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04/10/2016

Notes de lecture (in" Verité et Espérance-Pâque Nouvelle", n°100, automne 2016)

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Notes de lecture:

Les racines juives de la messe par Jean-Baptiste Nadler

« Nous pouvons avoir parfois tendance à oublier que tous les premiers chrétiens étaient des Juifs, et des Juifs pratiquants. Du point de vue formel, cette vérité historique explique le lien qui existe entre les rites juifs et les rites chrétiens. Même après la résurrection de Jésus, nous voyons les premiers disciples accomplir les rites de la liturgie du Temple, fréquenter la synagogue et observer les prescriptions quotidiennes avec plus ou moins de fidélité [...]. Les premiers chrétiens n’ont pas créé leur liturgie ex-nihilo : ils ont progressivement transformé de l’intérieur leur manière juive de prier [...]. Parmi ces premiers chrétiens, certains sont en outre de véritables spécialistes du culte juif. À cet égard, le livre des Actes des Apôtres fourmille de petits détails rarement relevés. Il précise par exemple qu’une « grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi » (Ac 6, 7), c’est-à-dire devenaient chrétiens en recevant le baptême ; en entrant dans l’Église, ils apportaient donc avec eux leur connaissance intime de la liturgie du Temple. D’autres étaient lévites, comme Barnabé, « lévite originaire de Chypre » (Ac 4, 36). D’autres encore étaient chefs de synagogue » (pp. 51-52).

Ces extraits du livre résument parfaitement le propos de l’auteur : expliciter comment et pourquoi Jésus est venu « accomplir et non pas abolir » (Mt 5, 17) la Révélation de l’Ancienne Alliance, sachant que cet accomplissement – qui se réalise d’une manière imprévisible - est aussi un dépassement. Langue, architecture, vêtements, rites liturgiques (lectures, processions, offrande, encensement, lavabo, rites de communion, bénédiction), le père Nadler passe en revue les aspects de la messe qui trouvent leurs racines dans les rites juifs antiques, d’avant la destruction du Temple en 70.

VE PN 100 racines juives de la messe photo.jpgCe petit ouvrage d’accès aisé, très bien documenté, fourmille de détails passionnants ; il vient combler un certain vide culturel et cultuel contemporain ; il corrige aussi bien des préjugés, notamment ceux qui consistent à croire que la « messe de toujours » n’a pas commencé un certain jeudi, il y a environ deux mille ans, mais en décembre 1563 à la clôture du concile de Trente, ou bien que la messe est un produit dérivé de la foi personnelle du curé ou un objet d’expérimentation de « l’équipe liturgique »...

Jean-Baptiste NADLER, Les racines juives de la messe, Éditions de l’Emmanuel, 2015, 124 p., 12 €.

 

Le testament du Roc par Denis Marquet. Roman historique. 

VE PN 100 testament du roc photo.jpgEn 65 après Jésus-Christ, dans un cachot sordide de Rome, le hasard a réuni deux hommes que tout oppose : le rédacteur du récit, un certain Cletus, jeune rhéteur romain, désabusé, jouisseur, ancien favori de l’empereur Néron, et un Parthe malade, initié aux mystères de Zarathoustra, qui attend la mort avec une indifférence hautaine. Survient alors un troisième homme : Shimon. Cet homme n’est pas comme les autres, il se dégage de ce vieux juif une paix profonde et une lumière intérieure qui va peu à peu délier les langues et les cœurs. Les deux prisonniers prient Shimon de leur raconter comment il en est arrivé à les rejoindre en prison. L’histoire de ce Shimon est celle de Simon-Pierre, ancien pêcheur en Galilée et disciple de Yeshoua le Nazaréen.

Le récit est supposément connu par les chrétiens, mais l’auteur réussit à faire redécouvrir l’histoire extraordinaire de la Rédemption à partir d’un point de vue original – celui d’un vaillant et modeste pêcheur souvent dépassé par les événements –, tout en évitant les écueils habituels aux romans historiques religieux. S’il serre au plus près la vérité historique et les dialogues transmis par les évangiles, Denis Marquet n’hésite pas à « raccorder » logiquement entre eux, certains faits ou paroles isolés ou inexpliqués, sans céder toutefois aux tentations d’ésotérisme de pacotille, de rationalisme borné ou de traditionalisme servile ; son talent de narrateur est au service d’un projet spirituel : montrer la fascinante et déconcertante nouveauté des paroles, des actes et de la vie du Messie, hier et aujourd’hui encore. Car les hésitations, les questionnements, les revirements, les enthousiasmes, les émotions du pêcheur de Galilée et de ses compagnons d’aventure deviennent les nôtres et on ne se lasse pas de suivre le brave Shimon dans ses pérégrinations ; sa sincérité naïve, sa touchante générosité et son humilité déconcertante illustrent mieux l’âme humaine saisie par Dieu que les ambitieuses démonstrations apologétiques.

