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08/04/2011

Votre semaine sainte 2011

 

Des statistiques qui ne font pas de bruit

Il est plutôt rare que les médias diocésains annoncent, relaient ou relatent les activités religieuses, culturelles ou patrimoniales organisées à l'église du Saint-Sacrement et pourtant, comme dirait Galilée...elle tourne! Du dimanche des Rameaux à celui de Pâques, les offices de la semaine sainte ont réuni, comptées au fil des jours, pas moins de cinq cents personnes, dont cent cinquante le vendredi saint: beaucoup de piété et de ferveur, en particulier lors du chemin de Croix conduit par l'abbé Germeau et l'abbé Arimont et à l'office des présanctifiés. Loin du bruit et des controverses ecclésiastico-mondaines. Dans la paix du Seigneur, tout simplement. Puissions-nous y demeurer.

Liège, le lundi de Pâques 25 avril 2011

 

LA SEMAINE SAINTE 2011

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1. LIEGE:

A L'EGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d'Avroy, 132, à Liège

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église du Saint-Sacrement à Liège (Jacques-Barthélemy Renoz, 1776)

  

Célébrations par l'abbé Jean Schoonbroodt, chapelain au sanctuaire de Banneux

et l'abbé Claude Germeau, animateur du Foyer d'Accueil de Herstal.

 

DIMANCHE DES RAMEAUX

 17 AVRIL 2011  

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À 9 HEURES 45  

Distribution du buis bénit suivie de la grand'messe (missel de 1962)  chantée en grégorien.

Propre de la messe "Domine ne longe". Psalmodie de la Passion selon saint Matthieu.

 Kyriale XVII.

À 11 HEURES 15

Messe chantée selon le missel de 1970

  

 

MARDI SAINT, 19 AVRIL 2011 

DE 17 HEURES A 19 HEURES

 

ADORATION DU SAINT-SACREMENT EXPOSE 

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17h00, vêpres grégoriennes suivies d'un temps de méditation

18h00, chapelet suivi des litanies du Sacré-Coeur

18h45, bénédiction du Saint-Sacrement

CONFESSIONS PASCALES: 

Un prêtre à votre disposition, mardi 19 avril de 17h00 à 18h45 

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JEUDI SAINT, 21 AVRIL 2011

 À 20 HEURES

Messe de la Dernière Cène (missel de 1970)

 

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VENDREDI SAINT, 22 AVRIL 2011

 À 15 HEURES

Chemin de la Croix 

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Le chemin de la croix du vendredi-saint sera médité avec les abbés Claude Germeau, André Arimont et le Frère Jérémie-Marie de l'Eucharistie.

 Extraits du "Stabat Mater" d'Antonio Vivaldi chantés par Patricia Moulan (conservatoire de Verviers), avec le concours de Mutien-Omer Houziaux (orgue)

À 20 HEURES

Office des Présanctifiés (missel de 1970)  

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SAMEDI SAINT, 23 AVRIL 2011

À 20 HEURES

Veillée et Messe de la Résurrection (missel de 1970)

 

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DIMANCHE DE PÂQUES, 24 AVRIL 2011

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À 10 HEURES

Grand’messe du Jour de Pâques, chantée en grégorien (missel de 1962).Propre "Resurrexi". Hymne "Salve festa dies".Séquence "Victimae Paschali Laudes". Kyriale I. 

À 11 HEURES 15

Messe du Jour de Pâques (missel de 1970) 

 

2. VERVIERS:

A L'EGLISE SAINT-LAMBERT

Rue du Collège, 80 à Verviers 

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Célébrations par le Père Jos Vanderbruggen, o.praem., recteur du prieuré de Tancrémont (Banneux), chapelain à Banneux et à Saint-Lambert-Verviers,  et l'abbé Jean Schoonbroodt, chapelain au sanctuaire de Banneux et à l'église du Saint-Sacrement à Liège

 

DIMANCHE DES RAMEAUX

28 MARS 2011 À 10 HEURES 30 

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Procession suivie de la grand'messe (missel de 1962) chantées en grégorien. Distribution du buis bénit. Psalmodie de la Passion selon saint Matthieu. Motet classique et orgue: extrait du "Stabat Mater" d’Antonio Vivaldi (1678-1741)

 

JEUDI SAINT

 21 AVRIL 2011 À 19 HEURES 30 

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Messe de la Dernière Cène (missel de 1962), chantée en grégorien (missel de 1962).  Hymnes ambrosiennes (Milan, à partir du Ve s.).Translation des Saintes-Espèces au Reposoir. Adoration et bénédiction du Saint-Sacrement. "Tantum ergo" liégeois.

