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17/05/2013

1er juin 2013: Fête-Dieu à l'église du Saint-Sacrement à Liège

LA FÊTE-DIEU À LIÈGE

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SAMEDI 1er JUIN 2013 À L’EGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d’Avroy, 132

MESSE SOLENNELLE À 18 HEURES

célébrée selon le missel de 1962  par 

L’ABBÉ JEAN-PIERRE DELVILLE

Professeur à la Faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain (U.C.L) 

Homélie prononcée par le Chanoine ERIC de BEUKELAER

Doyen de Liège (rive gauche) 

Propre grégorien de la fête, plain-chant liégeois, diaphonies et polyphonies interprétées par: 

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LA SCHOLA RESUPINA DE VIENNE

Dir. Isabell Kösler  

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LE CHŒUR D’ENFANTS DE LA BASILIQUE

DE BASSE-WAVRE

Dir. Charlotte Messiaen

À L’ORGUE : PATRICK WILWERTH

professeur au conservatoire de Verviers

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PORTES OUVERTES LE 1er JUIN 

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A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d’Avroy, 132 à Liège 

SAMEDI 1er JUIN 2013

DE 14h à 19h

ADORATION EUCHARISTIQUE

 animée par 

14:00 à 15:00 : la Communauté St. Christophe- groupe de prière « Agneau de Dieu »

15:00 à 16:00 : le Mouvement Eucharistique Liégeois (MEL)

16:00 à 16:30 : l’Association Sursum Corda

16:30 à 17:30 : la Communauté de l'Emmanuel -prière adaptée aux enfants et familles 

De 14:00 à 17:30 : possibilité de recevoir le sacrement de réconciliation chez un des confesseurs présents. 

À 18:00 : Messe solennelle (missel de 1962) célébrée par l'abbé Jean-Pierre Delville. Homélie du doyen Eric de Beukelaer. Chorales d’adultes (Vienne) et d’enfants (Basse-Wavre)

  19 :00 : Clôture. Bénédiction solennelle avec l’ostensoir

 

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Liège, église du Saint-Sacrement

 

BENOÎT XVI : C’EST UNE ERREUR D’OPPOSER LA CELEBRATION ET L’ADORATION 

 Extrait de l'homélie papale pour la Fête-Dieu 2012: Santo_Padre_3.jpg« Une interprétation unilatérale du concile Vatican II a pénalisé le culte eucharistique et en particulier l’adoration du Saint-Sacrement,  en réduisant la pratique de l’Eucharistie au moment de la célébration. En effet, il a été très important de reconnaître le caractère central de la célébration, à laquelle le Seigneur convoque son peuple, où il le rassemble autour de la double table de la Parole et du Pain de vie, le nourrit et l’unit à lui dans l’offrande du Sacrifice. Cette mise en valeur de l’assemblée liturgique dans laquelle le Seigneur agit et réalise son mystère de communion, demeure naturellement valable, mais elle doit être resituée dans un juste équilibre.

 En effet, comme il arrive souvent, pour souligner un aspect on finit par en sacrifier un autre. Dans ce cas, l’accent mis sur la célébration de l’eucharistie s’est faite aux dépends de l’adoration, en tant qu’acte de foi et de prière adressée au Seigneur Jésus, réellement présent dans le Sacrement de l’autel. Ce déséquilibre a aussi eu des répercussions sur la vie spirituelle des fidèles. En effet, si l’on concentre tout le rapport avec Jésus Eucharistie dans le seul moment de la Sainte Messe, on risque de vider de sa présence le reste du temps et de l’espace essentiels. Et l’on perçoit ainsi moins le sens de la présence constante de Jésus au milieu de nous et avec nous, un présence concrète, proche, au milieu de nos maisons, comme « Cœur palpitant » de la ville, du pays, du territoire et de ses différentes expressions et activités. Le Sacrement de la Charité du Christ doit pénétrer toute la vie quotidienne.