L’ouvrage est suivi d’un intéressant appendice où l’auteur nous invite « dans les cuisines du roman ». Ce roman facile à lire, profond et revigorant, est une belle découverte.

Denis MARQUET, Le testament du Roc, Flammarion, 2016. 533 p., 21,90 €.

 

Pierre-René Mélon

 

La fraternité des saints apôtres et la crise de l'Eglise

Réflexion faite ( cité in Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle, n° 100, automne 2013)

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Sur son blog, le Père Simon Noël, moine du monastère de Chevetogne, met en ligne ces réflexions qui invitent à la prudence et à l'obéissance mais aussi au discernement en profondeur. Elles méritent d'être lues avec la plus grande attention. Notre confrère « Belgicatho » les a relayées sur son site web le 25 juillet dernier : 

 

 LA DISSOLUTION DE LA FRATERNITE DES SAINTS APÔTRES ET L'OBEISSANCE A L'EGLISE

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« Le décret de dissolution de la Fraternité des saints apôtres vient donc d'être officiellement promulgué par l'archevêché de Malines-Bruxelles. Lors de ses adieux, Mgr Léonard avait dit que l'un des cadeaux qu'il laissait en quittant sa charge était l'existence d'un certain nombre de séminaristes, gage de futures ordinations de prêtres dans l'archidiocèse, et espoir d'une relève. Il léguait cela à son successeur avec une joie non dissimulée. Pour certains d'entre eux l'expérience va s'arrêter.

Que faut-il en penser? Certains ne cachent pas leur tristesse et leur déception, ni leur crainte pour l'avenir immédiat de l'Eglise en Belgique. Leur douleur doit être entendue. Car celle-ci montre qu'ils ne sont pas insensibles à ce problème grave qu'est la vocation sacerdotale et la formation des séminaristes.

Le primat de Belgique dit avoir pris sa décision devant Dieu et en conscience. Il a aussi consulté les autres évêques du royaume ainsi que les instances romaines compétentes. Comme toute décision de la hiérarchie, celle-ci doit être reçue avec un a priori favorable. En effet personnellement je ne vois pas comment on pourrait mettre en doute sa parole. Tout au plus pourrait-on, en cas de désaccord profond, pratiquer ce qu'on appelait au XVIIe siècle, lors du conflit janséniste, le "silence respectueux".

Mais vous m'objecterez saint Thomas d'Aquin et ce qu'il dit sur l'obligation de pratiquer la correction fraternelle à l'égard des prélats qui nuisent au bien commun de l'Eglise. Oui mais dans ce cas, il vous faudrait une certitude morale suffisante, basée sur une entière connaissance du dossier. Tant que vous ne l'avez pas, vos critiques sont stériles et vous vous exposez peut-être à devoir plus tard vous déjuger.

Je prends cependant l'objecteur au sérieux et j'admets comme supposition que l'archevêque a commis une faute ou du moins une erreur. Dans ce cas, l'obéissance demeure la voie chrétienne traditionnelle. Obéir promptement, surtout avec son intelligence, est le seul moyen pour que la volonté de Dieu se réalise, par les voies qui sont les siennes. L'exemple de tant de saints nous le prouve à travers l'histoire de l'Eglise. Si on croit vraiment en la Divine providence, on a cette assurance qu'il faut s'abandonner avec confiance, malgré toutes les apparences contraires, car Dieu permet le mal, pour qu'en sorte un bien plus grand.

Dom Lambert Beauduin, le fondateur du monastère bénédictin de Chevetogne, avait une vision sur le renouveau monastique et sur l'unité des chrétiens, qui dérangeait un certain de nombre d'autorités de l'époque. Il avait eu l'appui du cardinal Mercier, mais celui-ci n'était plus. Dom Lambert fut finalement frappé d'une sanction administrative, car on n'avait rien trouvé contre lui du point de vue doctrinal ou du point de vue moral. Il dut s'exiler en France. Il se soumit et jamais ne se révolta. Sa patience et sa persévérance à la longue furent payantes. Sur sa tombe on peut lire cet éloge: Vir Dei et Ecclesiae, Homme de Dieu et de l'Eglise. Il aimait dire en effet qu'on ne critique pas sa mère.

J'espère que le Père Zanotti-Sorkine saura trouver les mots justes pour guider ses enfants spirituels sur la bonne voie. Je prie beaucoup pour eux tous.

La crise de l'Eglise : crise de la foi, de la liturgie et du sacerdoce

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Quelle que soit la vérité ultime sur les péripéties actuelles de cette fraternité ou d'autres, comme celles qui concernent la présence à Rennes de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, il nous faut aborder la question de la crise actuelle de l'Eglise et élever le débat.