 

VENDREDI SAINT

 22 AVRIL À 19 HEURES 30 

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Office des présanctifiés (missel de 1962), chanté en grégorien. Psalmodie de la Passion selon saint Jean. Chant gréco-latin du Trisagion (Ve s.) et des Impropères. Adoration de la Croix. Communion. Repons ambrosien (Milan, à partir du Ve s.).

 

 

SAMEDI SAINT

 23 AVRIL 2011 À 21 HEURES

VIGILE PASCALE ET MESSE SOLENNELLE DE LA RESURRECTION 

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Vigile pascale. Bénédiction du feu nouveau. Renouvellement des promesses de baptême. Messe de la Résurrection (missel de 1962) chantée en grégorien. Extrait du Gloriade la messe en si de Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Psalmodie des Laudes en déchant et hymne "O filii et filiae" (plain-chant du XVe siècle).

 

 DIMANCHE DE PÂQUES

 24 AVRIL 2011 À 11 HEURES 

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Grand'messe du Jour de Pâques (missel de 1962), chantée en grégorien. Extraits des Harmonia Sacra d’Henry Purcell (1659-1695) et du motet « Exaltabo Te » d’André Campra (1660-1744).Hymne "O filii et filiae" (plain-chant du XVe siècle).

 

 

« SURREXIT DOMINUS VERE » 

 

 

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La résurrection selon la chair, juste un symbole ? Monseigneur Léonard répond : « Il me paraît très important de souligner le réalisme de la résurrection. Ce n’est pas un réalisme naïf. Quand on parle de résurrection physique, je n’entends pas tomber non plus dans un anthropomorphisme presque grossier qui suscite des questions incongrues. Quel est le statut du corps de Jésus ressuscité ? Combien pèse-t-il ? Combien mesure-t-il ? C’est le genre de questions aussi idiotes que celle que l’on a posée sur l’eucharistie : comment Jésus, homme adulte, peut-il tenir dans l’hostie ? Ces questions indiquent bien que l’on comprend la réalité de la résurrection, comme celle de la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie,  uniquement sur le mode de nos réalités terrestres. A mon sens, le corps de Jésus ressuscité est un corps réel, mais non plus au sens habituel d’un corps humain réel, en vieillissement, et s’acheminant vers la mort. Il doit présenter un certain rapport avec le corps du Christ que ses contemporains ont connu avant sa crucifixion mais, puisque Jésus ressuscité ne meurt plus, sa condition humaine réelle, incarnée, n’est plus tout à fait la même que la nôtre. Je considère le corps de Jésus comme réel, mais je ne le situe pas dans le cosmos. S’il est présent dans notre cosmos, c’est par la présence eucharistique. Le mystère a sa part dans la condition présente, mais tous nous recevons les lumières nécessaires à faire un acte de foi, à dire oui à Dieu. Ce oui à Dieu, c’est peut-être avant tout un acte de foi en la résurrection du Christ. Le christianisme sans la résurrection du Christ, sans le Christ vraiment ressuscité, ce n’est plus le christianisme, ce n’est plus qu’une idéologie parmi d’autres. Perdre cela, c’est perdre tout le contenu du message. Insinuer cette réduction dans le cœur des croyants, c’est un grand malheur et un grand méfait. C’est sortir de la foi chrétienne et pénétrer sur le terrain de l’hérésie. L’hérétique, c’est une personne qui retient de la foi chrétienne ce qui lui convient et laisse tomber le reste. Cette attitude réduit le croyant à la dimension d’un partisan. L’hérésie provient toujours d’une étroitesse d’esprit. Incapable d’accueillir toute la réalité de la Révélation, on nie le reste. On laisse tomber ce que l’on n’est pas capable d’intégrer dans sa raison trop courte, et on le transpose sur un mode acceptable ».

