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09/07/2016

Du sexe des anges à celui des diacres (Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle, n° 99-été 2016)

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ROME ET LE MONDE

Du sexe des anges à celui des diacres

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Des femmes diacres ? Tel est l’objet de la question exhumée publiquement le 12 mai dernier, lors de l’audience des religieuses de l’Union internationale des supérieures générales (UISG), durant laquelle le pape a exprimé son souhait de constituer une commission pour se pencher à nouveau sur le rôle exact des diaconesses d’autrefois.

Sur la nature même du diaconat « permanent » dont le nom, mais peut-être pas la chose, fut tiré des oubliettes de l’histoire par le concile Vatican II, l’abbé Alphonse Borras , vicaire général du diocèse de Liège, théologien et canoniste réputé publia, voici quelque temps déjà, un ouvrage intitulé  « Le diaconat au risque de sa nouveauté » (Bruxelles, Lessius , collection « La Part Dieu », octobre 2007, 239 pages) que Michel Deneken a recensé dans la Revue des sciences religieuses. Il éclaire l’enjeu du débat. Extraits : 

«  Considérant le bilan du rétablissement du diaconat permanent depuis quarante ans et prenant en compte les travaux que la Commission Théologique Internationale sur l’évolution et les perspectives du diaconat de 2003, Alphonse Borras pose la question de la nouveauté de ce ministère : il montre  que celui que rétablit Paul VI n’est pas le même que celui qui eut cours dans l’Église ancienne. Il convient donc de parler non d’un nouveau diaconat -car la référence est bien l’Église ancienne-  mais de diaconat nouveau, se distinguant du diaconat ancien. […]

 La sacramentalité du diaconat ne devrait plus faire l’objet de débats : « dans l’unité du sacrement de l’ordre, le diaconat trouve son enracinement dans le Christ, soit qu’on le relie à la mission des apôtres, soit qu’on le rattache au lavement des pieds » (p. 103). Puisque le diaconat est bien un sacrement, il faut donc, dans l’optique catholique, définir la nature du caractère spécifique qu’il imprime (chapitre V). Si l’ensemble du sacrement de l’Ordre procède de la configuration du ministre au Christ lui-même, le diaconat le fait « à sa manière […] »

Cette référence au Christ conduit à se demander s’il est pertinent d’affirmer que le diacre agit « in persona Christi » (chapitre VI). Replacée dans le binôme in persona Christiin persona Ecclesiae, le diaconat est référé au second membre, le premier désignant davantage le ministère sacerdotal. Dans ce sens, le directoire de 1998 a raison d’user de l’expression « in nomine Christi » ; c’est cette formule qu’il convient de privilégier (p. 143). Dans les problèmes rencontrés aujourd’hui dans l’exercice du diaconat, celui de la fonction elle-même est souvent posé. Le diaconat revêt le ministre d’une potestas sacra, et cette ordination est « productrice de droit (p. 167) […] ».

Si le diaconat permanent procède bien du sacrement de l’ordre, c’est-à-dire d’une configuration ministérielle spécifique au Christ, la question n’est pas mince, me semble-t-il, de savoir si la nature de ce sacrement permet d’y inclure l’ordination de femmes diacres, en tirant argument du distinguo formulé par M. Borras entre l’agir « in persona Christi » (comme re-présentant la personne même du Christ), fonction réservée au presbytérat, et l’agir au nom du Christ  « in persona Ecclesiae » (pour la fonction diaconale).

Si, au contraire, l’instauration d’un diaconat féminin devait être exclue a priori de la sphère sacramentelle, alors mieux vaudrait renoncer à référer cette (re)création éventuelle d’une mission caritative féminine spécifique au concept de diaconat, sous peine d’induire une équivoque de plus dans une matière sensible pour les  mentalités contemporaines.

JPS

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