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09/07/2012

Avortement : que répondre aux arguments courants ?

avortement: que répondre aux arguments courants?

marche pour la vie, Bruxelles 25 mars 2012 

Cet article a été publié dans le n° 83 -2me trimestre 2012  de la Revue trimestrielle  Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle éditée par l’association « Sursum Corda » (Rue Vinâve d’île, 20 bte 64 à B-4000 Liège) e-mail : sursumcorda@skynet.be

avortement: que répondre aux arguments courants?avortement: que répondre aux arguments courants? 

Source :  www.didoc.be.

Dans le débat concernant l’avortement, beaucoup de personnes se sentent souvent « démunis » lorsqu’il s’agit de défendre le droit des plus faibles à la vie.  Voici une liste de 25 arguments avec des réponses brèves et précises qui peuvent nous aider à réfléchir sur des bases solides et avec une logique correcte face à des raisonnements fallacieux.  Attention toutefois :  dans le dialogue avec des personnes (surtout s’il s’agit de personnes blessées), il faut parfois plus que des arguments : la charité concrète, le respect, l’écoute, la compassion, la patience, l’empathie…  voilà des attitudes indispensables (qui demandent plus de temps qu’un argument) pour faire passer un message clair et simple.  Le texte qui suit (rédigé par un médecin) n’est donc pas une liste de « réponses à apprendre par cœur », mais une aide pour ceux qui veulent s’informer et aider d’autres personnes (et surtout des jeunes) à voir clair dans un débat.

1. Le fœtus n’est qu’un amas de cellules

 

Le fœtus n’est pas un être humain, du moins pas avant un certain nombre de semaines de développement. Il ne doit donc pas être respecté en tant que tel.

avortement: que répondre aux arguments courants?Réponse : la vie humaine ne se décrète pas, elle se constate. La science a démontré que, dès les premiers moments de la conception, il y a un nouvel être humain individuel, absolument original, qui se développe en passant par les stades d’embryon, de fœtus et enfin de bébé, dans une continuité parfaite. Si le bébé est un être humain à la naissance, c’est parce qu’il l’était dès le tout premier stade de son développement.

2. La femme est propriétaire de son corps

« Mon ventre m’appartient ».

Réponse : s’il est vrai que nous avons certains droits sur notre propre corps, il faut préciser d’emblée que l’embryon ou le fœtus est un autre corps, celui d’un être humain distinct de la personne qui le porte. Cet être humain possède un patrimoine génétique propre, des empreintes digitales uniques au monde, une série de caractéristiques physiques qui font de lui un être original. C’est pourquoi une mère doit comprendre qu’elle a des devoirs vis-à-vis de l’enfant qu’elle porte en elle. D’autant plus qu’il s’agit d’un enfant sans défense, fruit d’un acte librement posé (sauf le cas de viol : voir n. 18). Le premier devoir vis-à-vis de cet être est de protéger sa vie.

3. L’embryon n’est pas humain tant qu’il ne possède pas d’activité électrique cérébrale

Une personne humaine est un être doué d’intelligence, dont l’exercice suppose une activité électrique du cerveau. Tant qu’on ne perçoit pas cette activité, il n’y a pas de personne humaine. De même qu’un cadavre n’est pas une personne humaine, puisqu’il présente un électro-encéphalogramme plat, c’est-à-dire une activité électrique nulle.

Réponse : il est tout à fait différent de parler d’un cerveau « qui ne travaille plus » (cas du cadavre) et d’un cerveau « qui ne travaille pas encore », ou « dont on ne peut pas encore mesurer l’activité » (cas de l’embryon). Le premier cas est irréversible tandis que le second contient une surabondance de possibilités qui se manifesteront progressivement. Du reste, chez l’être humain, le cerveau n’arrive à pleine maturité qu’à l’âge de six ans, qui est précisément « l’âge de raison » : si le critère pour respecter la personne était la pleine maturité cérébrale, alors on pourrait éliminer les enfants jusqu’à l’âge de six ans.

4. Le fœtus n’a pas d’âme

Selon une conception classique de la philosophie, l’âme humaine caractérise l’être humain. Dans la mesure où on ne perçoit pas les activités propres de l’âme, à savoir les actes de l’intelligence et de la volonté, il n’y a pas d’âme et donc pas de personne.

Réponse : la personne qui se trouve dans un coma irréversible ne manifeste aucune activité d’ordre spirituel. Elle n’exprime aucune activité rationnelle, elle ne prend aucune décision, elle ne manifeste aucun pouvoir de la volonté. Peut-on en conclure qu’il ne s’agit pas d’une personne humaine ? Non, elle est humaine mais dans l’impossibilité de manifester l’activité spécifique de l’être humain. L’embryon se trouve temporairement dans la même situation.

5. L’avortement est une exigence du progrès

Les adversaires de l’avortement s’opposent au progrès et sont les victimes d’un lobbyavortement: que répondre aux arguments courants? rétrograde et conservateur.

Réponse : l’important n’est pas d’être progressiste ou conservateur, mais de progresser dans la bonne direction et de conserver les bonnes choses. Promouvoir une société qui admet la suppression de certains de ses membres n’est pas un progrès, mais un signe de décadence. Vouloir conserver la vie d’un être humain innocent, c’est vouloir conserver l’un des biens les plus précieux. Si une société veut abolir la peine de mort, qu’elle soit cohérente et l’abolisse aussi pour les plus innocents de ses membres.

6. L’IVG est un acte médical comme un autre

Loin de moi l’idée de pratiquer un avortement ; je me soumets à une intervention médicale appelée IVG (interruption volontaire de grossesse).

Réponse : la médecine étant « l’art de guérir », on peut difficilement appeler « intervention médicale » un acte qui vise à éliminer un être humain. Par ailleurs, on ne change pas la réalité des choses en l’appelant autrement. Même si on appelait un assassinat une IVV (interruption volontaire de la vie), il resterait un assassinat. Notons aussi que le mot « interruption » suggère un processus qui s’arrête pendant un temps, pour reprendre ensuite : il ne s’applique donc pas à l’avortement, qui est un acte irréversible, où la vie éliminée ne reprendra jamais ; l’adjectif « volontaire » prête aussi à confusion, car le principal intéressé, l’enfant, n’est pas consulté.

7. Un enfant doit être désiré

Un enfant ne peut naître que s’il est désiré par ses parents. Il doit faire l’objet d’un « projet parental ». Dans le cas contraire, il pourrait constituer un danger pour « l’équilibre du couple ».

Réponse : le mot « désir » est ambivalent. Certes, un enfant doit être désiré comme fruit d’un amour désintéressé, qui ne réclame rien pour soi. Mais un désir d’enfant mal compris peut aussi mener à l’égoïsme, au caprice : l’enfant doit surgir si tel est mon souhait ; il doit disparaître s’il le contrecarre. Ce serait alors le triomphe du subjectivisme : « tu n’as le droit de vivre qu’en fonction de mon désir ».