Il s'agit d'abord de la pureté de la doctrine de la foi. De quoi s'agit-il? Ni plus ni moins que de l'affrontement apocalyptique entre la foi prêchée par Jésus-Christ et les apôtres et une nouvelle religion, profondément antichristique. Relisons ce que saint Jean nous disait dans sa première épître: Enfants, c'est la dernière heure. Vous avez entendu que l'Antéchrist vient. De même à présent il y a beaucoup d'Antéchrists, et par là nous savons que c'est la dernière heure. Ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas des nôtres, car s'ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous; mais c'était pour montrer que tous ne sont pas des nôtres (1 Jn, 2, 18-19). Oui, les hérétiques et les apostats sont parmi nous. Comme le disait le bienheureux Paul VI, les fumées de Satan sont entrées dans le sanctuaire. Le saint Pape Pie X notait déjà que les hérétiques modernistes, au lieu de quitter l'Eglise comme leurs devanciers, restait en son sein pour la détruire de l'intérieur. Alors que les hérésies anciennes consistaient à nier l'une ou l'autre vérité de la foi, de nos jours il s'agit de tout autre chose: une nouvelle religion, centrée sur l'homme et le monde actuel, sans aucune visée transcendante. Le christianisme est rabaissé à ce qu'on appelle des valeurs (on ne parle plus de commandements à observer pour mériter le ciel!), valeurs seulement susceptibles de rendre notre vie sur terre plus agréable. Certes vivre l’Évangile nous donne déjà le bonheur véritable sur terre, mais surtout il nous apprend comment obtenir le bonheur éternel. Alors méfions-nous, si un évêque, un prêtre, un théologien nous parle beaucoup des droits de l'homme, des problèmes sociaux ou politiques, s'il en reste toujours à des points de vue psychologiques ou sociologiques, et ne parle jamais du ciel ou de l'enfer, du salut par la Croix du Christ, du péché et du jugement; il se pourrait bien que nous ayons à faire à l'un de ceux qui ne sont pas des nôtres, selon la formule nette de saint Jean. Il y a une chose à ajouter. Un bon critère de discernement dans la confusion actuelle est le critère marial. Vous pouvez faire confiance à quelqu'un si vous savez qu'il dit son chapelet, car un fidèle de la Vierge pourra momentanément déraper, Marie le remettra tôt ou tard sur la bonne voie.

Car ce combat apocalyptique est celui qui oppose la Mère de Dieu, la Vierge Immaculée, et l'antique serpent, le séducteur, le diable. Il faut relire là-dessus le chapitre 12 de l'Apocalypse: Le dragon s'irrita contre la femme et s'en alla faire la guerre au reste de sa descendance (Ap 12, 17). La femme, c'est Marie, c'est  l'Eglise, mais c'est aussi la femme tout simplement. Car actuellement c'est surtout au niveau de la morale simplement naturelle que se joue ce combat eschatologique. Divorce, avortement, contraception, homosexualité, voilà des domaines sur lesquels se vérifient ou non la pureté doctrinale des maîtres d'aujourd'hui. Lucie de Fatima l'a rappelé dans une lettre au cardinal Caffara: La bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan portera sur la famille et le mariage.

La crise de l'Eglise est aussi une crise liturgique. La solidité et l'unité de la foi dépendent en très grande partie de la solidité et de l'unité de la liturgie. Dans ce domaine, le diable s'est déchaîné  et les ravages sont immenses. Toute une génération a désappris à célébrer. On pourrait élever des rayons entiers pour y classer tous les documents du Saint-Siège sur la liturgie qui sont restés lettre morte. Anne-Catherine Emmerich avait annoncé que dans les années soixante du XXe siècle, le diable serait lâché pour un temps et qu'il s'agiterait beaucoup. Tiens c'est en 1964, si je ne m'abuse, qu'on a cessé de dire après la messe la prière d'exorcisme à Saint Michel archange, prière que plus tard, saint Jean-Paul II nous a invités à reprendre. En tout cas, c'est peu après qu'on a vu apparaître les premières aberrations liturgiques. Je sais que la situation s'est plutôt améliorée. Une nouvelle génération de prêtres est apparue, qui suit mieux les directives de l'Eglise et qui célèbrent très pieusement. Mais il y a encore un long chemin à parcourir.