En réalité, c’est une erreur que d’opposer la célébration et l’adoration, comme si elles étaient concurrentes. C’est justement le contraire : le culte du Saint Sacrement constitue comme le « milieu » spirituel dans lequel la communauté peut célébrer l’Eucharistie bien et en vérité. C’est seulement lorsqu’elle est précédée, accompagnée et suivie de cette attitude intérieure de foi et d’adoration que l’action liturgique peut exprimer toute sa signification et sa valeur. La rencontre avec Jésus dans la Sainte Messe se réalise vraiment et pleinement lorsque la communauté est en mesure de reconnaître que, dans le Sacrement, il habite dans sa maison, nous attend, nous invite à sa table, et puis, après que l’assemblée s’est dispersée, il reste avec nous, par sa présence discrète et silencieuse, et il nous accompagne de son intercession, en continuant à recueillir nos sacrifices spirituels et à les offrir au Père. »

 

BENOÎT XVI :

JE PRIE AFIN QUE LE «PRINTEMPS EUCHARISTIQUE» SE REPANDE TOUJOURS DAVANTAGE DANS TOUTES LES PAROISSES, EN PARTICULIER EN BELGIQUE, LA PATRIE DE SAINTE JULIENNE »

 imagesCAVSYWZ4.jpg« Je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue,  à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.

Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.

Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).

A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

Pendant environ vingt ans, Julienne, qui entre-temps était devenue prieure du couvent, conserva le secret de cette révélation, qui avait rempli son cœur de joie. Puis elle se confia à deux ferventes adoratrices de l’Eucharistie, la bienheureuse Eve, qui menait une vie d’ermite, et Isabelle, qui l’avait rejointe dans le monastère du Mont-Cornillon. Les trois femmes établirent une sorte d’«alliance spirituelle», dans l’intention de glorifier le Très Saint Sacrement. Elles demandèrent également l’aide d’un prêtre très estimé, Jean de Lausanne, chanoine de l’église de Saint-Martin à Liège, le priant d’interpeller les théologiens et les ecclésiastiques au sujet de ce qui leur tenait à cœur. Les réponses furent positives et encourageantes.

Ce qui arriva à Julienne de Cornillon se répète fréquemment dans la vie des saints: pour avoir la confirmation qu’une inspiration vient de Dieu, il faut toujours se plonger dans la prière, savoir attendre avec patience, chercher l’amitié et la confrontation avec d’autres bonnes âmes, et tout soumettre au jugement des pasteurs de l’Eglise. Ce fut précisément l’évêque de Liège, Robert de Thourotte, qui, après avoir hésité au début, accueillit la proposition de Julienne et de ses compagnes, et qui institua, pour la première fois, la solennité du Corpus Domini dans son diocèse. Plus tard, d’autres évêques l’imitèrent, établissant la même fête dans les territoires confiés à leurs soins pastoraux.

Le Seigneur demande toutefois souvent aux saints de surmonter des épreuves, pour que leur foi soit accrue. Cela arriva également à Julienne, qui dut subir la dure opposition de certains membres du clergé et du supérieur même dont dépendait son monastère. Alors, de sa volonté, Julienne quitta le couvent de Mont-Cornillon avec quelques compagnes, et pendant dix ans, de 1248 à 1258, elle fut l’hôte de divers monastères de sœurs cisterciennes. Elle édifiait chacun par son humilité, elle ne faisait jamais de reproches ou de critiques à ses adversaires, mais elle continuait à diffuser avec zèle le culte eucharistique. Elle s’éteignit en 1258 à Fosses-La-Ville, en Belgique. Dans la cellule où elle gisait, le Très Saint-Sacrement fut exposé et, selon les termes de son biographe, Julienne mourut en contemplant avec un dernier élan d’amour Jésus Eucharistie, qu’elle avait toujours aimé, honoré et adoré.