 

Monseigneur Léonard, un évêque de plein air, éd. Omer Marchal, 1994, p.266

 

 

28/03/2011

Premier dimanche du mois d'avril 2011

 

EGLISE DU SAINT-SACREMENT
Boulevard d’Avroy, 132 à Liège

(face à la statue de Charlemagne)

 

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DIMANCHE 3 AVRIL 2011 À 10 HEURES

MESSE DU PREMIER DIMANCHE DU MOIS

  

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Quatrième Dimanche du Carême : Laetare

Évangile de la multiplication des pains ((St. Jean, 6, 1-15)

  

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Tabgha, sur les hauteurs du lac de Tibériade,

site traditionnellement désigné comme celui de la multiplication des pains

 

  

Propre grégorien de la messe «Laetare »

Célébration selon le missel de 1962, Grégorien et Polyphonie 

 

Kyriale XVII (XIVe siècle), Credo I (XIe siècle)

Hymne du Carême « Audi, benigne conditor »

Conduit diaphonique « Eterno serviet »

(École de Notre-Dame de Paris, XIIe s.)

 

 

PAR LA SCHOLA DU SAINT-SACREMENT

 

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AUX ORGUES, MUTIEN-OMER HOUZIAUX

Ancien organiste titulaire de la cathédrale Saint-Paul

 

Livrets à votre disposition sur la table au fond de l’église pour suivre la messe

 

 

 

07/02/2011

Avons nous tous le même Dieu ?

 

QUAND DIEU SE MANIFESTE

epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège 

 

epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

 Le 8 janvier dernier, plus de deux cents fidèles se sont réunis à l’église du Saint-Sacrement à Liège pour la Solennité de l’Épiphanie célébrée selon le missel de 1962 par M. l’abbé Jean-Pierre Herman, chapelain aux sanctuaires de Beauraing. Celui ci était assisté par M. l’abbé Claude Germeau (officiant comme diacre) et le Frère Jérémie-Marie de l’Eucharistie (comme sous-diacre).

Tant la procession à la crèche que la messe ont bénéficié du concours remarquable de la Capella Verviensis (dir. et orgue : Jean-Michel Allepaerts) qui a interprété la messe à quatre voix mixtes « O Magnum Mysterium » de Tomas-Luis da Vittoria (1518-1611) et six chorals ou motets anciens pour le temps de Noël. Le propre grégorien de la messe était assuré par la Schola du Saint-Sacrement.

 Dans sa prédication, l’abbé Herman a rappelé les origines de cette fête et plaidé vigoureusement pour une nouvelle prise de conscience de sa signification. Voici la transcription de cette homélie :

  Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs,

Le dessein de Dieu n’a pas été seulement de descendre sur terre mais d’y être connu. Non seulement de naître mais de se faire connaître. De fait, c’est en vue de cette connaissance que nous avons cette célébration de l’Épiphanie, ce grand jour de la « manifestation ». Ainsi s’exprime saint Bernard dans l’incipit de son premier sermon sur l’Épiphanie. « Manifestation » : telle est la signification de l’Épiphanie, ce mot à la racine grecque : πιφάνεια (Epiphaneia). Le Seigneur se manifeste à tous les peuples.

epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

 Les origines de la fête

 Si nous considérons ce mot de « manifestation », nous devons reconnaître qu’il est bien plus général voire même bien plus vague que la seule visite des mages à la crèche. Recourant à l’histoire de la liturgie, nous verrons que ce terme d’ « Épiphanie », lequel cède parfois aussi le pas à celui de « Théophanie », c'est-à-dire manifestation de Dieu, a recouvert diverses réalités.

 Les trois premiers siècles de l’Église, plus particulièrement le deuxième et le troisième -car le premier n’a vu que la célébration pascale- avaient une seule et même fête pour célébrer la « manifestation du Seigneur » et, à l’intérieur de cette manifestation se célébraient à la fois l’Incarnation (la naissance du Seigneur), sa visite par les mages, le baptême par Jean dans le Jourdain et le premier miracle à Cana en Galilée.