8. L’embryon est humain dans la mesure où la communauté l’accepte

Ce qui nous constitue en humanité, c’est notre nature sociale, notre intégration à la société des hommes.

Réponse : l’homme est certes un être social, mais c’est l’homme qui constitue la société, pas l’inverse. Or, tout ce qui est nécessaire et suffisant pour qu’un embryon puisse être appelé humain est présent dès le tout premier moment de sa conception. Un singe ne devient pas humain si la communauté des hommes le reconnaît comme tel. Le singe est et sera toujours un être simien, même si les Nations Unies, à l’unanimité, devaient lui accorder le statut d’être humain. A l’inverse, dans le passé, les esclaves étaient des êtres humains, même s’il s’est trouvé des instances officielles pour leur nier ce statut.

9. L’avortement est une exigence de la démocratie et du pluralisme idéologique

En démocratie, il faut accepter les lois qui ont été votées par la majorité. Personne ne peut imposer son opinion contre la majorité.

Réponse : le premier souci de la démocratie est de reconnaître l’égale dignité de tous les être humains et, par conséquent, de permettre à chaque citoyen de s’exprimer et de participer à la chose publique. Il est donc foncièrement antidémocratique d’établir une catégorie de citoyens qui n’ont pas la même dignité que les autres, et qu’on peut éliminer. Par contre, défendre la voix des « sans voix » relève de la plus haute conception de la démocratie.

10. Il faut distinguer loi humaine et loi morale

avortement: que répondre aux arguments courants?Légaliser (ou dépénaliser), c’est reconnaître un fait de société, lui donner une forme juridique et éviter qu’il se produise dans de mauvaises conditions. Il ne faut pas confondre loi humaine et loi morale.

Réponse : il est certain qu’il y a une distinction entre loi humaine et loi morale. Mais la première s’inspire de la seconde. Le législateur n’est pas un photographe qui prend des clichés de la société, pour ensuite les publier dans le Moniteur. Il édicte une norme qui promeut la dignité de la personne et le bien commun de la société, parfois en corrigeant les travers de celle-ci. Éliminer un être humain innocent contredit gravement la dignité de la personne et ne sert pas le bien commun. Une loi qui se démarque de l’interdit le plus fondamental, qui est l’interdit de tuer, donne à toute la société un signal potentiellement dévastateur.

11. La loi qui pénalise l’avortement est répressive

Pourquoi culpabiliser des femmes qui sont dans la détresse ? Pourquoi les punir ?

Réponse : toute loi pénale est répressive, par définition. Elle possède aussi un rôle symbolique ou pédagogique, en indiquant ce qui est mal, ce que la conscience humaine rejette comme mauvais. Face à un crime, c’est d’abord la conscience qui culpabilise. Dans le cas qui nous occupe, il revient aux tribunaux de juger les cas concrets et d’apprécier le degré de responsabilité des différents acteurs d’un avortement dans une situation précise, en tenant compte, par exemple, des possibles pressions de l’entourage ou du personnel médical. La sévérité du juge vis-à-vis des différents acteurs dépendra de leur degré d’implication respectif.

12. Il faut empêcher les milliers d’avortements clandestins

Légaliser l’avortement permet de sortir cette pratique de la clandestinité et d’éviter auxavortement: que répondre aux arguments courants? femmes les mauvaises conditions d’un avortement réalisé en dehors de la loi. Beaucoup de femmes meurent à la suite d’avortements clandestins.

 

Réponse : il est probable que la dépénalisation ou la légalisation de l’avortement ne fait pas diminuer le nombre d’avortements clandestins, vu que tout délit suscite la honte et tend donc à être commis dans le secret. Par ailleurs, à partir d’études de l’OMS(http://www.who.int/gho/maternal_health/mortality/maternal...) et de la prestigieuse revue médicale The Lancet (8-5-10, vol. 375, pp. 1609-1623), on peut comparer l'évolution de la mortalité maternelle dans les pays où l’avortement est légal et ceux où il est illégal : on constate qu’il n’y a aucune corrélation entre le statut légal ou non de l’avortement et l’évolution des courbes de mortalité. Plus fondamentalement, il faut reconnaître que le problème n’est pas le secret, mais le délit : on ne légalise ni ne dépénalise la pratique de l’excision (mutilation génitale) des jeunes filles sous prétexte que cela se passe dans de mauvaises conditions sanitaires. L’excision est un mal, tout comme l’avortement. Il faut donc combattre ces pratiques et apporter des solutions en amont (éducation, justice sociale, aide aux mères en détresse, etc.).

13. Il est injuste que seuls les riches puissent avorter

Dans les pays où l’avortement n’est pas légalisé, les riches peuvent aller se faire avorter à l’étranger, tandis que les pauvres ne peuvent pas se le permettre.

Réponse : le crime est toujours davantage à la portée du riche. Le devoir de l’État est de lutter contre la pauvreté, non pas contre la vie.

14. Sans l’avortement, nous courons droit à la surpopulation

La planète est menacée par la surpopulation. Il faut permettre l’avortement en tant qu’ultime recours, lorsque la contraception a échoué. L’avortement fait partie des outils de la « santé reproductive ».

Réponse : la contraception est une pratique dirigée contre la conception ; l’avortement est l’élimination consciente et volontaire d’un être humain déjà conçu. On ne peut donc ranger l’avortement parmi les pratiques contraceptives, ni l’invoquer au nom de la « santé reproductive ». Par ailleurs, ce topique est un peu dépassé : les pays qui sont en pointe pour la légalisation de l’avortement ne sont pas confrontés à un problème de surpopulation, mais à un grave problème de dénatalité, qui met en péril la survie même de ces sociétés.

15. L’avortement se justifie en cas de danger pour la santé psychique ou physique de la mère

avortement: que répondre aux arguments courants?L’enfant à naître peut menacer la santé de la mère. On peut donc le supprimer en suivant le principe de la légitime défense.

Réponse : l’embryon ou le fœtus ne saurait en aucun cas être considéré comme un agresseur. Il est incapable de toute agression et ne porte aucune responsabilité personnelle dans la situation de danger qui se présente. On ne peut donc lui appliquer le principe de la légitime défense. Il faut reconnaître que, dans certaines situations très rares, la grossesse peut constituer un grave danger pour la mère. Si la vie de la mère est en danger, le rôle des médecins est de tenter de sauver tant la mère que l’enfant. Si, malgré leurs efforts, les médecins n’arrivent à sauver que l’un des deux, ils ne sont pas responsables de la mort de l’autre, ne l’ayant pas provoquée. Par ailleurs, il ne faut pas méconnaître non plus les graves séquelles qu’un avortement peut entraîner pour la santé physique et psychique de la mère.

16. Il faut admettre l’avortement en cas de grave malformation de l’enfant

On ne peut tout de même pas condamner un enfant profondément handicapé à mener une vie malheureuse, indigne d’être vécue.

