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10/10/2013

L’encyclique « Lumen Fidei » :

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Première du pape François

ou dernière du pape Benoît ?

 

Signée le 29 juin par le pape François et publiée sous son nom le 5 juillet suivant, cetteimages (2).jpg ency­clique (une introduction et quatre chapitres, en tout une cinquantaine de pages) a été rédi­gée "à quatre mains" avec son prédécesseur le pape Benoît XVI.

C’est un document didac­tique sans être ennuyeux, clair et profond à la fois, une porte ouverte sur l'acte de foi, la ré­flexion spirituelle et la prière. Tout ce qu’il faut pour plaire aux « zelanti » et déplaire aux « poli­ticanti », lesquels ne manqueront pas de le snober, car il ne comporte aucune « avancée » doctrinale sur les incessantes controverses (nature du sacerdoce presbytéral, ordination des femmes, mariage homosexuel, statut ecclésial des divorcés remariés etc.) qui agitent l'Eglise postconciliaire.

Il s’agit « seulement » d’une méditation sur ce que comporte et implique l’acte de croire, ce que l’on appelait dans le petit catéchisme de notre enfance le « Je crois en Dieu. JPSC

Comme l’observe l’abbé Guillaume de Tanoüarn sur son metablog (07.07.2013)  cette encyclique est, en réalité, le dernier document qui soit rédigé par le pape Benoît : « On reconnaît et son style, archi-documenté que ce soit dans l'ordre sacré ou dans l'ordre profane (Nietzsche, Rousseau,Wittgenstein), et sa manière, douce ne prenant jamais l'adversaire de front mais ne lui laissant aucune chance, et aussi sa volonté de faire le point sur tous les sujets afférents au sujet principal, comme on le fait dans un cours bien professé : salut par la foi, rapport foi et science, foi et société, foi et Eglise etc. C'est tout Benoît XVI, cela. Un peu difficile à lire ? C'est vrai, avouons-le. Comme ses trois autres encycliques d’ailleurs (ndlr : Deus caritas est, Spe  Salvi, Caritas in Veritate). Mais pour celui qui veut se donner la peine de la lire, quelle fécondité ! »

Denis Sureau l’a commentée (23.07.2013) sur le site du bimensuel « L’Homme Nouveau », dont il est le directeur. Voici un condensé de sa lecture :

L'encyclique s'ouvre sur un beau rappel : la foi est une lumière car le Christ est le vrai soleil. La lumière de la foi est plus brillante que la foi dans les Lumières. La foi est « une lumière pour nos ténèbres ».

 Histoire de la foi

 Le premier chapitre  (« Nous avons cru en l'amour »), exercice de théologie narrative, commence par évoquer Abraham, « notre père dans la foi : la foi d'Abraham anti­cipait la venue du Christ, la foi étant « confession que Jésus est le Seigneur », qu'il est mort par amour pour les hommes et que Dieu l'a ressuscité. Croire, ce n'est pas seulement croire en cela, mais c'est aussi participer à la manière de voir de Jésus. C'est s'ouvrir à un amour qui nous précède et nous transforme intérieurement. Le pape insiste ici sur un point important : la forme ecclésiale de la foi. « La foi n'est pas un fait privé, une concep­tion individualiste, une opinion subjective », car elle se confesse en communion, entre croyants au sein de l'Église qui, selon la belle formule de Romano Guardini, « est la porteuse historique du regard plé­nier du Christ sur le monde ».

Foi, vérité, amour et raison

images (10).jpgLe deuxième chapitre (« Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas ») expose le lien étroit entre foi et vérité : « La foi, sans la vérité, ne sauve pas ». Or, aujourd'hui, la vérité est « souvent réduite à une authenticité subjective de chacun, valable seulement pour la vie individuelle ». 

Une vérité commune est identifiée avec « l'imposition intransigeante des totalitarismes ». 

Mais, si elle est l'amour de Dieu qui lui ne s'impose pas par la violence, la vérité n'écrase personne, et le croyant ne peut être arrogant – la vérité le rend humble.

Reprenant une formule chère à Joseph Ratzinger, l'encyclique dit que « la foi élargit les horizons de la raison » et invite la science à s'ouvrir à toute la richesse de la Création.

