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11/04/2015

Le Nunc Dimittis de Mgr Léonard

 

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Extrait de notre magazine trimestriel « Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle », n° 94, printemps 2015: 

photo%20Mgr%20Leonard.jpgLe dimanche 28 décembre dernier, Mgr A-J Léonard a ordonné un nouveau diacre pour la Fraternité des Saints Apôtres, dans l'église Sainte-Catherine. Le nouveau diacre, l'abbé Kurt Suenens, est originaire du Brabant flamand. Il était passé par le séminaire de Leuven, avant de rejoindre la Fraternité du Père Zanotti-Sorkine. 

Au cours de son homélie, Mgr Léonard a développé le thème du "Nunc Dimittis" de Syméon (évangile du jour), expliquant qu'il espérait que le Seigneur lui dise à lui - son serviteur - qu'il pouvait désormais se reposer en paix. Mgr Léonard a cité comme exemple du travail accompli, le boom des séminaristes dans l'archidiocèse : 3 quand il est devenu archevêque, 53 aujourd'hui ! 

Comme un pied-de-nez à ceux qui prévoient déjà son remplacement, Mgr Léonard a expliqué qu'il pouvait peut-être rester encore 1, 2 ou 3 ans à la tête de l'Eglise en Belgique. Avec humour, il s'est lancé dans une imitation du général De Gaulle lorsqu'on l'interrogeait sur la fin du gaullisme : "Encore 10 ans, encore 20 ans, encore 30 ans".

Extrait de son homélie :

"Maintenant, ô Maître souverain, Tu peux laisser Ton serviteur s’en aller en paix, selon Ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que Tu préparais à la face des peuples.  En ce qui me concerne, je suis très heureux que nous ayons cette année, se préparant à devenir prêtre, pour le diocèse, qu'il soit belge ou brésilien ou polonais, ou que sais-je.  (...) nous en avons actuellement 53 qui se préparent à devenir prêtre.  Quand j'ai commencé mes visites du diocèse il y en avait 3. (le 8/10/2010).  Et grâce à la générosité de jeunes qui s'engagent pour le diocèse, ils sont maintenant 53.  La fraternité (des Saints Apôtres) a commencé il y a deux ans.  Ils sont maintenant 21 en tout, 4 prêtres, bientôt dans quelques instants deux diacres, et puis d'autres qui se préparent, et si cela continue comme cela, moi je dis, comme Syméon, maintenant Seigneur tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix (rires).  Je ne sais pas quand je partirai, cela peut être dans un an, çà peut être dans deux ans, çà peut être dans trois ans, ou comme disait De Gaulle- quand on l'interrogeait sur l'après Gaullisme - il ajoutait avec humour, cela peut être dans 5 ans, cela peut être dans 10 ans.  Je n'en sais rien, mais quand le moment arrivera, si cette oeuvre a continué de prospérer, je pourrai aussi chanter mon Nunc Dimitis, en laissant au diocèse en tous cas ce cadeau-là : avoir un bon nombre de jeunes qui se préparent à devenir prêtre.  Et c'est le principal : les évêques, cela passe, mais le peuple de Dieu et les hommes et les femmes qui s'engagent, l'avenir d'un diocèse, lui ne passe pas."

Quand le cdH de Liège organise un faux débat sur l’euthanasie

 

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Extrait de notre magazine trimestriel « Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle », n° 94, printemps 2015: 

2014b7fa-ad21-11e4-9a72-93ca294dcdda_original.jpgLu sur « Belgicatho » : Le 9 mars, le cdH liégeois recevait Corinne VANOOST et Gabriel RINGLET pour traiter des soins palliatifs et de l’euthanasie. En présence d’une centaine de personnes, et comme il fallait s’y attendre en l’absence d’un intervenant ayant un autre point de vue, les conférenciers, malgré une certaine prudence dans les propos, défendirent finalement l’euthanasie comme une bonne solution de fin de vie dans un certain nombre de cas. Madame VAN OOST exprima même l’idée que certains enfants devaient être respectés jusque dans cette extrémité : la loi belge d’extension de l’euthanasie aux mineurs est donc une bonne chose. Pour les personnes démentes, la question est un peu plus complexe et il faut encore approfondir la question. Monsieur l’abbé RINGLET est assez d’accord avec tout cela. Qui l’eut cru ?