Jacques Pantaléon de Troyes, qui avait connu la sainte au cours de son ministère d’archidiacre à Liège, fut lui aussi conquis à la bonne cause de la fête du Corpus Domini. Ce fut précisément lui, devenu Pape sous le nom d’Urbain iv, qui institua en 1264 la solennité du Corpus Domini comme fête de précepte pour l’Eglise universelle, le jeudi suivant la Pentecôte. Dans la Bulle d’institution, intitulée Transiturus de hoc mundo (11 août 1264), le Pape Urbain réévoque avec discrétion également les expériences mystiques de Julienne, soutenant leur authenticité, et il écrit: «Bien que l’Eucharistie soit chaque jour solennellement célébrée, nous considérons juste que, au moins une fois par an, l’on en honore la mémoire de manière plus solennelle. En effet, les autres choses dont nous faisons mémoire, nous les saisissons avec l’esprit et avec l’intelligence, mais nous n’obtenons pas pour autant leur présence réelle. En revanche, dans cette commémoration sacramentelle du Christ, bien que sous une autre forme, Jésus Christ est présent avec nous dans sa propre substance. En effet, alors qu’il allait monter au ciel, il dit: “Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20)».

Le Pape lui-même voulut donner l’exemple, en célébrant la solennité du Corpus Domini à Orvieto, la ville où il demeurait alors. C’est précisément sur son ordre que, dans la cathédrale de la ville l’on conservait — et l’on conserve encore — le célèbre corporal portant les traces du miracle eucharistique qui avait eu lieu l’année précédente, en 1263 à Bolsène. Un prêtre, alors qu’il consacrait le pain et le vin, avait été saisi de doutes profonds sur la présence réelle du Corps et du Sang du Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. Miraculeusement quelques gouttes de sang commencèrent à jaillir de l’hostie consacrée, confirmant de cette manière ce que notre foi professe. Urbain IV demanda à l’un des plus grands théologiens de l’histoire, saint Thomas d’Aquin — qui a cette époque accompagnait le Pape et se trouvait à Orvieto —, de composer les textes de l’office liturgique de cette grande fête. Ces derniers, encore en usage aujourd’hui dans l’Eglise, sont des chefs-d’œuvre, dans lesquels se fondent la théologie et la poésie. Ce sont des textes qui font vibrer les cordes du cœur pour exprimer la louange et la gratitude au Très Saint Sacrement, alors que l’intelligence, pénétrant avec émerveillement dans le mystère, reconnaît dans l’Eucharistie la présence vivante et véritable de Jésus, de son Sacrifice d’amour qui nous réconcilie avec le Père, et nous donne le salut.

Même si après la mort d'Urbain iv la célébration de la fête du Corpus Domini se limita à certaines régions de France, d'Allemagne, de Hongrie et d'Italie du nord, ce fut un autre Pape, Jean XXII, qui en 1317 lui redonna cours pour toute l'Eglise. Depuis lors, la fête connut un développement merveilleux, et elle est encore très appréciée du peuple chrétien.

Je voudrais affirmer avec joie qu'il y a aujourd'hui dans l'Eglise un «printemps eucharistique»: combien de personnes demeurent en silence devant le Tabernacle, pour s'entretenir en une conversation d'amour avec Jésus! Il est réconfortant de savoir que beaucoup de groupes de jeunes ont redécouvert la beauté de prier en adoration devant le Très Saint Sacrement. Je pense par exemple à notre adoration eucharistique à Hyde Park, à Londres.

Je prie afin que le «printemps eucharistique» se répande toujours davantage dans toutes les paroisses, en particulier en Belgique, la patrie de sainte Julienne »

Benoît XVI : extrait de l’audience générale du 17 novembre 2010

14/05/2013

Chantal Delsol à l'Université de Liège le mardi 21 mai 2013

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Cycle de lunchs débats à l’Université de Liège

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Les droits de l’homme en péril

Dialogue entre Religions et Philosophies non confessionnelles

 Mercredi 21 mai 2013 

Les Droits de l’Homme au defi de la Diversité culturelle

par

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Chantal DELSOL

Professeur de Philosophie Politique à l’Université de Paris-Est

Membre de l’Institut de France

 Le Groupe « Ethique sociale » et l’Union des Etudiants catholiques de Liège  (*) organisent avec le forum de conférences « Calpurnia » un cycle de sept rencontres à l’Université de Liège, sur le thème « Les droits de l’homme en péril : dialogue entre religions et philosophies non confessionnelles ».

