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21/05/2010

Fête-Dieu 2010 à Liège

 

UNE PROCESSION AU CENTRE DE LIÈGE

 

 

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LE SAMEDI 5 JUIN 2010 À 15 HEURES 30

 

 

 

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Quel est le sens de cette démarche ?

À travers une procession, les catholiques veulent témoigner visiblement et respectueusement que, vraiment, Jésus est vivant aujourd’hui et qu’il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

 

Il s’agira de la procession du Saint-Sacrement

Chaque année, depuis plus de sept siècles, une fête est spécialement vouée à la vénération de la présence réelle de Jésus parmi les hommes à travers le pain consacré à la messe, communément appelé « hostie ». Pour l’occasion, celle-ci est montrée au peuple dans un support appelé « ostensoir » (du mot latin ostendere, montrer) lors d’une marche festive : c’est la procession de la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement

 

Pourquoi à Liège ?

 

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Sainte Julienne: adoration du Saint-Sacrement et vision de la lune entachée par l'absence de la Fête-Dieu

 (peinture de Philippe de Champaigne, XVIIe s.)

 

La Fête-Dieu est née au diocèse de Liège en 1246, sous l’impulsion de sainte Julienne de Cornillon et Ève de Saint-Martin. Elle fut étendue au monde entier  en 1264 et sa procession  instituée quelque cinquante ans plus tard (1318). Mais à Liège, berceau de la fête, cette procession s’est éteinte dans les années 1970. Aujourd’hui, un comité de fidèles a vu le jour pour la faire renaître, au cœur de la Cité ardente : dans le quartier Avroy-Jardin Botanique, le 5 juin 2010.

 

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archives: la procession fluviale de 1946 à Liège

( pour le 700e anniversaire anniversaire de l'institution de la fête)

 

 

Comment y participer ?

Rendez-vous, ce samedi 5 juin 2010 à 15h30, au pied de la statue équestre de Charlemagne, sur le boulevard d’Avroy (juste en face de l’église du Saint-Sacrement, située au n° 132), pour parcourir l’itinéraire reproduit ci-dessous : rue des augustins, parc du jardin botanique, rue du jardin botanique et retour au boulevard d'avroy.

 

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Vous êtes invité à conclure la démarche en assistant à la messe solennelle de la Fête-Dieu célébrée à 17 heures, selon le missel de 1962, en plain-chant et en polyphonie ancienne,  à l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132).

 

 

    

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EGLISE DU SAINT-SACREMENT

Boulevard d’Avroy, 132, à Liège

(face à la statue de Charlemagne)

 

 

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ostensoir de l'église du saint-sacrement 

 

 

Samedi 5 juin 2010 à 17 heures

 

MESSE SOLENNELLE DE LA FÊTE-DIEU

 

 

 

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célébrée selon le missel de 1962 par

 

Monseigneur Michel Dangoisse

Prélat d’honneur de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Doyen du chapitre cathédral de Namur

 

avec le concours de la schola de

LA MAÎTRISE DE LA VILLE DE VERVIERS

direction et orgue : Jean-Michel Allepaerts,

soliste du chant : Erna Verlinden

 

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statue de sainte Julienne à l'église du saint-sacrement  

 

Le programme des chants liturgiques alternera les polyphonies de la Renaissance: la Missa secundi toni de Roland de Lassus (1532-1594) et le motet Adoramus Te de Giovanni-Pierluigi da Palestrina (1525-1594), le Lauda Sion pour chœur et orgue baroque de Francisco Correa de Arauxo (1584-1654), un Tantum ergo de Jean-Michel Allepaerts et le propre grégorien de la fête, attribué à saint Thomas d’Aquin (ca 1256).

Les choristes appartiennent à la Maîtrise de la Ville de Verviers, un choeur mixte créé en 1998, soucieux de qualité et d’authenticité. Cette brillante phalange propose un répertoire consacré principalement à la musique ancienne. Son chef, Jean-Michel Allepaerts, est aussi titulaire des grandes orgues de l’église décanale de cette ville où il a, entre autres, initié récemment un festival de musique sacrée. Erna Verlinden, soprano solo, est membre de l’Académie de Chant grégorien.