L’abbé RINGLET commença par exposer la position des évêques de France (qui serait quasi identique à celle des évêques belges) qui tient en quatre points : renforcer les solidarités, développer les soins palliatifs, éviter l’acharnement thérapeutique et refuser de donner la mort. L’abbé est d’accord avec tout cela « à 95´% ». L’ennui, c’est que dans les 5% qui font la différence, il y a l’essentiel : lui accepte que la mort soit donnée. Sur le ton de la confidence, il dira qu’en privé certains évêques admettent que l’on puisse se trouver « devant un mur » qui justifie l’euthanasie. Tout se laisse dire et comme il n’y avait pas d’évêque dans l’assemblée…

Ne doutant de rien, l’abbé ira jusqu’à dire qu’en face d’impasses absolues, « en concordance avec l’Evangile (d’un libre penseur ?) et surtout avec les béatitudes », il doit accepter l’euthanasie.Rien de moins !

C’est l’abbé qui, avec son onctuosité coutumière, réserva pour l’assemblée le meilleur de lui-même. Il la gratifia d’un aphorisme sorti tout droit de sa morale romantique : « Une transgression fondamentale peut-être commise et ne pas la commettre serait une transgression plus grave encore ». Il accorda beaucoup d’attention aux rites de fin de vie : mettre une goutte de vin sur les lèvres du mourant, le caresser avec un parfum, lui murmurer une poésie à l’oreille. Mais d’une prière, de la dernière confession ou de la réception du saint viatique, pas un mot, bien entendu. Enfin, pour terminer en beauté, il exposa qu’il n’était pas possible de comprendre l’euthanasie si on n’avait pas compris la signification des dernières paroles du Christ à Gethsémani (sic) : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » On pouvait s’attendre à ce que ce cri soit celui de la personne euthanasiée, mais il n’en est rien. Par un renversement de la perspective, ces paroles sont celles de «  l’euthanasieur » se sentant abandonné de Dieu quand il commet ce crime ! Cela, c’est vrai…

10/04/2015

L’Islam et l’Occident

 

 

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Extrait de notre magazine trimestriel « Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle », n° 94, printemps 2015:

 

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En France (à Paris, le 7 janvier contre la rédaction du journal satirique Charlie-Hebdo et le 9 janvier contre un magasin juif : bilan, 17 tués) comme au Danemark (à Copenhague, le 14 février contre un centre culturel et une synagogue : bilan 2 tués) les attentats djihadistes sont l’oeuvre de ressortissants de ces pays eux-mêmes. Et l’implication, toujours plus massive, de jeunes (de souche immigrée ou non) venus d’Europe en Irak et en Syrie pour participer à la guerre sainte de l’ « Etat » islamique, aux persécutions et à la mise à mort cruelles des  boucs émissaires de leur idéologie : les yazidis ou les chrétiens d’Afrique ( Boko Haram au Nigéria, au Cameroun et ailleurs) mais surtout les chrétientés historiques du moyen orient, confondues avec l’Occident post-moderne. Des populations entières sont chassées de leurs terres d’origine. Pour s’en tenir au seul mois de février 2015, on compte 350 assyriens capturés et retenus en otage, 21 pêcheurs coptes décapités en Lybie, d’autres crucifiés ailleurs. Pourquoi ? JPS

Sécularisation de la société et attrait morbide d’une société décadente pour l’islamisme

 Lu sur le site web de « France Catholique » cette réflexion de William E. Carroll dans le Los Angeles Times (23 février 2015) :

 

[…] « L’Etat islamique a, bien sûr, d’abord attiré de jeunes musulmans du Moyen-Orient, et cette attraction découle de motivations religieuses propres à l’islam ainsi que de la corruption réelle et supposée des sociétés musulmanes. Mais son attrait pour les jeunes occidentaux procède en grande partie de la perception qu’ils ont de la culture du monde où ils vivent.