Le mardi 21mai  2013 à 18 heures, la tribune sera occupée par Madame Chantal DELSOL , philosophe , historienne des idées politiques et romancière française Elle  est aussi membre de l'Académie des Sciences morales et politiques , éditorialiste  au Figaro , à Valeurs actuelles, et directeur de collection aux éditions de La Table Ronde.

La conférencière animera le lunch-débat consacré au fondement des Droits de l'Homme dans les différentes cultures:

 À la suite des diverses chartes ou déclarations des droits de l’homme apparues en Occident (et surtout de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 des Nations-Unies), d’autres textes sont nés aux confins de notre monde, pour marquer aussi leur foi en la dignité de l’homme et ses droits : Chartes et Déclarations islamiques, Charte africaine, Déclaration russe orthodoxe  ...    

Le terreau commun à toutes ces déclarations, c’est l’affirmation de la dignité  de l’espèce humaine : les droits sont assis sur une certitude de la royauté de l’homme dans la nature mais qu’en est-il de la désignation des fondements et ne varie-t-elle pas selon les cultures ?

Les déclarations islamiques s’enracinent toutes très clairement dans leur religion fondatrice et , dans la Déclaration russe orthodoxe ,  c’est  Dieu qui à la fois confère la valeur ontologique et désigne les finalités à poursuivre .  Il en va de même pour la Charte africaine

Les Occidentaux pensent couramment que leurs Déclarations sont les plus universelles de toutes, voire les seules réellement universelles mais cela ne reste-t-il pas à  démontrer ? La dignité inhérente à la famille humaine y est-elle enracinée quelque part ?  ni sur une religion, ni sur une tradition, ni même sur la raison universelle,  semble-t-il.  Dans  les déclarations occidentales contemporaines, y compris la  Déclaration fondatrice de 1948, la dignité de l’homme serait fondée «  a minima », sur l’indignation naturelle de la conscience humaine devant  les « actes de barbarie » qui ont marqué le XX° siècle . 

Néanmoins la figure humaine que, jusqu’ici,  tous ces textes expriment est assez proche. Elle signifie : on ne traite pas un homme comme un poulet.

Mais un  autre  débat mérite aussi d’être ouvert : il serait utile en effet de montrer comment certains pays asiatiques tentent de décrire les droits de l’homme, et pourquoi ils y renâclent en général : leur anthropologie est différente de celle des cultures inspirées -de près ou de loin-  par les grandes religions monothéistes. Tous les courants panthéistes ou apparentés, qui venant d’Asie s’installent dans les contrées occidentales, n’établissent évidemment pas de différence intrinsèque (ontologique) entre l’homme et l’animal.

C’est aussi pourquoi  l’écologie profonde, les théories défendant les droits des animaux, les courants évoquant les « impersonnes » humaines, sont radicalement en contradiction avec toute philosophie des droits, et à court ou à moyen terme, travaille à desceller les droits de l’homme, puisqu’ils descellent la royauté de l’homme.

 La rencontre aura lieu à la Salle des Professeurs dans le bâtiment du Rectorat de l’Université de Liège, Place du 20 Août, 7, 1er étage (accès par l’entrée principale). Horaire : apéritif à 18h00 ; exposé suivi d’un lunch-débat : de 18h15 à 20h30.

Inscription obligatoire avant le 17 mai 2013, par téléphone : 04.344.10.89   ou e-mail info@ethiquesociale.org . P.A.F. : 10 € ,  à régler sur place.

 ___________________

 (*) L’ « Union » est l’un des membres fondateurs de l’asbl « Sursum Corda » pour la sauvegarde de l’église du Saint-Sacrement aux activités de laquelle elle est étroitement liée.