Enfin, et nous en revenons à nos propos du début, ce contre quoi le diable s'agite tout particulièrement, c'est contre le sacerdoce catholique. Des prêtres fervents et célibataires, totalement dévoués à leur ministère, cela il n'en veut plus. C'est pourquoi entre autres il remue périodiquement la question du célibat sacerdotal. On est parfois là-dessus en plein délire et dans une totale illusion. L'Eglise orthodoxe a la tradition d'un clergé marié. Je suis bien placé par mes contacts œcuméniques pour savoir que les choses ne s'y passent pas toujours si bien que çà. Si l'Eglise romaine atténuait la loi du célibat sacerdotal elle perdrait plus qu'elle n'y gagnerait. On connaît l'aphorisme suivant: Les prêtres saints font le peuple pieux, les prêtres pieux font le peuple honnête, les prêtres honnêtes font le peuple impie. Le mariage est sans nul doute une voie vers la sainteté. Je n'en doute absolument pas, il y a des laïcs mariés beaucoup plus saints que maints prêtres. Mais ne mélangeons pas les vocations. Un grand saint russe orthodoxe moderne, et qui était un prêtre marié, saint Jean de Cronstadt (1829-1908) était un apôtre de la communion fréquente et célébrait lui-même la divine liturgie tous les jours. Il avait pris conscience, face au mystère redoutable qu'est l'eucharistie, que le Seigneur l'appelait à vivre dans la continence parfaite. Voilà un magnifique témoignage en faveur du célibat sacerdotal, venu justement de nos frères d'orient.

VE PN sept 2016 photo 7.jpgLe diable a en horreur la messe et le prêtre. Il fera tout détruire l'un et l'autre, mais tenons bon, car à Fatima, Marie nous l'a promis: A la fin mon Cœur Immaculé triomphera ».

 Website  du P. Simon Noël : http://simonnoel.blogspot.be/


 
Sans vouloir tomber dans les excès du genre apocalyptique, il est permis de noter que l’année 2017 sera celle du centenaire des apparitions de Fatima, dont le message est sans doute le plus prophétique de ceux que Marie a donnés au monde moderne confronté à la grande apostasie de la foi dans les pays de vieille chrétienté : une interpellation qui  nous invite à prier pour notre temps la Vierge qui défait les nœuds : « A la fin, mon Cœur immaculé triomphera ».  JPS

19/07/2016

Âme du Christ: un commentaire sur la célèbre prière de saint Ignace de Loyola

Réflexion faite

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Âme du Christ 

La célèbre prière de saint Ignace de Loyola n’est en réalité pas de lui. Ses origines remontent au XIVe siècle au moins. Elle s’inscrit dans la ligne de la « devotio moderna »  mais son auteur reste inconnu. C’est le fondateur de la Compagnie de Jésus qui la rendit vraiment populaire, jusqu’à nos jours. Elle figure en tête du Testament spirituel du pape Pie XII (dont le confesseur était un jésuite allemand, le futur cardinal Augustin Bea). A ce propos, nous publions ici une réflexion destinée à paraître dans notre Revue destiné à "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle"  :

« L’Anima Christi est une belle prière, éminemment eucharistique, qui convient particulièrement pour l’action de grâce après la communion, ou encore, à un bon moment d’adoration du Saint-Sacrement.  

De quand date-t-elle ?

Elle n’est pas récente mais on peut la prier avec un cœur toujours nouveau. Elle s’inscrit dans une tradition séculaire et vénérable. Ses origines remontent au XIVe siècle au moins, car le British Museum en garde un manuscrit, datant probablement de 1370, fût-ce sous une forme légèrement différente de celle qui est devenue classique. On l’a retrouvée aussi dans l’Alcazar de Séville (palais des rois), à l’époque de Pierre le Cruel (milieu du XIVe s.).

Qui est l’auteur ?

Là, on se perd en conjectures. Elle fut attribuée à Bernardin de Feltre, un franciscain (mais celui-ci est de la 2e moitié du XVe s). On l’a mise sous la plume de saint Thomas d’Aquin (1225-1274), et aussi du pape Jean XXII (pape en 1315). Celui-ci accorda à la prière une indulgence de 3000 jours et contribua à sa popularité. Mais en définitive, l’auteur reste inconnu jusqu’à nos jours. 

Saint Ignace de Loyola.

Beaucoup d’éditions des Exercices spirituels de saint Ignace font figurer l’Anima Christi au tout début des exercices, même dès avant le texte des Exercices, comme une sorte de portail d’entrée. On ne peut imaginer une plus belle recommandation. Sans conteste, saint Ignace a contribué à un accroissement de la popularité de cette prière. Dès la première semaine des exercices, pour le triple « colloque » (oraison) conclusif de la méditation, saint Ignace la met au même pied que l’Ave Maria et le Pater noster. C’est dire tout le fruit spirituel que le saint escomptait voir retirer de sa pratique par le retraitant. Mais à l’époque elle était déjà bien entrée dans la dévotion, elle était supposée connue, ce qui dispensait les premiers éditeurs des Exercices de la mentionner dans son entier.