L’église du Saint-Sacrement à Liège a été construite dans le style néo-classique par l’architecte liégeois Jacques Barthélemy Renoz (1767) pour les chanoines Augustins, propriétaires du site depuis le XVe siècle. Ceux-ci furent chassés à la Révolution et l’église ne fut rendue au culte qu’en 1866, pour servir de sanctuaire aux religieuses de l’Adoration perpétuelle. En 2003, l’édifice fut à nouveau menacé de sécularisation. Près de trois cents Liégeois, amis du patrimoine religieux et historique de leur Ville, se mobilisèrent alors pour permettre le rachat de l’église par l’asbl « Sursum corda » (haut les cœurs) présidée par l’abbé Jean Schoonbroodt.

 

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 au fronton de l'église du saint-sacrement:

les armoiries du prince-évêque de Liège Charles-Louis d'Oultremont (né en 1716, élu en 1763, mort en 1771)

 

Plus de renseignements : contactez-nous par téléphone au 0498/51.88.77 ou au 04.344.10.89 ou laissez un commentaire sur ce blog

 

11/05/2010

le printemps liégeois du chant grégorien

 

UN BRIN D'ETERNITE A LIEGE

LE SAMEDI 8 MAI 2009

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Concert à l'église des Bénédictines

Soleil printanier pour le plain-chant, ce samedi 8 mai à Liège! Les trente élèves de l'Académie de Chant grégorien à Liège, dirigés par Stéphan Junker avec le concours de Gérald Messiaen, ont-ils bénéficié de l'effet mobilisateur de la fête de l'orgue ? Toujours est-il qu'ils ont rassemblé près de quatre cents personnes malgré la "concurrence" des nombreuses manifestations musicales organisées au centre ville durant tout le week-end.

A l'église des Bénédictines, à 16 heures, devant la Mère Abbesse et une centaine d'auditeurs, Patrick Wilwerth (à l'orgue baroque "Le Picard") et Stéphan Junker (baryton) ont d'abord illustré la musique du siècle de Louis XIV (avec des oeuvres de Campra, Charpentier et Geoffroy). En seconde partie, les élèves du cours liégeois de l'Académie de Chant grégorien et la soliste Erna Verlinden (soprano) ont fait découvrir au public les métamorphoses du plain chant au fil des époques (chant gallican, grégorien, déchant) et selon les fonctions (dans la messe et l'office des heures). Unité dans la diversité: toutes les pièces se rapportaient aux deux prochaines fêtes du calendrier liturgique, l'ascension et la pentecôte.

Messe à l'église du Saint-Sacrement

Cette belle musique pour l'éternité, près de trois cents fidèles l'ont retrouvée à 18 heures, en l'église du Saint-Sacrement par l'écoute et leur participation aux chants de la messe du cinquième dimanche après Pâques, célébrée selon le missel de 1962 par l'abbé Jean-Pierre Delville (professeur à la faculté de théologie de l'université de Louvain) qu'assistaient l'abbé Jean Schoonbroodt (diacre), l'abbé Claude Germeau (sous-diacre) et quatre acolytes pilotés par Jacques Braive et le Fr. Jérémie-Marie de l'Eucharistie.

Une réception chaleureuse a conclu ces manifestations, dont un enregistrement vidéo et un disque compact garderont la trace pour les amis de la musique sacrée et d'une liturgie toute imprégnée de la joie pascale. Une joie perceptible aussi dans la prédication de l'abbé Delville, dont nous reproduisons les termes ci-après:

 

MUSIQUE ET FOI CHRETIENNE

 

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 église du saint-sacrement: angelot du tabernacle

 

« Vocem jucunditatis annuntiate ! ».« Annoncez une parole de joie ! », avons-nous entendu dans l’introit de cette messe ! Puis, le psaume ajoutait : « Jubilez en Dieu toute la terre ! Dites un psaume à son nom ! ». Et l’antienne de communion ajoutera : « Cantate Domino ! Chantez au Seigneur ! ». Ainsi donc les chants d’aujourd’hui nous invitent à chanter ! Cela tombe bien en ce jour où nous nous retrouvons ici avec l’Académie de chant grégorien de Liège, qui vient de donner son concert, puis participe par le chant à la célébration de cette messe.

 

Pourquoi une telle insistance sur la musique et les chants? C’est que la musique ouvre la porte à l’indicible. Elle ouvre notre esprit à ce qui dépasse le matériel, à ce qui dépasse la simple raison. La musique nous invite à la contemplation, parce qu’elle arrête le temps. Alors que d’habitude nous sommes pressés, nous courons pour 36 choses dans la vie, avec la musique, et spécialement le chant grégorien, nous sommes invités à nous arrêter à chaque mot, à méditer chaque parole. C’est spécialement vrai pour l’alleluia. Chaque alleluia de cette messe que nous chantons aujourd’hui est différent de l’autre, chacun est un arrêt sur image, qui nous fait voir d’une manière toujours nouvelle cette réalité mystérieuse qu’il énonce : « Louez le Seigneur, Allelu-Ya ! » Pourquoi louer Dieu dans un monde qui court ? Pourquoi passer du temps pour Dieu ? En a-t-il tellement besoin ?