 

Chantal Delsol : pourquoi je suis catholique

 Le mardi 21 mai prochain à 18 heures, Chantal Delsol, Professeur de Philosophie Politique à l’Université de Paris-Est, et Membre de l’Institut de France, sera l’invitée d’un lunch-débat organisé par le Groupe « Ethique sociale »  de l’Union des étudiants catholiques de Liège sur le thème  « Les Droits de l’Homme à l’épreuve de la diversité culturelle » Mais, au-delà de ses titres universitaires et académiques, de ses dons d’écrivain ou d’orateur, qui est Chantal Delsol ?

Elle l’exprime avec beaucoup de clarté sur son blog :

«  Quand un jeune chrétien sort de l’enfance, dans notre pays, il s’aperçoit alors à quel point il est minoritaire. Il voit que sa famille fait partie d’un pourcentage infime de citoyens. En général, cette évidence le refroidit. Plus on est jeune, et plus on a envie de ressembler aux autres.

Ayant grandi dans un milieu catholique, c’est cette marginalisation que j’ai ressentie d’abord. Elle rend les catholiques français à la fois faibles et débonnaires : ils sont si minoritaires et si détestés qu’ils ne peuvent pas faire de mal à une mouche, ils ne disposent d’aucun espace pour donner le moindre coup de pied. On les accuse en permanence de tout. Alors que les deux grands totalitarismes du XX° siècle ont assassiné cent millions d’hommes au nom de l’athéisme, on continue de tenir Dieu et ses suppôts pour les vrais bandits de l’Histoire.

Les catholiques français ne forment évidemment pas une seule espèce, mais plusieurs, que pour simplifier on pourrait décrire en deux groupes : les catholiques de gauche et les catholiques traditionalistes – même si naturellement nombre de catholiques ne se reconnaîtraient sous aucune de ces dénominations. Les catholiques de gauche, qui naviguent autour du groupe Vie Nouvelle ou de la revue Esprit, et qui peu ou prou héritent du Sillon, sont généralement plutôt cultivés et ouverts au débat, en même temps que mal à l’aise avec eux-mêmes et torturés par la mauvaise conscience, ce qui les prive de sens de l’humour et peut les rendre désagréables avec leurs semblables.

A l’inverse, les catholiques traditionalistes sont couramment incultes, mais extrêmement civilisés, et ils possèdent des qualités humaines inconnues ailleurs. Ils représentent en France les seuls capables de vouloir encore des familles très nombreuses – une famille française de cinq enfants ou plus,  non recomposée, est dans la presque totalité des cas une famille de catholiques traditionalistes. Ils conservent face aux catastrophes de la vie une distance que seule la spiritualité peut conférer. Ils sont souvent fauchés, parce que les femmes n’y travaillent pas et parce qu’il faut entretenir une tribu, mais ils vivent dans une sorte d’austérité fastueuse, dotée de présence davantage que de choses. Et je trouve honteux que les seules œuvres françaises dans lesquelles on met en scène ce type de famille (par exemple La vie est un long fleuve tranquille) ne visent qu’à les ridiculiser.

C’est dans ce milieu que j’ai grandi, même si mes parents n’y étaient qu’aux marges – trop indépendants, trop rebelles. Ainsi j’en ai vu de près les tares et les grandeurs. Sa principale tare consiste en sa crainte du changement, et comme c’est la vie des femmes qui a le plus changé depuis un siècle, j’étais toute désignée pour recevoir les reproches.

Ce milieu, qui voit la femme à travers l’amour courtois, c’est à dire comme une créature fragile et à protéger, jamais vraiment adulte, a adopté une posture misogyne depuis que les femmes se sont mises à acquérir un rang social et à gagner leur vie. J’ai brossé un portrait ironique de ces comportements dans le roman Quatre.