Actuellement.

La prière a été traduite dans la plupart des langues. Le cardinal Newman l’a traduite en anglais.

Pie XII avait coutume de prier l’Anima Christi. La dernière fois, semble-t-il, lorsqu’il reçut les derniers sacrements, peu avant sa mort.

On aurait pu croire cette vieille prière passée de mode, désuète, mais à l’heure actuelle, il en existe plusieurs versions chantées. On peut l’écouter sur YouTube. C’est en dire toute la jeunesse.

 

Pour mémoire, en voici le texte :

 

Anima Christi, sanctifica me.

          Âme du Christ, sanctifie-moi.

Corpus Christi, salva me.

          Corps du Christ, sauve-moi

Sanguis Christi, inebria me.

          Sang du Christ, enivre-moi.

Aqua lateris Christi, lava me.

          Eau du côté du Christ, lave-moi.

Passio Christi, conforta me.

          Passion du Christ, fortifie-moi.

O bone Jesu, exaudi me.

          Ô bon Jésus, exauce-moi.

Intra tua vulnera absconde me.

          Dans tes blessures, cache-moi.

Ne permittas me separari a te

          Ne permets pas que je sois séparé de toi.

Ab hoste maligno defende me.

          De l’ennemi malin, défends-moi.

In hora mortis meae voca me,

          A l’heure de ma mort, appelle-moi,

Et iube me venire ad te,

          Et ordonne-moi de venir à toi,

Ut cum sanctis tuis laudem te,

          Pour qu’avec tes saints je te loue,

In saecula saeculorum. Amen.

          Dans les siècles des siècles. Amen.

 

Arrêtons-nous…

Et lisons la prière avec l’attention de notre esprit et surtout de notre cœur profond. Nous remarquerons que les invocations successives s’évoquent de façon naturelle : âme et corps, corps et sang, sang et eau, puis on résume en passion suivi d’un cri du cœur. Ensuite une série de demandes essentielles pour aboutir à la louange éternelle du Seigneur, clôturée par un ferme amen. Chaque invocation constitue un des aspects du Christ total, que nous pouvons distinguer, pour d’autant mieux les unir dans une belle contemplation du grand mystère de notre foi. Vous sentirez que le mouvement de la prière est proprement « anagogique », qui nous emmène vers le haut, vers le Ciel. 

Pour peu que nous ayons mémorisé la prière, chacune des invocations peut être utilisée comme oraison jaculatoire, pratiquée au cours de la journée, pour garder le contact avec le Christ en nous, au milieu de nos activités les plus diverses et pour nous remettre notre dernière communion en mémoire, après beaucoup de distractions, et préparer notre prochaine communion par une communion spirituelle.  

On s’étonnera de l’absence du terme que nous aimons employer quand nous prions le Christ : son Coeur. Mais à l’époque de la composition de cette prière, la théologie et la mystique n’avaient pas encore déployé la richesse de cette notion, qui nous est à présent bien familière, après les révélations faites à sainte Marguerite-Marie Alacoque, au XVIIe siècle : Cœur Sacré de Jésus, aie pitié de nous… Mais rien ne nous empêche d’ajouter cette invocation, ainsi que, par ailleurs, d’autres qui nous inspirent (p.ex. Lumière du monde, éclaire-moi. Berger de mon âme, conduis-moi…).   

A part les deux dernières lignes, ce sont onze impératifs que nous lançons vers le Seigneur, comme autant de soupirs ou de supplications de notre cœur profond, et non comme des ordres que nous Lui donnerions. Pour qui nous prendrions-nous… Notre Créateur et Seigneur, Lui, riche en miséricorde (Ep 2,4), pourrait-Il résister quand ses élus crient vers Lui jour et nuit (cfr. Lc 18,7)? Nous n’avons pas à L’informer sur nos désirs ou nos besoins, Lui qui « me scrute et qui sait », car : «Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, Tu le sais » (Ps 138,1.4). « Seigneur, Tu sais tout, Tu sais bien que je T’aime » (Jn 21,17).

Et je puis, Seigneur, mettre à l’indicatif présent les impératifs que je formule : Oui, Tu me sanctifies, Tu me sauves, Tu m’enivres,… Tellement je suis confiant que Tu m’exauces, et sûr de ton Amour.