 Avec les hérésies qui niaient la maternité divine de la Vierge Marie et le concile d’Éphèse (325) qui a voulu définir celle-ci, ou du moins condamner ceux qui la niaient, on a accordé une plus grande importance à l’Incarnation du Christ Fils de Dieu et, petit à petit, ce jour du 25 décembre, qui jusque là était simplement celui de la commémoration du martyre de sainte Anastasie, a commencé à devenir un jour important dans l’année liturgique : le jour de la célébration de la Nativité. Et c’est douze jours plus tard qu’on célèbre alors la fête des « saintes théophanies » qui contenaient toujours en elles la visite des mages, le baptême par Jean dans l’eau du Jourdain et la première manifestation du Seigneur comme Messie, à Cana en Galilée.

 L’Occident est généralement pédagogue dans son enseignement et dans sa liturgie. L’Orient est davantage mystique. C’est pourquoi, même si la fête de la Nativité s’est aussi imposée en Orient, on y a gardé, douze jours plus tard, cette fête des saintes théophanies, de ces « manifestations du Seigneur », en un seul jour. L’Occident, par contre, a voulu  morceler, une fois encore par souci pédagogique, en trois célébrations distinctes la visite par les mages, le baptême dans le Jourdain et les Noces de Cana. Mais deux traces de l’unité primitive de la célébration sont restées jusqu’en 1962 : la première est tout simplement que les offices du baptême du Seigneur et de l’Épiphanie sont, à quelques différences près, exactement les mêmes et la seconde trace c’est que les antiennes de laudes et de vêpres de ces offices font mention des trois théophanies. « Aujourd’hui, nous dit l’antienne du Benedictus à Laudes, l’Église est rejointe par son Époux céleste. Dans le Jourdain le Christ a lavé les péchés, les Mages se hâtent vers le royal Époux avec leurs présents et les convives se réjouissent grâce à l’eau qui est changée en vin. Ce jour saint est illuminé par trois mystères. Aujourd’hui, l’Étoile a conduit les mages à la crèche, à la mangeoire. Aujourd’hui l’eau des noces a été changée en vin. Aujourd’hui, le Christ est baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver. Alleluia. ».

  Sa signification

 Bien sûr, dans notre Occident, nous avons cette fête de la visite des mages, ces hommes qui, tout joyeux de voir l’Étoile qui se pose -comme nous dit l’Évangile- au dessus de la maison où se trouve l’Enfant, le regardent, l’admirent, l’adorent et lui remettent les présents d’or, de myrrhe et d’encens. Mais, au-delà d’une évocation historique, au-delà d’une explication fut-elle théologique de cette fête de la Manifestation, que peut signifier pour le monde en général, le monde dans toute son histoire et en particulier pour le monde d’aujourd’hui, cette manifestation du Seigneur ? Autrement dit, par rapport à la commémoration de la Nativité du Seigneur, de sa venue dans la chair, que peut bien signifier son Épiphanie, sa Manifestation à tous les peuples ? Il est important de le comprendre. Très souvent nous préparons Noël avec beaucoup de frénésie et, une fois la fête passée, alors nous n’avons plus envie de célébrer encore ces fêtes qui suivent la Nativité et elles passent un petit peu inaperçues comme des suppléments au calendrier, que l’Église célèbre mais sans grand concours de fidèles. Et pourtant, Incarnation et Manifestation nous montrent ensemble la véritable nature du Dieu qu’adorent les chrétiens.

 Pour une nouvelle prise de conscience

epiphanie 2011 à l'église du saint sacrement à liège

C’est peut-être une nouvelle prise de conscience que nous avons à faire aujourd’hui : celle de la spécificité du Dieu des chrétiens par rapport à toutes les idoles que nous présente la société. Car n’y a-t-il pas, très souvent aujourd’hui, une tendance à dire que toutes les religions se valent, que chacune adore son dieu mais que de toute manière c’est toujours le même Dieu qui est adoré ?  Je ne dis pas qu’il ne faut pas respecter les autres ou ne pas leur permettre de croire à leur manière, mais nous devons toujours tenir à la spécificité de notre propre Foi et souhaiter que les autres, un jour, viennent à la vraie Foi, qui est dans le Christ.