Réponse : jamais aucune association de parents d’enfants handicapés n’a milité pour l’avortement. Ces parents savent que la dignité d’une vie ne se mesure pas à l’avoir, mais à l’être de leur enfant. La personne handicapée, qui est pauvre sur le plan de l’avoir, reflète d’autant plus l’immense richesse de son être, qui s’exprime dans sa capacité d’accueillir l’amour et d’aimer en retour. Du reste, quelle instance est apte à fixer les critères d’une « vie heureuse » ou d’une « vie digne d’être vécue » ? Une société qui élimine les handicapés est une société handicapée : elle devient chaque fois plus sourde et aveugle face à la véritable dignité de la personne humaine.

17. L’avortement se justifie dans certaines catastrophes écologiques majeures

Il faut autoriser l’avortement, même à titre préventif, lors de catastrophes écologiques majeures comme Seveso, Tchernobyl, Fukushima, etc. qui peuvent entraîner des malformations génétiques chez les enfants en gestation.

Réponse : à une catastrophe écologique, il ne faut pas ajouter un désastre moral, en programmant l’élimination systématique d’enfants présentant soit des malformations génétiques, soit un simple risque de malformations. Pour le reste, on peut se référer à la réponse au n. 16.

18. L’avortement est légitime en cas de viol

On ne peut pas faire porter à une femme les conséquences d’un acte aussi terrible queavortement: que répondre aux arguments courants? le viol.

Réponse : il est certain que l’agression sexuelle d’une femme constitue l’un des crimes les plus odieux, qui doit être très sévèrement puni. Cependant, on ne résout pas un drame en y ajoutant un autre, à savoir l’élimination d’un être humain innocent. Par ailleurs, il faut savoir que les grossesses découlant d’un viol sont très rares (0,36% des cas d’avortement en Belgique, en 2009) et que, comme on l’a déjà dit, l’avortement, loin d’être une intervention anodine, entraîne très souvent de graves séquelles chez la femme. Enfin, on trouve des personnes ou des institutions disposées à accueillir ou à adopter l’enfant.

19. Nous ne sommes pas pour l’avortement, mais « pro choice »

Il ne faut pas imposer ses convictions, mais laisser à chacun la possibilité d’opter pour ou contre l’avortement.

Réponse : cet argument repose sur une fausse conception de la liberté. On ne peut concevoir une liberté qui autorise de léser un tiers. Dans le cas de l’avortement, ce préjudice est le plus grave qui soit : la mort d’un être humain innocent.

20. L’avortement est un mal, mais un mal nécessaire

Je suis contre l’avortement, mais je reconnais que, dans certaines circonstances, c’est un mal nécessaire.

Réponse : cet argument repose sur une confusion entre mal physique et mal moral. Le premier s’impose à moi, comme un motif de souffrance, en dehors de ma volonté (une maladie, un revers économique, une catastrophe naturelle, etc.). Le second surgit de moi, comme expression de ma volonté. Je dois parfois admettre un mal physique nécessaire ou — comme le dit l’adage — entre deux maux (physiques), choisir le moindre. Mais personne ne peut me forcer à commettre le mal moral, à opter consciemment et délibérément pour un acte qui porte atteinte à la dignité de ma personne et à celle d’autrui. C’est tout le sens de l’objection de conscience.

21. L’avortement est un droit acquis

On ne peut revenir sur les droits acquis, a fortiori s’ils sont le fruit d’un vote démocratique.

Réponse : sur le vote démocratique, voir le n. 9. Par ailleurs, le parlement belge n’a pas consacré l’avortement comme un droit : il a dépénalisé une infraction. On voit mal comment une société dite civilisée revendiquerait le droit de pouvoir éliminer certains de ses membres, en l’occurrence les plus innocents. En outre, dans une saine démocratie, le travail législatif a régulièrement pour objet la correction de lois anciennes, jugées inopportunes, dépassées ou tout simplement incorrectes.

22. Le christianisme engagé et progressiste est favorable à l’avortement

L’abbé Untel et le professeur Untel, qui sont des personnalités catholiques de premier plan, sont favorables à l’avortement.

Réponse : la doctrine de l’Église est constante, depuis 2000 ans, pour condamner l’avortement. Qui rejette cette doctrine n’est pas un catholique favorable à l’avortement, mais une personne favorable à l’avortement qui … n’est plus très catholique.

23. L’Église catholique ne peut imposer sa doctrine à tous

avortement: que répondre aux arguments courants?D’accord, l’Église catholique est opposée à l’avortement. C’est son droit. Mais elle ne doit pas imposer ses convictions à tous.

Réponse : le droit à la vie n’est pas un droit « catholique » mais un droit de l’homme, reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (10-12-48), dans son Article 3 : «  Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». Le fait que l’Église catholique prenne la défense des droits de l’homme ne signifie pas que ceux-ci soient une exclusivité de l’Église.

24. L’Église favorise l’avortement par son refus de la contraception

Si l’Église admettait la contraception, on n’aurait plus besoin de l’avortement.

Réponse : les faits contredisent cette affirmation. Dans la réalité, la contraception est chaque fois plus répandue, tandis que les chiffres de l’avortement ne baissent pas. Par ailleurs, la frontière entre contraception et avortement devient chaque fois plus vague : peu de gens savent par exemple que de nombreux moyens contraceptifs exercent un effet abortif (certaines pilules hormonales, le stérilet), puisqu’ils contrecarrent la nidation de l’ovule fécondé dans la paroi de l’utérus. En pratique, on constate que la contraception induit souvent une mentalité anti-vie, qui favorise l’avortement.

25. L’Église n’est pas miséricordieuse

L’Église devrait donner un exemple de charité et se ranger du côté des femmes en détresse. Son attitude rigide scandalise de nombreuses personnes.

Laissons la réponse au bienheureux Jean-Paul II : « Je voudrais adresser une penséeavortement: que répondre aux arguments courants? spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l’avortement. L’Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n’est pas encore refermée. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s’est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l’avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir : le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n’est perdu et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. Avec l’aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l’accueil et l’attention envers ceux qui ont le plus besoin d’une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l’homme » (Encyclique Evangelium Vitae, 25-3-95, n. 99).

Abbé Stéphane Séminckx

Docteur en médecine

Onction des malades ou Extrême-onction ?

 

onction des malades ou extrême-onction ?

Rogier Van der Weyden: les sept sacrements (détail)

 

onction des malades ou extrême-onction ?onction des malades ou extrême-onction ?

