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29/06/2016

Un appel urgent de Mère Madeleine Boland, abbesse des Bénédictines de Liège

Peut-être l’avez-vous déjà entendu, dimanche dernier, de la bouche des abbés Jean Schoonbroodt (10h00) ou Claude Germeau (11h15), si vous assistez aux messes dominicales à l’église du Saint-Sacrement (Boulevard d’Avroy, 132) ; c'est l’appel lancé par notre communauté chrétienne voisine, celle des Bénédictines de Liège (Bd d’Avroy, 54) pour une Sœur médecin congolaise : 

Kabondo-Dianda.JPG« En 1993, notre communauté a accueilli pour la durée de ses études de médecine, Sœur Ida NKULU-MBUYU, religieuse congolaise de la Congrégation Diocésaine des Sœurs de la Mère du Sauveur, fondée en 1976 par l’Evêque de Kamina, Monseigneur MALUNGA. 

Rentrée au pays en 1998, Sœur Ida travaille depuis lors à Kabondo-Dianda (photo), au Katanga,  dans un hôpital que leur ont laissé des Sœurs Espagnoles.  Aujourd’hui, elle est Médecin Directeur de cet Hôpital Général de Référence qui compte 100 lits. En 2006, en plus de sa charge de Médecin Directeur, Sœur Ida a été nommée Supérieure Générale de sa Congrégation.  Trente-trois religieuses réparties en six communautés mettent leur vie au service de la santé ou de l’enseignement. 

En septembre 2015 et en février 2016, Sœur Ida a subi à Lubumbashi, deux interventions chirurgicales pour une tumeur, bénigne à l’origine, mais qui s’est rapidement dégradée…Venue à Rome au mois de mai pour la rencontre de l’Union Internationale des Supérieures Générales, elle repasse par la Belgique avant de rentrer au pays en juillet prochain.  Hélas ! Une nouvelle tumeur maligne s’est brusquement déclarée…  Grâce au médecin du C.P.A.S., elle a pu être hospitalisée d’urgence à l’hôpital de la Citadelle à Liège.  Elle a été opérée le 6 juin et doit recevoir une chimio assez lourde avec des produits introuvables au Congo. Elle n’a aucun recours possible à une mutuelle, ou à une assurance quelconque… et nous n’avons pas les moyens de prendre en charge, tous les frais liés à son hospitalisation et à son traitement. 

Alors, je viens tout simplement vous demander de l’aide. 

A Kabondo-Dianda, Sœur Ida se trouve bien souvent acculée à soigner gratuitement  ceux qui se présentent  Aujourd’hui, c’est elle qui est dans la nécessité. «La Citadelle» ne peut nous donner une estimation financière, même approximative mais nous avertit qu’une chimio revient au minimum,  pour commencer, à 25.000 €. (*)

Pourriez-vous partager quelque peu avec nous les frais de traitement et d’hospitalisation de Sœur Ida et éventuellement y intéresser l’une ou l’autre personne parmi vos relations ?  J’ai ouvert à cet effet, un compte bancaire à mon nom dont voici le numéro :

Compte n°:  BE46 7506 7481 6836 IC/SWIFT  :  AXABBE22

de Madeleine BOLAND - Boulevard d'Avroy, 54 - 4000  Liège

 Nous sommes tous confrontés, il est vrai, à la crise économique qui frappe notre pays et bien d’autres dans le monde mais tant d’hommes et de femmes aspirent à plus de solidarité que je crois possible, l’impossible…

Je vous remercie de tout cœur pour votre générosité et vous promets notre prière, celle de Sœur Ida et de sa Congrégation et celle de toutes mes Sœurs.

Sœur Madeleine »

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(*) Selon l'article paru dans la Gazette de Liège du 29 mai: ""Le coût d'une première chimio est au minimum de 7.500 € "et on n'envisage qu'un traitement d'une année", qui en comporte évidemment plusieurs.

 JPS    

29 juin 2016 : Jubilé sacerdotal pour Benoît XVI

Réflexion faite :

Sacerdoce et tentation protestante 

ratzinger.jpgOn célèbre aujourd’hui à Rome, en présence du jubilaire et de son successeur le pape François, le soixante-cinquième anniversaire de l’ordination sacerdotale (29 juin 1951) de Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI.