Elle permet également la rencontre avec les adeptes des autres reli­gions ainsi qu'avec les incroyants qui« désirent croire et cherchent sans cesse ». La théologie inter­vient ici comme science de la foi, comme « participation à la con­naissance que Dieu a de lui-même ». 

L'encyclique rappelle qu'elle est au service de la foi des chrétiens et ne doit pas considérer le Magistère comme une limite à sa liberté.

Transmettre la foi

Le troisième chapitre (« Je vous transmets ce que j'ai reçu »)  traite de la transmission de la foi. Qui s'est ouvert à l'amour de Dieu ne peut le garder pour lui. La foi se transmet « de personne à per­sonne, comme une flamme s'al­lume à une autre flamme », de gé­nération en génération, à travers une chaîne ininterrompue de té­moins, au sein de la communauté qu'est l'Eglise. « Il est impossible de croire seul ». 

Avec le Credo, le Décalogue et le Notre Père, les sa­crements jouent un rôle particu­lier : « par eux, une mémoire incar­née est communi­quée ». 

Le Pape  insiste sur l'unité de la foi (la foi est une car Dieu est un) et son inté­grité : « Étant donné qu'il n'y a qu'une seule foi, celle-ci doit être confessée dans toute sa pureté et son intégrité. ». Le dépôt de la foi doit être transmis dans sa totalité : avis aux catéchistes ! Retirer quoique ce soit à la foi serait le re­trancher de la vérité de commu­nion.

 La foi dans la cité

Le quatrième chapitre (« Dieu pré­pare pour eux une cité ») affirme que la foi a uneimages (11).jpg incidence so­ciale, « au service concret de la justice, du droit et de la paix ». Elle est un  « bien commun » qui a « apporté de nombreux bienfaits à la cité des hommes ». D'abord dans la fa­mille, « union stable de l'homme et de la femme dans le mariage » (certains jour­naux n'ont retenu de l'encyclique que cette phrase pour dire que le Pape était contre le mariage homo !). Puis dans les autres rapports sociaux : la reconnais­sance d'un Père com­mun peut seule as­surer une frater­nité que la modernité tente en vain de fonder sur l'égalité.

Quand la foi diminue, les fondements mêmes de la vie communautaires s'amoin­drissent. D'où l'impérative néces­sité de confesser Dieu publique­ment :  « Peut-être aurions-nous honte d’appeler Dieu notre Dieu ? Peut-être est-ce nous qui ne Le confessons pas comme tel dans notre vie publique, qui ne propo­sons pas la grandeur de la vie en commun qu’il rend possible ? »

L'encyclique s'achève, après une méditation sur la foi comme « force de consolation dans la souf­france », sur une prière à Marie, Mère de Jésus, Mère de l’Église et Mère de notre foi.

Belgique : un nouveau Roi

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Philippe, fils spirituel de Baudouin ?

 

 

Le point de vue de Florencia Valdés Andino sur le site de « La Vie » :

images (8).jpgDimanche 21 juillet 2013 :la Belgique a fêté la prestation de serment de son nouveau roi Philippe, succédant à son père Albert, qui a abdiqué le jour même. Façonné par son oncle, le très croyant roi Baudouin, il a dû attendre vingt ans pour accéder au trône.

 A sa mort en 1993, après 42 ans de règne, le pape Jean-Paul II a qualifié le Roi Bau­douin de Belgique de « roi exemplaire ». C'est ainsi que le souverain pontife a ré­sumé une riche vie spirituelle nourrie de prière, de discrets pèlerinages et œuvres de charité. (…)

 C'est ce monarque qui prépare le futur roi Philippe au trône. 

Ne pouvant pas avoir de descendance, le roi le prend sous son aile et exprime haut et fort son désir de le voir régner après lui. Le tout jeune Philippe mène à bien de nombreuses missions à l'étranger où il montre son talent dans les affaires. Mais il reste considéré comme timide et maladroit. D'autant que, trop présent dans la politique, il ose critiquer les partis séparatistes et ne cache pas les convictions religieuses qu'il partage avec son mentor. (…)

Philippe, 53 ans, pourra-t-il appliquer les enseignements de son oncle ? 