 Cet article a été publié dans le n° 83 -2me trimestre 2012  de la Revue trimestrielle  Vérité et Espérance/Pâque Nouvelle éditée par l’association « Sursum Corda » (Rue Vinâve d’île, 20 bte 64 à B-4000 Liège) e-mail : sursumcorda@skynet.be

Imaginons un peu ceci.  Une de vos connaissances tombe malade ; au fil des jours, la situation s’aggrave, mais personne, ni le malade ni son entourage, ne songe à appeler le médecin.  Finalement, après des semaines de souffrances, le malade perd conscience, et on se rend compte qu’il va vraisemblablement mourir.  Ensuite seulement, lorsque le patient ne peut plus s’exprimer, quelqu’un pose la question :  peut-être faudrait-il appeler un médecin.  Le malade le voudra-t-il ?  S’il pouvait s’exprimer, est-ce qu’il le demanderait, avant de mourir ?  Personne ne le sait vraiment, mais après tout, on se dit qu’il croyait dans la science, et que de toute façon, cela ne peut pas faire de tort.  Donc, décision est prise d’appeler un médecin.  Lorsque celui-ci arrive, il ne peut que constater que le patient vit ses derniers moments, et la famille lui demande de donner une piqûre (contre la douleur ou on ne sait pas très bien quoi), ou de « faire ce que vous faites d’habitude ».  Le médecin demande alors pourquoi on ne l’a pas appelé plus tôt.  On lui répond qu’on n’a pas voulu faire peur au malade, et que de toute façon, même maintenant, le secours de la médecine, cela ne peut pas faire de tort…

Une situation absurde ?  Oui, quand on parle de maladie physique et de médecine.  Et pourtant, c’est ce que l’on vit très souvent dans la pastorale des malades, plus précisément quand il s’agit de l’Onction des malades.  L’âme mérite-t-elle moins d’attention, de soins, que le corps ?  Il faut reconnaître, à décharge des catholiques d’aujourd’hui, que l’on en a fait au fil des siècles l’Extrême-onction, un rite réservé aux mourants.  Dès lors, pas étonnant que le fait de proposer ce sacrement évoque parfois une peur, ou des réactions du genre Je n’en suis pas encore là…  Mais d’un autre côté, il y a bientôt cinquante ans que le Concile Vatican II a voulu redonner à ce sacrement sa vraie place, et on peut s’étonner que le message passe si difficilement, alors que d’autres réformes conciliaires sont entrées dans les mœurs depuis bien longtemps.  Il serait peut-être temps qu’on s’interroge sur l’origine de ce sacrement pour en redécouvrir le vrais sens…

Retour à l’Écriture Sainte.

Tous les sacrements ont leur fondement dans le mystère du Christ, dans ses paroles et ses gestes, dans sa mort et sa Résurrection.  Quant à son attitude envers les malades, de nombreux passages de l’Évangile témoignent de la compassion de Jésus à leur égard.  Les Évangiles rapportent de nombreuses guérisons : certaines se font par une simple parole (Va – ta foi t’a guéri), d’autres, en touchant le malade, en lui imposant les mains, voire en lui mettant de la boue sur les yeux avant de l’envoyer se laver…  Certaines personnes ont même été guéries « à distance », sur simple demande d’un proche (la fille de la femme syro-phénicienne et le fils du centurion).  Fait signifiant : Jésus ne semble pas faire de distinction entre la guérison du corps et celle de l’âme.  Au paralytique que quatre hommes font passer par une ouverture faite dans le toit, il dira : Tes péchés te sont remis (cf. Lc 5,20).  Mais il ne faut pas en tirer des conclusions hâtives.  Aux disciples qui supposent qu’un tel est né aveugle à cause de ses péchés ou de ceux de ses parents, Jésus leur montre que leur raisonnement est faux.  Il connaît le cœur des hommes, et ce n’est pas à nous de les juger !  Dans d’autres cas, Jésus guérit en chassant un démon : l’homme est engagé dans un combat spirituel qui, bien souvent, affecte sa santé physique aussi bien que spirituelle.  Et Jésus n’hésite pas à se comparer au médecin (cf. Lc 5,31).  Marc nous rapporte également qu’à Nazareth, il ne pouvait pas faire beaucoup de miracles, juste quelques guérisons, à cause du manque de foi des gens (cf. Mc 6,1-6) :  c’est que l’action de Dieu à notre égard dépend également de notre accueil, de notre disposition intérieure.

Bref :  l’attention que Jésus accorde aux malades, sa manière de les rejoindre au plus profond d’eux-mêmes, dépend de chacun d’entre eux, de sa situation, de sa foi, de son cœur que Lui seul connaît.  D’où l’importance, dans toute relation pastorale, de connaître la personne, en l’occurrence le malade, de se mettre à son écoute avant de discerner son véritable besoin (à moins de pouvoir lire directement dans les âmes…).  Une tâche bien difficile lorsque le prêtre est appelé en dernière minute auprès d’un mourant qu’il rencontre pour la première fois et qui ne peut plus s’exprimer…

De Jésus aux Apôtres

onction des malades ou extrême-onction ?Jésus savait que son passage sur terre serait de courte durée.  Dès le début de son ministère public, il rassemble autour de lui des disciples dont douze porteront le nom d’Apôtres.  Il les associe à son ministère et les envoie en mission : ils prêchèrent qu'on se repentît ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d'huile à de nombreux infirmes et les guérissaient (Mc 6,12-13).  Ensuite, après sa résurrection, il renouvelle cet envoi (Mc 16,15-18).  En lisant ces deux passages où il est question de la guérison des malades, on retrouve les deux gestes qui font partie de l’onction des malades :  l’onction d’huile (Mc 6,13) et l’imposition des mains (Mc 16,18).  On retrouve par ailleurs une autre allusion très claire à ce sacrement dans la lettre de saint Jacques :

Quelqu'un parmi vous souffre-t-il ? Qu'il prie. Quelqu'un est-il joyeux ? Qu'il entonne un cantique. Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres de l'Eglise et qu'ils prient sur lui après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris.  La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. (Jc 5,13-16).

Bien qu’on ignore sous quelle forme la confession des péchés avait lieu parmi les premiers chrétiens, il est certes significatif que cette pratique soit mentionnée dans le contexte de l’onction des malades.  C’est en parfaite cohérence avec l’attitude du Christ :  il soigne l’homme entier, le corps et l’âme.  Toutefois, quand saint Jacques dit que la prière de la foi sauvera le malade et que le Seigneur le relèvera, il ne faut pas en conclure que l’onction produira toujours une guérison physique instantanée.  Les mots sauver et relever peuvent très bien s’entendre dans le sens spirituel :  la prière, la réconciliation et le réconfort que reçoit le malade lui donnent une force pour lutter dans l’épreuve de la maladie.

L’évolution ultérieure de la pratique

Au fil des siècles, l’Onction des malades est souvent mentionnée dans les textesonction des malades ou extrême-onction ? théologiques et liturgiques, aussi bien en Orient qu’en Occident.  Le rite était à certaines époques complexe, avec des onctions sur différentes parties du corps, notamment sur les organes des sens.  Cependant, au fil des siècles, on en est arrivé à limiter ce sacrement aux mourants, à en faire l’Extrème-Onction.  Le Concile Vatican II, qui a demandé que l’Ecriture Sainte soit l’âme de la théologie, a souhaité redonner à ce sacrement sa vraie signification, celle qu’elle avait à l’origine.  C’est dans ce sens que la Constitution sur la liturgie précise que l’Onction des malades n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour le recevoir est déjà certainement arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort par suite d'affaiblissement physique ou de vieillesse (Sacrosanctum Concilium, n°73).