À cette occasion, le pape émérite se voit offrir un volume dans lequel sont réunies 43 de ses homélies, avec une préface du pape François lui-même. Cet ouvrage est publié de manière simultanée en six langues : en Italie par Cantagalli, aux États-Unis par Ignatius Press, en Allemagne par Herder, en France par Parole et Silence, en Espagne par Biblioteca de Autores Cristianos, et en Pologne par l'Université Catholique de Lublin.

L’extrait qui suit est tiré de l'introduction du livre, écrite par le cardinal Gerhard L. Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, qui supervise l’édition des œuvres complètes de Joseph Ratzinger : il raconte l’indomptable résistance opposée par celui-ci à l'offensive doctrinale des disciples de Luther.

Ce rappel vient à point nommé alors que le monde de la Réforme s’apprête à fêter en grandes pompes un autre anniversaire : le cinquième centenaire de l’affichage (1517) des 95 thèses qui donnèrent naissance au Luthéranisme et à toutes les hérésies protestantes qui découlent de ce geste historique. La dénaturation du sacerdoce ministériel en est une. Pourquoi le taire ? L’œcuménisme, qui est l’une des formes de la charité, n’exclut pas, en effet, la proclamation de la vérité : caritas in veritate.

Sacerdoce catholique et tentation protestante

Gérard Muller.jpg

par Gerhard L. Müller

 

« Le concile Vatican II a cherché à ouvrir une nouvelle voie vers la véritable compréhension de ce qu’est le sacerdoce. Alors comment se fait-il que, au lendemain du concile, l’Église se soit trouvée confrontée à une crise à propos de cette identité du sacerdoce qui, du point de vue historique, ne peut être comparée qu’aux conséquences de la Réforme protestante du XVIe siècle ?

Je pense à la crise concernant la doctrine du sacerdoce qui a eu lieu pendant la Réforme protestante, une crise au niveau dogmatique, dont le résultat a été que le prêtre été réduit à n’être qu’un simple représentant de la communauté, par élimination de la différence essentielle entre le sacerdoce ordonné et celui qui est commun à tous les fidèles. Et puis je pense à la crise existentielle et spirituelle qui a eu lieu au cours de la seconde moitié du XXe siècle et qui a éclaté, au point de vue chronologique, après le concile Vatican II – mais certainement pas à cause de ce concile – et dont nous subissons encore aujourd’hui les conséquences.

Joseph Ratzinger montre avec beaucoup de finesse que lorsque le fondement dogmatique du sacerdoce catholique disparaît, non seulement la source à laquelle on peut efficacement abreuver une vie à la suite du Christ se tarit, mais que l’on voit également disparaître la motivation qui permet d’accéder à une compréhension raisonnable non seulement de la renonciation au mariage en vue du royaume des cieux (cf. Mt 19, 12), mais aussi du célibat en tant que signe eschatologique du monde de Dieu qui adviendra, un signe à vivre avec la force du Saint-Esprit, dans la joie et la certitude. 

Si la relation symbolique qui appartient à la nature du sacrement est occultée, le célibat sacerdotal devient le résidu d’un passé hostile à l’essence physique de l’homme et il est critiqué et combattu comme étant la cause unique de la pénurie de prêtres. Sans oublier que disparaît également ce fait évident, pour le magistère et pour la pratique de l’Église, que le sacrement de l’Ordre doit être administré uniquement à des hommes. Un ministère conçu en termes fonctionnels, au sein de l’Église, risque d’être soupçonné de légitimer une domination, alors que, au contraire, il devrait être fondé et limité dans un sens démocratique.

La crise du sacerdoce dans le monde occidental, au cours des dernières décennies, est également le résultat d’une confusion radicale de l’identité chrétienne face à une philosophie qui transfère à l’intérieur du monde le sens le plus profond et le terme ultime de l’Histoire et de toute existence humaine, les privant ainsi de l’horizon transcendant et de la perspective eschatologique. 

Tout attendre de Dieu et fonder toute notre vie sur Dieu, qui en Jésus-Christ nous a tout donné : voilà la logique - la seule possible - d’un choix de vie qui, dans le don total de soi-même, se met en chemin sur les traces de Jésus-Christ, en participant à sa mission de Sauveur du monde, mission qu’il accomplit dans la souffrance et sur la croix, et qu’il a révélée de manière incontestable à travers sa Résurrection des morts.