     Âme du Christ, sanctifie-moi

Seigneur, dans chaque communion je reçois en moi, mystérieusement, toute ta Personne, toute ta présence, tout ton Esprit, qui vient renforcer ma prise de conscience que Tu demeures toujours présent dans le fond de mon cœur, car mon corps est devenu le temple de l’Esprit Saint (cfr. 1 Co 6,19). Que je sois donc toujours plus présent à ta Présence, dans mon temple intérieur. Oui, Tu viens en moi en personne, Tu paies de ta personne. Te voilà chez moi, Seigneur, et me voici chez Toi. « Il est grand, le mystère de la foi ». Transforme mon âme en la tienne, afin que tout mon cœur soit vraiment « animé » par ton âme. Je veux m’unir à Toi, Seigneur, pour n’être avec Toi qu’un seul esprit (cfr. 1 Co 6,17). Donne-moi tes yeux, tes oreilles, tes mains, tes gestes, et tout en moi deviendra sain et saint : Tu me guéris et me sanctifies. Ainsi, croyant en Toi, je ferai, moi aussi, les œuvres que Tu fais, et même de plus grandes (cfr. Jn 14,12), avec ta grâce.

     Corps du Christ, sauve-moi

La sainte hostie est devenue, par le ministère du prêtre, ton Corps. Dans ma foi je le sais. Je goûte un morceau de pain et je sais que c’est Toi, mais Toi tout entier. Ta sainte humanité, apparue dans notre chair, est devenue la tête de ton Corps agrandi (cfr. Col 1,18), qui comporte désormais toute ton Eglise, et ainsi je suis devenu, par le baptême, un membre de ton Corps. Ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu’un seul Corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres (cfr. Rm 12,5). Assume-moi de plus en plus dans ta sainte Eglise, et sauve-moi déjà au sein de ton Eglise militante, ici sur terre, en attendant de passer par ton Eglise souffrante vers ton Eglise glorieuse. Quand je communie à ton Corps, à travers celui-ci, je communie donc aussi à ton Corps glorieux, à l’Eglise glorieuse tout entière, à la Vierge Marie ainsi qu’à tous les saints qui forment dans ton Corps la communion des saints. Vraiment, par la communion, le Ciel s’ouvre à moi, car « l’eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création » (Laudato si, 236).    

     Sang du Christ, enivre-moi

Tu me donnes ton Sang, « versé pour nous et pour la multitude en rémission des péchés», et c’est ta Vie qui coule en moi et qui témoigne de ton ardeur et de ton élan pour sauver tous les hommes, et pour me sauver de ma tiédeur, de mon conformisme, de mon indifférence, de mon péché. Que ta Vie devienne en moi comme un vin capiteux, et me fasse participer à ta ferveur, par l’Esprit Saint. Tu as proclamé « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi et qu’il boive, celui qui croit en Moi ! » Donne-moi à boire ce vin nouveau qui coule de ton Cœur jusqu’à l’ivresse, car elle est bonne, cette ivresse-là :

« Bonne ivresse ! qui verse la joie sans apporter la confusion.

Bonne ivresse ! qui affermit la marche d’une esprit sobre.

Bonne ivresse ! qui répand le don de la vie éternelle.

Bois donc à cette coupe dont le prophète parle en ces termes : Ta coupe enivrante, qu’elle est glorieuse ! » (Saint Ambroise)

     Eau du côté du Christ, lave-moi

Vidi aquam egredientem… J’ai vu l’eau vive jaillissant du temple (cfr. Ez 47), du Cœur du Christ … Baigne-moi, Seigneur, dans cette eau, de façon toujours nouvelle, car le seul sacrement du baptême, reçu une fois, ne me suffit pas, car constamment de nouvelles souillures viennent me salir. Si Tu veux, Tu peux me purifier (Mt 8,2). Lave-moi, et je serai blanc plus que la neige (Ps 50,9), car c’est pour cela que Tu es venu. Que la fontaine ouverte pour la maison de David lave péché et souillure en moi (cfr. Za 13,1). Accomplis donc ton œuvre en moi, Toi qui as accompli la prophétie « de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7,38). Poussé par ta seule miséricorde, Tu nous sauves par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint (cfr. Tt 3,5). Dans l’allégresse je veux puiser les eaux aux sources du salut (cfr. Is 12,3). Et quand Tu me conduis, Tu me rassasieras dans les lieux arides et je serai, moi aussi, comme une source jaillissante, dont les eaux ne tarissent pas (cfr. Is 58,11).

     Passion du Christ, fortifie-moi   

Que la contemplation de ta Passion, Seigneur, loin de me décourager dans un dolorisme stérile, me donne la force d’affronter avec Toi les épreuves de cette vie, qu’elles soient engendrées par les autres, par ma nature, ou par les tentations de toutes sortes qui infestent notre monde. Ce que je vis, Seigneur, je veux le vivre en union avec toute ta Passion. Ta passion, en effet, n’a pas commencé au jardin des Oliviers, car déjà durant ta vie cachée de Nazareth, la vue des comportements humains devaient être pour Toi une source de souffrance, une réelle passion, faisant mûrir dans ton humanité la vocation divine de livrer ta Vie pour que nous comprenions l’Amour incommensurable du Père. « Ne comprenez-vous pas encore ? » dis-Tu même à tes apôtres (cfr. Mc 8,21), et nous comprenons que Tu en souffres... De même quand ceux-ci discutent entre eux pour savoir qui est le plus grand (cfr. Mc 9,34). Et Tu as souffert de la fatigue au puits de Jacob (cfr. Jn 4,6), et de la faim au désert (cfr. Mt 4,2). Accorde-moi de comprendre ta Passion comme Tu veux que je la comprenne, dans l’Esprit Saint, à travers ce que je vis en union avec Toi. Apprends-moi à aimer passionnément.