L’expression « est déjà certainement arrivé » ne signifie pas qu’il faut attendre le moment précisé, mais qu’il est grand temps d’agir quand le fidèle commence à être en danger de mort.  Autrement dit :  l’idéal, c’est d’y penser avant…  Il n’est pas dit non plus qu’il faut limiter le recours à ce sacrement aux situations de danger de mort.  Le Pape Paul VI, dans un document de 1972 consacré au renouvellement de la pratique de l’onction des malades, préfère parler de personnes dangereusement malades.  Cette expression ne vise pas seulement le danger de mort, mais toute forme de danger qui peut résulter d’une maladie :  risque d’un handicap, épreuve psychologique susceptible d’entraîner des séquelles graves…  Toutefois, il faut éviter aussi toute banalisation de ce sacrement :  il s’agit bien d’un sacrement pour les personnes malades (physiquement ou psychologiquement).  Ainsi, vouloir donner ce sacrement à tout croyant pour la raison que nous sommes tous « spirituellement malades » serait un abus.  Le fait de célébrer l’Onction des malades en présence de leurs proches, voir de toute la communauté est certes une bonne pratique.  Mais cela ne justifie pas de donner ce sacrement à des personnes qui sont en bonne santé pour la simple raison qu’elles accompagnent un malade, étant éprouvées par la situation.  Il n’empêche que pour les proches qui ne sont ni atteints par la maladie ni par la vieillesse, d’autres prières ou rites (comme l’imposition des mains) peuvent être bénéfiques.  Si la grâce de Dieu passe par les sacrements, elle n’est pas limitée à ceux-ci.  Reste la question :  faut-il donner le sacrement à un mourant qui n’est plus conscient, qui ne sait plus s’exprimer ?  Pour répondre à cette question, il faut envisager différentes situations ; mais avant cela, il convient de rappeler les effets du sacrement.

Les effets de l’Onction des malades

onction des malades ou extrême-onction ?Le Catéchisme de l’Église Catholique énumère en quatre points les effets de l’onction des malades ; on ne peut que recommander la lecture entière de ces paragraphes (n° 1520-1523).

1. Un don particulier de l’Esprit Saint, la grâce du réconfort et de la paix qui aide le malade dans la lutte contre la maladie et les tentations (découragement, angoisse…) qu’elle peut entraîner.

2. L’union à la passion du Christ :  le croyant qui, dans son épreuve, s’unit au Christ souffrant donne un sens nouveau à sa souffrance ; elle devient participation à l’œuvre salvifique du Christ, à son amour qui nous sauve.

3. Une grâce « ecclésiale » : dans la célébration du sacrement, c’est l’Église tout entière qui prie pour le malade ; et lui, en s’associant librement à la passion du Christ, à son œuvre d’amour, apporte sa part pour le bien du Peuple de Dieu.

4. Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui…  (Rm 6,8).  Pour ceux qui approchent la mort, le sacrement des malades est une aide à mourir dans le Christ, à s’unir à Lui dans la dernière étape de leur cheminement terrestre qui les conduits vers la Résurrection.

Il faut toutefois éviter d’agir comme si le sacrement produirait ses effets d’une façon machinale, sans la participation de celui qui le reçoit.  Comme le montre l’expérience du Christ à Nazareth, il n’agit pas sans notre foi !  Or, dans les moments d’épreuves, la foi peut prendre différents chemins :  certains peuvent éprouver des doutes, voire se révolter, se demandant pourquoi Dieu « permet » une souffrance pareille.  D’autres commencent à réfléchir, à se poser des questions, à être douloureusement confrontés à des moments obscurs de leur vie et à éprouver le besoin d’être réconciliés…  Pour toutes ces raisons, il est bon que le malade, s’il est croyant catholique, puisse avoir un entretien avec le prêtre, recevoir le sacrement du pardon si sa situation le suggère et surtout la communion eucharistique.  Il faut donc à tout prix éviter de postposer la célébration des sacrements jusqu’au moment de la mort.  D’autre part, il se peut que la personne éprouve une difficulté à le demander, étant donné l’idée d’Extrème-onction qui habite beaucoup d’esprits.  Dans ce cas, il est bon de lui en parler avec prudence, en partant de sa foi à lui, de ses convictions personnelles, en proposant le passage du prêtre pour prier ou pour parler.  N’oublions pas que la grâce de Dieu peut également agir à travers la rencontre et le dialogue qui précèdent la célébration des sacrements.

On touche ici à un point délicat :  beaucoup de personnes se disent « croyants », mais sans nécessairement partager la foi catholique.  D’autres se sont éloignées de l’Église ; certaines souhaitent, au moment de l’épreuve, s’en rapprocher, d’autres pas.  Dans tous les cas, il faut respecter le choix de la personne.  On évitera donc de demander le sacrement pour quelqu’un qui ne peut plus s’exprimer, si, étant conscient, il l’a refusé (à moins qu’il n’ait changé d’avis dans la suite).  Il est toujours bon que le prêtre puisse s’entretenir avec le malade avant de célébrer le sacrement.

Restent les situations imprévisibles (accident, AVC…).  Lorsqu’il est impossible de demander l’avis du malade, les plus proches doivent juger, en fonction de ses convictions à lui (et non des leurs), si la personne souhaiterait recevoir l’onction des malades.  Si on ne peut la refuser à une personne en toute fin de vie et déjà inconsciente (car nous ne savons pas par quel moyen Dieu peut toucher le cœur de la personne), il faut toutefois éviter, dans le cas d’une maladie, d’en arriver là.  Autrement dit :  les personnes qui entourent un patient gravement malade (membres de la famille, personnel soignant) ont le devoir de faire leur possible pour qu’il soit informé à temps et puisse lui-même formuler la demande.

Conclusion

Comme dans tous les sacrements, c’est le Christ mort et ressuscité qui agit à travers l’onction des malades pour se rendre présent à celui qui souffre, pour le toucher par sa grâce et pour le réconforter dans sa lutte contre la maladie.  Pour cette raison, il est bon qu’une personne malade puisse recevoir l’onction dès que possible, tout en respectant le fait que parfois, l’idée doit faire son chemin.  Même si on ne peut refuser le sacrement à une personne inconsciente, si celle-ci l’aurait souhaité, ce genre de situation doit être exceptionnel et imprévisible.  Si la grâce de Dieu passe à travers les paroles et les gestes du sacrement, on ne peut négliger le contact pastoral qui prépare la personne à mieux accueillir cette grâce.  D’autre part, si les sacrements destinés aux malades sont une source de réconfort, pourquoi ceux qui sont dans l’épreuve devraient-ils attendre à rencontrer le Christ qui les aide à porter leur fardeau ?

 

Abbé Bruno Jacobs

23/06/2012

Mgr Mazurkiewicz à l'Ulg: la religion, la politique, la neutralité et la laïcité.