Toutefois il faut également noter la présence, à la racine de cette crise du sacerdoce, des facteurs intra-ecclésiaux. Comme il le montre dans ses premières interventions, Joseph Ratzinger possède dès le début une vive sensibilité lui permettant de percevoir tout de suite ces secousses annonciatrices du tremblement de terre : et cela surtout dans l’ouverture, de la part de très nombreux milieux catholiques, à l’exégèse protestante qui était en vogue dans les années Cinquante et Soixante du siècle dernier. 

Bien souvent, du côté catholique, on n’a pas pris conscience des conceptions pleines de préjugés qui étaient sous-jacentes à l’exégèse issue de la Réforme. Et c’est ainsi que s’est abattue sur l’Église catholique (et sur l’Église orthodoxe) la fureur de la critique qui s’en prenait au sacerdoce ministériel en présumant que celui-ci était dépourvu de fondement biblique.

Le sacerdoce sacramentel, complètement orienté vers le sacrifice eucharistique – comme cela avait été affirmé au concile de Trente –ne paraissait pas, à première vue, reposer sur des fondements bibliques, que ce soit au point de vue de la terminologie ou en ce qui concerne les prérogatives particulières du prêtre par rapport aux laïcs, spécialement pour ce qui touche au pouvoir de consacrer. La critique radicale dont le culte faisait l’objet – et avec elle le dépassement, vers lequel on tendait, d’un sacerdoce limitant la prétendue fonction de médiation  – a semblé faire perdre du terrain à une médiation sacerdotale au sein de l’Église.

La Réforme a attaqué le sacerdoce sacramentel parce que, prétendait-elle, celui-ci rendait discutable l’unicité du sacerdoce suprême de Jésus-Christ (sur la base de la Lettre aux Hébreux) et qu’il marginalisait le sacerdoce universel de tous les fidèles (d’après 1 P 2, 5). À cette critique est venue s’ajouter, en dernier lieu, l’idée moderne d’autonomie du sujet, avec la pratique individualiste qui en découle, celle-ci portant un regard soupçonneux sur n’importe quelle manifestation d’autorité.

Quelle conception théologique en est née ?

D’une part on faisait remarquer que Jésus, d’un point de vue sociologico-religieux, n’était pas un prêtre ayant des fonctions cultuelles  et que, par conséquent – pour utiliser une formulation anachronique – c’était un laïc.

D’autre part, étant donné que, dans le Nouveau Testament, en ce qui concerne les services et les ministères, ce n’est pas du tout une terminologie sacrée qui est employée, mais bien des dénominations considérées comme profanes, il a semblé que l’on pouvait considérer comme inadéquate la transformation – dans l’Église des origines, à partir du IIIe siècle – de ceux qui exerçaient de simples “fonctions” au sein des communautés, en détenteurs abusifs d’un nouveau sacerdoce cultuel.

À son tour, Joseph Ratzinger soumet la critique historique empreinte de théologie protestante à un examen critique détaillé et il le fait en distinguant les préjugés philosophiques et théologiques de l’utilisation de la méthode historique. En agissant ainsi, il parvient à montrer que, grâce aux acquis de l’exégèse biblique moderne et à une analyse précise du développement historico-dogmatique, on peut parvenir de manière assez fondée aux affirmations dogmatiques émises surtout aux conciles de Florence, de Trente et Vatican II.

Ce que Jésus signifie pour la relation entre Dieu et tous les hommes et toute la création– et donc la reconnaissance du Christ comme Rédempteur et Médiateur universel de salut, qui est développée dans la Lettre aux Hébreux à travers la catégorie de “Grand Prêtre” (Archiereus) – n’a jamais dépendu, comme condition, de son appartenance au sacerdoce lévitique.

Le fondement de l’être et de la mission de Jésus réside plutôt dans le fait qu’il provient du Père, de cette maison et de ce temple où il demeure et où il doit rester (cf. Lc 2, 49). C’est la divinité du Verbe qui fait de Jésus, dans la nature humaine qu’il a prise, le seul et le vrai Maître, Pasteur, Prêtre, Médiateur et Rédempteur.