Selon le Vicaire général du diocèse de LiègeAlphonse Borras, il ne sera pas sim­ple d'emboîter le pas de son maître : « La Belgique a vécu de nombreux change­ments et a traversé la pire crise politique de son histoire. Philippe sera prudent, ce serait mal venu d'afficher ses convictions. Cela ne contribuerait pas à la participa­tion du roi dans les débats de société. Le roi règne mais ne gouverne pas ». 

Luc Tie­lemans, directeur général des Médias ca­tholiques francophones belges, reprend cette même devise. « Le devoir l'oblige à une très grande neutralité parfois contre ses propres convictions, analyse-t-il. Il doit être très prudent vis-à-vis des Flamands. Il est certain que sa foi va le guider, il y a quelque chose du roi Baudouin en lui. Mais son épouse, la reine Mathilde apparaît de plus en plus comme une pièce maîtresse dans sa spiritualité. Elle joue un rôle très important. » Le père Patrick Ballard, spé­cialiste en droit canonique, approuve : « Mathilde est une femme qui va beaucoup lui apporter. Elle rayonne ». (…)

Notre commentaire :

Un article intéressant (et qui change des banalités, plus ou moins  grotesques etimages (7).jpg malveillantes, lues dans « Le Monde » et autres faiseurs d’opinion de la presse inter­nationale).

Philippe sera certainement, comme son oncle Baudouin, un Roi de conviction : ce qui suscite les mises en garde de deux personnages emblémati­ques du profil officiel des milieux cléricaux : Alphonse Borras, Vicaire Général du dio­cèse de Liège, et Luc Tielemans, directeur des médias francophones de l’Eglise ca­tholique belge. Mais que la "nomenklatura" se rassure : est-ce que le Roi Baudouin a jamais attenté à la liberté de pensée ga­rantie par la constitution belge ? Par ail­leurs, le Roi Philippe fera certainement ex­cellente équipe avec son Chef de Cabi­net, le baron Frans Van Daele, un diplo­mate chrétien flamand de haute volée, intelligent, ferme et discret. 

JPSC

La vraie prière:

 

paque.jpgDeux hommes s’en furent à l’église pour prier ; l’un était fidèle à la tradition catholique, l’autre moderne…

Le fidèle traditionaliste, debout, priait ainsi en lui-même : « Mon Dieu, je vous rendstéléchargement (1).jpg grâce de n’être pas comme ces chrétiens postconciliaires qui trahissent le dépôt sacré, détruisent la sainte liturgie, inventent de nouveaux rites, suivent l’esprit du monde et minent la sainte Eglise de l’intérieur, il vaudrait mieux qu’ils fondent leur propre secte au lieu de subsister comme des tumeurs malignes au sein de l’institution divine ! Je vous remercie, mon Dieu, de n’être pas comme ces malappris qui ne s’agenouillent même pas pendant la consécration, communient dans la main et organisent des cocktails au fond de l’église. Dans vos églises, les chants grégoriens m’émeuvent, le son des guitares m’irrite, le bruit des tamtams me rend fou. En cinquante ans, ces renégats ont vidé les églises, détruit le scoutisme de mon enfance, répandu le relativisme et entraîné des millions d’âmes en enfer ! Dieu tout puissant, comment pouvez-vous supporter tout ce mal ? Pourquoi tardez-vous à punir ceux qui vous trahissent ? Je sais que vous êtes un Dieu patient et miséricordieux, mais là je ne vous comprends plus… Regardez vos vrais fidèles, ayez pitié de ceux qui forment la maigre cohorte de vos élus, le petit troupeau rescapé des horreurs de la modernité ! Ainsi, moi, je jeûne deux fois par semaine, je récite mon chapelet tous les jours et je donne volontiers de l’argent aux fraternités sacerdotales fidèles à Rome. Je fais l’aumône à quelques pauvres sympathiques et je soutiens financièrement un séminariste sud-américain qui porte le col romain. Chaque année, pendant mes vacances, je vais en pèlerinage dans un site marial ou dans un lieu d’apparition reconnu par l’Eglise. Mes enfants ont été scolarisés dans le réseau de l’enseignement catholique, je suis affilié à une mutuelle chrétienne et je fais du bénévolat dans une maison de retraite gérée par des religieuses voilées. Toute ma vie, je suis resté fidèle à vos préceptes. Me voici au soir de ma vie. Le monde me dégoûte, la corruption est partout, la tiédeur universelle. Je suis las et découragé. Donnez-moi, Dieu très bon, la récompense que vous avez promise à vos élus. »

