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13/02/2013

Le Saint-Père renonce à sa charge

Benoît XVI a annoncé  au consistoire des cardinaux, réuni le lundi 11 février dernier, qu’il renonçait au ministère pétrinien. Cette décision devra prendre effet le 28 février 2013 à 20 heures (heure de Rome).

La renonciation d’un pape est prévue au canon 332 paragraphe 2 du Code de droit canonique : « S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit » et le canon 44 paragraphe 2 du Code des canons des Églises orientales. La seule condition pour que la renonciation soit valide est qu'elle soit faite « librement et se manifeste correctement ».

Le droit canonique ne précise pas de personne ou d'instance à qui le pape devrait annoncer sa renonciation, laissant ouverte la possibilité de le faire à l'Église ou au monde en général. Mais certains commentateurs estiment que le Collège des cardinaux ou du moins son doyen doit être informé en premier lieu, car les cardinaux doivent être absolument certains que le pape a renoncé à son ministère pontifical avant qu'ils ne puissent valablement procéder à l'élection d'un successeur.

Le terme d'« abdication » n'est pas utilisé dans les documents officiels de l'Église, bien que le pape soit également un souverain régnant. La constitution apostolique Universi Dominici Gregis (22 février 1996) emploie à la fois les mots « démission » et « renonciation » (renuntiatio en latin).

À la suite de la renonciation débute une période de vacance du siège papal, qui s'achève avec la désignation d'un nouveau pape par un conclave de cardinaux.

 

Le Saint-Père Benoît XVI a usé de la faculté que lui ouvre le droit canonique de renoncer à sa charge, en conformité avec les règles de ce droit. Il n’appartient pas au peuple fidèle de porter un jugement sur la décision souveraine d’un pape, dont tout porte à croire qu’elle a été prise librement et après mûre réflexion.

Cette décision doit être accueillie dans la prière, avec aussi la conscience qu’il s’agit d’un acte grave, qui ne peut, en aucune manière, être banalisé.

La décision d’un pape de donner sa démission ou de rester à son poste jusqu’au bout est toujours et uniquement prise par lui, selon l’organisation de l’Église. Sa renonciation, Benoît XVI l'a décidée "en conscience devant Dieu" et il ne l’a soumise à personne. Il l’a simplement annoncée. 

Pour la sauvegarde de la spécificité du ministère pétrinien, institué par le Christ lui-même, il est fondamental qu’il en demeure toujours ainsi.

Sursum Corda !

Le diocèse de Liège signale que Mgr l’évêque Aloys Jousten célébrera une messe d’action de grâce pour le pontificat de Benoît XVI, le jeudi 28 février à 18h, en la cathédrale Saint-Paul. Mgr  André-Joseph Léonard, Primat de Belgique, en fera autant en la cathédrale des Saints Michel et Gudule à Bruxelles, ce même jour à 20h,  moment précis où prendra effet la renonciation du Souverain Pontife.

 

 

 

 

19/11/2012

Quand l’Université s’intéresse au chant grégorien : de la théorie à la pratique

QZ304-2-5.pngDoyen de la Faculté de Philosophie, Arts et Lettres de l’Université Catholique de Louvain , Paul-Augustin Deproost y enseigne la littérature latine et l’explication d’auteurs latins de l’antiquité à la Renaissance. Il est aussi un amateur et un praticien du chant grégorien puisqu’il préside l’Association Una Cum et dirige le chœur du même nom qui chante chaque dimanche la messe dans la forme extraordinaire du rite romain dans la chapelle du Sacré-Cœur de Lindthout à Bruxelles. Le professeur Deproost est interviewé ici par Jacques Zeegers, président de l’Académie belge de Chant grégorien (http://www.gregorien.be) pour la revue « Canticum Novum » (année 2012, n° 60)

Qu’est-ce qui vous attire dans le chant grégorien ?

Je suis attiré à la fois par l’aspect spirituel et l’aspect esthétique du chant grégorien.