2884344459.jpgQuelle que soit la perversité du djihadisme, la fascination qu’il exerce révèle une vérité fondamentale sur les êtres humains et leurs instincts profonds. Le monde moderne, surtout l’Occident, a progressivement perdu tout sens de la transcendance, toute conscience d’un domaine de valeurs et de vérités dépassant l’univers terrestre des réalités économiques, sociales et personnelles. Cette perte du sens de la transcendance engendre une culture qui ne débouche sur rien d’autre qu’elle-même, fermée à tous les grands projets ou objectifs dépassant ceux de ce monde.

Dans une culture dominante hostile aux valeurs transcendantes, les individus réagissent de diverses manières. Certains acceptent les normes séculières qui relèvent d’une espèce de relativisme éthique selon lequel les valeurs se définissent en fonction des choix qu’en font les individus. D’autres s’efforcent de résister à l’emprise de la sécularisation en essayant de conserver des pratiques religieuses traditionnelles. Le besoin de transcendance inné chez l’homme ne disparaît pas parce que la société nie l’existence de la transcendance ou s’efforce de la redéfinir comme une préférence purement subjective.

Ce besoin de transcendance a été perverti tout au long de l’histoire. La société sécularisée offre des contrefaçons de transcendance qui ont pour objet de satisfaire les besoins physiques, et même pas toujours de manière très efficace. L’histoire est pleine de faux prophètes qui promettent de libérer l’être humain du purement terrestre. L’existence même de ces prophètes et leur succès temporaire démontrent qu’ils touchent une fibre profonde du cœur humain. Tous les appels à la transcendance ne sont pas dignes de respect, à preuve l’Etat islamique.

Mais en ignorant, en marginalisant ou en rejetant ceux qui aspirent à la religion où ils voient une source transcendante de vérité, les sociétés fournissent un terreau approprié à ceux qui invitent les jeunes à prendre en compte un type différent de transcendance.

Nous devons être prudents en examinant ce que certains revendiquent comme des valeurs suprêmes, et à cet égard un discours rationnel s’impose d’urgence. Mais nous devons encore plus refuser de dire que le discours rationnel exclut toute proclamation d’une vérité basée sur la foi religieuse. Si nous séparons la raison et la science de la religion, nous permettons à n’importe quel type de « foi » d’exercer un attrait. Il est paradoxal que plus la société séculière s’efforce d’éliminer la religion de l’espace public, plus elle permet des perversions barbares de la foi comme le djihadisme. »

 William Carroll est chercheur en théologie et science à l’université d’Oxford.

Une crise qui fonctionne  en miroir

 

 « La crise de l'Occident et de l'islam fonctionne en miroir dont le point de convergence est la crise de la spiritualité. D'un côté, on a un sacré fossilisé qui n'arrive plus à se régénérer et qui étouffe. C'est la tragédie de l'islam qui fonctionne par stéréotype: le voile, le hallal, l'islam réduit à des codes. Cette pauvreté spirituelle confine à l'indigence. C'est ce qu'Olivier Roy appelle «la sainte ignorance»: une religiosité binaire standard et stéréotypée. En face, l'Occident matérialiste n'a toujours pas réussi à intégrer ses racines religieuses dans la modernité. Quid de la morale évangélique, de l'aspiration à la transcendance. Il y a deux mondes qui développent une hostilité d'autant plus importante qu'ils se renvoient l'image mutuelle d'une déshérence et d'une dégénérescence du rapport au sacré. J'insiste sur l'idée qu'il est temps que les deux milieux réfléchissent ensemble à redonner à l'existence humaine une renaissance spirituelle qui se nourrisse de tous les héritages au lieu de les ignorer où de les reproduire mécaniquement ». Extrait de l’interview d’Abdennour Bidar publiée sur le site web « Figaro Vox » Normalien, Abdennour Bidar est agrégé et docteur en philosophie. Il est chargé de mission à l'Éducation Nationale (France) et est l'auteur de plusieurs ouvrages dont «L'islam sans soumission» (Albin Michel). Son dernier livre, «Plaidoyer pour la fraternité» vient de paraître aux éditions Albin Michel.