Le chrétien moderniste, debout, priait ainsi en lui-même : « Mon Dieu je te rends grâce que je ne suis pas comme ces chrétiens sclérosés, qui n’ont plus bougé depuis le concile de Trente, s’accrochent à des symboles dépassés, moralisent à tout crin et fuient la révolution permanente qu’est l’Evangile. Seigneur Jésus, merci de n’être pas comme ces tradis en loden, bon chic bon genre, accrochés à leur latin, égarés dans leur moyen âge spirituel… Ce sont de pauvres gens qui n’ont pas compris que ton évangile est vivant, comme toi tu es vivant ! Avec ces poids morts, ton Eglise regarde en arrière, s’alourdit d’un fatras de préceptes éculés, et surtout elle rate le train du présent. Je repense aux promesses extraordinaires du concile de Vatican II… J’étais jeune à l’époque… Quel enthousiasme ! Nous avons tout fait pour renouveler l’Eglise ! L’Esprit Saint a soufflé comme jamais ; il fallait une vraie rupture, elle a eu lieu et nous en sommes aujourd’hui les acteurs essoufflés. Nos intuitions étaient justes et bonnes, qu’en reste-t-il ? Certains jeunes me regardent comme un vieil anarchiste ringard, alors que j’ai sincèrement recherché ton royaume... Nous savons que l’aujourd’hui de Dieu ne s’encombre pas de colifichets, de code vestimentaire ni de théologie surannée. Père très bon, veux-tu faire de nous des esclaves obéissants ou des enfants émerveillés ? Il faut vivre au cœur du monde, parler aux masses et épouser son époque comme Jésus l’a fait ! Tu es la vie, donc tu es spontané, inventif, joyeux ! Nous, nous sommes le vrai peuple de Dieu ! Regarde-moi tous ces coincés qui pleurnichent en latin et processionnent dans les fumées d’encens, comme il a un siècle ! Ils font fuir les incroyants ! Ils choquent les gens normaux ! Est-ce vraiment ça que tu veux ? Et je ne te parle pas de la hiérarchie, toujours en retard d’une guerre ou deux... D’accord, je ne vais pas à la messe tous les dimanches, mais je prie pendant la journée, je pense souvent à toi. N’est-ce pas l’essentiel ? D’ailleurs pour moi, l’eucharistie est une prière qui n’a pas besoin de rite ni de formules rigides ; je prie avec mon cœur, quand j’en ai le temps, et je sais que tu me comprends. D’ailleurs toute ma vie est orientée vers toi : je dirige l’équipe liturgique paroissiale, ma femme donne le catéchisme deux fois par semaine, je suis visiteur de prison, membre actif d’Amnesty international et responsable local du magasin Oxfam, j’étais encore engagé dans mon syndicat jusqu’avant mon infarctus… Chaque mois, je distribue le journal paroissial dans les boîtes aux lettres de la paroisse… Je fais vraiment tout ce que je peux, tu le sais ; je me dépense sans compter mon temps ni mon argent. Me voici septuagénaire et je commence à sentir la fatigue ; je pense avoir bien mérité le repos éternel dans ta paix. »

jesus_priere.jpgAu même moment, dans une autre église, deux fidèles priaient, chacun de son côté. L’un était en loden vert, l’autre en pull à col roulé. Le premier, agenouillé à distance du tabernacle, n’osait même pas lever les yeux au ciel, il se frappait la poitrine en disant : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis, et sauve ton Eglise! Apprends-moi à prier ! Apprends-moi à t’aimer, à aimer mes frères humains! Je fais le mal que je ne veux pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire! Pitié, sauve-moi !» Le second, assis au fond de l’église, n’osait pas non plus lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis, et sauve ton Eglise! Apprends-moi à prier ! Apprends-moi à t’aimer, à aimer mes frères humains! Je fais le mal que je ne veux pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire! Pitié, sauve-moi! »

 Pierre René Mélon