Avec ses qualités et ses défauts, c’est donc là mon milieu, émouvant et parfois pathétique (parce que si peu approprié au monde), dont j’ai appris l’essentiel. De ces gens marginalisés et moqués, on ne peut nier le caractère héroïque (même borné), le courage à déplacer les montagnes (même entêté), le soin considérable, allant jusqu’à tous les sacrifices, qu’ils mettent à éduquer leurs enfants (même si parfois de façon militaire). Ce sont eux que j’aime, et cependant je ne voudrais pas qu’ils gouvernent, ah non ! car alors on serait capable de me confisquer mon stylo, je fais trop d’ombre à ces messieurs… Je suis, on l’aura compris, l’enfant reconnaissant et révolté de ce milieu.

Par caractère, je n’aime pas beaucoup les institutions. L’Eglise catholique, avec ses principes rigidifiés et ses rites auxquels je n’entends rien, me fait rire, comme fait rire un adulte qui se prend trop au sérieux et assomme son entourage plus qu’il ne l’intéresse. C’est pourquoi je suis attirée par le côté informel du protestantisme. Fascination d’individualiste, vite remise en cause, car je sais bien qu’une religion sans Eglise roule sans balises, éclate en multiples tendances qui la rendent illisible, collabore plus facilement avec les pires envahisseurs, et glisse vers l’anomie. Aussi, j’appartiens à l’Eglise catholique avec ce rire dans la voix.

Finalement les raisons pour lesquelles je suis catholique n’ont rien à voir avec celles du milieu maurassien qui m’a éduquée. La religion sociologique, à laquelle une partie de ma famille est encore attachée, me paraît un sombre conte, sans doute parce que je crois davantage à la sincérité qu’aux rites sociaux et parce que je suis profondément anarchiste, attachée à l’essentiel et jamais à ses formes. Ma croyance s’enracine sur deux pôles, situés sur deux plans différents et sans hiérarchie entre eux.

Il n’est pas de mise aujourd’hui de vanter sa propre religion au détriment des autres. Pourtant je n’hésiterai pas à le faire. Cette religion ne m’a pas été imposée. J’ai passé une dizaine d’années de ma vie loin d’elle et sans me préoccuper de ces questions. Au bout du compte, je l’ai choisie. J’ai la conviction que l’Evangile représente le message spirituel le plus humain, et le plus civilisé. Le Christ ne fait pas la guerre, ne lapide pas l’infortunée, ni ne collectionne les femmes. Son discours atteint une hauteur morale inégalée, et l’on ne trouve ni dans l’Ancien Testament ni dans le Coran, cette exclusive douceur des moeurs, cette indulgence pour l’humanité portée à son paroxysme. Le Christ est selon moi le seul modèle divin dont on peut vouloir qu’il existe. Autrement dit, même si je n’avais pas la foi, je continuerais à penser que le parangon éthique le plus enviable est contenu dans les Evangiles. Naturellement je connais toutes les fautes et même les crimes commis par cette Eglise (ce serait difficile de les ignorer puisque nous vivons dans un pays où le catholicisme est pratiquement réduit à son Inquisition), et j’ai écrit des pages sévères pour dire que je vois là l’origine des totalitarismes modernes (ce qui m’a été bien sûr reproché par mon milieu). Cependant le christianisme a produit un îlot de civilisation magnifique, où tous les êtres humains sont respectés pour eux-mêmes. Ici tous les enfants de Dieu sont aimés également par leur père, et je ne vois cela nulle part. D’ailleurs tout ce que nous aimons, depuis l’Etat de droit jusqu’aux droits de l’homme, n’a été rendu possible que dans l’atmosphère chrétienne. Et je trouve incohérent de vouloir honorer les résultats tout en niant les sources. En choisissant l’Evangile, j’ai l’impression d’être seulement fidèle à mes choix de société.

Enfin, au fond de tout il y a la foi, qui sans doute procède aussi des raisons mais en les dépassant. Il est bien difficile de décrire une chose aussi étrange que la foi. Je risquerai la définition que je préfère : avoir la foi, c’est être accompagné. C’est donc échapper (par quel miracle ? par quelle illusion, peut-être…) à la déréliction dans laquelle glisse tout humain dès qu’il se place en face de son existence.

