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10/01/2018

Un essaimage des Clarisses de Bujumbura à Liège

mag_105-page-001.jpgA lire dans notre magazine trimestriel Vérité et Espérance-Pâque nouvelle, n° 105, hiver 2017-2018:

Le Mont Cornillon est l’un des hauts lieux de la piété eucharistique à Liège. En 1222, la future sainte Julienne, à laquelle on doit l’institution de la Fête-Dieu, y fut élue prieure du couvent des sœurs de Saint-Augustin en charge des lépreux soignés alors sur ce Mont.

Depuis 1860, une communauté de Carmélites y était établie : elle disparaît aujourd’hui faute de vocations mais le monastère subsistera  grâce à un essaimage des Clarisses de Bujumbura dont l’installation officielle a eu lieu le dimanche 8 octobre dernier.

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Cette fondation monastique est le fruit d’un arbre multiséculaire qui fut planté en 1471:  à Chambéry qui fonda ensuite Grenoble, Romans et Bordeaux, puis, d’essaimage en essaimage, Mons en 1901 et enfin, en 1930, Hannut avec l’objectif  de fonder en Afrique.

Fondation en Afrique

L’administrateur-délégué de l’asbl du Sanctuaire de Cornillon nous rappelle la genèse de cette fondation africaine :

En 1957, est entrée à Hannut une murundikazi qui se sent appelée à la vie des Clarisses. A sa prise d’habit, le 27 août 1958, elle avait invité son cousin, le Père Gabriel Barakana, s.j. qui vint avec l’abbé Michel Ntuyahaga, alors étudiant au centre international Lumen Vitae à Bruxelles. En la fête de la Nativité de Marie le 8 septembre 1959, Sœur Claire-Marie fit sa profession religieuse et le 11 octobre en la fête de la Maternité de Marie (à l’époque, on la fêtait à cette date) l’Abbé Michel Ntuyahaga fut sacré premier Évêque murundi.

Le 8 décembre 1962, fidèles à leur souhait de fonder en Afrique, les sœurs liégeoises Marie-Françoise, Marie-Agnès et la sœur d’origine burundaise Claire-Marie arrivent à l’aéroport de Bujumbura. Elles furent accueillies avec grande joie par les sœurs blanches (Missionnaires de Notre Dame d’Afrique) et la famille de sœur Claire-Marie. Cette fondation au Burundi fut faite sur invitation de Mgr Michel Ntuyahaga devenu évêque de Bujumbura et correspondait au souhait de la communauté des Clarisses de Hannut.

Crainte des persécutions

Par crainte des persécutions, en 1988, les Clarisses du Burundi fondent à Uvira, au Congo (Sud Kivu) à 30 km de Bujumbura. La fondation fut d’abord un refuge. Monseigneur Jérôme Gapangwa accueillit un petit groupe de sœurs dans une maison du Diocèse puis à l’ermitage Sainte-Claire. Les craintes étant passées, la jeune fondation continua pour répondre aux souhaits de la population locale mais, en 1995, les troubles au Congo, obligèrent les Clarisses à quitter leur Maison pillée et en ruines.

En 1993 une implantation se fait à Maramvya, dans les collines, à 150 km de Bujumbura. Le but était de procurer à la communauté de Bujumbura, un gîte de fraîcheur, avec une bonne terre à blé, bananes et légumes. Ce fut la Foresta, construction typique de bois et d’herbe, rappelant l’Ombrie franciscaine. Les premiers troubles d’octobre 1993 mirent fin au projet, tandis qu’un premier groupe de novices échappait miraculeusement au massacre.

Entre 1993 et 2000 ce fut l’exil et la fondation du Monastère de l’Annonciation à Ggaba, sur une colline de Kampala. A la suite des troubles ethniques de 1993, les Clarisses durent en effet s’expatrier en Uganda, d’abord à Kisubi, chez les sœurs de Saint-Pierre-Claver, pendant un an, puis à Namagunga, grâce à Monseigneur Wamala, archevêque de Kampala qui bientôt, en 1998, les voulut aussi dans son diocèse. Ainsi débuta le 25 mars 2000, le monastère de l’Annonciation, tandis que la formation des aspirantes se poursuivait à Bujumbura et à Hannut, selon l’idéal de sainte Claire.

Retour en Belgique et à Cornillon

C’est en 2002 que plusieurs Clarisses burundaises sont revenues au monastère fondateur de Hannut, au numéro 23, rue de Villers-le-Peuplier, pour plusieurs motifs : y assurer la continuité de la vie contemplative, former des jeunes sœurs, accueillir des gens selon leurs besoins. Les premières occupantes furent les sœurs Marie-Françoise, Marie-Agnès et Claire-Marie auxquelles s’ajoutent les jeunes sœurs Claire-Agapè, Claire-Ancilla, Claire-Antonia, Claire-Assunta, Claire Isabelle, Claire-Pascal.

Actuellement, il y a 11 Clarisses à Hannut et 41 au Burundi, pour une moyenne d’âge d’environ 35-40 ans. Enfin, 6 Clarisses sont venues à Liège occuper le monastère de Cornillon dès le 11 août 2017 : leur installation officielle a eu lieu le dimanche 8 octobre 2017 en présence de Mgr Jean-Pierre Delville.

Spiritus ubi vult spirat. L’Esprit souffle où il veut parmi les tribulations de l’histoire : même à Liège, où les Religieuses venues du Burundi sont accueillies avec reconnaissance. JPSC

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