 Le professeur Rémi Brague, voici deux ans, a publié un essai intéressant, dont voici le titre : « Du Dieu des chrétiens et d’un ou deux autres ». Dans le premier chapitre de ce livre, il développe trois idées reçues couramment dans la société d’aujourd’hui, pour les décortiquer et les infirmer.

 On nous parle en effet aujourd’hui de l’islam, du judaïsme et de la foi chrétienne comme des trois religions d’Abraham, des trois religions du Livre et des trois monothéismes.

 Rémi Brague, dans une excellente réflexion, nous montre que l’association de ce qu’on appelle les trois monothéismes n’est finalement qu’une vue superficielle, que le Dieu des chrétiens, le Dieu des juifs et le Dieu des musulmans sont extrêmement différents l’un de l’autre, que la perception de Dieu est extrêmement différente, que le concept même placé derrière le mot « Dieu » dans les trois religions diffère grandement.

 Il en va de même lorsqu’on parle des trois religions d’Abraham. Si Abraham est le fondateur de la race pour le judaïsme, il est aussi celui qui est à l’origine de la race pour les musulmans, mais dans une moindre fonction puisqu’à leur sens la révélation y vient bien plus tard, tandis que dans la foi chrétienne avec l’incarnation du Fils de Dieu nous inaugurons la plénitude de la révélation, une ère nouvelle : Israël  ne peut plus être limité dans le temps et dans l’espace mais il sera l’humanité toute entière sauvée par le Christ.

 Et puis, il y a cette qualification de religions du Livre. En réalité, le rapport au Livre dans les trois religions est lui aussi extrêmement différent. Le judaïsme, religion du peuple avant la destruction du Temple et sa dispersion, est devenu la religion d’un écrit  permettant à tous les juifs du monde de se retrouver sur un point commun alors que pour les chrétiens, le Livre -la bible et l’évangile, l’ancienne et la nouvelle alliance- est simplement un moyen de connaître la Révélation, un moyen d’y accéder mais une fois que nous l’avons découvert, nous devons aller plus loin, tandis que pour l’islam le Livre est tout, le Livre est presque en adéquation avec Dieu qui lui parle à travers le Livre et c’est pourquoi, dit Rémi Brague, il n’y a qu’une seule religion du Livre : c’est l’islam. Car, le judaïsme est une religion du peuple et la foi chrétienne qu’est-ce qu’elle est ? Eh bien, alors nous venons à l’essentiel de ce que nous célébrons aujourd’hui : elle est la religion de la Personne.

 Le Dieu des Chrétiens

 Le Dieu que nous adorons n’est pas un Dieu lointain, un Dieu qui se déconnecte de notre nature humaine. Il n’est pas quelqu’un dont la révélation est toute entière contenue à l’intérieur d’un livre, un livre dont nous ne pourrions plus sortir. Il n’est pas non plus uniquement celui qui a appelé Abraham car sa révélation s’est poursuivie. Notre Dieu est personnel, notre Dieu se préoccupe de chacun d’entre nous et, mieux, notre Dieu est venu parmi nous pour que nous puissions le connaître, pour que nous puissions aller à Lui et pour que le chemin de la Vie Éternelle, bloqué, fermé par le péché de nos premiers parents puisse enfin être rouvert et qu’un jour nous venions vivre avec Lui. Saint Athanase nous dit ceci : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu ». Et cela, aucune des grandes ou des petites religions de l’humanité n’a été capable de le dire. Le Dieu que nous adorons est un Dieu personnel, le Dieu que nous adorons a envoyé son Fils pour nous sauver.

 À partir de là, nous découvrons les deux caractéristiques principales de la Révélation en Jésus-Christ :

 La Révélation, c’est tout d’abord l’Incarnation. Il était de coutume à l’Épiphanie, autrefois, de chanter après l’évangile (c’était le diacre qui le faisait) ce que l’on appelait le « Noveritis ». C’était une espèce de litanie qui commençait par ces mots : « Désormais, vous saurez que… » et l’on annonçait alors les fêtes mobiles de l’année, le mercredi des cendres, le vendredi saint, pâques, l’ascension, la pentecôte, pour bien montrer que ces fêtes de l’Incarnation n’allaient pas simplement être des commémorations mais qu’elles allaient inaugurer une nouvelle histoire de Dieu avec son peuple. Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ et, par là, il a vécu notre condition humaine, dans ses moindres recoins, dans ses joies et dans ses peines et aussi dans la plus grande des douleurs et des ignominies, la mort de la croix, pour en triompher dans la résurrection.