C’est au moyen de l’appel qu’il lance aux Douze qu’il les fait participer à sa consécration et à sa mission. Ils sont le point de départ de ce groupe d’apôtres qui inscrivent la mission de l’Église dans l’Histoire en tant que dimension essentielle de la nature ecclésiale. Ceux-ci transmettent leur pouvoir aux chefs et aux pasteurs de l’Église universelle et particulière, et ceux-ci agissent aux niveaux local et supra-local. »

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Extrait du blog « Chiesa » : Joseph Ratzinger 65 ans après

Traduction française par Antoine de Guitaut, Paris, France.

Dimanche prochain, 3 juillet 2016, nous célébrerons comme à l’accoutumée la Solennité de la fête des Saints Pierre et Paul à la messe grégorienne de 10h en église du Saint-Sacrement, Bd d’Avroy, 132, Liège. Nous aurons aussi une pensée pour le pape Benoît XVI,  qui fut le digne 265e successeur de ce Pierre sur lequel l’Eglise est fondée.

L'hommage rendu le 28 juin dans la Salle Clémentine, au Palais apostolique: 

30/05/2016

Solennité de la Fête-Dieu 2016 célébrée à Liège selon la forme extraordinaire du rite romain : l’évêque du diocèse souligne la richesse de la liturgie ancienne et la beauté des chants latins.

Mgr Delville.jpgA l’occasion de la Fête-Dieu 2016 à Liège, l’évêque du diocèse,  Mgr Jean-Pierre Delville, s’est rendu le samedi 28 mai à l’église du Saint-Sacrement au Boulevard d’Avroy, où il a célébré la Solennité de la Fête selon  la forme extraordinaire du rite romain. Plus de trois cents fidèles  ont pris part à cette messe festive que rehaussaient les chants grégoriens de la Schola  « Clamaverunt iusti » de Varsovie, dirigée par  Michal Slawecki, chef du chœur de l’université polonaise Cardinal Stefan Wyszyński . Son homologue du chœur universitaire de Liège, Patrick Wilwerth, lui fit écho à la tête de l’Ensemble  vocal liégeois« Praeludium » qui interpréta des motets polyphoniques anciens dédiés à l’Eucharistie. La célébration s’est terminée par la bénédiction du Saint-Sacrement et la vénération des reliques de sainte Julienne de Cornillon, suivies d’un vin d’honneur auquel  Mgr Delville a pris part en parcourant la foule des participants. Au cours de l’homélie de la messe, axée sur le thème de l’eucharistie miséricordieuse, l’évêque de Liège a bien voulu souligner en ces termes la pertinence de l’action entreprise par la communauté de l’église du Saint-Sacrement : « L’évangile de la multiplication des pains se termine par : « on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers ». Douze: le chiffre des tribus d’Israël, le chiffre des disciples, le symbole de l’Église. C’est dans la communion ecclésiale que la communion au Christ donne ses fruits. Nous avons célébré ici dans cette église du Saint-Sacrement, où la communauté a voulu garder la richesse de la liturgie ancienne et la beauté des chants latins. Ainsi cette église est comme l’un des douze paniers qui composent l’Église et qui alimentent l’humanité ! »

Voici le texte intégral de cette homélie :

« Chers Frères et Sœurs,

La Fête-Dieu de cette année est placée sous le signe de la miséricorde. Miséricorde signifie « avoir du cœur » pour celui qui est dans la misère ou la pauvreté « miséricorde ». Il s’agit de partager mes faibles moyens, mes propres pauvretés, avec celui qui est dans la difficulté et dans la faim.

Ainsi à la dernière cène (1 Cor 11,23-26), face à la souffrance et à la mort, Jésus partage le pain et le vin. Face à la pauvreté de sa vie, à l’échec apparent de sa mission, face à la pauvreté des disciples qui vont se sentir abandonnés, Jésus ne baisse pas les bras, il ne tombe pas dans la déprime, encore moins dans la fuite. Il partage le peu qu’il a, le pain et le vin, en disant qu’ils sont son corps et son sang. Ils représentent une vie fragile, une vie qui va être enlevée. Mais ils représentent en même temps un partage de cette vie : prenez et mangez-en, buvez-en tous : ceci est mon corps, ceci est mon sang, dit Jésus. C’est comme à la multiplication des pains, qui avait commencé avec 5 pains et 2 poissons pour 5000 hommes : la pauvreté des moyens, quand elle est partagée, devient source de vie et de salut (Lc 7,11-17). Le corps et le sang du Christ, donnés en communion, nous associent à sa vie, à sa mort et à sa résurrection. Notre pauvreté est dépassée, nous sommes rassasiés, comme la foule au désert ; nous recevons une vie nouvelle, par notre communion à la pauvreté du Christ.