Sur le plan spirituel, le grégorien est la prière chantée de l’Eglise. Pour les croyants, la liturgie est le plus grand hommage que l’on  puisse rendre à Dieu. Le grégorien fait partie de cette liturgie et s’y intègre parfaitement. Il confère un développement musical à la prière et à la louange. Dans toutes les religions, le culte que l’on rend à la divinité se fait à travers la prière chantée. Dans l’Eglise catholique, le grégorien est sans doute la forme la plus aboutie de cette prière qui monte vers Dieu. Ce qui m’attire aussi beaucoup dans le chant grégorien, c’est qu’il s’agit d’un texte chanté, celui dela Parolede Dieu. Il existe un lien ontologique entre la musique et ce texte. En tant que philologue, c’est évidemment une particularité à laquelle je suis spécialement attaché.

Sur le plan de l’esthétique, ce qui m’a toujours attiré dans le chant grégorien est son lien avec la tradition. C’est un chant qui hérite de tout un passé, de toute une culture qu’elle soit musicale ou poétique. On y trouve des éléments propres au chant synagogal, mais aussi des éléments de l’antiquité tardive ou du chant byzantin. Il est le résultat de la fusion de toute une série de formes de chant notamment le romano-franc. C’est aussi un chant de tradition car il est fondateur de toute notre musique occidentale, tant religieuse que profane. Ainsi, la première chanson populaire française connue, celle du Roi Renaud (Le Roi Renaud de guerre revint) est basée sur l’Ave Maris Stella. C’est un exemple que je donne souvent à mes étudiants lorsque j’évoque devant eux le lien entre la poésie liturgique et le développement des langues vernaculaires au moyen âge.

Comment, en tant que professeur à l’UCL en langues classiques, percevez-vous l’attitude des jeunes par rapport au chant grégorien ? Pensez-vous qu’il y a un “fossé culturel ? Même chez les étudiants en langues classiques ?

Je dois malheureusement répondre par l’affirmative. Dans le cadre de mon enseignement, je n’ai pas beaucoup l’occasion de leur parler du chant grégorien, sauf dans un cours intitulé « Explication d’auteurs latins de l’antiquité tardive et du haut moyen âge » et dans ce cadre, je lis souvent des textes poétiques. Comme à cette époque là, c’est évidemment la poésie chrétienne latine qui est la plus représentée, cela me permet de leur faire entendre de temps en temps des pièces grégoriennes fondées sur cette poésie, comme par exemple des hymnes de saint Ambroise ou de Venance Fortunat. Ils écoutent toujours avec beaucoup d’attention et aussi d’étonnement car cela ne correspond pas du tout aux standards musicaux qu’ils connaissent ou pratiquent. Ils perçoivent cela comme quelque chose de curieux. Ce qu’ils en font après, je l’ignore.

Quant au fossé culturel, il est évident. Un jour, j’ai présenté un texte qui évoquait l’Ascension du Christ et je leur ai demandé ce que cela leur disait. Personne ne savait de quoi il s’agissait. La seule réponse que j’ai eue était : «l’année passée, il me semble que c’était un jeudi ... ». En réalité, ce fossé est beaucoup plus large que la simple méconnaissance du chant grégorien. Il est lié à la pratique même de la religion et à son contenu culturel. Je collabore avec une université française qui a mis en place un Master de formation au fait religieux. Il vise à enseigner aux jeunes le contenu culturel de la religion dans la mesure où ils ne parviennent plus à comprendre toute une partie de la culture occidentale. Lorsqu’ils se trouvent par exemple devant un personnage ailé à genoux devant une jeune femme, ils ne savent pas que cela représente l’Annonciation. On doit leur expliquer le beaba de la culture religieuse. A la limite, cela n’a rien à voir avec la foi.

Ce sont donc les musicologues qui vont sauver le chant grégorien ....

C’est un peu paradoxal, mais c’est exact. Le chant grégorien n’a peut-être jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui, mais malheureusement pas dans l’Eglise. Il l’est peut-être dans les églises, mais dans le cadre de concerts, pas dans celui de la liturgie. Ou alors, il s’agit d’une sorte de pseudo-liturgie archéologique, un chant qui attire du monde mais pas dans le cadre de la liturgie vivante.

