

(Boulevard d’Avroy, 132) 

MERCREDI 25 DÉCEMBRE 

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10h00, messe du jour de noël en latin (missel de 1962) 

Propre grégorien de la messe « Puer natus est »

Kyriale IX « cum jubilo »

Noëls polyphoniques anciens

« Gaudens in Domino » (conduit diaphonique, XIIe s.)

 et  « In dulci iubilo » (motet att .à Henri Suso, circa 1328).

Hymne « Adeste fideles » (XIIIe s.)

par

la Schola du Saint-Sacrement et Michèle Viellevoie, soprano solo

A l’orgue : Patrick Wilwerth

11h15, messe du jour de noël, en français (missel de 1970)

Chants grégoriens et motets de noël. Mutien-Omer Houziaux (orgue)

et Octavian Morea (violoncelle) 

 adoration et confessions: mardi 24 décembre, de 17 à 19 heures

« Celui qui aujourd’hui veut entrer dans l’église de la Nativité de Jésus à Bethléemtéléchargement.jpg découvre que le portail, qui un temps était haut de cinq mètres et demi et à travers lequel les empereurs et les califes entraient dans l’édifice, a été en grande partie muré. Est demeurée seulement une ouverture basse d’un mètre et demi. L’intention était probablement de mieux protéger l’église contre d’éventuels assauts, mais surtout d’éviter qu’on entre à cheval dans la maison de Dieu. Celui qui désire entrer dans le lieu de la naissance de Jésus, doit se baisser. Il me semble qu’en cela se manifeste une vérité plus profonde, par laquelle nous voulons nous laisser toucher en cette sainte Nuit : si nous voulons trouver le Dieu apparu comme un enfant, alors nous devons descendre du cheval de notre raison « libérale ». Nous devons déposer nos fausses certitudes, notre orgueil intellectuel, qui nous empêche de percevoir la proximité de Dieu. Nous devons suivre le chemin intérieur de saint François – le chemin vers cette extrême simplicité extérieure et intérieure qui rend le cœur capable de voir. Nous devons nous baisser, aller spirituellement, pour ainsi dire, à pied, pour pouvoir entrer à travers le portail de la foi et rencontrer le Dieu qui est différent de nos préjugés et de nos opinions : le Dieu qui se cache dans l’humilité d’un enfant qui vient de naître."

Cette parole dans la nuit, c’est Benoît XVI qui l’a prononcée le soir de Noël en 2011. Une parole qui vaut pour chacun d’entre nous qui cherchons, tant bien que mal, le visage de Dieu. Mais pour le trouver, il faut constamment purifier notre regard, sur Lui comme sur les autres. « Amen, je vous le dis, si vous ne faites pas demi-tour pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux. (Mt.18-3) » JPS

02/12/2013

Liturgie : l’Avent, un temps de pénitence

Converti 33.pngExtraits de l’homélie de Dom Jean Pateau, Père abbé de l’abbaye de Fontgombault (photo) pour l’ouverture du temps de l’Avent, hier dimanche 1er décembre :

L'heure est venue de nous réveiller, notre salut est proche (cf. Rm 13, 11). Mettons-nous dès maintenant en chemin vers la crèche, ne différons pas. Le temps de l'Avent est un temps de préparation. Il s'achèvera quand au soir de Noël nous pousserons avec les bergers la porte de l'étable de Bethléem.

Deux éléments remarquables de la Messe de ce jour peuvent nous aider à discerner les6a00d83451619c69e20168ebeb95e0970c-320wi.jpg dispositions que nous devons acquérir afin d'entrer dans la sainte étable : les ornements violets, signes d'un temps de pénitence, et le rite de bénédiction de l'eau et d'aspersion des lieux.

L'Église use des ornements violets principalement durant les temps de pénitence que sont l'Avent et le Carême. Mais pourquoi faut-il faire pénitence sur le chemin de la crèche ? L'homme n'aurait-il pas le droit d'entrer triomphant dans l'étable et de s'unir tout simplement aux chœurs angéliques pour chanter l'Enfant-Dieu ? Quelques raisons lui refuseraient-elles de franchir le seuil du petit paradis où Marie et Joseph veillent l'Enfant Jésus ? (…)

En entrouvrant la porte, l'homme ne peut qu'être inquiet. La crèche est un lieu d'intimité avec le Dieu qui se fait l'un des nôtres, Emmanuel, ''Dieu avec nous''.Ce désir de rencontrer Dieu, l'homme depuis toujours le possède en son cœur. Saint Augustin en résume la raison en quelques mots : « Vous nous avez faits pour vous, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il se repose en vous. » (Confessions, I, 1)

Nous voulons rencontrer Dieu parce que Dieu l'a voulu ainsi, et en même temps nous craignons de le rencontrer.

Ce mystère s'éclaire par les premiers temps de l'humanité : au jardin d’Éden l'homme a connu une première intimité avec Dieu. Volontairement, il y a renoncé pour choisir une façon de vivre à sa guise, refusant toute référence au Dieu créateur et à sa volonté. Au paradis terrestre, Dieu aimait à se promener à la brise du jour. Par sa faute, l'homme fut chassé du jardin, et son accès lui fut désormais interdit.

Cheminer vers la crèche, c'est reprendre le chemin du paradis perdu.C'est changer de route, c'est se convertir, désirer retrouver une véritable intimité avec Dieu.

Dieu veut nous faciliter la route. Il se fait petit enfant et nous invite auprès d'un berceau, sans nous abandonner en chemin.(…)

Profitons donc du temps de l'Avent pour déposer ce qui ne pourrait pas entrer dans la crèche et risquerait de nous laisser dehors. En ces jours revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ.

La deuxième particularité de la Messe de ce jour est la bénédiction solennelle de l'eau, un rite accompli chaque dimanche en privé.

En entrant dans une église, le premier rite qu'accomplit le fidèle est celui de l'eau bénite : il fait sur lui le signe de la croix avec l'eau du bénitier et en offre éventuellement à ses frères.

La messe du dimanche débute par l'aspersion de l'autel et des fidèles. Cette cérémonie met devant nos yeux l'ancienne loi : les prêtres du temple de Jérusalem accomplissaient ce rite. L'aspersion doit servir, comme l'ancienne loi, de disposition pour recevoir Jésus-Christ. L'eau de notre baptême nous a fait entrer dans le Royaume des cieux ; l'eau bénite remémore notre baptême et nous purifie en éloignant l'esprit des ténèbres.

Comme marque de purification spirituelle, les Juifs et les païens employaient soit de l'eau pure, soit de l'eau mêlée de sel, symbole d’incorruptibilité, ou encore de cendre, en signe de pénitence et de sacrifice. (…)

Nous avons besoin sans cesse de purification. Revenons au jour de notre baptême. À plusieurs reprises le Pape François a donné aux fidèles un exercice à faire: rechercher, s'ils l'avaient oubliée, la date de leur propre baptême. Je vous le donne aujourd'hui.

Le baptême n'est pas l'acte d'un jour, sans lendemain, tombé dans l'oubli. Ce n'est pas rien d'avoir été racheté par le sang de l'Agneau. Si nous vivons cela avec sérieux en ces jours et durant toute notre vie, le petit reste de pénitence nécessaire à notre ultime purification sera tout empreint de joie. Alors le chemin vers la crèche, vers le paradis, prendra un tout autre visage.

Que Marie, Mère de l'Enfant Jésus et notre mère, nous accompagne en ces jours afin de nous présenter à son Fils.

Amen. »

Réf. sur le site web du Petit Placide : 1er dimanche de l'Avent