LA LAÏCITÉ DANS LE CADRE DE L’UNION EUROPÉENNE

 

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Le mardi 28 février dernier, Mgr Piotr Mazurkiewicz (1), secrétaire général de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté Européenne) (2), était l’invité d’un lunch-débat organisé à l’Université de Liège par l’Union des étudiants catholiques liégeois (3) et le Groupe éthique sociale, associés au forum de conférences Calpurnia. Le thème de la communication que Mgr Mazurkiewicz a prononcée, à titre personnel, portait sur la laïcité dans l’Union européenne (4). Ce thème s’inscrit dans le cadre d’un cycle de rencontres « Neutralité ou pluralisme : dialogue entre religions et philosophies non confessionnelles »

Voici la transcription de l’exposé (les intertitres sont de notre fait) :

La Comece n’est pas un lobbie auprès de l’Union européenne 

En tant que représentants de l’Eglise auprès des Communautés européennes, je peux dire que nous ne faisons pas de lobbying, dans ce sens que, si on parle de lobbying, on pense immédiatement à des intérêts matériels ou à des organismes qui se battent pour des intérêts particuliers avec des stratégies plus ou moins transparentes. Tandis que, représentant l’Eglise catholique, ce que nous sommes est clair et transparent. Dans la pratique, c’est un service que nous rendons en vue du bien commun ; on essaie de travailler sur la qualité éthique de la vie politique, en nous référant à notre vision de la personne humaine, et de l’éthique, pour servir l’Europe dans cette perspective du bien commun qui est le nôtre.

Je vais me référer à l’Union Européenne, mais pas  trop, et surtout partager mon expérience concernant la religion, la politique, la neutralité, la laïcité.

Je suis Polonais, en Belgique depuis 4 ans, je me sens bien ici, mais aussi mon expérience personnelle me fait percevoir les choses de façon différente (de la façon dont on la perçoit ici).

Spécificité culturelle de l’Europe

L’Europe, je pense que ce n’est pas un continent au sens géographique mais bien « un appendice occidental de l’Asie » (Valéry). On peut regarder l’Europe comme espace géographique, mais surtout relié à un espace culturel. Quand on pense à l’Europe, nous pensons à un « continent de la culture » différent de l’Asie et des autres continents de par sa culture spécifique. Une grande différence qui n’est pas un motif à développer un complexe de supériorité. Si on regarde de quoi il s’agit, on pense à une histoire marquée par les trois villes : Athènes, Rome, Jérusalem, on pense à la philosophie grecque, au droit romain, à la foi et à la morale judéo-chrétienne.

Quel est l’axe de cette culture ? Qu’est ce qui fait la différence avec les autres continents ? C’est la conception personnaliste de l’homme installée dans la culture européenne par le christianisme avec des valeurs comme l’inviolabilité de la personne humaine, le mariage monogamique (union d’un homme et d’une femme, en lien avec le monothéisme), la  laïcité de l’Etat (distinction entre ce qui relève de Dieu et de César), la démocratie au sens substantiel (basée sur l’égalité des hommes devant Dieu), la « réserve eschatologique ». Cette dernière signifie que nous, comme chrétiens, n’attendons pas tout de la politique laquelle n’est pas capable de nous sauver ou de créer le royaume de Dieu sur la terre. On s’engage dans la vie politique avec cette réserve eschatologique, en n’attendant pas de la politique qu’elle soit l’achèvement de notre vie car celui-ci ne se fera que dans un au-delà de la politique. Cela nous fait rejeter les utopies.

Si  l’on regarde cette vision personnaliste de l’être humain, on voit que tout ce qui était avant la chrétienté, la culture proto-européenne (romaine et grecque), n’aurait pu, sans l’apport chrétien, déboucher sur cette Europe que nous évoquons. On peut le comprendre facilement en nous livrant à cet exercice du penseur italien Giovanni Sartori qui essaie d’imaginer comment, nous levant d’un lit athénien de l’Antiquité, on répondrait à la question de savoir quel régime politique est en vigueur : si l’on est un citoyen, on répondra que c’est la démocratie, mais si l’on se lève du lit d’un esclave on considérera que c’est un régime totalitaire puisqu’on y traite des humains comme des choses.

Quand on considère les immigrés chez nous aujourd’hui, même s’ils n’ont pas les droits des autres citoyens, on a pourtant l’exigence de les traiter comme des personnes. Cette exigence a été introduite par le christianisme.

Entre le XIe et le XVIIe siècle, la « res publica christiana », la « christianitas » et l’Europe sont des notions équivalentes, notamment aux yeux de ceux qui nous regardent de l’extérieur, des arabes par exemple. Cela a changé à partir du 18e s. Cela ne veut pas dire que l’Europe n’existe que par le christianisme mais elle lui est redevable de beaucoup.

Aujourd’hui l’anthropologie de l’Europe est-elle toujours chrétienne ?

Aujourd’hui, l’Europe est-elle toujours chrétienne ? Si l’on se réfère à un texte fondamental dans la réflexion de l’Eglise, « Ecclesia in Europa », on y voit Jean-Paul II affirmer que l’on a l’impression, dans l’Europe contemporaine, d’une apostasie silencieuse de la part de l’homme comblé comme si Dieu n’existait pas. Benoît XVI, de son côté, évoque « une haine pathologique de l’Occident envers soi même ». Ainsi, aujourd’hui, on a tendance à exclure la chrétienté non seulement de la vie politique et sociale mais aussi de l’histoire et de la mémoire. C’est la portée de tout le débat relatif au préambule du traité constitutionnel  dela Communauté Européenne.On ne parlait pourtant que de racines, de la réalité historique, mais la décision qui l’emporta fut de rejeter cela.

Je suis frappé, lorsqu’on évoque l’Europe sur le plan culturel, par deux faits, notamment. L’un est toujours débattu actuellement dans le cadre du programme de recherche scientifique dans l’Union Européenne, même si ce n’est pas encore décidé, à savoir cette question à l’ordre du jour « peut-on remplacer les tests sur les animaux par des tests sur les embryons humains ?». C’est une rupture avec la pensée anthropologique traditionnelle où l’on considérait qu’il y a un gouffre ontologique entre les animaux et les êtres humains.

Le deuxième est la question de l’euthanasie. Dans sa lettre aux personnes âgées, au sujet de l’euthanasie, Jean-Paul II il disait que le simple fait que d’évoquer cette question -simplement que la perspective de l’euthanasie soit possible- constitue une chose horrible.

Aujourd’hui, on évoque bien sûr la crise financière etc, mais il faut prendre en compte, prioritairement, la crise anthropologique avec cette question : comment traite-t-on la personne humaine, les autres et donc nous-mêmes ?

La liberté religieuse a-t-elle pour objet de privatiser la religion ?

Dans ce cadre entre également la question de la présence de la chrétienté dans l’espace politique, public. Dans certains pays, en Belgique notamment mais aussi ailleurs, certains problèmes sont d’actualité : ainsi, les signes religieux (dans les écoles, ou la croix au parlement polonais, etc.) posent problème. Il s’agit de la question de  la neutralité. L’Etat, ou l’Union Européenne, devrait rester neutre. Ce débat a eu lieu, dans les années 70, aux USA au sujet de l’espace public.