 

La première raison, je l’appellerai l’admiration ; c’est le son A ! comme « Ah ! Comme c’est beau ! ». La deuxième raison, je l’appellerai la conversion ; c’est le son O ! comme « Oh ! Qu’est-ce que je dois faire ? »

 

Commençons par l’admiration. Le A. Quand je donnais catéchisme, j’ai eu une fois un enfant qui n’arrêtait pas de dire : « Ah ! C’est bien ! » Encore aujourd’hui, il a cette expression à la bouche. J’ai baptisé sa petite fille et il m’a dit : « Ah ! C’est bien ! »  Quand nous louons Dieu, nous disons : « alleluia ! » En d’autres mots : « ah c’est bien ! » En nous centrant sur Dieu, nous nous décentrons de notre préoccupation pour nous-même et nous nous tournons vers Lui, qui est tout amour. Chacun de nous est constamment tenté de penser à soi-même, à ses problèmes, à ses désirs, à ses joies, à ses peines, à ses émotions. Mais à force de trop penser à soi même, on dépérit, on se tracasse, on s’énerve. Le Seigneur nous donne la clé du bonheur : se décentrer de soi-même et penser à lui, le contempler, le louer, c’est-à-dire le féliciter, le remercier,  car il est la source de l’amour : comme disait encore l’introit : « Liberavit Dominus populum suum », « le Seigneur a libéré son peuple », il nous libère de l’esclavage du mal et de l’égoïsme. Cela vaut la peine de le remercier ! « Ah, c’est bien ! » Dire merci nous rend heureux, c’est un signe de joie.

 

La deuxième raison de chanter et de louer Dieu, c’est le son O ! « Oh ! Qu’est-ce que je dois faire ? » C’est l’étonnement, puis la conversion. À la fin du graduel, vous avez entendu la vocalise sur le O, le o final de « sanguine suo », « il nous a rachetés par son sang ». Nous disons : Oh ! Nous nous étonnons : il a versé son sang ! À cette parole, nous sommes interpellés, nous sommes touchés. Comme les premiers disciples, nous disons : Seigneur, que devons-nous faire ? La réponse aujourd’hui est dans la lettre de S. Jacques (1,26-27) : « Si quelqu’un bavarde sans arrêt et se croit religieux, sa religion est vaine ! » Car la vraie religion, continue-t-il, « c’est de visiter les orphelins et les veuves au milieu de leurs tracas ». La parole de Dieu nous fait aimer notre prochain, elle nous tire de nos défauts et nous met sur la route des pauvres. C’est le Oh de compassion devant les difficultés des autres. Voilà un message peu banal dans le monde d’aujourd’hui ! On se dit qu’on a d’autres chats à fouetter ! Qu’on a des choses plus urgentes. Mais la parole de Dieu nous oriente vers les autres. Elle nous invite avant tout à prier pour eux, c’est ce que Jésus dit dans l’évangile. « Ce que vous demanderez au Père en mon nom il vous l’accordera » (Jn 16,23). Elle nous invite aussi à bouger, à visiter le voisin en difficulté. Jésus lui-même s’est fait pauvre, il a donné son sang : le calice sur l’autel le rappelle !

 

Ce mystère nous dépasse, mais le fait de le chanter nous ouvre à sa réalité. Jésus nous dit que lui-même relaie notre prière auprès du Père : « Le Père vous aime puisque vous m’avez aimé et vous avez cru que je viens du Père » (Jn 16,27). Le Père nous aime et nous entraîne dans la communion avec lui, grâce à Jésus. Toute vie humaine est appelée à la communion avec Dieu. Voilà ce que nous dit la liturgie que nous célébrons et le chant que nous chantons. C’est le A de l’admiration. Mais cette communion passe par l’amour des pauvres : c’est le O de la conversion.  A, O, chantons la gloire de Dieu qui attendrit notre cœur et nous donne la vraie joie: celle de se mettre à l’écoute de sa Parole, pour la mettre en pratique! C’est ce que nous a dit la lettre de saint Jacques. Amen!