 Et puis, il y a cette Révélation aux mages. L’évangile nous parle de mages venus d’Orient. On ne nous dit pas combien ils étaient. Des représentations médiévales ont voulu, justement, qu’on montre trois mages à la crèche : un de chacune des races qui étaient connues à l’époque, et, par là, signifier que le salut apporté par le Christ n’est pas seulement pour un peuple réduit dans le temps ou dans l’espace, qu’il n’est pas pour quelques personnes choisies, mais qu’il est un salut qui s’adresse à l’humanité toute entière.  « La gloire du Seigneur notre Dieu s’est révélée aujourd’hui pour le salut de tous les hommes » nous a dit l’une des lectures des messes de Noël. Et dès lors -le Saint-Père ne cesse de nous le répéter- le christianisme a une vocation universelle, il s’adresse à tout l’homme, à l’homme tout entier.

 Nous ne sommes pas comme les Romains ou les Grecs païens, qui adoraient des statues, sans que cela comporte un impact particulier sur leur vie personnelle. Nous ne sommes pas non plus des gens de sectes qui pensons que seul un tout petit nombre peut être sauvé parce qu’il est choisi par Dieu et que le reste sera damné. Nous voulons que le salut apporté par le Christ s’étende à l’humanité toute entière, mais, pour cela, nous ne devons pas être naïfs et penser que ceux qui ne se préoccupent pas du Fils de Dieu incarné, que ceux qui négligent l’évangile ou le rejettent, doivent avoir part automatiquement au salut. Nous le souhaitons, nous prions pour eux, nous prions surtout pour qu’un jour ils viennent, eux aussi, au Christ et que, à travers son Église, ils puissent Le reconnaître pour vivre un jour avec Lui.

 Lorsque nous avons compris tout cela, mes frères, nous pouvons seulement faire une chose : comme les mages, nous incliner devant la crèche, nous réjouir de voir l’Étoile qui se pose au dessus de la maison où se trouve l’Enfant, dont la Révélation qui nous est faite à travers l’évangile et le commentaire qu’en fait l’Église. Nous regardons cet Enfant et sa Mère et, à ce moment-là, nous nous prosternons pour l’adorer. Nous ne lui offrirons pas l’or, l’encens et la myrrhe mais nous lui offrirons nos personnes, nos personnes dans cette Église qui est son Corps sur la terre et qui veut, avec des hauts et des bas, l’incarner aujourd’hui. Et les présents que nous allons lui offrir dans peu de temps, ce seront, tout simplement le pain et le vin de l’offertoire pour qu’Il nous les rende dans le mystère de son Sacrifice et que nous puissions en vivre.

 Pour conclure

 Écoutons, si vous le voulez bien pour terminer, cette conclusion du sermon pour l’Épiphanie du pape saint Léon le Grand (Ve siècle), où celui-ci, finalement, résume tout ce que nous venons de dire : « reconnaissons donc, frères bien aimés, dans les mages adorateurs du Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi. Célébrons, l’âme débordante de joie, les débuts de notre bienheureuse Espérance. Car, dès ce moment, nous commençons à entrer dans l’héritage éternel. Dès ce moment, les secrets des Écritures qui nous parlent du Christ se sont ouverts pour nous. La Vérité, que les Juifs dans leur aveuglement, n’ont pas acceptée, a étendu sa Lumière à toutes les nations. Honorons donc ce jour très saint où est apparu l’Auteur de notre salut. Celui que les mages ont vénéré enfant dans son berceau, nous, adorons-le tout-puissant dans le Ciel. Et tout comme ils ont offert au Seigneur, de leurs trésors, des dons à valeur symbolique, tirons, nous aussi, de nos cœurs, des présents dignes de Dieu » Ainsi soit-il.