On a tendance à regarder la religion comme quelque chose de privé. La liberté religieuse est comprise comme quelque chose qui est offert à la personne pour son espace privé, comme prier chez soi ou aller à l’église. La question est de savoir si on garantit bien la liberté religieuse aux gens lorsqu’on confine la religion dans l’espace privé et qu’on leur interdit d’entrer avec leur religion dans l’espace public.

Ici, il faut dire qu’en Europe on a différentes traditions de « neutralisation de l’espace public » ; ainsi cela a été réalisé, en France, il y a plus de cent ans et, à présent, tout le monde, catholiques et évêques compris, est habitué à vivre dans ce pays avec un espace évacué par la religion.

Pour nous, Polonais, et c’est une expérience de ma génération, cette conception de la religion vue comme une affaire privée correspond à ce qui nous était garanti à la fin du communisme comme liberté religieuse. Chacun pouvait être croyant si les autres ne le savaient pas. J’ai été ordonné prêtre, en 1988, à la fin du communisme, et il était très intéressant de vivre au début de cette nouvelle période. Ainsi, la tradition que les prêtres visitent les paroissiens après Noël était bien établie ; dans le centre de Varsovie, je travaillais dans une paroisse où l’église était entourée par les bâtiments officiels utilisés à l’époque du communisme et j’ai pu constater que les gens assistaient aux offices mais pas dans leurs paroisses pour ne pas être repérés.

Lors d’un voyage en Pologne, Jean-Paul II a évoqué cette question de la présence du religieux dans l’espace public ; il disait notamment que la religion est affaire privée dans ce sens que nous ne pouvons pas être remplacés par une autre personne concernant les choix que nous faisons. Pour être religieux, pour être croyant, nous devons faire des choix personnels, privés. Personne ne peut le faire à notre place, mais quand cette décision est prise, cela a des conséquences publiques car, avec ma foi, je rentre dans l’espace public et, partout où je suis, je suis une personne croyante. Le communisme attendait de nous que nous nous comportions dans l’espace public comme des non croyants. Il nous imposait un comportement schizophrénique : une éthique dans la vie privée, une autre dans la vie publique. Le pape a souligné que cela condamnait les catholiques à vivre dans un ghetto.

Aujourd’hui, il faut détruire les ghettos et permettre au croyant de vivre libre dans l’espace public, d’y entrer avec sa foi et d’exprimer ce qu’il est.

Il est vrai qu’en ce moment, nous ne sommes pas les seuls, qu’il faut respecter les autres et donc trouver des formes d’expression qui les respectent. Tous ensemble, chrétiens, juifs, musulmans, non croyants, nous devons chercher comment nous exprimer librement tout en respectant les autres. L’Etat doit garantir à chaque groupe de citoyens les mêmes droits sans privilégier l’un ou l’autre.

Ce qui est neutre, laïc, sécularisé est-il impartial ?

Il y  a une conception erronée lorsqu’on considère que ce qui est neutre, laïc, sécularisé, est « impartial ». Lorsque quelqu’un dit « je ne crois pas en Dieu », est-ce une affirmation neutre ? Non c’est un choix religieux.

Lorsqu’un groupe (lié avec Richard Dawkins) met des affiches sur les bus en Grande-Bretagne avec l’inscription « Dieu n’existe pas », c’est bien sûr un acte religieux.

S’il n’y a pas de signe religieux dans cette salle, est-ce neutre ? Si j’apposais un signe de croix sur le mur, pour chacun ce serait un acte religieux. Si quelqu’un l’enlevait, ce serait tout autant un acte religieux. Si l’on croit en Dieu ou si l’on n’y croit pas, c’est un acte religieux. Ainsi, lors d’un débat entre l’archevêque Nichols et Richard Dawkins, ce dernier a déclaré : « je ne peux pas dire que Dieu n’existe pas, je ne suis pas sûr, je crois qu’il n’existe pas ». Cela constitue donc une prise de position religieuse.

Cette question soulevée par le concept de neutralité dans le temps présent est assez cruciale dans certaines régions d’Europe en raison de tendances sécularistes où l’on essaie d’évacuer la religion de l’espace public. Cela soulève la question de l’impartialité mais, d’autre part, cela semble infaisable parce que la religion revient. L’Europe est une exception dans ce sens que le pourcentage de croyants dans le monde augmente, de même que le nombre de vocations, à l’exception de l’Europe. Avec des réalités très différentes d’un pays à l’autre d’ailleurs.

Ainsi, 65% de Français se déclarent catholiques mais seule une toute petite minorité pratique ;la République Tchèquevient elle en tête des pays déchristianisés ;la Suèdeest un pays très sécularisé où la religion n’exerce pas d’influence sur la vie publique et pourtant la plupart des gens sont baptisés et fréquentent l’église luthérienne aux grands moments de la vie, mais cela n’a aucun retentissement dans l’espace public. La religion est par nature est un acte public, appelé à une dimension sociale, et quand on essaie de l’enfermer dans l’espace privé, cela pose problème. Il suffit de voir ce qui se passe avec l’Islam.

Lorsqu’on évoque cela avec des fonctionnaires européens dans le cadre de la politique extérieure, ils reconnaissent que, quand on ignore ce qu’est la religion, on ne peut rien comprendre par exemple à ce qui se passe en Egypte. Il faut donc avoir des notions religieuses. On doit aussi savoir ce dont il s’agit quand on évoque les persécutions religieuses si l’on veut défendre les droits de l’homme.

La religion comme facteur fondamental de la création de l’espace public

La religion continue de jouer un rôle important dans nos sociétés. On le voit bien avec cette notion de « laïcité positive ». Le concept ancien de laïcité ne cadre pas avec la situation actuelle.

Il suffit d’évoquer les musulmans qui occupent la rue pour y prier. On constate aussi que, dans le ministère des affaires étrangères français, on a créé un « pôle religions ». Les Français poussent à considérer la religion comme un facteur important dans la politique. D’autre part, il y a cet article 17 dans le traité de l’UE qui, pour la 1ère fois, a mentionné la religion et les Eglises, dans un contexte de dialogue avec l’Union. Ainsi, les institutions sont obligées par l’UE d’être en dialogue avec les Eglises. Il est donc contradictoire de vouloir expulser la religion de l’espace public et, d’autre part, essayer d’organiser un dialogue entre les institutions et les religions. On peut évoquer, à titre anecdotique, ces débats àla Cour des droits de l’homme à Strasbourg concernant l’interdiction des signes religieux.

Pourtant, sur les drapeaux de l’Europe, la croix est très présente au point qu’on avait songé à la mettre sur le drapeau européen ! Même chose pour l’euro : chaque pays pouvait introduire ses symboles mais il était interdit d’y faire figurer des symboles religieux (sauf le pape pour l’euro au Vatican). Or, sur la monnaie slovaque, on a quand même fait figurer la double croix, après avoir consulté la population par un referendum à ce sujet ; à Bruxelles, on  priait pourtant les diplomates slovaques de changer cela en catimini.