Celui qui a la certitude d’être accompagné, les grandes épreuves de la vie ne le trouvent pas seul au monde. Beaucoup disent que c’est là une chance. C’est même une expression courante, qui se répète dans les salons : vous avez de la chance, d’avoir la foi, j’aimerais moi aussi, mais voilà, cela ne m’est pas venu… Je ne crois pas que les choses se passent ainsi. Car une « chance » vous descend dessus comme la manne inattendue. Rien de tel ici. Cette présence, il faut la demander sans cesse et l’implorer silencieusement. Il faut attendre cette présence dans le noir quand elle s’attarde. Il faut aller la quérir, la solliciter. A cet égard, l’histoire signifiante est celle de Jacob, l’un de mes héros préférés. Le combat de Jacob avec l’ange est un combat d’amour, une lutte contre le doute, une volonté éperdue de se tenir, quoiqu’il arrive, dans l’ombre de Dieu, accroché aux plis de Son manteau. Jacob se cramponne à l’ange, il le harcèle, après même que celui-ci l’eut frappé à l’emboîture de la hanche. Il réclame une bénédiction, signe de la présence. Et il appelle cette présence divine en s’appuyant sur la promesse faite à Abraham. La foi n’est pas ce don qui tombe du ciel sur les plus chanceux d’entre nous. Elle est ce combat à nul autre pareil, symbole d’une prière incessante.

in L’homme a-t-il besoin du Christ ?, dirigé par  Jacques de Guillebon, Via Romana 

03/05/2013

Journée grégorienne à Liège le samedi 11 mai 2013

PLAIN-CHANT SUR LIEGE

 Au cours de cette journée du 11 mai 2013, l’Ensemble « Psallentes ♀ », dir. Hendrik Vanden Abeele, professeur aux Conservatoires de Leuven, Rotterdam et La Haye, chercheur à l’Université de Leyde et les trente-cinq élèves de l’académie de chant grégorien à Liège, cycle 2012-2013, dir. Stéphan Junker, professeur au conservatoire de Verviers illustreront

 

LES CHANTS  DE PÈLERINAGE AU TEMPS DES CATHÉDRALES

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XIIe – XVe SIÈCLES

 

en interprétant des mélodies grégoriennes, diaphoniques et polyphoniques extraites du Codex Calixtinus de Compostelle (XIIe s.), du Livre Vermeil de Montserrat (XIVe s.), de l’office et de la messe de saint Jacques le majeur (graduel et antiphonaire de l’abbaye de Solesmes) et de l’office liégeois primitif de la Fête-Dieu (Jean de Cornillon, 1246).

 

Programme du concert

 

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( 16h, église des Bénédictines, Bd d’Avroy, 54)

Académie de chant grégorien:

Graduel « Constitues eos » et Communion « Ego vos elegi » extraits de la Messe de saint Jacques le Majeur (graduel de Solesmes)

Hymne « Exultet caelum laudibus », Antienne ad magnificat « Assumpsit Jesus » et « Benedicamus Domino », extraits des Vêpres de saint Jacques le Majeur (graduel de Solesmes)

 Tropes du Kyrie « Pater cuncta »  et « Exultet caeli curia » du Benedicamus Domino, extraits du Codex Calixtinus (Compostelle)

Canon « Laudemus Virginem », extrait du Livre Vermeil (Montserrat)

Cantio de Noël « Dies est laetitiae », extrait du Magyar Gregorianum

Patrick Wilwerth à l'orgue "Le Picard" (1737):

oeuvres baroques 

Ensemble féminin "Psallentes":

Conduit "Nosta phalans" extrait du Codex Calixtinus 

Antiennes « Sacramentum pietatis », « Misterii veritatem », « Qui semel », « Ore quidem » « Ore vero », Repons «  ad nutum » et Antienne « Jesu bone » de l’Office liégeois primitif de la Fête-Dieu, extraits du manuscrit de Tongres  NL-KB 70 E 4 (13e s.)