     Ô bon Jésus, exauce-moi

Oui, Seigneur, je demande, je cherche, je frappe, et je sais qu’on me donnera, que je trouverai, qu’on m’ouvrira (cfr. Lc 11,9), car mes demandes sont en réelle conformité avec ce que le Père voudrait que je demande : l’Esprit Saint (cfr. Lc 11,13). Mais comme il me tarde de voir que je suis exaucé. Pour être exaucé, il faut que tes paroles demeurent en moi (cfr. Jn 15,7). Apprends-moi à patienter et à Te remercier, car je crois que j’ai déjà reçu ce que je Te demande (cfr. Mc 11,24), car c’est ce que l’Esprit Saint me dit de demander en des gémissements ineffables en moi (cfr. Rm 8,26). Seigneur, Tu nous as dit que le Père sait que j’ai des besoins de toutes sortes mais je dois simplement chercher son Royaume et sa justice, et tout cela me sera donné par surcroît (cfr. Mt 6,32-33). Je Te fais confiance et je suis sûr que Tu arriveras bien à tes fins avec moi, par des chemins qui me sont encore inconnus.

     Dans tes blessures, cache-moi

Ton Corps porte d’innombrables blessures, et l’Eglise ici sur terre considère toutes tes blessures. La persécution T’atteint dans ton Corps, Seigneur, et Tu as crié «Saul, Saul, pourquoi Me persécutes-tu ? » (Ac 9,4), pour que ce persécuteur devienne désormais ce perpétuel persécuté à cause de l’Evangile, dans ton Eglise, jusqu’à compléter dans sa chair ce qui manque à tes afflictions, en faveur de ton Corps, qui est l’Eglise (cfr. Col 1,24). Oui, jusqu’à porter dans sa chair les marques (« stigmata ») de Jésus (cfr. Ga 6,17). Tes stigmates, Seigneur, nous les voyons partout où l’Eglise et toute l’humanité souffre : dans les innocents tués, dans les pauvres délaissés, dans les malades achevés par euthanasie, dans les enfants soldats, dans la traite des femmes esclaves, dans les vieilles personnes dans la solitude, etc. Dans tous ces stigmates, Seigneur, que je puisse m’y immerger et m’y cacher en essayant d’y remédier à l’échelle de mes pauvres moyens, et en premier lieu en les prenant dans mon cœur en Te priant pour eux.

     Ne permets pas que je sois séparé de Toi

Tu es le bien-aimé de mon âme, et comme dans le Cantique des Cantiques, il me plaît de Te savoir derrière notre mur, guettant par la fenêtre, épiant par le treillis, et de m’entendre dire : « Lève-toi, ma bien-aimée, ma belle, viens. » (Ct 2,9-10).

Mais mon âme est inconstante, mon esprit versatile, et la moindre distraction, préoccupation ou souci me font perdre le contact et je dois de nouveau Te chercher, Toi, que mon cœur aime, et bien des fois je ne T’ai point trouvé (cfr. Ct 3,2). Pourtant, Tu me devances et me poursuis, Tu as mis la main sur moi (cfr. Ps 138,5). Surtout, Seigneur, qu’aucun péché ni négligence ou manque d’ardeur ne T’éloignent de moi, car Tu vomis les tièdes. Heureusement, ceux que Tu aimes, Tu les reprends et les corriges, et voici que Tu Te tiens à la porte et Tu frappes. Pour que Tu sois près de moi et moi près de Toi (cfr. Ap 3,16.19-20).