Encore aujourd’hui, on pourrait se moquer de l’eucharistie et dire : « Mais ce n’est qu’un bout de pain, que voulez-vous que cela fasse ? Pourquoi le vénérez-vous tellement ? » Et pourtant nous déployons toute une liturgie, toute une vénération et tout un faste, comme ce soir, pour ce bout de pain. Pourquoi ? Parce que c’est la pauvreté partagée par le Christ, et ce partage nous révèle sa divinité. Dieu est dans ce partage de la pauvreté et nous communique sa divinité. 

Cette communion nous invite à l’action concrète, elle nous invite aux œuvres de miséricorde. Comme disait Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Et pour éclairer cela, le cardinal Oscar Maradiaga nous disait mardi dernier à la cathédrale : « Il existe un lien intime et indissoluble entre l'eucharistie et la charité, entre la présence eucharistique et la mission, entre l'adoration et la justice sociale ». Cet engagement nous pousse à l’action et, au-delà même des premiers gestes de charité, il nous pousse à agir sur les structures injustes de notre monde. Comme disait le cardinal Maradiaga : « Satisfaire la faim, implique également de découvrir les raisons de la faim et de travailler pour briser les chaînes qui maintiennent les plus pauvres piégés dans la pauvreté ». Une œuvre de miséricorde est de visiter les prisonniers. « Nous sommes invités à visiter ceux qui sont des criminels, qui parfois ont commis des crimes graves », ajoutait-il . C’est particulièrement urgent dans notre pays avec la crise des prisons. L’opinion publique a tendance à mépriser les prisonniers. J’entendais dire à la TV la réaction suivante : « Les prisons ne sont quand même pas des clubs Med ! » Ce genre de réflexion va contre l’évangile. On doit reconnaître la valeur de tout homme, même prisonnier. Nos équipes d’aumôniers de prison sont engagées à fond dans l’aide aux prisonniers ces jours-ci ; les membres de l’aumônerie vont eux-mêmes distribuer des repas aux prisonniers, sans négliger la situation des gardiens ; et je les félicite pour leur engagement. Une autre pauvreté partagée est celle de visiter les malades ; « le Christ s'identifie avec ces personnes malades, quand nous les visitons ; c’est donc lui que nous visitons sous une autre apparence, et nous mêmes, nous obtenons aussi une guérison », disait le cardinal Maradiaga. Nous rejoignons l’intuition de sainte Julienne de Cornillon qui, au 13e siècle, était d’abord au service des malades comme directrice d’un hôpital, la léproserie de Cornillon, avant d’être aussi la promotrice de la fête du Saint-Sacrement, fête destinée à favoriser l’union du chrétien au Christ par la communion eucharistique.

Frères et Sœurs, cette pauvreté partagée, cette communion, est un secret de vie. Jésus nous dit (Jn 6,56-59) : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » « Celui qui mange ce pain vivra éternellement ». C’est dans communion au Christ que nous trouvons la vraie vie. Cette communion au Christ passe par le canal de l’Église. Ainsi l’évangile de la multiplication des pains se termine par : « on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers ». Douze : le chiffre des tribus d’Israël, le chiffre des disciples, le symbole de l’Église. C’est dans la communion ecclésiale que la communion au Christ donne ses fruits. Nous avons célébré ici dans cette église du Saint-Sacrement, où la communauté a voulu garder la richesse de la liturgie ancienne et la beauté des chants latins. Ainsi cette église est comme l’un des douze paniers qui composent l’Église et qui alimentent l’humanité ! 

Alors recevons avec foi le corps du Christ qui nous est donné en communion et soyons des témoins de la vraie vie dans notre monde !

Amen ! Alleluia ! »

Voir aussi le site cathobel sur cette même célébration: 

Mgr Delville célèbre la Solennité de la Fête-Dieu