 Séquence « Laureata plebs fidelis », extraite de la messe liégeoise de la Fête-Dieu

 Conduit « Congaudeant catholici » extrait du Codex Calixtinus

 Programme des chants de la messe 

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(18h, église du Saint-Sacrement, Bd d'Avroy, 132) 

Académie de chant grégorien: 

Kyriale de la Messe XII « Pater cuncta », Introït, Alleluia et Communion de la messe votive du « Corpus Christi »,  extraits du graduel de Solesmes et du Codex Calixtinus 

Canon « Laudemus Virginem » extrait du Livre Vermeil (Montserrat) 

Ensemble féminin « Psallentes »:

Repons « Christi corpus » et « Panis vivens » extraits de l’office liégeois primitif de la Fête-Dieu  (manuscrit de Tongres) 

Conduits «  In hac die laudes » et «  Annua gaudia » extraits du codex Calixtinus 

Patrick Wilwerth: 

à l’orgue Thomas du Saint-Sacrement 

La messe sera célébrée, selon le missel de 1962, par Monsieur l'abbé Jean-Pierre Delville, professeur à la Faculté de Théologie de l'Université catholique de Louvain (U.C.L.)U.C.L.)U.C.L)

 Les acteurs musicaux de la journée 

Ensemble Psallentes _21.jpg

imagesCARYE5VP.jpgFondé et dirigé par Hendrik Vanden Abeele, professeur aux conservatoires de Leuven, Rotterdam et La Haye, chercheur à l’Université de Leyde,  l’Ensemble vocal «  Psallentes » est voué à l’interprétation des chants liturgiques du  moyen âge.  Sa branche masculine travaille depuis longtemps la musique ancienne avec la Capilla Flamenca : ensemble ils ont publié de nombreux disques associant le plain-chant à la polyphonie franco-flamande de la fin du moyen âge à la renaissance. La branche féminine qui participe à cette journée grégorienne à Liège a vu le jour en 2007. Elle est composée de jeunes musiciennes professionnelles particulièrement remarquées lors du dernier festival international de Watou, en 2012. Le  Festival des Flandres l’a inscrite à son programme pour 2013.

cours 2011-2012 042.JPG

775084727_2.jpgL’Académie de Chant grégorien fête cette année le dixième anniversaire de sa présence à Liège. Depuis 2003, elle y a accueilli plus de trois cents élèves dans les cycles de cours qu’elle organise chaque année dans les locaux de l’église du Saint-Sacrement au Boulevard d’Avroy. À Bruxelles et à Louvain-la-Neuve, l’académie organise aussi des cycles de cours ouverts tant aux débutants qu’aux persévérants, ainsi que des week-ends consacrés à des formations thématiques de perfectionnement dont la direction est  confiée aux meilleurs spécialistes belges et étrangers. A Liège, les cours sont animés par Stéphan Junker, avec le concours de Gérald Messiaen. Stephan Junker est  licencié en philologie classique de l’Université de Liège et aussi diplômé du conservatoire de Bruxelles, où il fit partie de la classe de Jules Bastin. Il est titulaire d’une classe de chant au conservatoire de Verviers.

imagesCAA3A3EX.jpgPatrick Wilwerth, organiste, compositeur, professeur d’orgue au conservatoire de Verviers et dans plusieurs académies de la région liégeoise, est diplômé des Conservatoires royaux de Liège et de Bruxelles où il fut l’élève et le disciple d’Hubert Schoonbroodt. Outre ses activités dans le domaine de l’orgue et de la composition, Patrick Wilwerth a fondé en 1994 le chœur de chambre "Praeludium" et a été nommé en 1993, directeur artistique du chœur universitaire de Liège.

 

Entrée libre à toutes les manifestations. Renseignements : e-mail sursumcorda@skynet.be ou tél. 04.344.10.89