     De l’ennemi malin, défends-moi

Que le dragon, l’antique serpent, le diable, satan, celui qui égare le monde entier (cfr. Ap 12,9), ne parvienne à m’égarer par ses tentations, ses séductions, ses mirages et ses ruses ! Oui, comme nous prions dans le Notre Père : « ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal ». « Tu es mon allié, ma forteresse, ma  citadelle, celui qui me libère, Tu es mon bouclier qui m’abrite » (Ps 143,2). «  Tu es celui qui me sauve des filets du chasseur et de la peste maléfique » (Ps 90,3). Que je sois donc critique et clairvoyant avec moi-même, et « donne-moi la Sagesse, assise près de Toi, car je suis ton serviteur, le fils de ta servante » (Sg 9,4-5) . Oui, je suis enfant de Marie, humble servante, car Tu m’as donné Marie, ta mère, comme ma mère (cfr. Jn 19,27), et je sais qu’elle écrase la tête du serpent (cfr. Gn 3,15, selon la Vulgate), pour défendre ses enfants de toute atteinte. Je sais qu’auprès d’elle, sous le manteau de son Magnificat, et dans l’adoration, je n’ai rien à craindre. Sub tuum praesidium confugimus, sancta Dei Genitrix,… « Sous l’abri de ta miséricorde nous avons un refuge, sainte Mère de Dieu, … » (prière du IIIe ou IVe siècle !). Comme elle est longue, la lignée de ceux qui, dans la foi, ont eu recours à ta Mère, Seigneur, pour éloigner le malin, et pas un seul n’a jamais été déçu. Qu’elle m’apprenne à veiller et prier, pour ne pas entrer en tentation (cfr. Mt 26,41).

     A l’heure de ma mort, appelle-moi

A cette heure-là, c’est mon espérance, Tu m’appelleras par mon nom, qui me fut donné lors de mon baptême. Mon nom est inscrit dans la paume de tes mains (cfr. Is 49,16), mais Tu me donneras un nom nouveau, gravé sur un caillou blanc (cfr. Ap 2,17), blanc comme ta victoire. Ce sera mon identité unique, glorieuse et éternelle auprès de Toi. Cependant, avant ce moment ultime, Seigneur, beaucoup de moments de « mort » sont disséminés dans ma vie, des moments de « morti-fication », de renoncements à ma volonté propre, de dépossession de moi-même, d’abandon entre tes Mains, de don de ma vie en ce temps qui s’écoule ici-bas. Rappelle-moi alors ma vocation première, ainsi que ma vocation ultime. Qu’en ces moments-là je puisse reconnaître ta voix qui m’appelle à devenir comme Toi, pur amour, tout donné.

     Et ordonne-moi de venir à Toi

Car auprès de Toi j’ai une place unique et déjà réservée. Et quand Tu m’as préparé cette place, Tu promets de venir à nouveau et Tu me prendras auprès de Toi, afin que là où Tu es, moi aussi je sois (cfr. Jn 14,3). Déjà je Te rends grâce pour ce dessein de ta miséricorde, dont je ne saisis toujours pas la profondeur, et dont je ne suis vraiment pas digne. Mais dans mon indignité, je m’enhardis de crier : « Amen, viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20) et ordonne-moi déjà maintenant de venir à Toi pour être avec Toi, et être envoyé dans le monde pour y être ton apôtre (cfr. Mc 3,14). Ordonne-moi, qui suis encore, comme Bartimée, dans la cécité et l’obscurité de ma condition mortelle et qui Te supplie : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi. », de venir à Toi. Alors, quittant mon manteau corporel, je m’élancerai vers Toi et je Te demanderai : « Fais-moi de grâce voir ta gloire ! » (Ex 33,18), et Tu me donneras de Te voir face à face, et je Te suivrai en glorifiant Dieu (cfr. Mc 10,46 ss ; Lc 18,38 ss), le visage transfiguré, transformé en ton image, allant de gloire en gloire (cfr. 2 Co 3,18).  

     Pour qu’avec tes saints je Te loue

Oui, que s’accomplisse alors, en plénitude, ce que nous demandons au Père, dès ici-bas : «… quand nous serons nourris de son Corps et de son Sang, et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul Corps et un seul Esprit dans le Christ. Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta Gloire, pour que nous obtenions un jour les biens du monde à venir auprès de la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, de saint Joseph, son époux, avec les Apôtres, les martyrs et tous les saints » (Pr. Euch. 3), et qu’avec ceux-ci, « qui ont vécu dans ton amitié, nous ayons part à la vie éternelle, et que nous chantions ta louange, par Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé » (Pr. Euch. 2). Oui, avec la foule immense, je chanterai : le salut, la gloire et la puissance à notre Dieu, car ses jugements sont vrais et justes. Célébrez notre Dieu, serviteurs du Seigneur. Exultons de joie et rendons-Lui la gloire… (cfr. Ap 19,1-2.5.7).

     Dans les siècles des siècles. Amen.

Toujours plus, de plus en plus, et déjà maintenant, plus profondément, plus intensément, plus ardemment, je découvre ainsi l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rm 8,39). « Par Lui, avec Lui et en Lui, à Toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire »…   

 J. Naedts »

Dévotion eucharistique tous les mardis (17h-19h)

Liège, église du Saint-Sacrement, Bd d'Avroy, 132

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