Et en Grande-Bretagne, comment dissocier la reine comme tête de l’Eglise (anglicane en Angleterre, presbytérienne en Ecosse !) de la reine comme tête de l’Etat ? Faut-il également supprimer la mention FD (« fidei defensor ») ? Et en Belgique ? La religion joue un rôle important au fondement de cet état au point que plus ce pays se sécularise plus il se fragilise parce que ce qui réunissait les Belges, c’était la religion. Beaucoup de questions comme on le voit...

Si on regarde la réalité contemporaine, il faut dire que cette problématique provient aussi d’une réflexion « in abstracto », d’une pensée déconnectée du réel où l’on élabore des concepts détachés de l’histoire, en oubliant qui nous sommes.

L’exemple de la question de la croix et de la première décision prise par un juge qui ne prenait pas en compte ce qui se passe en Italie est éloquent. Il faut tenir compte de la réalité concrète, de notre tradition, de nos coutumes, de notre histoire, de notre perception du monde. Ainsi, la croix est absente en France dans la vie publique mais elle est très présente en Italie. Il faut tenir compte des réalités culturelles et historiques pour ne pas organiser une révolution contre nous-mêmes. 

« Siamo parte di te »

Cette problématique est également liée avec la présence de l’islam en Europe où deux options différentes se présentent pour les chrétiens : ou avec l’islam contre les sécularistes pour protéger la liberté religieuse, - mais, alors, il faudrait autoriser toutes les habitudes qui ne sont pas les  nôtres, même celles qui sont parfois contraires aux droits humains -, ou faire une alliance avec les sécularistes contre l’islam en acceptant de diminuer la présence religieuse dans l’espace public pour diminuer celle de l’islam - ce qui amène à renoncer à la présence de symboles religieux chrétiens simplement pour faire reculer l’islam.

Ce sont de mauvaises réponses. Elles ne sont pas dignes de notre héritage. Elles ne considèrent pas la réalité de notre culture ou de notre histoire. La religion a créé notre culture avec tous ces éléments qui sont précieux pour les sécularistes : la liberté humaine, la dignité humaine, la différence entre l’état et la religion, etc.

Si on prend la Charte des droits fondamentaux etla Convention des droits de l’homme européenne, lorsqu’on parle des valeurs, on évoque ce qui est nôtre, nos valeurs. Ce n’est pas dit ouvertement mais c’est très clair. Sans la chrétienté, les sécularistes ne professeraient pas ces valeurs.

Beaucoup de personnes comprennent bien qu’il est très risqué de séparer ces valeurs de la réalité religieuse. Pour le séculariste, est-il égal de vivre à l’ombre des clochers ou à celle des minarets ? N’y aurait-il aucune différence ? On peut trouver la solution si on considère que la chrétienté est cet acteur qui a construit notre culture, notre civilisation, et ne peut pas être considéré comme un danger pour cette culture.

Cela me fait penser à cette phrase qui m’a interpellé à Rome, lorsque je visitais le forum : « siamo parte di te ». Jean-Paul II a dit à Prague, cet endroit le plus sécularisé, en 1990 : « Remarquons combien serait appauvrie l’admirable beauté de cette ville à cent tours s’il y manquait la silhouette de la cathédrale et des milliers d’autres bijoux de la culture chrétienne. Combien serait appauvrie la vie spirituelle, morale et culturelle de cette nation si était exclu ou oublié ce qui était, est et sera inspiré par la foi chrétienne. Si l’on réussissait à vous rendre sourds et aveugles à ces valeurs, au Christ, à l’Eglise, à la Bible, vous deviendriez des étrangers dans votre propre culture.

Vous perdriez la sensibilité et la clef pour comprendre de si nombreuses valeurs de la philosophie, de la littérature, de la musique, de l’architecture, des arts plastiques, et de tout le domaine de l’esprit de votre propre nation mais aussi de toute la tradition européenne. »  Siamo parte di te !

Pour tous renseignements ou s'inscrire aux lunch-débats:

 tél. 04.344.10.89 ou info@ethiquesociale.org

 

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  (1) Monseigneur Piotr Mazurkiewicz est secrétaire général de la COMECE depuis  2008. Né en 1960, il a été ordonné prêtre en 1988 et incardiné dans l’archidiocèse de Varsovie. Il y est professeur à l'Université Cardinal Stefan Wyszynski (UKSW) où il occupe la Chaire d'Ethique politique et sociale du Département d'Etudes Historiques et sociales. Il est également membre du Conseil de la Recherche de l'Institut de Science politique de l'Académie des Sciences de Pologne, membre du Conseil d'Administration de la Société européenne de recherche en éthique « Societas Ethica ».

Le Père Mazurkiewicz est spécialiste des questions européennes, de philosophie politique, de la doctrine sociale de l'Eglise et d'éthique politique et sociale. En 1996, il a soutenu une thèse de Doctorat sur le thème «l'Eglise dans une société ouverte. Débat sur la présence de l'Eglise dans la société polonaise durant la période de transformation» au sein du Département des Etudes ecclésiastiques, historiques et sociales de l'Académie de théologie catholique de Varsovie. En 2002, il a soutenu sa thèse d'habilitation sur «l'Européanisation de l'Europe. L'identité culturelle de l'Europe dans le contexte du processus d'intégration» à l'Institut d'Etudes politiques de l'Académie des Sciences de Pologne.

 (2) La Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE)  est composée d'évêques délégués par les conférences épiscopales des Etats membres de l'Union européenne et possède un Secrétariat permanent à Bruxelles. Elle a pour objet :d’accompagner et analyser le processus politique de l’Union européenne ; d’informer et conscientiser l'Eglise sur les développements de la législation et des politiques européennes ; de maintenir un dialogue régulier avec les Institutions de l'Union (Commission européenne, Conseil de l'Union européenne et Parlement européen) à travers la rencontre annuelle des principaux responsables religieux, des Séminaires de Dialogue et de multiples conférences et en prenant part aux consultations organisées par la Commission européenne ; d’encourager la réflexion, basée sur l'enseignement social de l'Eglise, sur les défis posés par la construction d'une Europe unie.

Dans les relations entretenues par l’Eglise catholique avec l’Union européenne, il convient de distinguer le rôle de la COMECE  de celui du Saint-Siège, lequel est un sujet souverain de droit international public et dispose, à ce titre, d’une Représentation permanente auprès de l’Union.

(3) L’Union des Etudiants Catholiques de Liège est membre de l’asbl « Sursum Corda » vouée à la sauvegarde de l’église du Saint-Sacrement, aux activités de laquelle l' "Union" est étroitement liée.

(4) S’agissant des relations entre  institutions européennes et Eglises, communautés associations religieuses ou organisations philosophiques, l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne précise que : 

- « L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les Eglises et les associations ou communautés religieuses dans les Etats membres » ;

-« L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles » ;

-« Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces Eglises et organisations ».