Le chant grégorien est construit sur la langue latine. De quel latin s’agit-il ?

Il faut distinguer le chant qui paraphrase le texte biblique et le chant qui accompagne des créations musicales comme les hymnes. Pour les textes bibliques, il s’agit généralement, mais pas toujours, de ce qu’on appelle la Vulgate, c'est-à-dire la traduction latine effectuée par Saint Jérôme entre la fin du 4e et le début du 5ème siècle et qui a été imposée en Occident par Charlemagne pour les lectures de la liturgie au 9ème siècle. Entre ces deux périodes, les textes de la Vulgate ont coexisté avec ce qu’on appelle les versions vielles-latines. Au début, c’est plutôt le vieux latin qui a prédominé. Saint Augustin a notamment critiqué l’initiative de Saint Jérôme. En particulier, pour l’Ancien Testament, la version « vieille latine » était en fait la version latine de la traduction grecque dite des Septante, considérée comme l’Ancien Testament de l’Eglise ancienne, et bénéficiant donc d’une autorité inspirée qui en faisait un substitut de la Bible hébraïque[1]. Elle a été progressivement supplantée parla Vulgate.

Même si le répertoire grégorien s’est surtout développé à partir de l’époque carolingienne dans la fusion des répertoires romano-francs, et donc à une période où la Vulgate était devenue la référence textuelle de la Bible, on retrouve cependant aussi dans le grégorien un certain nombre de textes en vieux-latin parce qu’ils ont été composés sur cette base. C’est notamment le cas de l’Introït de la messe du jour de Noël « Puer natus est », qui ne correspond pas au texte vulgate d’Is 9, 6. S’il avait fallu modifier le texte, il aurait aussi fallu modifier la musique.

Pour les textes non bibliques, notamment les hymnes, le latin utilisé est celui de l’antiquité tardive (du 3ème au 5ème siècle). C’est du latin classique à la base, mais qui est très fleuri, avec des recherches rhétoriques ou linguistiques, des formes paradoxales, des litotes etc. Il s’agit d’une poésie très élaborée qui s’inspire des principes rhétoriques de l’antiquité. D’où, bien sûr la difficulté de les traduire pour les non spécialistes. Les hymnes de Saint Ambroise, par exemple,  paraissent à première vue très épurés, très classiques, très équilibrés, mais quand il s’agit de les traduire, il faut ajouter des mots et aussi en comprendre le sens théologique. Il s’agit vraiment de rhétorique, c’est-à-dire de l’art d’exprimer les choses, de les mettre en valeur de manière littéraire.

Il y a aussi des pièces beaucoup plus tardives, comme celles écrites par Saint Thomas, mais là, il s’agit de savoir jusqu’où va le chant dit grégorien. Des pièces ont encore été écrites à la renaissance ou même au 19ème siècle. Dans de telles pièces, on retrouve le latin de l’époque où elles étaient composées. Chez Saint Thomas, il s’agit d’un latin plus théologique, comme dans le « Lauda Sion » où on retrouve une poésie très abstraite.

Il ne faut pas confondre la Vulgate avec la Néo-vulgate née d’une initiative du Pape Paul VI dans la foulée de la réforme liturgique. Il a voulu réviser le texte latin dela Bible à partir de la Vulgate de Saint-Jérôme, en s’appuyant sur des éditions critiques des textes grec, hébreu, latin et accessoirement orientaux, en vue de proposer une nouvelle édition normative dela Bible latine à usage liturgique. Le problème de cette nouvelle version latine dela Bible est qu’elle n’est en rien portée par une Tradition textuelle et liturgique ; il s’agit d’une entreprise de restauration artificielle d’un texte qui n’a jamais existé en l’état ; par ailleurs, le tout au vernaculaire aidant, cette version n’a jamais été utilisée, si ce n’est dans les lieux où l’on pratique le rite ordinaire en latin, comme, par exemple à Solesmes, où la Néo-Vulgate est le texte du lectionnaire et de la psalmodie dans la liturgie des heures.

Propos recueillis par Jacques Zeegers

 [1]Traduction grecque du texte hébreu de la Torah effectuée au 3ème siècle avant Jésus-Christ.  La légende veut que les traductions effectuées séparément par 72 savants se soient révélée en tous points identiques.

15/09/2012

Liège: conférence et messe de rentrée 2012-2013 avec Mgr Emmanuel Cabello

À initiative de

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SAMEDI 6 OCTOBRE 2012

À L’ÉGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d’Avroy, 132, à Liège

(face à la statue équestre de Charlemagne) 

pour l’ouverture de l’année de la foi 2012-2013 

À 17 HEURES

L’ÉGLISE EN QUESTIONS 

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conférence de rentrée

par

Monseigneur Emmanuel CABELLO

Docteur en théologie et en sciences de l’éducation

Vicaire régional de la Prélature de l’Opus Dei en Belgique  

suivie d’un débat

Comment peut-on encore croire en l’Eglise catholique aujourd’hui ? Mgr Emmanuel Cabello abordera toute une série de critiques très actuelles sur l’identité de l’Eglise et le bien-fondé de la foi en cette institution.Voici les questions et objections les plus courantes, qui seront examinées par l’orateur :

1. Jésus a-t-il voulu fonder l’Eglise ?

2. Plusieurs communautés revendiquent d’être l’Eglise fondée par le Christ. Peuvent-elles toutes aspirer à ce titre ? Sinon, laquelle est la vraie Eglise ?

3. Si l’Eglise fondée par le Christ est l’Eglise catholique, les autres communautés qui se réfèrent au Christ ne sont-elles que de fausses églises ?

4. Pourquoi l’insistance sur la primauté de Pierre ? Est-elle bien documentée ?

5. Pour les chrétiens n’y a-t-il pas de possibilité de salut en dehors de l’Unique Eglise du Christ ?

6.D’après l’Eglise catholique, les non-chrétiens peuvent-ils être sauvés ?

7. Il semble que l’Eglise Catholique ne soit pas non plus restée fidèle à Jésus. Par exemple, n’a-t-elle pas inventé des doctrines, des dogmes, dont Jésus n’avait jamais parlé ?

8. Qui garantit que ces développements n’ont pas déformé le christianisme ?

9. L’Eglise, qui a commis de nombreuses erreurs au cours de l’histoire, n’est elle pas prétentieuse lorsqu’elle s’autoproclame « sainte » ?

10. Peut-on nier que la partie humaine de l’Eglise soit responsable de nombreuses erreurs ? 

11. Si on ne voit pas les chrétiens se convertir, comment ne pas comprendre le slogan classique : « oui au Christ, non à l’Eglise » ?

12. Il faut tout de même avouer que le pouvoir absolu du pape dans l’Eglise et sa prétention à l’infaillibilité passent mal aujourd’hui.

13. L’Eglise ne serait-elle pas mieux acceptée si elle adoptait une structure démocratique ?

14. Pourquoi exclure une démocratie dans l’Eglise ?

15. S’il doit en être ainsi, alors l’Eglise n’ est elle pas composée de deux classes : la supérieure (évêques et prêtres) et la subordonnée (les laïcs) ?

16. L’Eglise semble vivre au Moyen Age, avec sa morale rétrograde qui empêche l’épanouissement humain. Ne doit-elle pas s’adapter à la société actuelle, sous peine de disparaître?

À 18 HEURES

MESSE DU SAINT-ESPRIT  

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célébrée par Monseigneur Emmanuel Cabello 

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avec le concours de la

Chorale Sainte Julienne de Verviers

Direction : Margaret Todd-Scott 

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Messe à quatre voix mixtes « O quam gloriosum » de Tomás-Luis de Victoria (1548-1611), motet « Cantate Domino » de Giuseppe Ottavio Pitoni (1657-1743) et deux chœurs extraits du « Messie » de Georg-Friedrich Händel (1685-1759). 

À l’orgue: Patrick Wilwerth,

 professeur au conservatoire de Verviers 

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Les chants du propre de la messe seront assurés par la

schola de l’académie de chant grégorien

 

Réception après la messe. Entrée Libre. Renseignements : tél. 04.344.10.89 ou sursumcorda@skynet.be